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Patrimoine culturel et développement local au Cameroun

Cultural heritage and local development in the Cameroon

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Publié le jeudi 19 octobre 2017 par João Fernandes

Résumé

L'objectif de cette journée d'étude est d'interroger le lien entre patrimoine culturel et développement local. Il s'agit dans le contexte multiculturel camerounais de susciter la réflexion sur la contribution potentielle des patrimoines culturels dans la transformation des structures productives et sociales des territoires qui les abritent.  Les communications devront abordées les difficultés conceptuelles, méthodologiques et statistiques tout autant que les enjeux et les limites de la mesure de l'apport d'un domaine de l'activité économique et sociale au développement d'un territoire.

Annonce

Centre national d’éducation, Département d’études sur les arts, religions et civilisations

Contexte et justification

Le patrimoine est assimilé à un ensemble de bien de toute nature ; digne d’intérêt, au cœur de multiples enjeux que chaque pays, chaque groupe ethnique, doit rechercher pour s’affirmer sur les plans territorial, identitaire, politique ou économique. Durant ces deux dernières décennies la mise en évidence du patrimoine culturel et de sa conciliation avec le développement local est une des préoccupations majeures en Afrique subsaharienne.

La notion de développement local renvoie à la situation d’une communauté dont les populations jouissent d’un mieux-être inhérent à la transformation productive de leurs ressources propres. Ces dernières peuvent être économiques, sociales, culturelles. Pour ce qui est des ressources culturelles, il importe de souligner que toute communauté humaine repose sur des valeurs aussi bien définitoires que séculaires de son identité culturelle. C’est ainsi qu’Aimé Césaire identifiait à juste titre la culture à « la civilisation en tant qu’elle est propre à un peuple, à une nation, partagée par nulle autre et qu’elle porte, indélébile, la marque de ce peuple et de cette nation[1] ». Dans le même sillage, l’UNESCO (1982) définit la culture comme « l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. » Il apparaît dès lors que la culture représente le sous-bassement du développement authentique de toute communauté humaine. Ceci est d’autant vrai que l’on assiste de plus en plus à l’émergence du paradigme des industries patrimoniales au sens de la culture. On parle ainsi d’industries culturelles et linguistiques.

Le Cameroun a affiché sa volonté de préserver le patrimoine culturel depuis 1982, date à laquelle il ratifia la convention du patrimoine mondial de l’UNESCO pour la protection des biens culturels et naturels. Par la suite, il ratifia en avril 2008 la convention de 2003 de l’UNESCO sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Le premier inventaire général du patrimoine culturel camerounais a été initié par le gouvernement en 2001. Cette initiative aura été peu fructueuse à cause des contingences d’ordre structurel, notamment l’absence des dispositions spécifiques définissant les types de patrimoine culturel à sauvegarder.

Depuis lors, ce vide a été comblé par la loi N° 2013/003 du 18 avril 2013 régissant le patrimoine culturel. Cette loi a pour objet de favoriser la connaissance, la conservation, la protection, la valorisation, la promotion et la transmission du patrimoine culturel, dans l’intérêt public et dans la perspective du développement durable. Ainsi, préserver le patrimoine culturel, c’est choisir la réappropriation par un peuple de sa mémoire, une réappropriation qui peut être au cœur d’un projet collectif porteur de cohésion sociale. Le faire connaître, c’est aussi contribuer à une meilleure connaissance mutuelle entre les communautés présentes sur un territoire, chacune porteuse de sa propre culture, qui grâce à cela peuvent mieux vivre ensemble. C’est enfin favoriser le maintien de l’équilibre social qui implique la reconnaissance, le respect des différences et de l’identité culturelle de chaque peuple et de ses composantes. Le patrimoine culturel a de multiples fonctions : historiques, pratiques, symboliques, sociales et psychologiques. En termes économique et de développement durable, le patrimoine culturel peut apporter une contribution non négligeable par le biais notamment du tourisme et de l'artisanat.

