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Revue « Corps et psychisme »

Corps et psychisme journal

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Publié le mardi 02 janvier 2018 par João Fernandes

Résumé

Malgré les difficultés cliniques et conceptuelles qu’elle convoque, sa dimension trop souvent polémique et la surexposition médiatique dont elle peut parfois faire l’objet, la problématique de l’autisme (ou des autismes comme nous proposons de l’envisager ici) continue  de constituer à bien des égards une véritable énigme, drainant dans son sillage bon nombre de questions d’envergure.

Annonce

Argumentaire

Malgré les difficultés cliniques et conceptuelles qu’elle convoque, sa dimension trop souvent polémique et la surexposition médiatique dont elle peut parfois faire l’objet, la problématique de l’autisme (ou des autismes comme nous proposons de l’envisager ici) continue  de constituer à bien des égards une véritable énigme, drainant dans son sillage bon nombre de questions d’envergure.

La multitude parfois étourdissante des recherches effectuées sur ce thème, pour peu qu’on prenne le temps de s’y attarder, témoigne tout à la fois de la créativité et de l’inventivité employées pour tenter de mieux saisir les origines et les caractéristiques de ces troubles souvent massifs mais aussi de la présence de possibles zones de confusion où s’infiltrent même  parfois des enjeux idéologiques passionnels.

Une fois dépassé le consensus touchant à la nécessité de soutenir l’accompagnement des personnes autistes et de leurs proches, aborder cette thématique de façon mesurée et prudente comporte une première difficulté liée à la polyphonie des registres qui s’y trouvent interpelés.

En matière de terminologie et de nosographie tout d’abord, lorsqu’on constate le caractère fluctuant des vocables employés : à partir des descriptions princeps de Kanner en 1943, l’inclusion discutable de l’autisme dans le cadre des psychoses de l’enfant (tant dans les classifications américaines que françaises)  a ouvert la voie vers la nécessité  d’une meilleure délimitation, tandis que le DSM proposait de considérer cette figure clinique comme un TED (Trouble Envahissant du Développement) avant de devenir un TSA (Troubles du Spectre Autistique), et que les recherches se portant sur le syndrome d’Asperger et les formes d’autisme dites « à haut niveau » venaient parallèlement élargir et complexifier l’abord de ces phénomènes.     Cette déclinaison terminologique progressive, comportant certes l’avantage de mieux sensibiliser l’agora publique aux enjeux liés à cette problématique, n’est d’ailleurs pas sans poser question, notamment par rapport au risque qu’elle ne revête un caractère trop extensif, avec tout ce que implique de périlleux tant du côté du diagnostic qu’en terme de prise en charge.

Toujours sur le plan des discours, on s’apercevra aussi que tenter de qualifier ce qu’est l’autisme fait surgir des références là aussi plurielles : on a ainsi pu l’évoquer comme un trouble grave de la personnalité, le rattachant ainsi clairement du côté de la psychopathologie. La mention de handicap a pu aussi émerger et c’est enfin la notion de trouble neuro-développemental qui semble aujourd’hui faire suffisamment consensus.

Au-delà de ces différentes nominations et de l’écueil qu’a pu parfois incarner l’adossement à une étiologie unique au travers de leur maniement (soit du côté du « tout psychique », soit du côté du tout « biologique »), c’est à l’intrication de causalités plurielles qu’il semble devoir désormais s’intéresser, dynamique invitant bien plus à un dialogue respectueux et éclairé qu’aux passes d’armes plus ou moins violentes qui ont pu jalonner les débats historiques sur le sujet.

Quelles qu’en soient les origines, il apparaît toutefois évident que l’impact produit par l’autisme s’avère particulièrement redoutable sur le développement du sujet, sur sa famille mais aussi sur les professionnels impliqués dans les prises en charge : cela témoigne à notre sens de l’entrelacement du poids de la donne biologique et de tous les effets psycho-affectifs qui l’accompagnent, tant sur le plan intrapsychique qu’intersubjectif.

Malgré tout et au milieu de cette dynamique complexe, un élément demeure central et ce malgré les différences d’opinions et d’obédiences : il s’agit du rapport de la personne autiste à son corps.

