AccueilMigration et exil environnemental : du Déluge à nos jours

Migration et exil environnemental : du Déluge à nos jours

Migration and environmental exile - from the Great Flood to the present day

Journée d'étude de la revue pluridisciplinaire « Les Chantiers de la Création »

Les Chantiers de la Création interdisciplinary journal study day

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Publié le lundi 06 novembre 2017 par Elsa Zotian

Résumé

Alors qu’actuellement, aux quatre coins de la planète, des populations continuent de faire face à la fureur de la nature, la revue pluridisciplinaire Les Chantiers de la création appelle les chercheurs en sciences humaines et sociales à aller au-delà de la représentation de cette catégorie de déplacés, et invite les uns et les autres à interroger la manière dont la littérature, les arts et les sciences humaines et sociales peuvent servir d’objets de compréhension du phénomène migratoire et exilique environnemental.

Annonce

Comme chaque année, dans le cadre de ses activitées, la revue pluridisciplinaire Les Chantiers de la création organise une journée d'étude autour d'une question regroupant divers domaines. Cette année, c'est sur le thème de la migration et l'exil environnemental que nous invitons les jeunes chercheurs à se retrouver afin de croiser leurs réflexions sur une thématique qui relève de l'actualité et qui alimente plusieurs champs discursifs.

Argumentaire

Pendant longtemps, la migration faisait uniquement référence aux personnes déplacées pour cause de conflits, de guerres, de persécutions politiques ou de problèmes économiques. Le migrant ou l’exilé environnemental n’a été que très récemment identifié comme faisant partie du flux migratoire, alors qu’il suffit de se tourner vers les textes anciens tels que la Bible ou la Torah pour comprendre que ce phénomène n’est pas inédit. En effet, chaque catastrophe naturelle a toujours poussé sur la route de l’exil son lot de déplacés et d’évacués. Le récit de l’arche de Noé, faisant justement mention d’un déluge qui aurait entrainé le déplacement de populations, en est l’un des exemples les plus célèbres. De plus, dans de nombreuses cultures à travers le monde, on trouve une légende qui fait mention de semblables cataclysmes. En de pareils évènements, nombreux sont ceux qui traversent les frontières pendant que d’autres choisissent de se déplacer à l’intérieur-même de leur pays, comme les Éthiopiens frappés par la famine (1984-1985) ou, actuellement, les Yéménites et les populations du nord du Nigéria, qui font face à une grande sécheresse. Qu’elles partent dans l’urgence ou après une mûre réflexion, ces personnes ont en commun d’être poussées à l’exode par la dégradation progressive ou soudaine de leur environnement immédiat. Cette dégradation peut avoir des origines naturelles (tornades, cyclones, éruptions volcaniques, tremblements de terre, etc.), ou être le résultat de l’activité humaine (déforestation, construction de barrages, accident nucléaire, pollution, etc.), voire une association des deux (sécheresses ou inondations du fait des changements climatiques résultants de l’activité humaine).

Les migrations dues aux variations environnementales ont toujours constitué une réalité humaine. Elles peuvent être individuelles comme collectives, et les témoignages qui les relatent offrent une représentation hétérogène d’un vécu humain qui transmet une multiplicité de points de vue. Il faut pouvoir considérer les enjeux qu’impliquent de tels déplacements, notamment lorsqu’une catastrophe naturelle en est à l’origine. Les récits de vie, mais aussi les rapports historiques, médicaux, sociologiques, politiques, économiques, ou juridiques entrent en jeu et se combinent les uns aux autres pour offrir une représentation d’un monde qui s’est effondré. Les vies emportées et autres fragments humains perdus laissent des traces sensibles dans les esprits, et le constat de ces pertes génère des troubles qui ne se révèlent qu’à l’aune du temps qui passe.

Qu’il s’agisse de déluges immémoriaux, d’accidents industriels (Tchernobyl et Fukushima), de sécheresses, de famines, de tremblements de terre (Mexique, Italie...) d’inondations (Bangladesh), de glissements de terrains (Sierra Leone), de tempêtes… les catastrophes naturelles et industrielles ont alimenté de nombreux récits, allant du mythe fondateur au roman contemporain, nourrissant également la philosophie, les arts et les sciences. Les migrations environnementales sont donc un thème présent depuis l’antiquité dans les créations artistiques :du Déluge des saintes écritures aux Raisins de la colère (1939)de John Steinbeck, en passant par The Black Sunday de Jacqueline Merville ou Les Derniers Jours de Pompéi d’Edward G. Bulwer-Lytton, ou bien encore Zola Jackson de Gilles Leroy, nombreux sont les récits qui relatent les évacuations, exodes et déplacements de populations après les catastrophes naturelles. Rappelons le tremblement de terre meurtrier de Lisbonne en 1755, qui avait fait réagir en son temps Voltaire, lequel, dans Poème sur le désastre de Lisbonne (1756), remettait en question la miséricorde de Dieu. De même, dans Candide, l’auteur faisait mention de la multitude de réfugiés suite à ce désastre.

