AccueilMigrations de retour, transferts sociaux et pratiques citoyennes transnationales

Migrations de retour, transferts sociaux et pratiques citoyennes transnationales

Return migration, social remittances and transnational citizenship practices

*  *  *

Publié le mercredi 15 novembre 2017 par João Fernandes

Résumé

Si les problématiques de « l’assimilation », du « multiculturalisme » ou de « l’intégration » des migrants dans la société d’installation ont occupé, jusqu’à la fin des années 1980, la recherche en sciences sociales sur le fait migratoire, les transnational studies se sont présentées comme une « nouvelle » approche analytique, capable de désigner la capacité des migrants à tisser et à maintenir des relations économiques, politiques et socioculturelles liant leurs sociétés d’installation et d’origine. Ainsi, le migrant conceptualisé comme « transmigrant » (Glick Schiller et. al., 1995) permet de percevoir d’autres dynamiques engendrées par les migrations en portant l’attention également sur les transferts sociaux (Levitt, 1998) et politiques (Ostergaard-Nielsen, 2003; Collyer, 2014). Au travers de l’étude des pratiques transnationales des migrants ce sont aussi les implications pour les individus et communautés non migrants qui ont fait l’objet d’un intérêt croissant (Levitt and Lamba-Nieves, 2013).

Annonce

Argumentaire

L’étude des espaces transnationaux dans le champ des recherches sur les migrations, notamment depuis les années 1990, a porté une attention particulière aux pratiques transnationales des migrants, remédiant ainsi à la vision étriquée du migrant perçu uniquement au travers du prisme de l’immigration au détriment de celui de l’émigration. Si les problématiques de « l’assimilation », du « multiculturalisme » ou de « l’intégration » des migrants dans la société d’installation ont occupé, jusqu’à la fin des années 1980, la recherche en sciences sociales sur le fait migratoire, les transnational studies se sont présentées comme une « nouvelle » approche analytique, capable de désigner la capacité des migrants à tisser et à maintenir des relations économiques, politiques et socioculturelles liant leurs sociétés d’installation et d’origine. L’approche transnationale a ainsi apporté un nouveau regard sur les migrations de retour, insistant sur le fait que le terme de « retour »  n’implique pas nécessairement l’idée d’un retour définitif (Charbit, 2007) et conceptualisant davantage ce dernier comme une étape, un moment de la trajectoire migratoire, qui doit être étudié dans toutes les dimensions spatiales et temporelles du parcours du migrant (Petit et al.2007). Ainsi, le migrant conceptualisé comme « transmigrant » (Glick Schiller et. al., 1995) permet de percevoir d’autres dynamiques engendrées par les migrations en portant l’attention également sur les transferts sociaux (Levitt, 1998) et politiques (Ostergaard-Nielsen, 2003; Collyer, 2014). Au travers de l’étude des pratiques transnationales des migrants ce sont aussi les implications pour les individus et communautés non migrants qui ont fait l’objet d’un intérêt croissant (Levitt and Lamba-Nieves, 2013).

Le foisonnement des recherches en ce domaine a toutefois relativement peu intégré les approches intersectionnelles. Plusieurs propositions de théorisation semblent néanmoins pertinentes pour une analyse intersectionnelle des dynamiques et relations de pouvoir au sein des pratiques transnationales ; par exemple les travaux de Floya Anthias autour du concept de ‘translocational positionality’  (Anthias, 2012) ou encore ceux de Sarah Mahler et Patricia Pessar autour de celui de ‘gendered geographies of power’ (Mahler and Pessar, 2001). Ce panel propose de porter une attention particulière au genre et classes sociales dans l’analyse des pratiques citoyennes transnationales,  des transferts sociaux et des migrations circulaires /de retour.

Cet appel invite à des communications en français ou en anglais, notamment autour des thématiques suivantes :

  •  les migrations circulaires et/ou de retour, et plus particulièrement les analyses intersectionnelles de ces formes de migrations ;
  •  les différentes formes de transferts sociaux, études de cas et typologies ;
  •  l’impact des nouvelles technologies sur les transferts sociaux et politiques ;
  •  les transferts sociaux des migrants et les questions de développement ;
  •  les transferts sociaux comme phénomènes multidirectionnels entre société de départ et société d’installation ;
  •  les pratiques citoyennes transnationales, notamment dans leurs implications sociales, civiques et politiques pour les sociétés de départ ;
  •  les migrations circulaires/de retour au travers des questions de nationalité, citoyenneté et de double nationalité ;
  •  l’impact de l’émigration /migration circulaire /migration de retour sur les individus/ familles/ communautés non-migrant×e×s.

