AccueilLa notion de relation État-société dans une perspective comparative

La notion de relation État-société dans une perspective comparative

The concept of the State-society relationship in comparative perspective

Atelier doctoral

Doctoral Workshop

*  *  *

Publié le mercredi 08 novembre 2017 par Elsa Zotian

Résumé

Le but de cet atelier est de réunir des doctorants à n’importe quel stade de leur projet de recherche (est encouragée d’ailleurs la participation des doctorants en début de recherche) afin d’explorer la relation État-société comme une approche théorique ou heuristique dans le cadre de leur recherche. L’objectif est d’unir les ressources afin d‘aider à une réflexion sur ce concept et son application dans la recherche au-delà les limites nationales/linguistiques et disciplinaires afin d’accroitre la sensibilisation des débats et les problématisations (et ressources) en dehors de la culture académique de chaque participant.

Annonce

Argumentaire

Depuis le XVIIIème siècle, la pensée européenne a été influencée par la distinction entre Etat et société, distinction commençant à se cristalliser dans le contexte de la construction de l’Etat-nation moderne. Aux XVIIIème et XIXème siècles, la relation Etat-société était souvent pensée en termes d’autonomie et d’émancipation, tendant vers une analyse dichotomique, voire antagoniste des deux termes. La deuxième partie du XIXème siècle observe même sa quasi-disparition (parce que considérée, au vu de la « question sociale », par exemple, comme inadéquate pour penser l’interpénétration de plus en plus complexe de l’Etat et de la société) alors que les années 1980 consacrent sa redécouverte dans un contexte de lutte contre les régimes totalitaires. Les critiques faites aux interprétations dichotomiques, même antagonistes, de la relation Etat-société ont été ressuscitées dans le contexte de ces luttes mais elles n’ont pas cette fois ci menées à l’abandon du concept. C’est plutôt un corpus croissant de littérature académique internationale qui explore, modifie et tente d’appliquer (généralement via des recherches sur la « société civile ») un concept qui, quelle que soit sa définition, est largement accepté comme au fondement de l’ordre démocratique (Keane 1988/2010). Cette nouvelle association dans la théorie politique de la relation Etat-société avec la démocratie libérale et son rôle dans la recherche d’un équilibre entre les demandes de pluralisme (par ex. liberté et autonomie dans la formation des identités des individus ainsi que des groupes) et de citoyenneté (par ex. les normes de « civilité ») a indéniablement des implications normatives (cf. Rosenblum/Post 2002 ; Chambers/Kopstein 2009). Néanmoins, cela n’a pas empêché l’utilisation de ce concept dans la recherche académique, non seulement dans les sciences politiques et sociales mais aussi comme « idéaltype » (fortement débattu et contesté) pour l’analyse et l’interprétation des développements, structures sociales et institutions historiques (cf. Kocka 2000 ; Gosewinkel 2011).

Pour les intéressés des perspectives comparatistes, la compréhension et l’application de cette notion devient encore plus complexe quand elles essayent de s’orienter dans les discussions académiques aux contextes culturel et linguistique variés. Dans d’autres cultures académiques, la discussion peut être confinée à d’autres disciplines (voire semble absente), ou différentes catégorisations et terminologies peuvent être utilisées. Différents problèmes et critiques peuvent être formulés, ou semblables, mais utilisant des langages ou approches différentes. Cela est complexifié par le fait qu’une grande partie du discours récent sur le concept a été relayé par le terme anglais de « civil society », alors que l’histoire conceptuelle est marquée aussi bien par les convergences que les divergences entre des traditions « nationales ».

Le but de cet atelier est de réunir des doctorants à n’importe quel stade de leur projet de recherche (est encouragée d’ailleurs la participation des doctorants en début de recherche) afin d’explorer la relation Etat-société comme une approche théorique ou heuristique dans le cadre de leur recherche. L’objectif est d’unir les ressources afin d‘aider à une réflexion sur ce concept et son application dans la recherche au-delà les limites nationales/linguistiques et disciplinaires afin d’accroitre la sensibilisation des débats et les problématisations (et ressources) en dehors de la culture académique de chaque participant. Cela sera fait, non par abstraction, mais à travers les réflexions des participants sur la relation Etat-société par le prisme de leur propre projet de recherche. Comment ce concept peut-il fournir un cadre (ou pourquoi ne serait-il pas utilisable ?) pour l’analyse et l’interprétation de leur matière ? Quels problèmes conceptuels ou pratiques rencontrent-ils dans l’opérationnalisation de ce concept ?

L’atelier consistera en des présentations d’environ 20 min suivies de discussions en table ronde. Nous serons accompagnés dans nos réflexions par Sylvie Le Grand Ticchi, maître de conférences HDR à l’Université Paris Nanterre et membre du Centre d'Etudes et de Recherches sur l'Espace Germanophone (CEREG) à la Sorbonne Nouvelle (Paris 3) et Paris Nanterre. Germaniste et civilisationniste, elle a publié notamment sur État, société et religion dans une perspective comparative, par exemple sur des questions constitutionnelles (y compris une étude sur E.-W. Böckenförde), l’éducation, et les résistances politiques (dans l’ex RDA). Nous espérons profiter aussi de la participation d’un ou deux autres chercheur-e-s expérimenté-e-s.

