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La question du genre dans les arts

The gender issues in Arts

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Publié le lundi 06 novembre 2017 par Elsa Zotian

Résumé

La question de l’art sous l’angle du genre n’est pas une approche de distinction entre un art féminin et un art masculin, mais une catégorie d’analyse permettant de déstabiliser, transformer, transgresser, et subvertir les limites d’action sexuée et les normes sociales. Au-delà des stéréotypes et des stigmates contraires, les pratiques genrées de certains artistes déclenchent un processus de déconstruction de notions dont l’universalisme est apparu bien relatif (beauté, génie, art, goût, canons, etc.). Loin de là, la question du genre dans le domaine des arts est un véritable chantier esthétique. Elle propose une vision qui s’inscrit dans le renouvellement réflexif nécessitant une reprise totale de l’histoire de l’art, amorcé par Linda Nochlin au début des années 1970, lorsque celle-ci se demande « Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ? » et corroboré par l’œuvre théorique et incontournable de Griselda Pollock sur le « canon » de l’histoire de l’art.

Annonce

Colloque organisé par L’unité de recherche UR 13ES57 de l’Institut Supérieur des Beaux-arts de Sousse avec l’appui de ses partenaires : l’Association RADHEDH Méditerranéen pour les Arts, la Délégation Culturelle de Sousse et l’IFT (relais culturel de Sousse)

Argumentaire

La question de l’art sous l’angle du genre n’est pas une approche de distinction entre un art féminin et un art masculin, mais une catégorie d’analyse permettant de déstabiliser, transformer, transgresser, et subvertir les limites d’action sexuée (M. Buscatto, M. Leontsini) et les normes sociales (H. Becker, R. Moulin, P. Bourdieu). Au-delà des stéréotypes et des stigmates contraires, les pratiques genrées de certains artistes déclenchent un processus de déconstruction de notions dont l’universalisme est apparu bien relatif (beauté, génie, art, goût, canons,……..). Loin de là, la question du genre dans le domaine des arts est un véritable chantier esthétique. Elle propose une vision qui s’inscrit dans le renouvellement réflexif nécessitant une reprise totale de l’histoire de l’art, amorcé par Linda Nochlin au début des années 1970, lorsque celle-ci se demande « Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ? » et corroboré par l’œuvre théorique et incontournable de Griselda Pollock sur le ‘canon’ de l’histoire de l’art.

Les expositions Féminin-Masculin (1995) et elles organisées en (2009) au centre Pompidou, manifestent l’intérêt des institutions à ces théories. C’est bien à une déconstruction heuristique des « régimes de l’art » (N.Heinich) qu’invitent le concept de genre et, à sa suite, les théories queer (F. Villemur). En effet, le repositionnement, ces dernières années, de la question du genre dans les forums de la réflexion et de la décision juridique, politique et artistique ainsi que dans les études universitaires permet de revoir sous de nouveaux angles les rapports sociaux, les déterminismes biologiques, les enfreins psychologiques pour toucher à l’essentiel de la question du genre désormais entrevue comme un processus de déconstruction et de reconstruction. Il est vrai que le palmarès des performances, toutes disciplines confondues, fait la part belle aux figures masculines et manque d’ovations ou se fait timide dés qu’il s’agit de mettre en exergue celles des femmes artistes ou de pratiques artistiques de femmes tout court. Cet état de fait, fait ressortir comment la question des rapports de sexe et des constructions genrées affecte toutes les pratiques, sociales et symboliques, et traverse tous les champs de pensée.

Le traitement de cette question requiert, par voie de conséquence, des connaissances et des compétences transversales et transdisciplinaires, théoriques et méthodologiques. Plus encore, ce traitement rehausse le genre au statut de concept-outil d’analyse à même d’interroger les clichés, de soulever les différences et les articulations entre le naturel (sexe) et le culturel (genre). Sa force de provocation et sa valeur heuristique, permettent ainsi de découvrir de nouvelles pistes de recherche ou de poser un regard neuf sur des thèmes à vision arrêtée. Il se présenterait comme une réflexion renouvelée sur le monde. Ainsi, dans le contexte qui est le nôtre, fortement marqué par des transformations radicales de l’art et fort aussi de l’apport de la pensée queer des années 1990-2000 ( T. De Lauretis et J. Butler) qui est en fait une extension des luttes contre l’exclusion au-delà des polarités homme-femme, hétérosexualité-homosexualité, des représentations liées à des constructions identitaires sociales, on assiste au brouillage des frontières du féminin et du masculin, à l’hybridité et à la métamorphose qui sont au cœur de nombreuses formes artistiques contemporaines dont Marcel Duchamp a inauguré l’essaimage dés 1921, en se faisant photographier par Man Ray et transformer son alter ego féminin célèbre, Rrose Sélavy . Les successeurs et successeuses vont défier les systèmes traditionnels de classification.