De nos jours, la figure du migrant suscite de nombreux débats, mais comme le souligne Alexis Nouss, « un migrant est d’abord un exilé ». Il définit celui-ci comme un sujet et acteur politico-social, qui doit être traité en tant que tel. Un migrant porte en lui condition et conscience de son exil, c’est-à-dire son « exiliance », qui est, selon l’auteur de La Condition de l’exilé, l’une des déclinaisons de la condition humaine. Il s’agit de « comprendre l’exilé afin de mieux préparer sa migration [et] comprendre la migration afin de mieux accueillir l’exilé. » Mais comment donc ces figures « de l’errance », du déracinement, et de la crise de soi peuvent-elles être comprises quand leur situation est le résultat d’une dégradation de l’environnement ?

Alors qu’actuellement, aux quatre coins de la planète, des populations continuent de faire face à la fureur de la nature, la revue pluridisciplinaire Les Chantiers de la création appelle les chercheurs en sciences humaines et sociales à aller au-delà de la représentation de cette catégorie de déplacés, et invite les uns et les autres à interroger la manière dont la littérature, les arts et les sciences humaines et sociales peuvent servir d’objets de compréhension du phénomène migratoire et exilique environnemental.

Conditions de soumission

Les propositions d’intervention dans les champs disciplinaires des lettres, langues, arts et sciences humaines sont à soumettre

jusqu’au 15 décembre 2017 inclus

à revue.lcc@gmail.com.

Elles contiendront 300 mots (+ ou – 10%), hors notes de bas de page, et seront accompagnées d’une biobibliographie de l’auteur.

Les propositions d’installation plastique seront aussi examinées. Merci de nommer vos fichiers comme suit : NOM_TITREPROPOSITION_MIGRATIONEXIL2018

La journée d'étude se tiendra le mercredi 4 avril 2018 à l’Université d’Aix-Marseille (site Schuman à Aix-en-Provence) et sera suivie de la publication des actes dans le prochain numéro des Chantiers de la Création à paraître fin 2018.

Les communicants devront ensuite soumettre leur article à paraître à une date qui leur sera communiquée ultérieurement (entre 20 000 et 30 000 caractères espaces comprises au format Word et répondant à la feuille de style de la revue, consultable à l’adresse suivante : http://lcc.revues.org/786). Il sera ensuite évalué par le comité de lecture.

Comité de lecture

  • Florence Bancaud, Université d’Aix-Marseille
  • Laura Bordes, Université d’Aix-Marseille
  • Sophie Chiari, Université d’Aix-Marseille
  • Sébastien Denis, Université d’Aix-Marseille
  • Sébastien Douchet, Université d’Aix-Marseille
  • Cecile Duquenne, Université d’Aix-Marseille
  • Noël Dutrait, Université d’Aix-Marseille
  • Christine Esclapez, Université d’Aix-Marseille
  • Jean-Raymond Fanlo, Université d’Aix-Marseille
  • Grégoire Lacaze, Université d’Aix-Marseille
  • Nadia Mesli, Université d’Aix-Marseille
  • Ines Oseki-Dépré, Université d’Aix-Marseille
  • Claude Perez, Université d’Aix-Marseille
  • Evelyne Toussaint, Université d’Aix-Marseille
  • Marc Weinstein, Université d’Aix-Marseille

Lieux

  • Aix Marseille Université - 29 avenue Robert Schuman
    Aix-en-Provence, France (13100)

Dates

  • vendredi 15 décembre 2017

Fichiers attachés

Mots-clés

  • migration, exil, environnemental

Contacts

  • Cecile Duquenne
    courriel : cecile [dot] duquenne [at] wanadoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Anouchka Stevellia Moussavou Nyama
    courriel : steevellia [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Migration et exil environnemental : du Déluge à nos jours », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 06 novembre 2017, http://calenda.org/420247