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Transition énergétique et résilience des territoires

Energy transition and the resilience of territories - planning, building and experimenting

Planifier, construire, expérimenter

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Publié le mardi 21 novembre 2017 par João Fernandes

Résumé

L’énergie s’est imposée ces deux dernières décennies dans le domaine d’action des politiques territoriales et urbaines en Europe. En parallèle, des objectifs de résilience engagés par les politiques publiques via la transition énergétique visent à répondre à des objectifs atteignables à moyen et long termes pour améliorer la capacité des territoires à faire face à ces ruptures. La transition énergétique des territoires n’est-elle qu’une question « d’intégration » à différents niveaux (territoire, ville, bâtiment) d’une question qui apparaîtrait davantage comme une nouvelle contrainte qu’autre chose ? Ou bien dans certains cas, illustre-t-elle l’émergence de formes différente de production, de valorisation, de résilience des territoires ?

Annonce

Argumentaire

L’énergie, au côté d’autres thématiques comme l’alimentation ou la mobilité, s’est sensiblement imposée ces deux dernières décennies dans le domaine d’action des politiques territoriales et urbaines en Europe. Les raisons sont connues, certaines bien identifiées (changements climatiques, visée d’un développement soutenable, récession économique), d’autres plus complexes (inflexions de l’interventionnisme d’État dans le domaine de l’énergie, rôle croissant de nouveaux acteurs, quête de relative autonomie dans un contexte géopolitiquement et techniquement incertain, émergence de nouvelles problématiques techniques telles que la valorisation des déchets).

En parallèle celle-ci s’est accompagnée de l’émergence d’un horizon d’incertitudes et de discontinuités majeures à venir pour les territoires, sous l’effet des changements climatiques autant que de leur dépendance aux énergies fossiles. Dans ce contexte, les objectifs de résilience engagés par les politiques publiques via la transition énergétique prennent une teneur particulière, visant à répondre à des objectifs atteignables à moyen et long termes pour améliorer la capacité des territoires à faire face à ces ruptures.

Les constats de l’impossible anticipation complète des différents changements à venir, autant que la confirmation d’un certain nombre d’irréversibilités (comme la réduction progressive des ressources énergétiques épuisables) sont à la base de la « transition énergétique ».

Celle-ci traduit entre autres la tentative de définition par des décideurs de stratégies de résilience, d’adaptation des territoires à l’imprévu plutôt que de résistance à des perturbations non maîtrisées. Ces stratégies de résilience visent à maintenir durablement l’équilibre de leur territoire (fonctions, attractivité, culture…) autant qu’à renforcer leurs capacités de réaction et d’adaptation face aux phénomènes de rupture que peuvent induire les incertitudes climatiques et énergétiques.

Dans le contexte européen, deux attitudes ont jusque là cohabité bon gré mal gré : l’intégration forcée des thématiques énergétiques dans les formes classiques de planification, parallèlement à une expérimentation foisonnante en matière d’énergie que ce soit dans l’architecture et la construction, dans le renouvellement des sources possibles, dans les systèmes de gestion, de distribution, de consommation. Ce recours à l’expérimentation s’explique entre autres par la nécessité d’innover dans un domaine d’épuisement ou de contestation de certaines technologies (nucléaire...) et d’ouverture de nouveaux marchés.

Autant dans le cadre de la planification que de celui de l’expérimentation, la composante géographique, spatiale, gagnerait largement à être mieux connue et ses différents enjeux mieux identifiés tant la « territorialisation » de l’énergie se révèle être une question complexe. La question de l’énergie ne se pose pas de la même manière suivant les territoires, leur potentiel énergétique, leurs trajectoires socio-économiques, leurs cultures politiques et administratives ou encore des relations entre acteurs publics et privés. Par ailleurs, la localisation de nouvelles sources d’énergie dégagerait des voies pour l’urbanisme encore mal identifiées – au point de s’y méprendre – comme celle de la transposition à l’énergie des modèles TOD (« transit-oriented development ») comme semblent le profiler certains modes de traitement des réseaux de chaleur.

Dans le domaine opérationnel, les acteurs publics et privés avouent aussi leur relative incapacité à maîtriser ce que seraient, par exemple, des planifications énergétiques à l’échelle d’un secteur d’aménagement, autrement qu’en termes de référentiels ou schémas d’intention, ou la reproduction trait-à-trait de modèles clé en main.

Le secteur de l’architecture reste encore quant à lui souvent cantonné à des innovations technologiques (performance énergétiques) ou l’intégration de normes, à l’adaptation de dispositifs techniques ou bien traité sous le volet social d’une sociologie de l’habitat sensible à des thématiques telles que la précarité énergétique des ménages. Ce qui interroge, cette fois sous un angle plus spatial, la notion très large, autant incantatoire que concrète, de « transition énergétique », recouvrant autant les inflexions des modes de vie, l’élaboration de nouveau modèle et site productif, l’entrée de l’énergie dans les politiques locales, ou encore le changement de sources et de technologies et – de manière élémentaire – de territorialisation.

La transition énergétique des territoires n’est-elle qu’une question « d’intégration » à différent niveaux (territoire, ville, bâtiment) d’une question qui apparaîtrait davantage comme une nouvelle contrainte qu’autre chose ? Ou bien dans certains cas, illustre-t-elle l’émergence de formes différente de production, de valorisation, de résilience des territoires ?