Face à l’adversité que constituent le snobisme, le mimétisme, la mondialisation et la modernité, les Camerounais gagneraient à tirer le meilleur parti en se réappropriant leur patrimoine culturel tout en contribuant à leur développement économique et social. Au vu de la mosaïque de cultures qui singularise l’identité camerounaise, il nous semble commode de préconiser un type de développement dont l’authenticité repose sur les valeurs spécifiques du patrimoine de chaque aire culturelle. Ainsi, les problématiques patrimoniales pourront être interrogées dans un contexte essentiellement plurivoque afin de nourrir la réflexion sur le développement spécifique de ces différentes aires culturelles.

Si Davezies (2006) évoque des difficultés inhérentes à la diversité des territoires/localités aux fins de quelque promotion culturelle, il convient de préciser que le contexte local retient dans sa définition un pan du domaine national et est sujet à une complexité certaine. Cette complexité varie de la ville au village et s’établit à travers un enclavement/désenclavement de la zone géographique concernée. Cependant, le Cameroun « tour de Babel » au sens de Mbede (2002) se considère comme une « exception plurielle » (KengneFodouop, 2010). Les particularismes pouvant être exacerbés, il convient de souligner la demande toujours grandissante de l’amélioration des conditions de vie des populations. Eu égard à ce qui précède, il y a lieu de s’interroger sur la préoccupation centrale ci-après : en quoi la préservation du patrimoine culturel contribue-t-elle au développement local ? Si tant est que ce rapport pourrait exister entre le patrimoine culturel et le développement local, sur quels aspects pratiques reposeraient-ils ? Autrement dit, quel lien existe-t-il entre le patrimoine culturel et le développement local ? Et quels leviers devrait-on actionner pour parvenir à ce développement tant recherché ?

C’est à ce questionnement global que le département des ARC tente de répondre au travers d’une journée d’étude à laquelle sont conviés les chercheurs en sciences humaines et sociales. Cette préoccupation interpelle les uns et les autres sur la nécessaire importance de la préservation et de la valorisation de notre patrimoine commun.

Axes de réflexion

  1. Identités culturelles et développement local au Cameroun
  2. Politiques publiques et promotion du patrimoine culturel au Cameroun
  3. Conservation, valorisation des biens culturels et communautés endogènes
  4. Industries culturelles et développement local
  5. Patrimoine culturel et reconstitution de l’histoire au Cameroun 

Conditions de soumission

Les propositions de communication (résumé et plan de la communication) doivent parvenir aux adresses suivantes au plus tard le 31 octobre 2017 : hyambene@yahoo.fr ; afojiotsa@yahoo.com ; salamatoulame@yahoo.fr ; binalfred@yahoo.fr

Chaque proposition devra comporter un résumé (300 mots au maximum ; police : Times New Roman ; interligne : 1 ; Taille : 12) assorti de 5 mots clés et, suivi du nom, prénom, affiliation et grade de l’auteur. Les auteurs seront notifiés du rejet ou de l’acceptation de leur proposition de communication au plus tard le 10 novembre 2017. La journée d’étude quant à elle se tiendra le 30 novembre 2017 dans l’enceinte du Centre National d’Education sis au Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (Yaoundé-Cameroun).

Comité d’organisation

  • Henri YAMBENE BOMONO, Ph.D., Maître de recherche, Chef du Département d' études des Arts, Religions et Civilisation (ARC) au Centre National d’Education (CNE)-MINRESI
  • Albert JIOTSA, Ph.D., Chargé de recherche, ARC/CNE-MINRESI
  • Alfred Bessiga Bina, Attaché de recherche, ARC/CNE-MINRESI
  • SALAMATOU, Attaché de recherche, ARC/CNE MINRESI
  • Alexandre GAIMATAKWAN, Attaché de recherche, ARC/CNE-MINRESI
  • Jasmine Julie SILIKAM, Attaché de recherche, ARC/CNE-MINRESI
  • Florence KWANYE KWADA, Attaché de recherche, ARC/CNE-MINRESI
  • Daniel Georges NANA KOMEY, Attaché de recherche, ARC/CNE/MINRESI
  • MBONDJI EDJENGUELE, Professeur, Chef de département d'Anthropologie, Université de Yaoundé I
  • Martin ELOUGA, Maître de Conférences, Chef de département des Arts et Archéologie, Université de Yaoundé I
  • Luc MEBENGA TAMBA, Maître de Conférences, Département d'Anthropologie, Université de Yaoundé I

