AccueilRévolution, République et corruptions (1789-1815 et au-delà)

Révolution, République et corruptions (1789-1815 et au-delà)

Revolution, Republic and corruptions (1789-1815 and beyond)

Séminaire doctoral de l'Institut d'histoire de la Révolution française (IHRF)

Institut d'histoire de la Révolution française (IHRF) doctoral seminar

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Publié le mercredi 18 octobre 2017 par Elsa Zotian

Résumé

Le beau titre du livre de Mona Ozouf, L’homme régénéré, dit à lui seul combien la corruption fut au cœur du processus révolutionnaire et comment la geste, commencée au mois de mai 1789 avait pour but de lutter spécifiquement contre ce qui était devenu un des marqueurs ontologiques d’un régime plus qu’ancien, en quasi putréfaction pour nombre d’acteurs radicaux prenant part à son effondrement. 225 ans plus tard, la corruption demeure un des poisons de la politique et fait le lit des populismes ou de lois plus ou moins efficaces de moralisation de la vie politique.

Annonce

Argumentaire

Le beau titre du livre de Mona Ozouf, L’homme régénéré, dit à lui seul combien la corruption fut au cœur du processus révolutionnaire et comment la geste, commencée au mois de mai 1789 avait pour but de lutter spécifiquement contre ce qui était devenu un des marqueurs ontologiques d’un régime plus qu’ancien, en quasi putréfaction pour nombre d’acteurs radicaux prenant part à son effondrement.

225 ans plus tard, la corruption demeure un des poisons de la politique et fait le lit des populismes ou de lois plus ou moins efficaces de moralisation de la vie politique.

Qu’est-ce à dire ? Qu’il existerait une « nature » de la corruption inhérente à une autre « nature » humaine par-delà les générations et les régimes ? Ou que plutôt que de placer originairement la corruption, faut-il incriminer d’abord la politique dans ses jeux de liens, de vénalité, d’intéressement, d’influence, comme initiatrice de la corruption ? Ne faut- il pas plutôt d’emblée distinguer et différencier les types de corruptions, passives, actives, personnelles, collectives, morale, structurelle, et les contextualiser de façon précise par l’étude de leurs acteurs, autant que leur mode de dévoilement et de discussion dans l’espace public. Que vaut-il mieux ? Un pays qui est traversé de scandale lié aux phénomènes de corruptions qui parviennent à la connaissance du public ou bien un pays qui semble intègre et dont les élites cachent fort bien leurs délits par exemple ? Évidemment il vaut encore mieux un pays sans corruption, où la vertu s’impose à tous, mais est- ce là une utopie ou une dictature de la liberté, et où se trouve ce pays ? Les travaux fondamentaux d’Albert Mathiez en son temps avaient démontré combien le gouvernement révolutionnaire avait consacré une partie de son énergie à lutter contre les formes de la corruption, tout en vantant la vertu comme socle de la citoyenneté, et nombre d’historiens ne voient du Directoire que la corruption de ces élites sans retenir le programme de construction des mœurs républicaines tenté par les savants entre 1795 et 1799… C’est donc autant une réflexion sur la république et ses travers, mais aussi sur les acteurs et les actions de la corruption au temps de la Révolution et de la mise en place du Directoire qui occuperont nos séances cette année avec des spécialistes français et venus d’ailleurs pour évoquer l’engrenage de dysfonctionnements dans leurs dimensions conjoncturelle et structurelle.

De plus, cette année nous invitons une équipe de collègues contemporanéistes, travaillant depuis plusieurs années sur les pratiques de la corruption dans les républiques contemporaines. Puisque la Révolution française et les modèles républicains qui en sont l’héritage initient le monde contemporain, il peut être intéressant d’ouvrir l’arc chronologique et échanger sur les méthodes, les analyses et les résultats comparés de nos enquêtes, engagées depuis le 18e jusqu’au 20 e siècle, et se donner le moyen d’étudier le fléau contemporain et originel de la cité républicaine dans ses formes spécifiques, fléau à éradiquer et renaissant différemment.

Les séances ont lieu le mercredi de 17h à 19h.

