AccueilProgramme de recherche sur les spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne (SPEscies)

Programme de recherche sur les spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne (SPEscies)

Research program about artificial specimens of the natural sciences at the Sorbonne (SPEscies)

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Publié le jeudi 18 janvier 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Le programme de recherche Spescies (spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne) est né d’une préoccupation commune de chercheurs en histoire de sciences, d’historiens de l’art et de conservateurs concernant un type de patrimoine négligé : les collections universitaires dédiées à la diffusion et à l’enseignement des sciences naturelles. Les collections que l’équipe a sélectionnées ont toutes la même caractéristique : ce sont des pièces manufacturées d’histoire naturelle, ayant été utilisées par des scientifiques, des enseignants ou des étudiants, de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle dans les établissements universitaires.

Annonce

Argumentaire

Le programme de recherche SPEscies est né d’une préoccupation commune de chercheurs en histoire de sciences, d’historiens de l’art et de conservateurs concernant un type de patrimoine négligé : les collections universitaires dédiées à la diffusion et à l’enseignement des sciences naturelles. Les collections que l’équipe a sélectionnées ont toutes la même caractéristique : ce sont des pièces manufacturées d’histoire naturelle, ayant été utilisées par des scientifiques, des enseignants ou des étu- diants, de la fin du xviiie siècle au début du xxe siècle dans les établissements universitaires.

Paradoxalement, ces pièces particulièrement pri- sées des collectionneurs aujourd’hui, ne trouvent plus leur place dans les institutions scientifiques et leurs espaces muséaux. Tandis que les conser- vateurs des muséums font constamment un effort de catalogage et d’inventorisation des spécimens naturels, les pièces artificielles sont exclues de ces nouvelles banques de données. Or ces objets n’ont pas été créés pour se substituer aux spéci- mens issus de la collecte mais pour les enrichir et les illustrer dans un but éducatif. Souvent laissées à l’abandon, certaines de ces pièces ont été éga- rées, la plupart reléguées dans les réserves et les espaces hors public, voire même jetées comme ce fut le cas, dans les années 1965, à l’UPMC.

L’enjeu du regroupement de l’équipe sciences dures et sciences humaines consiste à faire émerger véritablement un ensemble de collections et de recherches visant à la valorisation et la présentation muséographique de ce patrimoine pédagogique scientifique en danger et de re- cherches visant à la valorisation et la présentation muséographique de ce patrimoine pédagogique scientifique en danger.

Ainsi dans sa première phase, le projet SPESCIES s’attachera à l’étude historique, matérielle et épis- témologique de ces pièces didactiques afin que les aspects liés à leur contexte de fabrication et d’utili- sation justifient leur patrimonialisation.

La seconde phase du projet consistera à rendre aux collections scientifiques leur caractéristique première liée à la tactilité et la manipulation di- dactique, dont la présentation embarrasse les conservateurs. Ce sont les modèles en bois et les planches iconographiques liées à l’apprentissage de la cristallographie de la collection de minéra- logie du MNHN et les pièces clastiques servant à enseigner l’anatomie à l’UPMC et au MNHN. Celles-ci feront l’objet d’un processus de numéri- sation spécifique : concernant l’anatomie, chaque élément constituant un organe de la pièce démon- table sera isolé pour être modélisé en 3D afin de pouvoir reconstituer et morceler virtuellement l’en- semble de l’objet. L’objectif ici est de permettre à l’utilisateur/visiteur de consulter, disséquer, mani- puler l’objet face aux vitrines de présentation, sans entrer en contact avec les pièces originales.

L’ensemble des recherches menées par le pro- gramme sera divulguée au cours d’une série de séminaires et de journées d’études ouverts à tous au sein des établissements partenaires (MNHN, UPMC, INHA, BnF).

Objectifs et description du projet

Modèles anatomiques en papier mâché, cristaux en bois, affiches de cours de zoologie sont autant d’objets, disséminés dans les collections univer- sitaires, ayant permis la divulgation des sciences naturelles du xviiie au xxe siècle. Tous les établis- sements scientifiques détiennent ce type d’objets pédagogiques. Néanmoins, en France, contrai- rement aux spécimens naturalisés, herbiers, etc., l’effort d’inventorisation, de catalogage, de numé- risation et de mise en accès public ne les atteint pas ; ces pièces ne sont, en fait, que très rarement exploitées dans une optique de valorisation et relativement peu présentées au sein des espaces muséaux. Dans l’enseignement supérieur, l’ab- sence de valorisation de ces pièces résulte du hia- tus entre l’usage négligeable, voire nul, qu’en font les chercheurs dont dépend leur conservation.

