AccueilÉpistémologie et politique – Recherches en Proche et Moyen-Orient

Épistémologie et politique – Recherches en Proche et Moyen-Orient

Epistemology and politics - research into the Near and Far East

*  *  *

Publié le lundi 30 octobre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Le projet « Épistémologie et Politique – Recherches en Proche et Moyen-Orient » réunit des démarches de recherche en Proche et Moyen-Orient dans la globalisation, qui portent sur les nouvelles formes d’agir politique et les productions théoriques du post-national, les généalogies de la violence et les langages de la mémoire, la construction des appartenances multiples, l’expérience des frontières, et les politiques des savoirs et de la traduction. Il confronte un corpus élargi dans les sciences humaines et sociales vers les arts et médias, les études politiques et décoloniales dans un contexte d’échange international.

Annonce

Présentation

Le projet « Épistémologie et Politique – Recherches en Proche et Moyen-Orient » réunit des démarches de recherche en Proche et Moyen-Orient dans la globalisation, qui portent sur les nouvelles formes d’agir politique et les productions théoriques du post-national, les généalogies de la violence et les langages de la mémoire, la construction des appartenances multiples, l’expérience des frontières, et les politiques des savoirs et de la traduction. Il confronte un corpus élargi dans les sciences humaines et sociales vers les arts et médias, les études politiques et décoloniales dans un contexte d’échange international.

Programme

Jeudi 2 novembre 2017

Université Paris 8 Saint-Denis, Amphi B106 (Bâtiment B1, 1er étage)

2, rue de la Liberté 93526 Saint-Denis – Métro Saint-Denis Université

  • 12h00 - Pouya Arastoo et Mojtaba Golmohammadi : Queer Diaspora

Les deux activistes LGBTQI*, Pouya Arastoo et Mojtaba Golmohammadi, parlent de leur parcours biographique et des différentes dimensions vécues construisant les diasporas queers.
Leur intervention souhaite souligner des problèmes structurels, tels que la double discrimination qu’il y a à confronter en tant que « personne de couleur » queer, et des perspectives et des alternatives queer qui peuvent être formulées.

L’intervention, réalisée en visioconférence en introduction d’une rencontre et un workshop à venir à Paris dans le courant de l’année, revêt les dimensions de la diaspora de l’utilisation des langues d’origine et de l’exil, et des passages entre elles, l’espace créatif entre les deux et à deux voix.
Pouya Arastoo est un travailleur social à Cologne club Rubicon et coordinateur de « Baraka - un collectif pour les lesbiennes, gays et allié.e.s à l’international ». En tant qu'artiste, Pouya Arastoo a participé à divers projets en art de la performance et dans le théâtre. Mojtaba Golmohammadi est un auteur et traducteur, en tant que journaliste, il travaille pour BBC Persian et Radio Zamaneh.

À la suite d’une première rencontre les 7 et 8 octobre 2017 à l’espace Khiasma avec différents collectifs et performers-narrateur.trice.s, cette intervention vient alimenter un work-in-progress autour des genres de l'intervention et sur comment la parole prend corps : défaire les genres de l'intervention parlée, inventer de nouvelles situations hors les genres institués, pour faire varier leurs genres mêlant performance, narration et lecture, discussion, musique, etc. et des questions théoriques et politiques à l'intérieur des formes sensibles, et interroger les modalités et les conditions de la création, comme autant d'écritures performatives qui réinventent des espaces, des temporalités, des relations, etc.

  • 15h00 - Engin Sustam (Experice-Paris 8) : Art & Subalternité kurde - L’émergence d’un espace de production subjective et créative entre violence et résistance

