AccueilLe Cameroun et la décolonisation de la diplomatie : perspectives africaines sur les relations internationales

Le Cameroun et la décolonisation de la diplomatie : perspectives africaines sur les relations internationales

Cameroon and the decolonisation of diplomacy: African perspectives on international relations

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Publié le mardi 31 octobre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Ce colloque se propose d’étudier le rôle de la diplomatie dans les processus de décolonisation en Afrique, à travers le prisme du Cameroun. Un des objectifs majeurs de cette rencontre est de s’interroger sur la pertinence des prismes franco-britanniques et anglophones / francophones, et d’examiner leur relativisation – possible, voire nécessaire. Sont donc particulièrement bienvenues les communications qui définissent, précisent, ou remettent en cause les phénomènes franco-britanniques et anglophones / francophones dans les relations diplomatiques du Cameroun et au Cameroun – dans leurs manifestations pratiques comme dans leur fonction d’outil ou de catégorie d’analyse.

Annonce

Université Paris Diderot – 21 et 22 juin 2018

Argumentaire

Si le Cameroun affiche un bilinguisme officiel et s’insère dans de multiples réseaux diplomatiques multilatéraux – dont le Commonwealth des Nations et l’Organisation internationale de la Francophonie – il est souvent singulièrement absent des grandes études consacrées aux relations internationales africaines, où dominent souvent le Nigeria, l’Afrique du Sud ou le Sénégal. Pourtant, le Cameroun, dans la multiplicité de ses acteurs, gouvernementaux et non-gouvernementaux, et comme espace diplomatique, offre des perspectives importantes sur les enjeux, possibilités et limites d’une transformation des conceptions et pratiques diplomatiques au XXIe siècle. Simultanément, l’étude des dynamiques internationales offre un éclairage sur la fabrique politique au Cameroun. Ceci est d’autant plus précieux que les cérémonies récentes de commémoration de l’indépendance de la République du Cameroun (1960) et de sa ‘réunification’ avec le Cameroun britannique méridional (1961) ont suscité de vifs débats au sein de la nation camerounaise et ravivé des mémoires plurielles, parfois concurrentes, de l’indépendance et des trajectoires de chacun des deux anciens mandats dans les politiques intérieures et extérieures de l’Etat camerounais sous les présidences d’Ahmadou Ahidjo (1960-1982) puis de Paul Biya.

Dans l’historiographie du Cameroun contemporain, la question des héritages français et britanniques a occupé une place importante, qu’il s’agisse des transferts des pouvoirs (Ngoh, Pungong), des mécanismes de construction de l’Etat et de la nation (Bayart), de la sociologie et de l’histoire des relations internationales (Sindjoun), des processus de démocratisation et de l’appréhension de la ‘question anglophone’ (Konings et Nyamnjoh) ou encore des évolutions linguistiques et culturelles (Mpoche). En parallèle, plusieurs études récentes sur la guerre menée contre l’Union des Populations du Cameroun et ses alliés (Terretta ; Deltombe, Domergue et Tatsitsa) ont permis de renouveler les approches des questions de commémoration, mémoire et mémorialisation, ainsi que la compréhension des mécanismes et acteurs de la résistance politique, économique, sociale et culturelle face à diverses formes de domination et d’oppression. Plus généralement, l’intérêt renouvelé porté aux transnationalismes, aux réseaux non-gouvernementaux dans les relations internationales et aux géographies culturelles a permis de réévaluer les liens entre globalisation et décolonisation, dans leurs dynamiques et leurs limites. Les recherches sur les mobilisations et réseaux étudiants (Blum et al.), sur les commémorations (Lentz et al.) et sur l’impact des nouvelles formes de communication à l’ère numérique (Barringer et al.) suggèrent l’importance de reconsidérer les processus d’émancipation, de socialisation et d’étatisation dans un cadre favorisant le dialogue entre les disciplines et entre les traditions historiographiques qui demeurent souvent nationales.

