AccueilLes résultats des recherches en didactique des sciences et des technologies : quelle validité et à quelles conditions ?

Les résultats des recherches en didactique des sciences et des technologies : quelle validité et à quelles conditions ?

Research results in the didactics of the sciences and technologies - validation and conditions?

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Publié le mardi 28 novembre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

La recherche en didactique des sciences et des technologies est-elle fiable ? Cette question, loin de concerner les seuls travaux des chercheur·e·s en didactique des sciences, anime l’ensemble des sciences humaines et sociales dont la légitimité scientifique se voit régulièrement remise en cause. Elle se pose de manière particulière pour les recherches en éducation dont certains attendent qu’elles fassent leurs preuves en produisant des solutions « qui marchent », des exemples éprouvés de « bonnes pratiques » à suivre. En écho à ces attentes, le monde éducatif anglo-saxon se voit investi depuis près vingt ans par un courant de recherche en quête de preuve, l’evidenced-based education – EBE ou éducation fondée sur la preuve, dont l’ossature épistémologique s’offre en réponse à l’injonction probatoire.

Annonce

Coordonné par Cécile de Hosson et Christian Orange

Argumentaire

La recherche en didactique des sciences et des technologies est-elle fiable ? Cette question, loin de concerner les seuls travaux des chercheur.e.s en didactique des sciences, anime l’ensemble des sciences humaines et sociales dont la légitimité scientifique se voit régulièrement remise en cause. Elle se pose de manière particulière pour les recherches en éducation dont certains attendent qu’elles fassent leurs preuves en produisant des solutions « qui marchent », des exemples éprouvés de « bonnes pratiques » à suivre. En écho à ces attentes, le monde éducatif anglo-saxon se voit investi depuis près vingt ans par un courant de recherche en quête de preuve, l’evidenced-based education – EBE ou éducation fondée sur la preuve, dont l’ossature épistémologique s’offre en réponse à l’injonction probatoire. Issue à l’origine du domaine médical, l’EBE valorise des approches quantitatives indissociables d’essais contrôlés randomisés, et la recherche de causalités. Conscient des risques positivistes de telles méthodes, Develay a tôt mis en garde contre les risques de « glissements induits par la volonté de réduire les variables, de neutraliser le contexte et de focaliser le regard sur des processus étroits pour s’assurer davantage de scientificité ».

Pourtant, ébranlés par les médiocres résultats des élèves aux dernières évaluations scientifiques PISA, les pouvoirs publics français réclament des solutions « fondées sur la science ». La France n’échappe donc pas à l’engouement international pour des recherches en éducation engageant des méthodes scientifiques rigoureuses et produisant des résultats irréfutables, à l’image de ce que produisent les sciences dites « dures ». À ce titre, les sciences cognitives et les neurosciences sont souvent citées comme le modèle à suivre en la matière et occupent de plus en plus l’espace médiatique et politique lorsqu’il est question d’éducation, reléguant les sciences de l’éducation et la recherche en didactique à des discours théoriques inaudibles et sans fondement empirique rigoureux.

De telles affirmations relèvent d’une méconnaissance ou d’une incompréhension des objets, enjeux et méthodes qui fondent la recherche en didactique ; à moins qu’il ne s’agisse que d’un moyen pour prendre une place dominante dans les recherches en prenant appui sur le scientisme et l’applicationnisme de la pensée commune. Mais si nous voulons dépasser ces idées, elles obligent les didacticien.ne.s à une réflexion épistémologique et peuvent être l’occasion d’un éclairage renouvelé sur le statut, la légitimité et la fiabilité des résultats de leurs travaux.

Rappelons que la didactique s’est construite en France sur un certain nombre de refus méthodologiques : celui des méthodes externes à la classe (questionnaires, entretiens, tests, etc.), car elles ne peuvent saisir la complexité de ce qui se joue dans les relations didactiques et celui des méthodes expérimentales fondées sur une comparaison des résultats de groupes expérimentaux et de groupes témoins qui n’accèdent pas au cœur des raisons du fonctionnement ou du dysfonctionnement. Et quand Johsua discute de ce qu’est un résultat en didactique, il écrit : « Un “résultat” en didactique est un bloc qui comprend des analyses de données empiriques saisies dans un cadre théorique explicatif, et c’est ce bloc, et lui seul, qui est doté éventuellement d’une certaine stabilité dans des contextes semblables. »

Qu’en est-il aujourd’hui de la didactique des sciences et des technologies ?

Le but du dossier thématique de ce numéro de RDST est l’occasion de revenir sur la question posée par Astolfi il y a plus de vingt ans : « Qu’est-ce que “valider” en didactique ? ».

