AccueilConflits, résistances et tensions dans les mondes du travail

Conflits, résistances et tensions dans les mondes du travail

Conflicts, resistance and tension in the worlds of work

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Publié le jeudi 30 novembre 2017 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Les transformations des mondes du travail sous l'action de la financiarisation et de la mondialisation de l'économie, et des politiques libérales du travail ont donné lieu à des recherches empiriques qui rouvrent la boite noire de la conflictualité au travail. Cette journée d’étude met en avant des travaux qui s’intéressent à ses multiples terrains, renvoyant à la diversité des environnements de travail, en particulier dans le tertiaire aujourd'hui dominant, tout autant qu'aux nombreuses formes que prend cette conflictualité, individuelle ou collective, ouverte ou souterraine, directe ou juridicisée.

Annonce

Argumentaire

Si la question de la conflictualité au travail a fait l’objet de nombreux travaux de sciences sociales, les discours des années 1990 sur la fin des classes sociales ou la baisse de la conflictualité ont parfois participé à reléguer ce thème au second plan. Pourtant, les récentes transformations des contextes de travail et d’emploi viennent réinterroger la conflictualité au travail : la financiarisation massive de l’économie augmente les inégalités sociales et conduit à de lourdes restructurations des entreprises et de leur main-d’oeuvre. Les mouvements de grève intenses de ces dernières années, contestant les licenciements collectifs accélérés avec la “crise”, l’objectif de compétitivité dans les entreprises, ou encore les réformes du Code du travail (ANI, loi Macron, loi travail, etc.), ont montré que cette conflictualité était loin d’avoir disparue. Ils ont par ailleurs nourri un ensemble de recherches à l’intersection de la sociologie du travail, des mobilisations, du syndicalisme ou de la sociologie politique.

La journée d’étude proposée s’inscrit dans le prolongement de travaux récents qui cherchent à mettre au jour les conflictualités au pluriel. La relation salariale et les rapports entre capital et travail restent une dimension structurante des analyses, mais il s’agit aussi de comprendre comment ces rapports de classe s’incarnent dans les relations au travail, au sein des collectifs professionnels comme auprès des différents acteurs et de la chaîne hiérarchique en prise avec l’organisation du travail (direction, encadrement ou syndicats). Cette perspective permet d’articuler des approches en termes d’inégalités de classe, de genre, de génération et de “race”, dans l’optique d’interroger la consubstantialité des rapports sociaux tout comme les divisions de la main d’œuvre. Les enquêtes de terrain sur la conflictualité permettent aussi de remonter les chaînes d’interdépendances (des établissements aux décisions stratégiques des sièges) et renseignent sur les conditions d’émergence de la conflictualité collective ou les modalités de sa non-émergence (gestion de la main-d'oeuvre, dispositions des salariés, stratégies d'évitement ou d'exit).

Cette journée d’étude met en avant des travaux de masterant.e.s, doctorant.e.s et jeunes docteur.e.s qui s’intéressent aux multiples terrains de la conflictualité. Des terrains qui renvoient à la diversité des environnements de travail, qu'ils soient anciens mais peu étudiés comme le bâtiment, les associations, les administrations ou les organisations politiques, ou qu'ils concernent des secteurs d’activités qui ont connu un fort développement ces dernières années, tels que les services à la personne, le commerce, les services aux entreprises ou les plateformes numériques. Terrains divers également au sens des formes que prend cette conflictualité, individuelle ou collective, ouverte ou sous-terraine, directe ou juridicisée. Ces travaux permettent d'interroger à nouveaux frais les liens entre les configurations professionnelles, les trajectoires individuelles et les conditions de la mobilisation ou de la non-mobilisation. Analysant les transformations contemporaines des mondes du travail, ils rouvrent des questions comme celle des relations sociales dans les situations de domination personnalisée, ou des dynamiques de conflictualité lors des changements organisationnels. Les nombreux travaux portant sur les emplois du commerce enrichissent notre connaissance des conflits hors des grandes organisations de travail et dans des collectifs féminins.