Pourtant ces pièces pédagogiques possèdent, avec une portée ostentatoire que n’ont pas les spécimens naturalistes (taxidermie, pièces ostéologiques, her- bier, etc.), un intérêt de tout premier ordre du point de vue épistémologique, notamment dans les pro- cessus de divulgation des sciences. Le contexte passé de la création de ces objets, l’état périmé des connaissances qui les ont mis au jour, mais aussi l’aspect suranné de leur mode d’utilisation ou l’obsolescence et parfois la répugnance des théories scientifiques qu’ils ont servis à exposer, apparaissent souvent comme les premiers facteurs liés au bannissement et même à l’épuration de ces pièces.

Les caractéristiques intrinsèques de ces pièces dédiées à la divulgation des connaissances scientifiques nous ont amené à proposer un projet collaboratif mêlant sciences dures et sciences humaines. Conservateurs, enseignants-chercheurs et étudiants rattachés à l’UPMC, au MNHN, à la BnF et à Paris-Sorbonne proposent de réaliser un tra- vail collaboratif visant à contextualiser et donner du sens à ces collections universitaires. En offrant des pistes propres à en réactualiser l’intérêt, ce projet permet en outre d’envisager leur réutilisation au sein des facultés assurant de fait leur pérennité. L’objectif étant de contribuer à la patrimonialisa- tion d’un type de pièces pour le moment tombées dans l’oubli (hors international), les membres du projet ont sélectionné une série de cas représentatifs, répartis sur deux axes de recherche, l’un orienté vers l’étude des collections, l’autre vers les moyens de leur divulgation.

Le but de l’action envisagée est de faire de la col- lection de zoologie de l’UPMC et du MNHN un terrain d’études pour évaluer la place des collec- tions pédagogiques patrimoniales dans les univer- sités contemporaines. Dans un contexte social lar- gement influencé par le virtuel, la question est de savoir comment ces objets peuvent être à nouveau mis à la disposition des étudiants. L’enjeu majeur de ce programme est donc de repenser l’usage et la muséographie des collections universitaires pour les chercheurs, les enseignants et, avant tout, pour la formation des étudiants.

Pour une histoire des artefacts didactiques des musées de sciences

Il est évident, au premier abord, que la vocation des collections pédagogiques de l’UPMC et du MNHN est de constituer un ensemble de référence à l’usage des élèves. Étudiées pour le cas des écoles et des lycées1, ces collections le sont beaucoup moins dans le contexte universitaire. Pourtant une approche élargie de la collection, allant au-delà des limites discipli- naires de la seule biologie animale et de la minéralogie (histoire de l’art, patrimoine, histoire des sciences), tend à réaffirmer l’utilité de cet outil scientifique. Elle apporterait plus de visibilité aux institutions muséales ainsi qu’une reconnaissance accrue de la part de la communauté universitaire. Dans cette optique les membres du projet ont sélectionné deux types de collections liées au MNHN et à l’UPMC : les modèles en bois de Hauÿ et les pièces clastiques Auzoux.

L’anatomie en pièces détachées avec les pièces clastiques du docteur Auzoux

Les très impressionnantes et encore trop peu étu- diées pièces clastiques de zoologie et de botanique fabriquées par la maison Auzoux2 sont capitales du point de vue épistémologique : elles furent l’un des plus importants matériels pédagogiques liés à l’histoire naturelle au xixe et xxe siècles.

Même si la culture matérielle est devenue un puis- sant outil de recherche au sein du monde scien- tifique3, il ne s’agit pas ici d’appréhender uni- quement ces objets dans leur réalité physique, leurs constituants et leur typologie, mais surtout de mettre au jour le contexte d’utilisation de ces pièces, voire les schémas discursifs et les théories scientifiques qu’elles ont parfois permis d’étayer.

Dans le but de présenter ces pièces au sein du nouveau musée pédagogique de biologie animale de l’UPMC, il est prévu dans un premier temps de réaliser des notices et des brochures à l’intention du public ; en outre, il a été décidé de constituer une série de relevés et de scan 3D des pièces les plus significatives ce qui, à l’avenir, devrait aboutir à de nouveaux modes de présentation des collec- tions.

