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Vers un nouvel imaginaire du Grand Nord

Dreaming a new Great White North

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Publié le vendredi 05 janvier 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Cette journée d'étude, ouverte à l’interdisciplinarité, aura pour but de s'interroger à l'heure actuelle sur l'existence d'un imaginaire lié au Grand Nord qui prendrait en considération les réalités scientifiques, culturelles, humaines et écologiques de ce territoire. Elle mettra en perspective d'une part les enjeux actuels de cet espace et d'autre part les représentations fantasmées de l'occident pour ce lieu. Il s'agira aussi de comprendre comment coexistent et interagissent les productions sur le Grand Nord issues de l'extérieur avec celles provenant de l'intérieur, c'est à dire produites par les autochtones.

Annonce

Argumentaire

Depuis plusieurs siècles, les voyages vers le Grand Nord sont construits par l'imaginaire. Toujours représentés par un point de vue extérieur et occidental, le Grand Nord et les stéréotypes qui lui sont associés tels que l'inaccessibilité, le froid, l'hostilité, la très faible densité humaine constituent un espace privilégié et fantasmé par les récits fictionnels et notamment par la littérature populaire qui contribue à diffuser largement l'imaginaire lié au Grand Nord. L'Appel de la forêt de Jack London est représentatif des récits de la ruée vers l'or dans le Grand Nord canadien et dévoile un lieu propice au déroulement de l'Aventure.

Le Grand Nord est une notion très peu définie aux contours géographiques flous dans l’imaginaire collectif. Le Nord évoque une notion géographique par opposition au Sud , le froid opposé à la chaleur. Cependant, l’aspect « froid », la neige et l’hiver dominent, puisqu’il est parfois question d’intégrer l’Antarctique au Grand Nord . Il apparaît que dès la dénomination, la notion est source d’imaginaire. Les populations locales sont bien souvent écartées de ce fantasme d’une nature sauvage et toute puissante. Les autochtones des différents territoires canadiens, états-uniens, groenlandais, fenno-scandiens, russes et japonais – qui sont caractérisés, d’après Louis-Edmond Hamelin, par la nordicité – sont vus comme des peuplades indifférenciées, à l’écart du monde et des enjeux de la mondialisation. Pourtant le contact entre ces populations et le reste du monde est établi depuis des siècles. Du XVIIe au XIXe siècle, l’évangélisation joue un rôle important  dans les rapports entre Samis et scandinaves, et  entre Inuit et Canadiens. Cependant, la majorité des occidentaux accède à la connaissance de ces territoires à la fin du XIXe siècle, par l’intermédiaire des découvertes scientifiques et des récits de voyage. Les explorateurs donnent à voir des représentations réelles mais partielles et subjectives du Grand Nord qui continuent de structurer l'imaginaire de cet espace géographique. Le Grand Nord est toujours vu et décrit par opposition à la réalité connue des européens. Par ailleurs, le développement d'un voyage intérieur est indissociable de la réalité matérielle du voyage. Dans des contrées immenses et inhabitées, l'expérience de la solitude rejoint une forme de spiritualité.

Pourtant, à l'aube du 21e siècle, l'inaccessibilité du Grand Nord s’affaiblit. Les progrès technologiques rapides et importants ont permis de développer une mobilité accrue vers le territoire nordique. Intégré à la mondialisation, le Grand Nord ne peut ignorer les flux migratoires et le développement du tourisme en son sein. Le territoire devient accessible pour des personnes extérieures en tant que terrain propice à l’inspiration artistique. C’est notamment le cas en musique avec les compositions Intuition, Vol. 1 de NSDOS ou bien 60°43’Nord de Molécule, dans lesquelles l’environnement devient l’objet d’une captation phonique. Cette plus grande accessibilité va de pair avec une connaissance plus approfondie du territoire que par le passé. La définition de ce qui est communément appelé « Le Grand Nord » tend aujourd'hui à différencier un ensemble de lieux et de peuples en interaction constante mais qui possèdent également une autonomie culturelle, politique, linguistique et géographique. Désormais, le Grand Nord n'est plus seulement représenté par un point de vue extérieur mais également par un point de vue intérieur comme en témoignent les films de fiction inuit du réalisateur Zacharias Kunuk Atanarjuat paru en 2001, Le journal de Knud Rasmussen ou Maliglutit récemment paru en 2016. Le premier roman inuit Sanaaq publié en 2002 et les romans de l'auteur Don Rearden Le présage du corbeau, Un dimanche soir en Alaska sont aussi révélateurs  d'une parole inhérente au territoire. La sensibilisation croissante à la nécessité de conserver le patrimoine culturel des autochtones permet une redécouverte et une conservation de l’art local ancestral comme au Japon où sont exposées les gravures du sculpteur d’origine aïnou de  Bikki. L’art autochtone et la visibilité qui lui est progressivement accordée sont peut-être un moyen de réflexion et de conservation des traditions, ainsi qu' une ouverture sur la culture des différentes populations du Grand Nord. Enfin, le territoire nordique n'échappe pas au problème écologique de notre planète puisque son écosystème est progressivement menacé par le réchauffement climatique.

