AccueilLes dimensions diachroniques en anglais de spécialité : enjeux communicationnels, didactiques et traductologiques

Les dimensions diachroniques en anglais de spécialité : enjeux communicationnels, didactiques et traductologiques

Diachronic dimensions in specialised varieties of English:implications in communications, didactics and translation studies

XXXXIVe colloque international du GERAS

39th International GERAS Conference

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Publié le mercredi 25 octobre 2017 par Elsa Zotian

Résumé

En général, les praticiens de l’English for Specific Purposes (ESP) montrent peu d’intérêt pour la diachronie et, en particulier, pour les états révolus de la langue. La motivation principale de leurs démarches émane des besoins des apprenants et l’analyse des besoins (needs analysis) les situe d’ordinaire dans le présent ou le futur proche plutôt que dans le passé. En Europe continentale, en revanche, un nombre croissant de chercheurs voit dans les langues de spécialité des objets linguistiques durables – des variétés spécialisées de l’anglais (VSA) telles que l’anglais médical ou juridique, par exemple – et l’exploration de la dimension diachronique de ces VSA figure de plus en plus fréquemment parmi leurs intérêts scientifiques. Ce colloque invite les chercheurs à se pencher sur les dimensions diachroniques en anglais de spécialité et à en explorer les multiples facettes.

Annonce

Argumentaire

En général, les praticiens de l’English for Specific Purposes (ESP) montrent peu d’intérêt pour la diachronie et, en particulier, pour les états révolus de la langue. La motivation principale de leurs démarches émane des besoins des apprenants et l’analyse des besoins (needs analysis) les situe d’ordinaire dans le présent ou le futur proche plutôt que dans le passé. En Europe continentale, en revanche, un nombre croissant de chercheurs voit dans les langues de spécialité des objets linguistiques durables – des variétés spécialisées de l’anglais (VSA) telles que l’anglais médical ou juridique, par exemple – et l’exploration de la dimension diachronique de ces VSA figure de plus en plus fréquemment parmi leurs intérêts scientifiques. Ce colloque invite les chercheurs à se pencher sur les dimensions diachroniques en anglais de spécialité et à en explorer les multiples facettes.

Le premier ensemble d’interrogations peut concerner les enjeux communicationnels. La langue sert correctement les échanges spécialisés qui se déroulent dans la synchronie, mais lorsque le temps les sépare, quels sont les impacts de la distanciation diachronique sur la compréhension et l’interprétation ? Les apprenants sont fréquemment amenés à effectuer des recherches documentaires et à consulter des textes produits en dehors de la sphère temporelle d’apprentissage ; faut-il également les sensibiliser à l’évolution des termes, des discours, des genres, des références institutionnelles, des effets de l’histoire sur leurs communautés spécialisées de référence ? Le questionnement s’élargit encore si l’on prend en considération l’histoire des VSA elles-mêmes et si l’on s’interroge sur leur origine. Sans envisager de former les apprenants à l’érudition linguistique spécialisée, une impasse totale sur la dimension diachronique des VSA est-elle saine pour offrir une formation de qualité aux enseignants d’anglais de spécialité quel que soit le domaine considéré ?

Le deuxième ensemble d’interrogations découle en partie des réponses suscitées par le premier. Si une dose d’investissement diachronique se justifie pour certaines VSA, comment peut-on construire des stratégies d’enseignement/apprentissage qui satisfassent au parcours de « transposition didactique » préconisé par Yves Chevallard (1985 : 20) afin de produire des « savoirs à enseigner » à partir de « savoirs savants » en y intégrant la dimension diachronique ? Qu’en sera-t-il de la motivation des apprenants s’ils sont invités à consacrer quelque peu de leurs efforts au temps long au détriment des urgences de la communication hic et nunc ?

Le troisième ensemble d’intérêts concerne la traduction. Si l’importance de la culture (traduction naturalisante/traduction exotisante) a fait l’objet de nombreuses études en traductologie, la dimension diachronique semble, quant à elle, avoir été moins étudiée. Il n’est pourtant pas rare que le traducteur se trouve confronté à des éléments dans le texte source qui ont changé au cours du temps ; qu’il s’agisse de changements terminologiques comme des néologismes ou des changements de nomenclatures, ou phraséologiques (induits par l’usage ou imposés par des autorités compétentes), ou encore de changements paradigmatiques des vérités du monde (une théorie scientifique pouvant en chasser une autre à partir de réfutations).