Le travestissement va abolir le binarisme masculin/féminin et en faire un mécanisme de transgression des frontières et de l’ordre normatif qui sanctionne les déviances de genre. A titre d’exemple, les artistes Michel Jouriniac, Urs Lüthi, Claude Cahun et Cindy Sherman se servent de leur corps pour aborder le thème du travestissement, l’ambigüité sexuelle et la multiplication des identités. Par l’imitation des attributs d’autrui, ils déconstruisent les clichés pour démontrer la construction de l’identité genrée. « Transgenre », « cisgenre », « pangenre », « genderfluid », etc, le concept de genre ne cesse d’évoluer, de s’adapter à son contexte historique, politique et donc social reflétant une pensée révolutionnaire et flexible, éternellement renouvelable. Art et genre, une méthodologie qui met en évidence la proximité des œuvres avec leur contexte d’émergence, interroge les modes idéologiques de constitution de l’histoire de l’art pour reconstruire une mémoire culturelle plus égalitaire, extériorisant ainsi les normes structurées par une hiérarchie discriminatoire (race, sexe, couleur,……).

On le voit bien, la question du genre est une question traversière de l’art, et pas seulement celui des plasticiens, mais aussi des créateurs tous azimuts : écrivains, cinéastes, dramaturges, chorégraphes et performers. Ceux-ci sont en train de proposer, à travers leurs œuvres, des questionnements d’ordre ontologique allant jusqu’à bouleverser les assises de l’anthropologie sur les rapports de sexe et leurs implications ou échos dans tous les secteurs de la vie. Ce colloque qui voudrait réfléchir sur les créations artistiques sous le prisme du genre entend donc apporter un peu plus de lumière sur le « lien étroit entre l’art, la création et la problématique du genre », sur l’identité des styles et sur la question du clivage (art masculin/art féminin).

Axes de recherche possibles :

  • L’histoire de l’art à travers la question du genre
  • Féminin/masculin, articulation de genres dans les formes artistiques
  • Le travestissement dans l’art contemporain, tendance ou révolution
  • Corps, sexe et art : les arts corporels à travers l’étude du genre
  • La féminisation de l’art contemporain en Tunisie
  • Art et genre ; transgression et/ou subversion
  • Les détracteurs des études du genre, quelle légitimité ?
  • Les soubassements sociopolitiques des études du genre et leurs manifestations dans l’art.
  • Construction et déconstruction de l’identité sociale dans les formes artistiques contemporaines

Conditions de soumission

Langues acceptées : français, anglais et arabe

Les résumés des propositions de participation (300 mots au plus) doivent être envoyés, avec CV obligatoire aux adresses électroniques suivantes : laquestiondugenredanslesarts@gmail.com hafedhdjedidi@yahoo.fr

au plus tard, le 30 décembre 2017

Dates clés du colloque

  • 30 décembre 2017 :dernier délai pour envoyer des propositions de communication (intitulé et résumé (300 mots) + CV).

  • 10 janvier 2018 : dépouillement et sélection des communications par le comité scientifique.
  • 20 février 2018 : dernier délai pour envoyer le texte complet de la communication.
  • du 02 au 04 mars 2018 : colloque

Frais de participation pour les intervenants étrangers (hébergement + restauration + kit du colloque + pauses- café + souscription à la publication des Actes du colloque au cas où la communication serait retenue par le comité de lecture): 200 Euros

Frais de participation pour les Tunisiens (kit du colloque + pauses- café + déjeuner (le jour de l’intervention)+ souscription à la publication des Actes du colloque au cas où la communication serait retenue par le comité de lecture): 120 DT

Comité scientifique

  • Hafedh Djedidi : Pr. de l’Enseignement supérieur: études théâtrales et arts du spectacle, Univ. de Sousse.
  • Olfa Youssef : Pr. De l’Enseignement supérieur en civilisation arabo musulmane et religions comparées. Univ. de Sousse.
  • Faten Chouba Skhiri, Pr. De l’Enseignement supérieur en arts plastiques, Univ. de Sousse.
  • Adel Ben Youssef : Maître de conférences en histoire contemporaine, Univ. de Sousse.
  • Boutheina Ben Hassine : Maître de conférences en histoire médiévale, responsable du mastère genre, Univ. de Sousse.
  • Fateh Ben Ameur : Maître de conférences en arts plastiques, Univ. de Sfax.
  • Khaled Abida : Maître de conférences en arts plastiques, Univ. de Sousse.
  • Ali Aoun : Maître assistant en langue, lettres et civilisation françaises, Univ. de Tunis Al Manar.
  • Abdelaziz Smida : Maître assistant, Univ. de Kairouan.
  • Dominique Gauthiez Rieucau : Historienne et chercheur en genre, Académie Montpellier (France).

Comité d’organisation

  • Hafedh Djedidi : Président
  • Sadok Zaiene : Coordinateur général
  • Olfa Bouassida Souli
  • Sonia Daou
  • Mouna Ammar Ben Sghaier
  • Mohamed Ali Chtioui
  • Kamel Dekhil
  • Najeh Ben Sghaier
  • Sonia May
  • Narjes Rourou
  • Ines Aoun
  • Imen Ayadi

Lieux

  • Institut Supérieur des Beaux-Arts de Sousse - Place de la gare
    Sousse, Tunisie (4000)

Dates

  • samedi 30 décembre 2017

Mots-clés

  • genre, art, corps

Contacts

  • Olfa Bouassida
    courriel : olfa [dot] bouassida [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Olfa Bouassida
    courriel : olfa [dot] bouassida [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La question du genre dans les arts », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 06 novembre 2017, http://calenda.org/420498