Pour ce numéro, nous attendons des articles soumis qu’ils éclairent la question du travail de la preuve, qu’ils traitent de la question de la fiabilité/de la validité et de la robustesse des résultats produits. Compte tenu de la grande variété des entrées et des méthodes possibles, les auteur.e.s pourront appuyer leurs propositions sur les questions suivantes :
– Comment les travaux donnent-ils force probatoire ?
– Que valide-t-on ? Des résultats ? Des méthodes ? Des techniques ? Des théories ?
– Finalement, quel est le rôle des approches/méthodes quantitatives et qualitatives en didactique des sciences et des technologies ? Quel statut épistémologique y prennent notamment les études de cas ?
– Compte tenu des modes de validation retenus, quels rôles peuvent avoir les résultats des recherches en didactique des sciences et des technologies.

Modalités de soumission

Date limite de réception des articles : 17 septembre 2018

Les propositions devront être adressées par courrier électronique à l’adresse : revue.rdst@ens-lyon.fr ; il vous sera retourné un accusé de réception.

Voir le document «  Consignes aux auteurs » http://rdst.revues.org/634 pour les consignes générales et techniques.

Varia

La revue reçoit toute l’année des propositions d’articles de varia dans son champ de recherche. Ces propositions qui peuvent être, soit des articles de recherche, soit des comptes rendus d’innovation, sont à envoyer à l’adresse revue.rdst@ens-lyon.fr

Procédures d’expertises

Les articles reçus sont lus par un des rédacteurs-en-chef qui détermine si l’article est dans le champ de la recherche en didactique des sciences et des technologies. Si tel est le cas, un membre du comité de rédaction est sollicité pour superviser l’expertise de l’article avec l’appui d’un rédacteur en chef pour la partie varia, du comité de rédaction et des coordinateurs du dossier pour la partie dossier. Pour chaque article deux experts sont nommés. Les deux expertises sont réalisées par des pairs en double aveugle. Un troisième expert peut être sollicité lorsque les avis des deux premiers divergent. Sur la base des expertises la poursuite ou l’arrêt du processus d’expertise est décidée. Les expertises ayant servies à fonder la décision sont envoyées aux auteurs.

Les contraintes de temps imposées par la nécessité d’une parution des articles pour la partie thématique dans un même numéro, obligent à différencier les modalités d’expertise pour les deux parties (varia/dossier). Alors que pour la partie varia ce sont les experts qui évaluent la seconde version de l’article, pour la partie thématique c’est le membre du comité de rédaction désigné pour suivre l’article et le comité de rédaction qui évaluent la deuxième version de l’article ce qui permet de réduire et d’uniformiser les délais d’expertises des textes proposés pour la partie thématique.

Si un article proposé pour la partie dossier a été considéré en dehors du thème du dossier, les rédacteurs en chef peuvent proposer à l’auteur de soumettre son article pour la partie varia.

Enfin une rubrique « compte-rendu d’innovation » présente des articles s’appuyant sur des recherches pour développer des enseignements ou formations innovantes. D’autres critères sont alors utilisés pour évaluer ce type d’article. Deux experts sont également sollicités et les expertises sont aussi faites en double aveugle par des pairs.

En fin de procédure, la décision du comité de rédaction ainsi que tous les documents ayant servi à prendre cette décision, (expertises, synthèses d’expertises, recommandation du comité de rédaction, etc.) sont transmis aux experts.

Comité de rédaction

  • Karine BÉCU-ROBINAULT, université Lumière- Lyon 2, CNRS, ENS de Lyon, UMR ICAR
  • Magali FUCHS-GALLEZOT, université Paris-Sud, DidaScO-EST
  • Jacques GINESTIÉ, université Aix-Marseille, ESPE Aix-Marseille, ADEF
  • Cécile de HOSSON, université Denis-Diderot-Paris 7, LDAR
  • Nathalie MAGNERON, université d’Orléans, ESPE Centre Val de Loire, STEF (ENS Cachan, ENS de Lyon-Ifé)
  • Laurence MAURINES, université Paris-Sud-Paris 11, laboratoire de didactique des sciences d’Orsay, DidaScO-EST
  • Valérie MUNIER, université de Montpellier 2, ESPE du Langedoc-Roussillon, laboratoire LIRDEF
  • Christian ORANGE, université libre de Bruxelles, université de Nantes, CREN
  • Denise ORANGE-RAVACHOL, université Lille 3 Charles-de-Gaulle, CIREL-Théodile
  • Martine PAINDORGE, université de Lorraine, archives Henri Poincaré
  • Patricia SCHNEEBERGER, université de Bordeaux, Lab-E3D
  • Laurence SIMONNEAUX, université de Toulouse, ENFA, UMR EFTS
  • Patrice VENTURINI, université Toulouse- Le Mirail Toulouse 2, ESPE de Midi-Pyrénées, UMR EFTS

Dates

  • lundi 17 septembre 2018

Mots-clés

  • didactique, science, technologie, résultat, éducation fondée sur la preuve, evidenced-based education, validation

Contacts

  • Cécile Malhey-Dupart
    courriel : revue [dot] rdst [at] ens-lyon [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Cécile Malhey-Dupart
    courriel : revue [dot] rdst [at] ens-lyon [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les résultats des recherches en didactique des sciences et des technologies : quelle validité et à quelles conditions ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 28 novembre 2017, http://calenda.org/423482