Responsables scientifiques

  • Annie Jourdan
  • Frédéric Monier
  • Pierre Serna

Programme

(1er semestre)

Introduction : Corruptions et Républiques : une relation consubstantielle ?

Mercredi 4 octobre 2017, 17 h – 19 

  • Pierre Serna, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IHRF-IHMC)

Corruption, altération et dégénération du corps social (fin xviiie-début xixe)

Mercredi 11 octobre 2017, 17 h – 19 

  • Claude Olivier Doron, Université de Paris Diderot

Contre-révolution et corruption (1789-1797)

Mercredi 18 octobre 2017, 17 h – 19 

  • Annie Jourdan, Université d’Amsterdam

La république « juste » contre la monarchie « arbitraire ». Réflexions sur l’échec du coup d’état de 1870 en Roumanie

Mercredi 25 octobre 2017, 17 h – 19 

  • Silvia Marton, Université de Bucarest, Sciences politiques

Vertu contre corruption, et le problème de l’amitié en révolution

Mercredi 8 novembre 2017, 17 h – 19 

  • Marissa Linton, Université de Kingston 

Une jeunesse corrompue ? Violences, marginalités et excentricités des jeunes gens à Paris (1793-1797)

Mercredi 15 novembre 2017, 17 h – 19 

  • Clément Weiss, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (doctorant IHRF-IHMC)

La déclaration de revenus des Conventionnels : une réponse aux pressions sociales et politiques, ou un devoir d’exemplarité ?

Mercredi 22 novembre 2017, 17 h – 19 

  • Philippe Bourdin, Université de Clermont-Ferrand

Révolution, réinvention et corruption : la Compagnie des Indes sous la Révolution française (1789-1793)

Mercredi 29 novembre 2017, 17 h – 19 

  • Elisabeth Cross, Florida State University

Attention : cette séance se tiendra en visioconférence et aura lieu en salle U/V de l’ENS, au 45, rue d’Ulm, Paris 5e

Vertu, corruption et république chez Robespierre et Camille Desmoulins (printemps-été 1791)

Mercredi 6 décembre 2017, 17 h – 19 

  • Hervé Leuwers, Université de Lille

Du secrétaire-courtisan au fonctionnaire républicain. La nouvelle religion du serment contre la corruption des mœurs politiques (1789-1799).

Mercredi 13 décembre 2017, 17 h – 19 

  • Francesco Buscemi, université de Warwick (ancien doctorant IHRF-IHMC)

Fouché et Talleyrand. Deux hommes de la Révolution et de l’Empire entre intérêts privés et service de l’État

Mercredi 20 décembre 2017, 17 h – 19 

  • Emmanuel de Waresquiel, EPHE

Un régime honnête ? Souveraineté et vertu sous la IIIe République (1870-1940)

Mercredi 10 janvier 2018, 17 h – 19 

  • Frédéric Monier, université d’Avignon

Ville, pouvoir, corruption à l’époque contemporaine : histoire comparée et analyse localisée

Mercredi 17 janvier 2018, 17 h – 19 

  • Jens Ivo Engels, université technique de Darmstadt, et Frédéric Monier, université d’Avignon

Lieux

  • Salle Marc Bloch, escalier C deuxième étage - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne 17, rue de la Sorbonne
    Paris 05 Panthéon, France (75)

Dates

  • mercredi 04 octobre 2017
  • mercredi 11 octobre 2017
  • mercredi 18 octobre 2017
  • mercredi 25 octobre 2017
  • mercredi 08 novembre 2017
  • mercredi 15 novembre 2017
  • mercredi 22 novembre 2017
  • mercredi 29 novembre 2017
  • mercredi 06 décembre 2017
  • mercredi 13 décembre 2017
  • mercredi 20 décembre 2017
  • mercredi 10 janvier 2018
  • mercredi 17 janvier 2018

Mots-clés

  • Révolution française, Directoire, république, mœurs, corruption

Contacts

  • Pierre Serna
    courriel : pierreserna [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Alexis Darbon
    courriel : alexis [dot] darbon [at] ens [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Révolution, République et corruptions (1789-1815 et au-delà) », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 18 octobre 2017, http://calenda.org/419439