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Nature, environnement et écologie

Nature, Environment, and Ecology

Pour une approche écocritique de la littérature francophone

Ecocritical Approaches to Francophone Literature

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Publié le mardi 24 octobre 2017 par João Fernandes

Résumé

La relation entre les hommes et la nature n’a cessé d’évoluer au cours des siècles. Un moment clé dans la pensée occidentale moderne est quand Descartes déclare dans Discours de la méthode (1637) qu’il faut nous « rendre maître et possesseur de la nature ». Ce positionnement spécifique de l’homme par rapport à la nature a eu des conséquences désastreuses qui nous ont menés à une crise écologique mondiale. Selon l’anthropologue Phillipe Descola, le dualisme cartésien serait une nouvelle perspective qui ne constituerait rien de naturel.Dans son livre Par-delà nature et culture, Descola explique comment la pensée occidentale moderne, qui a donné également naissance à un grand nombre de notions actuelles dans le domaine de l’écocritique, s’est forgée en opérant une différence ontologique entre nature et culture. Cette vision du monde particulière s’est exportée quand la pensée moderne s’est répandue partout dans le monde pendant la période coloniale où elle s’est vue confrontée à une multiplicité d’idées divergentes sur la nature et l’humanité qui, aux yeux de la plupart des peuples non européens, n’étaient pas antagonistes.

Annonce

Argumentaire

La relation entre les hommes et la nature n’a cessé d’évoluer au cours des siècles. Un moment clé dans la pensée occidentale moderne est quand Descartes déclare dans Discours de la méthode (1637) qu’il faut nous « rendre maître et possesseur de la nature ». Ce positionnement spécifique de l’homme par rapport à la nature a eu des conséquences désastreuses qui nous ont menés à une crise écologique mondiale. Selon l’anthropologue Phillipe Descola, le dualisme cartésien serait une nouvelle perspective qui ne constituerait rien de naturel. Dans son livre Par-delà nature et culture, Descola explique comment la pensée occidentale moderne, qui a donné également naissance à un grand nombre de notions actuelles dans le domaine de l’écocritique, s’est forgée en opérant une différence ontologique entre nature et culture. Cette vision du monde particulière s’est exportée quand la pensée moderne s’est répandue partout dans le monde pendant la période coloniale où elle s’est vue confrontée à une multiplicité d’idées divergentes sur la nature et l’humanité qui, aux yeux de la plupart des peuples non européens, n’étaient pas antagonistes. La critique universitaire de cette ontologie occidentale et moderne porte le nom d’écocritique. Ce domaine d’étude a pris naissance aux États-Unis où il s’est épanoui presque exclusivement au sein des départements d’études anglaises. En France, c’est dans les années 1990 que Michel Serres et Bruno Latour ont ouvert la voie à une écocritique à la française. Plus récemment, de nouvelles voix, comme celles de Pierre Schoentjes et Alain Suberchicot, ont formulé des critiques spécifiques qui visaient la prépondérance des perspectives américaines dans le domaine en proposant des méthodologies plus adaptées à la sensibilité française.

Cependant, il y a une lacune qui persiste dans les études portant sur l’aire culturelle et littéraire francophone. Deloughrey et Handley, dans leur introduction au livre Postcolonial Ecologies : Literatures of the Environment, constatent que, « [e]n somme, le savoir des Lumières, l’histoire naturelle, la politique écologique et le langage de la nature – c’est-à-dire ces mêmes systèmes logiques dont nous nous servons aujourd’hui pour parler de la préservation de l’environnement et du développement durable - procèdent de la longue histoire de l’exploitation coloniale de la nature, ainsi que de l’assimilation des épistémologies naturelles du monde entier » (nous traduisons).

Axes thématiques

Dans ce numéro spécial d’Alternative francophone, nous souhaitons entendre de nouvelles voix qui poursuivraient cette discussion, qui n’a que trop tardé, et dont le but est de mettre en lumière la place du monde naturel et sa relation avec l’humanité dans la littérature francophone. Nous accueillerons en particulier des contributions touchant les thématiques suivantes (d’autres sujets en lien avec ces thématiques seront également considérés) à travers les divers genres des littératures francophones (roman, poésie, théâtre, littérature-jeunesse, BD, etc.,) :

