AccueilLogiques du discours philosophique en Allemagne

Logiques du discours philosophique en Allemagne

The logic of philosophical discourse in Germany

De Kant à Nietzsche

From Kant to Nietzsche

*  *  *

Publié le mardi 14 novembre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Ce colloque a pour objectif de rassembler des spécialistes de philosophie allemande, en France et à l’étranger, autour d’un problème peu abordé dans sa spécificité : celui des logiques du discours philosophiques en Allemagne au XIXe siècle. Partant du constat d’une grande richesse de cette période en innovations philosophiques et en renversements, il s’agit d’engager une étude approfondie du problème du discours philosophique, qui se fixerait pour tâche de dégager les tendances et ruptures profondes qui marquent son histoire.

Annonce

Argumentaire

Ce colloque a pour objectif de rassembler des spécialistes de philosophie allemande, en France et à l’étranger, autour d’un problème peu abordé dans sa spécificité : celui des logiques du discours philosophiques en Allemagne au XIXe siècle. Partant du constat d’une grande richesse de cette période en innovations philosophiques et en renversements, il s’agit d’engager une étude approfondie du problème du discours philosophique, qui se fixerait pour tâche de dégager les tendances et ruptures profondes qui marquent son histoire. Fruit d’une collaboration scientifique entre le Centre Interdisciplinaire de Recherches sur les Langues et la Pensée (CIRLEP-EA 4299) de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, le Laboratoire d’Histoire des Sciences et de Philosophie-Archives Poincaré (UMR 7117) de l’Université de Lorraine, et le Centre de Recherche en Philosophie Allemande et Contemporaine (CREPHAC - EA 2326) de l’Université de Strasbourg, il aura lieu les 17 et 18 novembre 2017 à l’Université de Reims Champagne-Ardenne.

Le problème des « langues philosophes » et du statut du discours philosophique se présente comme un fil conducteur extrêmement structurant de Kant à Nietzsche. En effet, la rupture fondamentale qui intervient avec Kant et la révolution criticiste se manifeste notamment par la prise de conscience de la discursivité de l’activité philosophique ainsi que par une prise de distance vis-à-vis du rapport idéalisant au langage sur lequel reposait le dogmatisme critiqué par Kant. L’interrogation transcendantale sur les conditions de possibilité du discours de la philosophie marque un tournant essentiel en érigeant clairement en problème philosophique la question du statut du discours de la philosophie. Le postkantisme et l’idéalisme allemand en un sens très large héritent ensuite de ce problème, qui se trouve alors formulé dans les termes de celui de la fondation de la philosophie. La conscience de la discursivité et des conditions d’énonciation de la philosophie est indispensable dès lors que l’on considère que la première tâche de la philosophie réside précisément dans son auto-fondation. De façon plus générale, ce questionnement se présente, quoiqu’en des termes et avec des enjeux chaque fois spécifiques, à tous les grands mouvements philosophiques du XIXe siècle allemand : central dans le kantisme et le néokantisme ainsi que dans l’idéalisme, il constitue également un problème majeur pour la critique de l’idéalisme allemand développée par Marx et les jeunes-hégéliens, mais encore pour l’œuvre de philosophes plus singuliers comme Schopenhauer et Nietzsche. Il fournit enfin un prisme nous permettant de lier et de mettre en perspective les grands mouvements influents du dix-neuvième siècle allemand que sont le romantisme, l’herméneutique et la philologie.

Motivée par cette analyse liminaire, l’organisation de ce colloque répond au souhait d’engager une étude approfondie du problème des logiques du discours philosophique en suivant l’hypothèse d’après laquelle ce problème, par son importance historique majeure, nous fournit un angle d’approche de la philosophie allemande susceptible d’enrichir la représentation que nous en avons. Ce problème s’est présenté historiquement sous la forme de trois objets majeurs, qui se déploient dans des dimensions distinctes quoique très souvent articulées, et qui donnent à ce colloque ses trois axes principaux : celui des « langues philosophes » à proprement parler, celui des théories du langage, et enfin celui du statut du discours philosophique.

Axes du colloque

Axe 1 : les « langues philosophes »

Approcher la philosophie comme discours implique en un premier sens de mettre l’accent sur son langage spécifique. Il s’agit d’étudier le corpus textuel qui constitue la tradition philosophique, pour en éclairer la cohérence, tout en s’attachant à décrire les évolutions, bouleversements et singularités linguistiques qui le tissent. Quelle(s) tradition(s) de l’allemand philosophique s’impose(nt) à cette période, et quelles en sont les normes, les références et les influences ? Saisir l’intérêt d’un tel questionnement implique de considérer que la question du « style » des philosophes, et plus généralement celle de leur expression, n’est en rien adventice ou réductible à l’effet contingent de leur activité théorique. L’étude des « langues philosophes », loin d’être un point de vue extérieur et réductionniste, consiste au contraire à examiner comment tout discours philosophique émerge d’une langue, de ses usages, et comment il la transforme en retour par son développement.

Axe 2 : Théories du langage

La question des spécificités linguistiques et stylistiques des discours philosophiques nous conduit également à étudier le rapport entre philosophies et théories du langage. Il s’agit ici de s’interroger sur la façon dont ce rapport peut structurer et fonder, implicitement ou explicitement, les logiques des « langues philosophes ». Quelles sont les théories et les conceptions du langage engagées par ces discours ? Quelles compréhensions des rapports entre le langage et la pensée conditionnent l’expression du philosopher et son rapport complexe au langage ? Dans quelle mesure y a-t-il une cohérence entre la théorie du langage élaborée par un philosophe et l’usage du langage sur lequel repose sa propre pratique philosophique ?