Les communications attendues peuvent relever des différentes disciplines de sciences sociales et les approches interdisciplinaires sont particulièrement bienvenues.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les propositions de communication, de 500 mots maximum, seront envoyées

avant le 10 décembre 2017

à Hicham Jamid (hichamjmd@gmail.com) et Nina Sahraoui (nina.sahraoui@gmail.com). Les propositions devront indiquer le nom, le statut et l’affiliation des auteur×e×s. Il est attendu que les résumés présentent la question de recherche, le cadre théorique ainsi que la méthodologie ayant servi à la collecte des données empiriques mobilisées.

Informations pratiques (à retrouver sur le site de la conférence)

Ce panel est organisé dans le cadre du colloque international 2018 de l’APAD (Association pour l'anthropologie du changement social et du développement) qui se tiendra à l’Université de Roskilde (Danemark) du 23 au 25 mai 2018, sur le thème « migrations, développement, citoyennetés ».

Les langues de travail sont le français et l’anglais.

Les frais d’inscription sont de 160 €. Ils incluent la documentation, les pauses-café, les repas de midi à la cafétéria de l’Université, le cocktail et l’adhésion à l’APAD pour 2018 et l’envoi d’un numéro d’Anthropologie & développement.

Les frais d’inscription sont réduits à 120 € pour les membres de l’APAD à jour de leur cotisation.

Quelques bourses seront disponibles pour les chercheurs africains qui ne pourraient pas financer leur venue. L’APAD organisera un atelier d’écriture à destination des jeunes chercheurs africains en mars 2018, sur la base des communications reçues.

Pour plus d’informations : http://apad-association.org/colloque-2018/ 

Bibliographie citée / Bibliography

  • Anthias, F. (2012) Transnational Mobilities, Migration Research And Intersectionality Towards A Translocational Frame, Nordic Journal of Migration Research, 2(2), pp.102-110
  • Charbit, M. (2007) Transferts, retours et développement, données, concepts et problématiques, In : Petit, V. (dir.), (2007),  Migrations internationales de retour et pays d’origine, les collections du Centre de Population et Développement, Paris, pp. 57-85, 208 p.
  • Collyer, M.  (2014) “Inside Out? Directly Elected ‘Special Representation’ of Emigrants in National Legislatures and the Role of Popular Sovereignty.” Political Geography 41: 64–73
  • Glick Schiller N., Basch L., Szanton Blanc C. (1995) ‘From Immigrant to Transmigrant: Theorizing Transnational Migration’, Anthropological Quarterly, Vol. 68, No. 1 (Jan.), pp. 48-63
  • Levitt, P. (1998) Social Remittances: Migration Driven Local-Level Forms of Cultural Diffusion. International Migration Review, Vol. 32, No. 4 (Winter), pp. 926-948
  • Levitt, P. and Lamba-Nieves, D. (2013) Rethinking social remittances and the migration-development nexus from the perspective of time. Migration Letters, Volume: 10, No: 1, pp. 11 – 22
  • Mahler Sarah J. & Pessar Patricia R. (2001) Gendered Geographies of Power: Analyzing Gender Across Transnational Spaces, Identities, 7:4, 441-459
  • Østergaard-Nielsen E., “The Politics of Migrants' Transnational Political Practices”, International Migration Review, Vol. 37, No. 3, (Fall, 2003), pp. 760-786
  • Petit, V. (dir.), (2007),  Migrations internationales de retour et pays d’origine, Les collections du Centre de Population et Développement, Paris, pp. 57-85

Lieux

  • Roskilde, Danemark

Dates

  • dimanche 10 décembre 2017

Mots-clés

  • Migrations de retour, transferts sociaux, transnationalisme, pratiques citoyennes transnationales, genre, migrations circulaires, développement,citoyenneté et de double nationalité

Contacts

  • Hicham Jamid
    courriel : hicham [dot] jmd [at] gmail [dot] com
  • Nina Sahraoui
    courriel : nina [dot] sahraoui [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Hicham Jamid
    courriel : hicham [dot] jmd [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Migrations de retour, transferts sociaux et pratiques citoyennes transnationales », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 15 novembre 2017, http://calenda.org/421582