  •  Écocritique coloniale ou postcolonial, la décolonisation et l’environnement
  •  Pollution, changement climatique, justice environnementale, extraction coloniale/néocoloniale
  •  Biopolitique et biopouvoir 
  •  Écoféminisme
  •  Ontologies et épistémologies non-européennes
  •  Utopie ou dystopie écologique
  •  Le parasitisme ou le posthumanisme
  •  L’écocritique matérielle
  •  Les études animales

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les articles devront faire entre 6000 et 8000 mots et être envoyés au plus tard le 1er janvier 2018 à James Boucher (james.boucher@rutgers.edu ), Cynthia Laborde (cynthia.laborde@uta.edu ), Sathya Rao (srao@ualberta.ca ) et⁄ou Chris Reyns-Chikuma (reynschi@ualberta.ca ). Les auteurs seront notifiés de la décision du comité éditorial par courriel dans un délai d’environ 5 semaines. Nous demandons aux auteurs de bien respecter le protocole de publication du journal

(https://journals.library.ualberta.ca/af/index.php/af/about/submissions#authorGuidelines).

Comité éditorial

Éditeurs de la revue

  • Justine Huet, University of Alberta, CANADA
  • Alexis Nouss (Nuselovici), Université d'Aix-Marseille, FRANCE
  • Sathya Rao, University of Alberta, CANADA
  • C(h)ris Reyns-Chikuma, University of Alberta, CANADA

Assistants éditoriaux

  • Marine Gheno, Université de l'Alberta, CANADA
  • Sita Rao, Université de Toronto

Webmestre

  • Sathya Rao, University of Alberta, CANADA

Comité d'évaluation

  • Sylvie André, Université de la Polynésie Française, POLYNÉSIE FRANÇAISE
  • Olivier Barlet, Fondateur d'Africultures, FRANCE
  • André Bénit, Universidad Autónoma de Madrid, ESPAGNE
  • Franklin Benjamin, Ecole Normale Supérieure de Port au prince, HAÏTI
  • Véronique Bonnet, Université Paris XIII, FRANCE
  • Vincent Bruyère, Emory University, ÉTATS-UNIS
  • Martine Cavanagh, University of Alberta/Campus Saint-Jean, CANADA
  • Nicole Coté, Université de Sherbrooke, CANADA
  • Ana Paula Coutinho Mendes, Université de Porto, PORTUGAL
  • Esfandi Esfandiar, Université de Téhéran, IRAN, RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE D'
  • Bernadette Hoefer, Ohio State University, ÉTATS-UNIS
  • Momar Kane, Université Toulouse II le Mirail, FRANCE
  • Aurélia Klimkiewicz, Glendon College, CANADA
  • Louise Ladouceur, University of Alberta - Campus st Jean, CANADA
  • Djemaa Maazouzi, Université Charles-de-Gaulle - Lille 3
  • Denise Merkle, Universite de Moncton, CANADA
  • Marie-Annick Montout, Université d'Angers, FRANCE
  • Ursula Moser, Université de Innsbruck, AUTRICHE
  • Francoise Naudillon, Université Concordia, CANADA
  • Corinne Noirot-Maguire, Virginia Polytechnic Institute & State University, ÉTATS-UNIS
  • Marie-José Nzengou-Tayo, University of the West Indies, JAMAÏQUE
  • Jean Ouedraogo, SUNY Plattsburgh, ÉTATS-UNIS
  • Yolaine Parisot, Université de Rennes II, FRANCE
  • Natasa Raschi, Università degli Studi di Perugia, ITALIE
  • C(h)ris Reyns-Chikuma, University of Alberta, CANADA
  • Naoki Sakai, Cornell university, ÉTATS-UNIS
  • Yanik Samzum, Présence et action culturelle, BELGIQUE
  • Sherry Simon, Concordia University, CANADA
  • Jon Solomon, Institute of Arts and Humanities, Shanghai Jiaotong University, CHINE
  • Stéphanie Tsai, Université Tamkang, CHINE
  • Kunio Tsunekawa, Université de Hitotsubashi, JAPON
  • Eugenia Vilela, Université de Porto, PORTUGAL
  • Jerry White, Dalhousie University, CANADA

Catégories

Lieux

  • Université de l'Alberta
    Edmonton, Canada (t6j2w9)

Dates

  • lundi 01 janvier 2018

Mots-clés

  • littérature, francophone, écocritique, écologie, environnement, nature

Contacts

  • Chris Reyns-Chikuma
    courriel : reynschi [at] ualberta [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Chris Reyns-Chikuma
    courriel : reynschi [at] ualberta [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Nature, environnement et écologie », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 24 octobre 2017, http://calenda.org/418754