Pour ces différentes raisons, cette journée d'étude aura pour but de s'interroger à l'heure actuelle sur l'existence d'un imaginaire lié au Grand Nord qui prendrait en considération les réalités scientifiques, culturelles, humaines et écologiques de ce territoire. Elle mettra en perspective d'une part les enjeux actuels de cet espace et d'autre part les représentations fantasmées de l'occident pour ce lieu. Il s'agira aussi de comprendre comment coexistent et interagissent les productions sur le Grand Nord issues de l'extérieur avec celles produites par les autochtones.

Axes de recherche

L’origine de l’imaginaire

Fiction du Grand-Nord

La littérature du Grand Nord autrefois écrite pour le public adulte s’adresse aujourd’hui également au public jeunesse. Liée à l’aventure, cette littérature semble être appropriée au développement cognitif de l’enfant — tant dans son exploration émotionnelle de l’Homme que dans sa compréhension du monde. Elle est l'objet d'un transmission affective et didactique. Les propositions pourront s’interroger sur le rôle et l’influence de l’imaginaire narratif lié au Grand Nord dans notre perception et nos représentations mentales de cet espace.

Les conséquences des perceptions de l’espace sur l’imaginaire artistique

Les représentations du Grand Nord

Les mythes et cosmogonies permettent aux sociétés de développer un propos sur l’environnement dans lequel elles évoluent. Ces éléments socialement structurants font lien avec les différentes représentations artistiques relatives au Grand Nord dans tous les domaines. Ils montrent un dépassement de la compréhension du monde pour tendre davantage vers son interprétation. On pourra se demander en quoi la religion permet le développement de formes artistiques et de cultures distinctes mais également comment la création, notamment contemporaine, peut naître de la confrontation entre imaginaire et réalité du Grand Nord.

Les réalités sociales, économiques et environnementales d’un territoire

Les réalités du Grand Nord 

En tant que territoire identifié, le Grand Nord s’inscrit dans une dynamique mondiale : le tourisme, alternatif ou traditionnel, est vecteur de brassage social et culturel, mais aussi de déséquilibres écologiques d’importance dus aux flux et au développement des transports. De plus, l’adoption d’un modèle économique global et la préservation de modes économiques restreints sont également des enjeux du Grand Nord. Il sera possible de réfléchir aux conditions d'administration du développement durable dans les pays du Grand Nord.

Modalités de soumission

Les propositions (autour de 400 mots) accompagnées d’une courte biographie seront à envoyer

avant le 19 janvier 2018

à anais.pascal@etu.unilim.fr en français.

Comité scientifique

Comité de sélection

  • Anaïs Pascal, étudiante Master 1 CCIC, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Limoges.
  • Yvan Chasson, étudiant Master 1 CCIC, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Limoges.
  • Sabine Gadrat, étudiante Master 1 CCIC, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Limoges.
  • Paul Theil, étudiant Master 1 CCIC, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Limoges.
  • Marika Chauvet, étudiante Master 1 CCIC, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Limoges.
  • Nour Slimani, étudiante Master 1 CCIC, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Limoges.
  • Thomas Molizon, étudiant Master 1 TRM, Faculté des Lettres et des sciences humaines, Limoges.
  • Ambre Calafuri, étudiante Master 1 TRM, Faculté des Lettres et des sciences humaines, Limoges.

Lieux

  • Faculté des Lettres et Sciences Humaines 39 E rue Camille Guérin
    Limoges, France (87 036)

Dates

  • vendredi 19 janvier 2018

Mots-clés

  • grand nord, imaginaire, représentation, culture, inuit

Contacts

  • Anaïs Pascal
    courriel : anais [dot] pascal [at] etu [dot] unilim [dot] fr

Source de l'information

  • Anaïs Pascal
    courriel : anais [dot] pascal [at] etu [dot] unilim [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Vers un nouvel imaginaire du Grand Nord », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 05 janvier 2018, http://calenda.org/427930