L’école sourcière et l’école cibliste semblent ne donner qu’une réponse insuffisante au dilemme du traducteur face à la diachronie : le traducteur sourcier se contenterait de conserver les évènements révolus du texte source pour les inclure dans le texte cible tandis que le traducteur cibliste aurait pour objectif d’adapter les éléments révolus pour qu’ils correspondent à son époque.

Les théories fonctionnalistes de la traduction apportent une réponse plus adaptée au traducteur qui est confronté à ce choix. Selon la théorie du skopos, toute traduction remplit une fonction. Le texte source doit donc être traduit de manière à ce que le texte cible soit cohérent pour les récepteurs, leurs connaissances, leurs besoins et selon le contexte de la réception.

Dans ce cadre théorique, les décisions traductionnelles liées à la diachronie dépendent donc directement de la fonction du texte cible. À ce titre, Christiane Nord (1997) rappelle l’importance pour le traducteur de comparer le texte source et le texte cible au niveau des récepteurs, du médium employé, mais aussi du lieu et du moment de réception. Cette comparaison permet au traducteur de prendre des décisions traductionnelles déterminantes dans le texte cible.

Bien que les fonctionnalistes se soient penchés sur la question de la temporalité entre texte source et texte cible, la diachronie est un phénomène transversal en traduction parce qu’elle est inhérente à l’évolution de la langue (spécialisée ou générale). Dans ces perspectives, il serait par exemple intéressant d’étudier l’évolution de la traduction de néologismes, de termes métaphoriques constitutifs de théories (dont l’évolution est souvent rythmée par les découvertes scientifiques au gré du temps). Il serait aussi pertinent de se pencher sur la traduction de phraséologies spécialisées où des analyses de corpus parallèles permettent de faire ressortir les marqueurs de la diachronie.

Références

  • Chevallard, Yves. 1985. La transposition didactique : du savoir savant au savoir enseigné. Grenoble : La Pensée Sauvage.
  • Nord, Christiane. 1997. Translating as a Purposeful Activity : Functionalist Approaches Explained. Manchester : St Jerome.
  • Les auteurs sont invités à adresser leur proposition sur ces pistes de recherche et problématiques apparentées selon les modalités suivantes :

Conditions de soumission

Langues : français ou anglais

Nombre de mots recommandé : 300

Date limite : 10 janvier 2018

Envoyer à

  • christine.michaux@umons.ac.be
  • m.memet@orange.fr

Colloque : 15 au 17 mars 2017

Conseil scientifique

  • Marion Charret-Del Bove, Université Lyon 3, France
  • Lobke Ghesquière, Université de Mons, Belgique
  • Shaeda Isani, Université Grenoble Alpes, France
  • Elizabeth Lavault-Olléon,Université Grenoble Alpes, France
  • Marie-Aude Lefer, Université catholique de Louvain, Belgique
  • Monique Mémet, ENS Paris-Saclay, France
  • Christine Michaux, Université de Mons, Belgique
  • Philippe Millot, Université Lyon 3, France
  • Aurélie Picton, Université de Genève, Suisse
  • Ana Bocanegra Valle, Université de Cadix, Espagne
  • Michel Van der Yeught, Aix-Marseille Université, France
  • Christopher Williams, Università degli studi di Foggia, Italie

Catégories

Lieux

  • Université de Mons, Faculté de traduction et d’interprétation (FTI-EII), Service de traduction spécialisée et terminologie,17 avenue du Champ-de-Mars
    Mons, Belgique (7000)

Dates

  • mercredi 10 janvier 2018

Mots-clés

  • anglais de spécialité, traduction, diachronie

Contacts

  • Monique Memet
    courriel : m [dot] memet [at] orange [dot] fr
  • Christine Michaux
    courriel : Christine [dot] MICHAUX [at] umons [dot] ac [dot] be

URLS de référence

Source de l'information

  • Monique Memet
    courriel : m [dot] memet [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les dimensions diachroniques en anglais de spécialité : enjeux communicationnels, didactiques et traductologiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 25 octobre 2017, http://calenda.org/419151