Il est en effet particulièrement frappant de constater, dans le champ des témoignages, que les cliniciens et chercheurs ayant une connaissance suffisante de cette problématique ont mis un soin particulier non seulement à décrire les signes cliniques singuliers et aisément repérables présents chez les personnes autistes mais ont aussi tenté de proposer plusieurs modélisations pour rendre compte de leurs logiques propres. C’est alors l’évocation d’un investissement singulier de toute la sphère de la sensori-motricité qui se trouve mis en avant, dans ses particularités et ses caractéristiques ainsi que la façon dont elles influent sur le rapport aux autres et plus largement au monde extérieur…

Les rapports entre corps et psychisme se trouvent donc ici au cœur des enjeux autistiques, interrogeant non seulement le socle biologique, le développement cognitif et celui des fonctions instrumentales mais aussi les qualités de la vie psychique de la personne autiste, mettant au premier plan la question du destin des pulsions et donc de leur transformation : pour peu que l’on y regarde d’un peu plus près, on s’apercevra que ce sont même bon nombre de termes psychanalytiques qui se trouvent ici invités et appréhendés sous un angle différent. Ainsi peuvent l’être les notions de narcissisme, d’identification ou encore de relation d’objet pour n’en citer que quelques unes…

Ces premiers éléments d’analyse rudimentaires ne doivent cependant pas faire oublier que ces difficultés majeures d’intégration de la psyché dans le soma (si l’on reprend l’idée de Winnicott) s’inscrivent aussi (et de façon très précoce) dans la logique très complexe d’un lien à l’autre problématique et douloureux. Si notre corps n’est rien sans le corps de l’autre (pour reprendre une formule d’Ajuriaguerra), l’autisme vient donner un coup de projecteur sur les aléas souvent précoces de cette rencontre, où les possibilités pour le bébé de s’arrimer au corps du parent semblent elles-mêmes fragilisées, oblitérant l’ouverture au lien et à la possibilité d’un accordage réciproque fécond.

C’est donc un nouage central des premiers temps de vie de l’être humain qui se trouve ici remis en question, celui où se déploie ce que l’on peut convenir d’appeler le développement psychomoteur.

Notre démarche, au cœur de ce numéro, sera donc de conserver une attention soutenue à ce maillage entre corps et psyché dans l’autisme, dans ses hiatus, ses échecs mais aussi dans ses tentatives de consolidation et de transformation. Comme précisé plus haut, tenir fermement ce fil implique de fait des références à des champs théorico-cliniques pluriels et variés, dont nous souhaitons que la mise en tension raisonnable puisse aboutir à un dialogue créatif.

Nulle invitation à de quelconques polémiques stériles donc, mais plutôt à un croisement de regards qui puisse rendre compte de la complexité des phénomènes et des processus liés à l’autisme et aux multiples visages qu’il peut revêtir…

Axes de réflextion

Plusieurs axes de réflexion possibles se dessinent dès lors pour penser l’organisation de ce numéro :

  •  Mieux appréhender les caractéristiques du fonctionnement psychique et cognitif des personnes autistes mais aussi du rapport à leur corps ;
  •  Penser les relations tissées avec leur environnement et notamment leurs familles ;
  •  Envisager les enjeux liés à leur accompagnement clinique individuel, groupal et institutionnel ;
  •  Favoriser un dialogue transdisciplinaire en croisant des perspectives et des apports théoriques variés et issus d’épistémologies différentes…

Conditions de publication dans la revue Corps & Psychisme

1. Dans une perspective psychanalytique, la revue Corps & Psychisme publie des informations, des contributions théoriques et des analyses de terrain susceptibles d'apporter un éclairage original sur les problématiques et les évolutions du rapport subjectif au corps, déterminant en matière d’analyse des conduites et comportements humains.

2. Corps & Psychisme donne la parole à des auteurs de disciplines et d'orientations diverses. La revue a pour objectif de favoriser et de diffuser la recherche et la réflexion sur le corps en permettant des éclairages croisés, complémentaires, parfois contradictoires.

3. Les articles soumis pour publication ne doivent pas être proposés simultanément à une autre revue. L’auteur s’engage à proposer un article original. Les articles soumis doivent compter entre 15000 et 30000 signes (espaces compris). Les notes de bas de pages doivent faire l’objet d’un usage modéré et elles doivent être courtes (une phrase ou deux).

Les articles seront rédigés en police times new roman, taille 12 et interligne simple.

Ils sont envoyés sous format électronique (word rtf) à l’adresse électronique suivante:

revue.champpsy@gmail.com.

4. Chaque article fera apparaitre sur la première page les noms, adresse électronique, titre et institution d’appartenance du ou des auteurs ainsi que le résumé et 5 mots clés.

5. Les articles sont publiés en français. Ils doivent être accompagnés:

1)    d'un résumé en français et en anglais de 5 lignes environ présentant l’objet de la recherche et la problématique posée ainsi que la méthodologie/l’approche (l’article s’appuie-t-il sur des cas cliniques, les auteurs sont-ils psychanalystes, sociologues, thérapeutes, Quelques éléments de conclusion seront annoncés.