L’histoire de la production culturelle et artistique kurde trouve de nouvelles formes d'inscription sociale et se réinvente, avec les influences de la réflexion anti-coloniale, au cours des années soixante-dix, puis la diaspora (l'exil) de la génération des années quatre-vingt et quatre-vingt-dix. Il y a l’émergence d'un espace de créativité spécifiquement liée à l'historicité des formes de résistance kurde dans cette conjoncture. Nous définissons l’espace kurde comme une constellation des modes de perception et de production artistique et comme espace de révolte, de conflit, de violence et de résistance entre deux régimes de valeurs : les micro-langages de l’espace colonisé et le macro-langage de l’espace dominant. Cette recherche porte sur, et à la fois consiste en cette énonciation collective produisant de l’espace, selon des formes de subjectivation issues de la position de subalternité spécifique de l'histoire moderne et contemporaine kurde. De cette histoire a surgit des formes de résistance plus créatives et des arts oppositionnels qui héritent de la pensée anti-coloniale, en produisant de nouvelles formes de subjectivité qui se déclinent sur une échelle de positionnement subalterne à travers la création artistique. Il s’agit d’une théorie de la « culture mineure en résistance » (« Bê Welat », Sans-patrie) inventant une sémiotique du refus identitaire contre l’identité dominante.

Après un master de sociologie de l’art de l’Université de Mimar Sinan à Istanbul, puis un master et doctorat à l’EHESS à Paris, Engin Sustam a enseigné aux Universités d’Arel, et du 29 Mai à Istanbul, et à l’Université de Genève en sociologie et en philosophie. Ses recherches portent sur la sociologie des arts, les études kurdes, les nouveaux mouvements sociaux, la critique postcoloniale, la pensée politique et la violence et la contre-violence en Turquie. Il est le curateur de plusieurs expositions à Istanbul abordant les relations entre art, politique, genre et mémoire. Membre du comité de rédaction de la revue Teorik Bakis et de nombreux collectifs dont BAK (Universitaires pour la Paix), Jîngeh, Eko-Jîn et Jiyana Ekolojîk en Turquie.

Vendredi 3 novembre 2017

de 14h00 à 17h00

Université Paris 8 Saint-Denis, Amphi B106 (Bâtiment B1, 1er étage)

2, rue de la Liberté 93526 Saint-Denis – Métro Saint-Denis Université

  • Rabab Abdulhadi (Université d’État de San-Francisco) : Genre et sexualités en Palestine

Discutante : Azadeh Kian (CEDREF-Paris 7)

« L'impulsion à essentialiser les expériences des femmes Arabes/Musulmanes/Moyen-Orientales/Centrales-Asiatiques dans un modèle unique de féminité, qui est ensuite mesuré à l’aulne du modèle hégémonique du féminisme libéral Américain, a prévalue dans les études féminines. C'est pour cette raison que les études sur le genre et les sexualités semblent être un espace intellectuel plus hospitalier pour comprendre la diversité de nos expériences que les études sur les femmes. Même en ce qu’elle fait de meilleur, la tendance dominante dans les études féminines a traité les expériences des femmes comme fluctuantes et changeantes - tout en insistant à montrer les hommes constants, leurs mondes et leurs vies dans une fixité patriarcale apparemment immuable et intemporelle. En revanche, une prémisse majeure des études sur le genre et la sexualité suppose la diversité et la malléabilité du genre et de la fluidité des sexualités.
Mais utiliser la lentille du genre et de la sexualité seule ne peut expliquer que notre féminisme n'ait pas répondu aux préoccupations sur le sort de l'homme Arabe aux États-Unis ni sur les droits des prisonniers musulmans détenus sur les bases militaires américaines à Cuba, en Irak et en Afghanistan. Placer ces questions hors des préoccupations immédiates des études de genre et des sexualités est à la fois à courte vue et contre-productif. Il est à courte vue parce qu'il suppose que seuls les individu.e.s sexué.e.s et sexualisé.e.s de ceux.celles d'entre nous qui sont plus directement privé.e.s de leurs droits par de multiples systèmes de domination sont façonné.e.s par l'intersection du genre et de la sexualité avec la race, la classe, l'ethnie et la nationalité. C'est contre-productif parce que les diverses sexualités et la multiplicité des pratiques de genre doivent être fondées, contextualisées et pertinentes. Oser imaginer l'impossible, dépasser les stéréotypes et vouloir se tromper est une tâche difficile, mais le travail de résistance l'est aussi ; c'est toujours plus difficile que de vivre avec le statu quo. » (D’un pas léger : Enseigner le genre et les sexualités en temps de guerre)