Ce colloque se propose d’étudier le rôle de la diplomatie dans les processus de décolonisation en Afrique, à travers le prisme du Cameroun. Un des objectifs majeurs de cette rencontre est de s’interroger sur la pertinence des prismes franco-britanniques et anglophones / francophones, et d’examiner leur relativisation – possible, voire nécessaire. Sont donc particulièrement bienvenues les communications qui définissent, précisent, ou remettent en cause les phénomènes franco-britanniques et anglophones / francophones dans les relations diplomatiques du Cameroun et au Cameroun – dans leurs manifestations pratiques comme dans leur fonction d’outil ou de catégorie d’analyse. On pourra ainsi s’intéresser :

  • aux manifestations, échanges, phénomènes ‘franco-britanniques’ pendant la période des mandats et tutelles au Cameroun ;
  • aux modalités, périmètres et impact des multiples résistances à la notion même d’un phénomène ‘franco-britannique’ (des résistances les plus pragmatiques aux remises en cause théoriques, conceptuelles)
  • à la rééavaluation de la place du Cameroun dans les réseaux franco-africains
  • aux relations avec les organisations diplomatiques multilatérales, particulièrement (mais pas exclusivement) le Commonwealth et la Francophonie
  • à l’influence d’autres facteurs et acteurs (dont l’Allemagne, le Nigeria, ou encore les Etats-Unis, le Japon, la Chine, l’Inde et la Russie)
  • au rôle et à l’impact des processus de mémoire et mémorialisation dans les relations internationales
  • aux contraintes linguistiques, aux acteurs et aux activités de la traduction et l’interprétariat, et aux langues et langages nouveaux, possibles ou souhaitables dans les relations internationales contemporaines.

Au-delà des relations étatiques, bilatérales et multilatérales, ce colloque entend prêter une attention majeure au rôle des acteurs non-étatiques dans la décolonisation de la diplomatie.

Sont ainsi particulièrement bienvenues les communications portant sur le rôle des entrepreneurs, des journalistes, des étudiants, des artistes, sur les solidarités religieuses, et sur l’impact des réseaux transnationaux sur les mécanismes de libération/émancipation et de contrôle des populations. Sont également bienvenues les communications cherchant à mettre les questions ci-dessus en perspective par le biais d’une histoire longue des diplomatiques africaines, réévaluant ainsi la place conceptuelle et pratique des empires européens.

Modalités de soumission

Les propositions de communication, en anglais ou en français, de 500 mots (max.) et accompagnées d’un court CV (une page maximum) sont à envoyer aux organisateurs

avant le 15 décembre 2017.

Merci de bien vouloir écrire aux deux adresses : kizitus@yahoo.com et melanie.torrent@univ-paris-diderot.fr

Organisateurs

  • Kizitus Mpoche et Mélanie Torrent.
  • Institutions
  • Université Paris Diderot & CNRS (LARCA UMR 8225),
  • Institut universitaire de France,
  • Université de Douala
  • Institute of Commonwealth Studies.

Comité scientifique

  • Daniel Abwa (Universite de Yaounde I, Cameroun)
  • Terry Barringer (SCOLMA, Royaume-Uni)
  • Jean-Pierre Bat (Institut des mondes africains, Paris Panthéon-Sorbonne et Archives nationales, France)
  • Richard Bourne (Ramphal Institute, Royaume-Uni)
  • Joseph Valery Chedjou (Commonwealth Club, Douala, Cameroun)
  • Gordon Cumming (Cardiff University, Royaume-Uni)
  • Odile Goerg (CESSMA, Paris Diderot, France)
  • Konstantinos Katsakioris (Institute of African Studies, Bayreuth, Allemagne)
  • Guillaume Lachenal (SPHERE, Paris Diderot, France)
  • Philip Murphy (Institute of Commonwealth Studies, Royaume-Uni)
  • Pascal Ndjock Nyobe (Musée Maritime, Douala, Cameroun) 
  • Esther Olembe (Archives Nationales, Yaounde, Cameroun)
  • Elisabeth Schmidt Zollman (SIRICE, Paris Sorbonne, France) 

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • vendredi 15 décembre 2017

Mots-clés

  • diplomatie, décolonisation, Cameroun

Contacts

  • Mélanie Torrent
    courriel : melanie [dot] torrent [at] univ-paris-diderot [dot] fr

Source de l'information

  • Mélanie Torrent
    courriel : melanie [dot] torrent [at] univ-paris-diderot [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le Cameroun et la décolonisation de la diplomatie : perspectives africaines sur les relations internationales », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 31 octobre 2017, http://calenda.org/419819