Il est opportun de ré-ouvrir ces questions au moment où en progressent d’autres sur les « ressources urbaines latentes » des territoires, désactivées par les cycles accélérés et successifs du capitalisme des dernières décennies ouvrent sans doute de nouvelles voies (valorisation des déchets).

Colloque organisé à l'intiative de Kerval Centre Armor, Saint-Brieuc Armor Agglomération et des laboratoires de recherche « Espaces et Société » et « Territoires, Villes, Environnement et Sociétés »

Programme détaillé prévisionnel

9h15 – Inauguration et introductions générales au colloque

Leszek Brogowski (Vice-Président à la Recherche, Université Rennes 2), Thierry Burlot, Vice-président chargé de l'environnement, eau, biodiversité et climat, Région Bretagne, Président du syndicat Mixte Kerval Centre Armor), Jean-Benoît Orveillon (Directeur du syndicat Mixte Kerval Centre Armor), l’Agence locale de l’énergie (vice-direction), Marc Dumont (Professeur, Université Lille 1, TVES)

10h00 : Table-ronde « Transition énergique, acteurs publics et privés : vers de nouvelles formes de coopération », animé par Roberto d'Arienzo (EGIS, Gerphau)

Avec Lionel Béquet (responsable de projet chez Maitrea), Myriam Guézennec (ALEC planification énergétique), Kévin Porée (Ingénieur Autonomie Energétique, Commune du Mené), Sophie Rannou (Doctorant CIFRE), Thierry Burlot (Région Bretagne) et Laurence Rocher (Université Lyon 2)

11h00 | Première session : « Expérimenter et mettre en projet l’énergie dans les territoires », animée par Marc Dumont (TVES, Lille 1)

  • « Les drivers socio-spatiaux des synergies énergétiques dans les projets d’écologie industrielle et territoriale » par J.B. Bahers (Ecole des Métiers de l’Environnement de Rennes), A. Tanguy (Ecole des Métiers de l’Environnement de Rennes), A. Delamare (Dirigeante de la société de conseils EICOSYSTEME),
  • « Proximités et organisations intermédiaires, deux notions pour penser la transition énergétique dans la planification et les projets urbains », par G. Debizet (PACTE‐UGA) et A. Tabourdeau (EIFER)
  • « Décentralisation et transition énergétique des territoires » par M. Pellegrino, Lucas Spadaro (Lab'Urba, UPEM)
  • « Energie, production des territoires post-carbonne et nouveau modèles économiques : expérimenter par le projet », par Nadia Sbiti (Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne)

12h30/14h Buffet | Découverte travaux étudiants Ecole d’architecture de Bretagne

14h Deuxième session : « Autonomie, prototypes et autres outils de la fabrique énergétique des territoires », animée par Hélène Bailleul (Rennes 2)

  • « La diffusion spatiale de l’infrastructure de charge pour véhicules électriques : effet d’opportunité, de valorisation territoriale, ou réelle stratégie locale d’entrée des transports dans la transition énergétique ? », par Julia Frotey (Laboratoire TVES, Lille)
  • « Transition énergétique et zones non interconnectées d’outre-mer et insulaires françaises : l’autonomie énergétique, un facteur de résilience ? », par Jessy Rosillette (Université de La Réunion, EA 12, CREGUR)
  • « Transition énergétique à l’épreuve des territoires : l’Île de La Réunion entre ambitions politiques et réalisations concrètes », F Bénard-Sora, J.-P Praenen, Lise Serra (Laboratoire PIMENT - Physique et Ingénierie Mathématique pour l’Energie, l’environnemeNt et le bâtimenT)
  • « Paysages & énergies. L'estuaire de la Loire comme laboratoire de la transition énergétique par les paysages à travers le parc énerg'éthique », par Marion Courdoisy (École de la Nature et du Paysage - INSA Centre Val de Loire - Blois)

15h15 Troisième session : « Post-urbanisme : vers des périphéries et territoires contributifs en énergie ? », animée par Moïse Tsayem (Université du Maine)

  • « Une question d’intérêt général, la transition énergétique, qui appelle à renouveler la citoyenneté locale : le cas de l’éolien dans le Pays des vallons de Vilaine », par Jean‐Marc Vanhoutte (Docteur en sociologie, Membre de la Commission recherche du Collège Coopératif en Bretagne)
  • « Les nouvelles formes de développement éolien en Champagne Berrichonne, une contribution à la réussite de la transition énergétique des espaces ruraux ? », Romain Garcia
  • « Scénarios prospectifs pour un territoire régional énergétiquement sobre », par B. Nicoloso (Virage-énergie)
  • « Quelques leçons de la résilience », par B. Quenault (Université Rennes 2, ESO)

16 :45 Conclusion

17 :00 Coktail

Lieu : Campus Mazier (Université Rennes 2)

Lieux

  • Amphi 5 - Campus Mazier (Université Rennes 2)
    Saint-Brieuc, France (22)

Dates

  • vendredi 24 novembre 2017

Mots-clés

  • énergie, urbanisme, résilience, territoire

Contacts

  • Marc Dumont
    courriel : marc [dot] dumont [at] univ-lille1 [dot] fr
  • Sophie Rannou
    courriel : srannou [at] kerval-centre-armor [dot] fr

Source de l'information

  • Marc Dumont
    courriel : marc [dot] dumont [at] univ-lille1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Transition énergétique et résilience des territoires », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 21 novembre 2017, http://calenda.org/423911