Axe 3 : le statut du discours philosophique

Les questions de la spécificité de « langues philosophes » ainsi que du rapport complexe entre théories du langage et pratiques philosophiques nous conduisent enfin à un troisième problème majeur, dès lors qu’elles engagent chaque fois une compréhension réflexive sur ce que c’est que philosopher. Prendre conscience de la discursivité de la philosophie et de ses conditions d’énonciation, n’est-ce pas un geste théorique nécessaire pour « fonder » celle-ci, ou du  moins pour l’interroger dans son exercice ? Au-delà du geste de fondation, quel statut le discours philosophique se confère-t-il, notamment en relation avec d’autres discours dominants comme ceux des sciences, de la religion ou de la littérature ? Quelle place entend-il occuper dans les champs de la réalité humaine ? Il s’agit notamment de s’interroger sur la façon dont l’attribution au discours philosophique d’un rôle ou d’un statut spécifiques peut fonder ou au contraire requérir une certaine réponse à la question d’une spécificité des « langues philosophes » ainsi qu’à celle du rapport entre théories du langage et pratique philosophiques.

Comité scientifique

  • Alix Bouffard, doctorante du CREPHAC, Université de Strasbourg ;
  • Christophe Bouriau, Professeur à l’Université de Lorraine ;
  • Alexandre Fillon, doctorant du CIRLEP, Université de Reims Champagne-Ardenne ;
  • Franck Fischbach, Professeur à l’Université de Strasbourg ;
  • Patrick Wotling, Professeur à l’Université de Reims Champagne-Ardenne.

Programme

Vendredi 17 novembre

(salle 140, Bibliothèque Robert de Sorbon)

Matin

  • 9h00 : Ouverture du colloque

Présidence : Patrick WOTLING

  • 9h30-10h : Alexandre FILLON (Université de Reims Champagne-Ardenne) : « Le problème du discours pour la philosophie allemande »
  • 10h-10h30 François OTTMANN (Université de Paris Panthéon-Sorbonne) : « “das Vermögen, zu sich selbst Ich zu sagenˮ. Progrès de la métaphysique, discursivité philosophique et crise du langage dans la Preisschrift de 1791 »

10h45-11h Pause

Présidence : Martine BÉLAND

  • 11h-11h30 Florian RADA (Université de Paris Panthéon-Sorbonne) : « Dépasser l’unilatéralité ? Aspects de la critique hégélienne du discours kantien »
  • 11h30-12h Victor BÉGUIN (Université de Poitiers) : « Le statut du discours philosophique chez Hegel »

12h15 Déjeuner

Après-midi

Présidence : Alix BOUFFARD

  • 13h45 Florian LARMINACH (Université de Lorraine) : « Après la conscience, avant la violence : l’enjeu éthique et historique du langage  “abstrait” selon Hegel »
  • 14h15 Roman CZAPSKI (Université de Strasbourg) : « Sémiologie et critique sociale, les enjeux du langage dans les Discours à la nation allemande de Fichte »
  • 14h45 Franck FISCHBACH (Université de Strasbourg) : « Adorno et Hegel: la langue dialectique ou comment préserver la possibilité de la critique »

15h30-16h Pause

Présidence : Juliette FARJAT

  • 16h Raphaël AUTHIER (Université de Paris IV Paris-Sorbonne) : « Pluralité des langues et pluralité des formes d’écriture philosophique chez Schelling »
  • 16h30 Giulia VALPIONE (Université de Padoue) : « Fragments et vie dans la philosophie de Friedrich Schlegel »

Samedi 18 novembre

(Amphithéâtre Recherche, Bâtiment Recherche)

Matin

Présidence : Franck FISCHBACH

  • 10h Juliette FARJAT (Université de Paris-Nanterre) : « Marx et le langage : apories et perspectives »
  • 10h30 Alix BOUFFARD (Université de Strasbourg) : « Langue et logique du discours philosophique chez Marx: une voie d’entrée par les questions de traduction »

11h15-11h30 Pause

Présidence : Alexandre FILLON

  • 11h30 Charles BRAVERMAN (Université de Lorraine) : « La psychologie expérimentale de Wundt : dialogues avec la philosophie, Kant et la France »
  • 12h Christophe BOURIAU (Université de Lorraine) « Langage et métaphysique chez Lange »

12h45 Déjeuner

Après-midi

Présidence : Christophe BOURIAU

  • 14h15 Peter WELSEN (Université de Trèves): « L’herméneutique de la volonté chez Schopenhauer »
  • 14h45 Martine BÉLAND (Cégep Édouard Montpetit) : « La critique culturelle et l’analyse du “savant”  dans les Considérations inactuelles de Nietzsche »

15h30-16h Pause

Présidence : Giulia VALPIONE

  • 16h Patrick WOTLING (Université de Reims Champagne-Ardenne) : « “Physiologisch gefragt”, “psychologisch geredet”, “moralisch ausgedrückt”… La logique du “nouveau langage” de Nietzsche »
  • 16h30 Frédéric PORCHER (Université de Strasbourg) : « Deux logiques concurrentes du discours philosophique de Hegel à Nietzsche : K. Löwith et G. Lukács »

Lieux

  • Campus Croix-Rouge, Université de Reims Champagne-Ardenne - 57 Rue Pierre Taittinger
    Reims, France (51)

Dates

  • vendredi 17 novembre 2017
  • samedi 18 novembre 2017

Mots-clés

  • philosophie, langage, Kant, idéalisme, Nietzsche

Contacts

  • Alexandre Fillon
    courriel : alexandre [dot] fillon1 [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Alexandre Fillon
    courriel : alexandre [dot] fillon1 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Logiques du discours philosophique en Allemagne », Colloque, Calenda, Publié le mardi 14 novembre 2017, http://calenda.org/422544