2)    de 5 mots-clés en anglais et en français. Pour le choix des mots clés, se référer au thésaurus : http://www.ascodocpsy.org/santepsy/Thesaurus/

3)    d’une bibliographie.

Les références bibliographiques ne doivent pas excéder 30 lignes et figurent en fin d'article. Tous les auteurs cités dans l’article doivent figurer dans la bibliographie. Les références bibliographiques ne peuvent pas figurer sous la forme de notes de bas de page.

- Dans le corps du texte les citations sont notées (Freud, 1940) et lorsqu’une citation est faite elle doit mentionner la page : (Freud, 1940, p. 45). Les citations ne peuvent excéder 8 lignes auquel cas sinon l'accord de l'auteur et de l'éditeur sont requis.

- Dans la bibliographie en fin d’article:

La référence d'un livre comporte: le nom de l'auteur, les initiales des prénoms, si possible la date de la première édition, le titre de l'ouvrage en italique, le nom de l'éditeur (pour les ouvrages étrangers dont il existe une traduction française, indiquer les références de l'édition francophone).

exemple :

GREEN, A. 1993. Le travail du négatif. Paris: Éditions de Minuit.

La référence d'un article comporte : nom d'auteur et initiales des prénoms, année de la publication, titre de l'article entre guillemets, titre de la revue en italique et non abrégé ; volume, numéro, première et dernière pages.

exemple :

KORFF-SAUSSE, S. 2012. «Fantômes sur le divan» Cliniques méditerranéennes, n°86, 85-96.

La référence d'un chapitre de livre comporte: nom d'auteur et initiales des prénoms, année de la publication, titre du chapitre entre guillemets, mention «dans», nom de l’auteur du livre, année, titre du livre en italique, première et dernière pages.

exemple:

DEJOURS, C. «Le corps comme exigence de travail pour la pensée» in DEBRAY, R. ; DEJOURS, C. & FÉDIDA, P. Psychopathologie de l’expérience du corps. Paris: Dunod, 2005, 63-106

6. Parmi les références bibliographiques, seront privilégiées les plus récentes. Parmi elles, 5 au moins doivent dater de moins 10 ans et appartenir à des revues indexées PsycINFO. Parmi les revues francophones (liste non exhaustive), on comptera notamment: Topique: revue freudienne, Dialogue: Recherches sur le couple et la famille, Adolescence, Enfance, Cliniques méditerranéennes, Devenir, L’encéphale, Neuropsychiatrie, Neuropsychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Psychologie clinique et projective, Revue française de psychanalyse, L’évolution psychiatrique, Revue française de psychosomatique, Thérapie familiale, Recherches en Psychanalyse.

7. Les articles seront soumis anonymement à deux ou trois relecteurs, membres du comité de rédaction et/ou spécialistes extérieurs à la revue. Les articles acceptés le sont sous réserve des modifications de forme ou précisions de fond demandées par ces référés.

8. La rédaction se réserve le droit de modifier les mots-clés. L'éditeur a un droit propre sur l'ensemble de la revue et toute personne souhaitant reproduire des articles doit s'adresser en premier lieu à l'éditeur pour en obtenir l'autorisation. Ceci ne fait pas obstacle au fait que chaque rédacteur a un droit d'auteur sur sa propre contribution et peut exercer ce droit à condition de ne pas porter concurrence à l'éditeur de la revue et de le consulter à ce sujet.

9. La rédaction rappelle aux auteurs et co-auteurs qu'ils sont totalement responsables du contenu de leur article. En particulier, ils s'engagent à ne pas plagier un texte déjà publié et à signifier par des guillemets les reprises d’ouvrages.

Comité de rédaction

  • Marco Araneda,
  • Marianne Baudin,
  • Jérôme Boutinaud,
  • Manuella De Luca,
  • Marcela Gargiulo,
  • Isabelle Gernet,
  • Simone Korff-Sausse,
  • Lise Haddad,
  • Gisèle Harrus-Révidi,
  • Gérard Reynier,
  • Ouriel Rosemblum,
  • Karl-Léo Schwering,
  • Régine Waintrater.

Catégories

Dates

  • samedi 30 juin 2018

Mots-clés

  • psychisme, autisme, corps, clinique

Contacts

  • Anne-Julia Manaranche
    courriel : revue [dot] champpsy [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Anne-Julia Manaranche
    courriel : revue [dot] champpsy [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Autismes », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 02 janvier 2018, http://calenda.org/426880