Les propositions venant de toutes disciplines et domaines de recherche sont bienvenues ; les perspectives comparatives sont surtout bienvenues mais ne sont pas obligatoires. Les projets de recherche peuvent avoir des sujets historiques comme contemporains et ne doivent pas forcément être limités à l’Europe ou par le cadre de l’Etat-nation.

Soumission des propositions: Les propositions pour une communication de 20 min devront parvenir à Lise van der Eyk (inger-lise.vandereyk@etud.sorbonne-nouvelle.fr)

le 4 décembre 2017 au plus tard ;

le document (au format PDF ou Word) doit inclure le titre de votre contribution, un résumé de max. 300 mots, et votre nom et affiliation. Les propositions peuvent être rédigées en Français ou en Anglais.

Vous recevrez une réponse environ une semaine après la date limite afin de pouvoir profiter des meilleurs tarifs de transport et hébergement. En fonction des financements obtenus, une participation aux frais de transport pourrait être envisagée pour celles et ceux ne pouvant bénéficier d’un remboursement.

Coordinatrice

  • Lise van der Eyk

Sélection de références bibliographiques

Les sources citées ci-dessous sont données seulement comme (quelques) pistes, relativement accessibles,  à la discussion dans des cultures académiques différentes ; elles peuvent aussi être consultées pour des bibliographies plus larges comme pour des exemples de l’application dans la recherche. NB : Le choix des sources ici ne doit pas être considéré comme limitant le champ de la discussion !!!

  • Biziou, Michaël (2004). “De la société civile à la société civile mondiale.” Cités 2004/1 (no. 17): 13-23. DOI 10.3917/cite.017.0013.
  • Böckenförde, Ernst-Wolfgang (1992). “Die Bedeutung der Unterscheidung von Staat und Gesellschaft im demokratischen Sozialstaat der Gegenwart.” In Recht, Staat, Freiheit: Studien zur Rechtsphilosophie, Staatstheorie und Verfassungsgeschichte. 2nd ed., 209–43. Frankfurt a/M: Suhrkamp.
  • Chambers, Simone and Jeffrey Kopstein (2009). “Civil Society and the State.” In Oxford Handbook of Political Theory. Edited by Anne Phillips, Bonnie Honig and John S. Dryzek, 363–81. Available online: http://individual.utoronto.ca/kopstein/publications/civil_society_and_the_state.pdf (accessed 14/10/2017).
  • Colliot-Thélène, Catherine (1996). “Etat et société civile.” In Dictionnaire de philosophie politique. Edited by Philippe Raynaud and Stéphane Rials, 225–30. Paris: PUF.
  • DeLue, Steven M. (2015). “Civil Society.” In Encyclopedia of Political Thought, Vol. 2. Edited by Michael T. Gibbons et al., 531–42. Oxford: Wiley Blackwell.
  • Ferry, Luc (1999). “L’émergence du couple Etat/société.” In Histoire de la philosophie politique. Tôme IV: Les critiques de la modernité politique. Edited by Alain Renaut,37–51. Paris: Calmann-Lévy.
  • Gosewinkel, Dieter (2011). “Civil Society.” In European History Online (EGO). Available online: http://www.ieg-ego.eu/gosewinkeld-2010-en (accessed 21/10/2017).
  • Keane, John (2010). “Civil Society, Definitions and Approaches.” In International Encyclopedia of Civil Society. Edited by Helmut K. Anheier, Stefan Toepler and Regina List. Available online: http://www.johnkeane.net/wp-content/uploads/2009/01/jk_civil_sciety_definitions_encyclopedia.pdf (accessed 21/10/2017).
  • Keane, John (1988). “Despotism and Democracy: The Origins and Development of the Distinction Between Civil Society and the State 1750-1850.” In Civil Society and the State: New European Perspectives. Edited by John Keane, 35–71. London, New York: Verso.
  • Kocka, Jürgen (2000). “Zivilgesellschaft als historisches Problem und Versprechen.” In Europäische Zivilgesellschaft in Ost und West: Begriff, Geschichte, Chancen. Edited by Manfred Hildermeier, Jürgen Kocka and Christoph Conrad, 13–40. Frankfurt/New York: Campus.
  • Rangeon, François (1986). “Société civile : histoire d'un mot.” In La société civile. By Jacques Chevallier et al., 9—32. Paris: PUF. Available online: http://www.u-picardie.fr/curapp-revues/root/19/rangeon.pdf (accessed 21/10/2017).
  • Rosenblum, Nancy L. and Robert C. Post, eds (2002). Civil Society and Government. Princeton: Princeton University Press. [collection of essays discussing the state-society relationship as viewed through the lens of different political theories: classical liberalism, liberal-egalitarianism, critical theory, feminism, natural law, Catholic, Protestant, Jewish, Islam, Confucian]

Lieux

  • Université Sorbonne-Nouvelle Paris 3, Institut du Monde Anglophone - 5 rue de l'Ecole de médecine
    Paris, France (75006)

Dates

  • lundi 04 décembre 2017

Mots-clés

  • state, society, pluralism, citizenship, civil society, government, état, société, pluralisme, citoyenneté, société civile, gouvernement

Contacts

  • Lise van der Eyk
    courriel : inger-lise [dot] vandereyk [at] etud [dot] sorbonne-nouvelle [dot] fr

Source de l'information

  • Lise van der Eyk
    courriel : inger-lise [dot] vandereyk [at] etud [dot] sorbonne-nouvelle [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La notion de relation État-société dans une perspective comparative », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 08 novembre 2017, http://calenda.org/421914