Comité d'organisation 

  • Chloé Biaggi (CMH-LEST)
  • Anaïs Bonanno (Triangle-CSO)
  • Juan Sebastian Carbonell (CMH)
  • Cyrine Gardes (Centre Georg Simmel)
  • Angelo Moro (CESAER)
  • Quentin Schnapper (CESAER)
  • Lucas Tranchant (CREST-CESAER)

Programme

8h30 : Petit-déjeuner d’accueil
9h00 : Introduction du comité d’organisation    

9h15-10h45 : Configurations professionnelles, trajectoires individuelles et conditions de la mobilisation

  • Frédéric Salin (ENS - EHESS, Paris) : Les conditions sociales du recours au conseil des prud'hommes. Enquête sur les requérant.e.s en référé.
  • Camille Trémeau (CENS, Université de Nantes) : Des « arrangements » à la confrontation ? Les jeunes coiffeuses et ouvriers du bâtiment face à leur(s) employeur(s).

Discutant : Baptiste Giraud (LEST, Université Aix-Marseille)


11h00-12h30 : Ressorts et inhibition de la contestation en situation de domination personnalisée

  • Kévin Delasalle (CENS, Université de Nantes) : La (dés)obéissance des collaborateurs/trices d'élu.e.s face à la managérialisation du travail politique.
  • Alizée Delpierre (CSO, Sciences Po Paris) : Servir sans contester. Quels espaces de pouvoir du personnel de maison au travail ?

Discutant : Julien Gros (IRISSO, Université Paris-Dauphine ; CREST, Université Paris-Saclay)

12h30-13h45 : Pause déjeuner

13h45-16h00 : Les salarié.e.s face aux changements organisationnels

  • Aureline Cardoso (CERTOP, Université de Toulouse) : La quête de sens au travail contre la logique gestionnaire. Ethnographie d’un conflit au Planning Familial.
  • Francesco Massimo (CSO, Sciences Po Paris) : Obéissance sans consentement. Les salarié.e.s permanent.e.s de l'intérim face aux restructurations des agences.
  • Marie Szarlej-Ligner (CENS, Université de Nantes) : Désajustement de l’ethos inspectoral à la mission objective du service. L’Inspection du travail depuis les années 1970.

Discutante : Sophie Pochic (CMH, CNRS et EHESS)

16H15-18H30 : Conflits, solidarités et répression dans les entreprises du commerce et des services

  • Rachid Bouchareb (CRESPPA GTM - CNRS, Université d’Évry-Val-d’Essonne) : Les formes de conflictualité salariale dans les boutiques d’enseigne en France et en Belgique. Des actions discrètes en l'absence d'un collectif féminin.
  • Arthur Jan (IEP de Rennes) : Les ressorts d'une « non-mobilisation ». Conflits du travail chez les livreurs/euses d'une plateforme de livraison de repas à vélo.
  • Marianne Le Gagneur (IRIS, EHESS, Paris) : Gestion des conflits et collectifs féminins. La sororité en agence bancaire.

Discutante : Sophie Béroud (Triangle, Université Lyon 2)        

18H30 : Apéritif de clôture    

Entrée libre et gratuite.
Pour le midi, vous pouvez réserver gratuitement un déjeuner (dans la limite des repas disponibles) en répondant à ce formulaire : https://goo.gl/forms/CWMqnyf2u8NL4B7b2

Catégories

Lieux

  • Bâtiment Oïkos - Amphithéatre - 48 boulevard Jourdan
    Paris, France (75014)

Dates

  • lundi 18 décembre 2017

Mots-clés

  • travail, conflictualité, grève, entreprises, domination, services, commerce, ethnographie, résistances, syndicalisme

Contacts

  • Séminaire
    courriel : sem [dot] travail [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Travail Séminaire
    courriel : sem [dot] travail [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Conflits, résistances et tensions dans les mondes du travail », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 30 novembre 2017, http://calenda.org/423802