Comité scientifique

  • Elizabeth TAMAJONG, Ph.D., Directeur de recherche, CNE, MINRESI
  • MBONJI EDJENGUELE, Ph.D., Professeur, Chef du Département d'Anthropologie, Université de Yaoundé I
  • Henri YAMBENE BOMONO, Ph.D., Maître de recherche, ARC, CNE, MINRESI
  • Pierre MBOUOMBOUO, Ph.D., Maître de recherche, DES, CNE, MINRESI
  • Martin ELOUGA, Ph.D., Maître de conférences, Chef du Département des Arts et Archéologie, Université de Yaoundé I
  • Luc MEBENGA TAMBA, Ph.D., Maître de conférences, Département d'Anthropologie, Université de Yaoundé I
  • Joseph Yves ZOA ZOA, Ph.D., Chargé de recherche, DEE, CNE, MINRESI
  • Emmanuel Moselly MAKASSO, Ph.D., Chargé de recherche, DELH, CNE, MINRESI
  • Carole Valérie NOUAZI KEMKENG, Ph.D.,Chargé de recherche, DEPJ, CNE, MINRESI
  • Albert JIOTSA, Ph.D., Chargé de recherche, ARC, CNE, MINRESI

References bibliographiques

  •  Abdi Ali, A. 2010. "Globalization, Culture and Development: Perspectives of Africa", in Journal of Alternative Perspectives in the Social Sciences, vol. 2, Special Issue N° 1, 1-26.
  •  AbimbolaOlumide. 2014. "Development and the African Culture.", www.academia.edu.
  •  Assoumou, J. et als. 2016. Pour une Afrique émergente : une culture tournée vers l’avenir, L’Harmattan, Paris.
  •  Brokensha D., D. M. Warren and O. Werner, 1980,Indigenous knowledge-systems and development, New York, University Press of America.
  •  Césaire, A. 1956. « Culture et colonisation » (19-22 sept. 1956), in Présence africaine, Juin-novembre, n° 8-9-10, p. 191.
  •  Cornevin, R. 1962. Histoire des peuples de l’Afrique noire, Paris, Berger-Levrault.
  •  Delafosse M.1925. Les Civilisations négro-africaines, Paris, Librairie Stock.
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  •  Hountondji P., 1994, Les savoirs endogènes. Pistes pour une recherche, Dakar, CODESRIA, pp. 37-56.
  •  KiZerbo J.1957. "Histoire et conscience nègre", Présence africaine, octobre-novembre.
  •  Lavachery H. L’art des noirs d’Afrique et son destin, Présence africaine, n° 10/11.
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  • --- Savoirs, partages et transmissions, Notre Librairie, Revue des littératures du Sud,  N° 157, Littérature et développement, janvier - mars 2005.
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  • WORLD heritage in Africa, UNESCO-ICOMOS Documentation Centre, September 2008.

[1] Aimé Césaire, « Culture et colonisation », in Présence africaine, juin-novembre 1956, n° 8-9-10, p. 191.  

Lieux

  • Yaoundé, Cameroun

Dates

  • mardi 31 octobre 2017

Mots-clés

  • patrimoine culturel, développement local, Cameroun

Contacts

  • Henri Yambene Bomono
    courriel : hyambene [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Henri Yambene Bomono
    courriel : hyambene [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Patrimoine culturel et développement local au Cameroun », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 19 octobre 2017, http://calenda.org/418758