AccueilLes petites annonces personnelles dans la presse contemporaine (XVIIIe-XXe siècle)

Les petites annonces personnelles dans la presse contemporaine (XVIIIe-XXe siècle)

Personal small ads in the contemporary press (18th-20th century)

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Publié le lundi 13 novembre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Cette journée veut amener les chercheurs en sciences sociales à travailler sur le matériau spécifique qu’est la petite annonce, et ce sur un temps relativement long, celui de la presse, lorsque les feuilles imprimées prennent une importance quotidienne dans la vie des individus, de la fin du XVIIIe au milieu du XXe siècle. Cela pourra être l’occasion d’offrir aux travaux portants sur la France quelques éclairages comparés.

Annonce

Argumentaire

La forme de l’annonce est considérée par certains historiens comme l’acte de naissance de la presse. Les petites annonces personnelles se distinguent cependant peu à peu comme un genre à part entière dès lors que les journaux y voient une source de revenus. Elles représentent donc une originalité à la fois dans l’histoire de la presse et dans l’histoire de la publicité : ce sont des discours en marge du discours journalistique, et qui visent parfois moins la vente d’un bien que la mise en relation d’individus. À ce titre s’agit-il d’une écriture personnelle publique où l’intimité se lit à découvert, au prisme toutefois de nombreuses normes.

Longtemps délaissées par les historiens, les petites annonces s’avèrent pourtant être un matériau de travail tout à fait riche pour des champs de recherche divers. Elles donnent un accès privilégié à ce que Georges Perec appelle « l’infra-ordinaire » d’une société. Les vibrations de ces offres et demandes en disent long sur le développement de nouveaux modes de rencontre dans une société de consommation où le marché s’impose dans les relations interpersonnelles. Ces rubriques sont donc autant d’observatoires pour comprendre les dynamiques à l’œuvre dans une histoire des médias, du travail et des professions, de la consommation, de la rencontre, ou encore des échanges économico-sexuels, etc.

Cette journée veut amener les chercheurs en sciences sociales à travailler sur le matériau spécifique qu’est la petite annonce, et ce sur un temps relativement long, celui de la presse, lorsque les feuilles imprimées prennent une importance quotidienne dans la vie des individus, de la fin du XVIIIe au milieu du XXe siècle. Cela pourra être l’occasion d’offrir aux travaux portants sur la France quelques éclairages comparés.

Axes proposés

  • Le marché de la petite annonce : les propositions seront sensibles à la double dimension marchande de la question. Il faudra interroger le poids financier des petites annonces dans l’économie des journaux, tout en étant attentif aux transactions marchandes qui se jouent entre l’annonceur et son ou ses lecteurs. Il faudra donc penser les petites annonces comme un marché d’offres et de demandes.
  • Codes de lecture : entre le signifiant et le signifié. On s’intéressera également à ce que Philippe Artières appelle les « évènements de faible intensité [qui] rendent tout le reste intelligible », afin de retrouver « toutes ces inscriptions d'une époque qui tombent dans l'oubli et sans lesquelles, pourtant, rien n'est intelligible1 ». En effet l’originalité du support ne doit pas faire oublier sa grande banalité : la codification du texte joue entre le dit et le non-dit, et le langage est aussi pauvre que la puissance évocatrice est forte. Quels sont les codes de lecture à discerner dans ces textes et comment écrire l’histoire de l’implicite ?
  • Sphère privée et sphère publique : les petites annonces tissent un jeu subtil entre anonymat et intimité. Quelles mises en scène de soi opèrent les annonceurs sur les pages des journaux ? Que tirer de la singularité de ces petits textes de l’éphémère, à la croisée des sources et des archives ? Ils sont un observatoire privilégié de l’histoire de l’intimité, du genre et des sexualités, mais par le prisme d’une expression publique dont il faut saisir tous les enjeux.

Modalités de soumission

Les propositions (300 mots) accompagnées d’une courte biographie sont à envoyer

avant le 30 décembre 2017

à claire-lise.gaillard@Univ-Paris1.fr et hannah.frydman@rutgers.edu, en français ou en anglais. 

Comité scientifique

  • Dominique Kalifa, Professeur à l’Université Paris 1
  • Marie-Eve Thérenty , Professeur à l’Université Montpellier III
  • Philipe Artières, directeur de recherches au CNRS
  • Claire-Lise Gaillard, doctorante contractuelle à l’Université Paris 1
  • Hannah Frydman, Phd Stutend à Rutgers University

Lieux

  • Maison de la Recherche - 28 rue Serpente
    Paris, France (75)

Dates

  • samedi 30 décembre 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • petite annonce, presse, genre, travail

Contacts

  • Dominique Kalifa
    courriel : Dominique [dot] Kalifa [at] univ-paris1 [dot] fr
  • Claire-Lise Gaillard
    courriel : claire-lise [dot] gaillard [at] Univ-Paris1 [dot] fr
  • Hannah Frydman
    courriel : hannah [dot] frydman [at] rutgers [dot] edu

Source de l'information

  • Claire-Lise Gaillard
    courriel : claire-lise [dot] gaillard [at] Univ-Paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les petites annonces personnelles dans la presse contemporaine (XVIIIe-XXe siècle) », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 13 novembre 2017, http://calenda.org/418672