Rabab Abdulhadi est professeure agrégée et enseigne à l’Université d’État de San-Francisco. Ses recherches portent sur la Palestine, les communautés arabes et musulmanes et leurs diasporas, les études sur la race et la résistance, les féminismes transnationaux et les études sur le genre et la sexualité. Elle a enseigné à l'Université de Yale, qui estégalement l’Université où elle a passé son doctorat, au Hunter College de la ville de New-York, l'Université Américaine du Caire en Egypte, et l'Université Bir Zeit, en Palestine, et dirigé le Centre d’études Arabes Américaines de l'Université du Michigan. Elle est lauréate de différents prix et distinctions, dont la bourse Sterling, Phi Beta Kappa et des prix d'excellence décernés par l'Université de Yale et l'Université Américaine du Caire. Elle est membre de nombreux organismes universitaires et de la société civile en faveur de la paix, et de l’égalité des droits et des libertés en Palestine et a participé à de nombreux forums sociaux depuis la création du forum social mondial. Elle est actrice et éditrice de nombreux ouvrages et essais dont récemment : “The Spirit of Bandung: Postcolonial Histories, Transnational Solidarities, and Cultures of Resistance”, Radical History Review ; “Gendered Islamophobia, Racialization and Colonial Feminisms”, Islamophobia Studies Journal ; “Palestinian Politics, Resistance and Liberation” Journal of Palestine Studies ; Revising Palestinian Feminist Narratives: Gender, Nation and Resistance in Palestine, Duke University Press ; Palestine: Solidarity and Resistance, Duke University Press ; Living Archives: Third World, Indigenous and anti-Colonial Queer and Feminist International Solidarities, a co-edited anthology of essays on the alliances between Indigenous and US women of color and their counterparts in the 3rd World ; “Palestine, Race and the Black Radical Imaginary: Solidarity and Contradictions”, With Stones in Our Hands: Reflections on Racism, Muslims and Empire, Junaid Rana and Sohail Daulatzai, University of Minnesota Press.

Lundi 4 Décembre 2017

Journée d’étude à l’Université Paris 8 Saint-Denis, Salle de la recherche de la bibliothèque et Salle A444) : L’État au Proche et Moyen-Orient : Enjeux politiques et épistémologiques

Janvier 2018

(Workshop Art & Média)

Février 2018

(Séminaire à l’Université Paris 8 Saint-Denis)

  • Somayeh Rostampour (GTM-Paris 8) : Les femmes dans le mouvement Kurde

Mars 2018

(Journée d’étude au Centre Sorhawardi d’étude des Mythes et des Religions de Souleymanieh) : L’alternative Kurde entre guerre et utopie

Avril 2018

(Séminaire à l’Université Paris 8 Saint-Denis)

  • Béatrice Rettig (LLCP-Paris 8) : Violence politique et violence épistémologique

Mai 2018

(Journée d’étude à l’Université Paris 8 Saint-Denis) : Temporalités, subjectivité, politique

Juin 2018

(Journée d’étude au Centre Arabe Mada al-Carmel pour la Recherche sociale appliquée à Haïfa et/ou Université nationale An-Najah à Naplouse) : Vers la construction théorique du post-national

Informations pratiques

Sur Internet : http://seminairepo.hypotheses.org
Contact : contact.seminaire.po (AT) gmail.com

Lieux

  • Amphi B106, bâtiment B1, 1er étage - 2 rue de la Liberté
    Saint-Denis, France (93526)

Dates

  • jeudi 02 novembre 2017
  • vendredi 03 novembre 2017
  • lundi 04 décembre 2017

Mots-clés

  • art, genre, politique, interdisciplinarité

Contacts

  • Séminaire Épistémologie et politique Recherches en Proche et Moyen-Orient
    courriel : contact [dot] seminaire [dot] po [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Béatrice Rettig
    courriel : contact [dot] seminaire [dot] po [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Épistémologie et politique – Recherches en Proche et Moyen-Orient », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 30 octobre 2017, http://calenda.org/421472