Minéralogie de bois et de papier

Un autre type de pièces a attiré notre intérêt : les précieuses collections de modèles en bois, chefs- d’œuvre d’ébénisterie parisienne du xviiie siècle, qui servirent à la cristallographie moderne telle qu’elle fut enseignée il y a deux siècles par René Haüy, professeur de minéralogie au Muséum d’histoire naturelle de Paris. L’iconographie du monde mi- néral s’est longtemps heurtée au manque de com- préhension rationnelle à propos de la structure des minéraux. A partir du xviie, grâce aux monographies sur les gemmes (DE BOODT, TAVERNIER), la re- présentation minérale progresse et les naturalistes du xviiie siècle (DEZALLIER, GUETTARD) peuvent représenter plus fidèlement les cristaux. Sur cette base se fonde la pédagogie visuelle de ces ma- tériaux : Romé de l’Isle et Haüy proposent une double représentation des cristaux, entre planches gravées et collections de modèles cristallins en bois qui permettent de rendre visible et palpable la structure géométrique propre à chaque classe d’élément.

Nous nous attachons sur ce type de pièces à rendre compte de la manière dont les illustrateurs et les artisans en sont arrivés à ces principes icono- graphiques : quels sont les objets des collections permettant de comprendre la démarche erratique des premiers cristallographes ? En quoi l’iconographie « papier » et les modèles en bois ont-ils eu un impact sur la didactique scientifique du xviiie au xxe siècle ?

Programme

7 février 2018 - Biopic animal

  • Thierry Laugée (Université Paris-Sorbonne) « De Simba à Snowball. L’identité animale selon Osa et Martin Johnson. »
  • Éric Baratay (Université de Lyon) « Meshie de Henry Raven. Entre mise en scène humaine et réalité animale. »

Résumé des interventions

  • « De Simba à Snowball. L’identité animale selon Osa et Martin Johnson. » Thierry LAUGÉE

Le 26 juillet 1923, Carl Akeley, taxidermiste de l’American Museum of Natural History, rédige un prospectus intitulé Why the American Museum of Natural history is interested in the work of Martin Johnson? Ce texte est la réponse d’un défenseur de la faune africaine au succès du film d’H. A. Snow, Hunting Big Game In Africa, une mise en scène épique du combat d’un chasseur contre les bêtes dites les plus cruelles. Conscient du danger de l’héroïsation des chasseurs, la direction du muséum prit le parti de créer son propre service de production cinématographique ; sa première action fut de confier une expédition de cinq ans au couple de cinéastes Martin et Osa Johnson, afin d’éduquer le public à la beauté de la faune africaine. Le film qui en résultat, Simba : The King of Beasts, distribué en 1928, définissait les formes d’un genre cinématographique nouveau : le documentaire animalier.

  • « Meshie de Henry Raven. Entre mise en scène humaine et réalité animale. » Éric BARATAY

Vers 1934, le naturaliste américain Henry Raven consacre un film à sa chimpanzée Meshie pour vanter son caractère d’enfant de la famille et fortifier sa célébrité sur la côte Est. Ce film est avant tout la mise en scène, par succession de séquences séparées, d’une situation proclamée mais en grande partie fausse (l’animal vit le plus souvent seul à la cave ou dehors). Il permet cependant, en le croisant avec d’autres documents, de retrouver une réalité animale, révélée par des réactions impromptues, des comportements, des attitudes, de retrouver donc un être et une vie.

Biographie des intervenants

ÉRIC BARATAY
Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lyon III, chercheur rattaché au LARHRA, il est spécialiste de l’histoire de l’animal, de sa représentation, sa condition et ses rapports avec la société humaine d’un point de vue éthologique et historique. Ses derniers travaux dans le champ des Animals Studies l’ont amené à publier Des Bêtes et des dieux : les animaux dans les religions aux éditions du Cerf en 2015 et, récemment, Biographies animales. Des vies retrouvées, aux éditions du Seuil en 2017.

THIERRY LAUGÉE
Maître de conférences en Histoire de l’art contemporain à l’université Paris-Sorbonne, il a publié en 2015 Figures du génie dans l’art français (1802-1855), ouvrage issu de sa thèse. Coordinateur scientifique des projets de recherche PatriNat et SPEscies, ses recherches récentes portent sur le genre animalier dans les musées de science. Dans ce cadre il a publié « La ménagerie d’Eugène Delacroix […] » dans le Bulletin du musée Eugène Delacroix en 2014, « La Photographie zoologique, d’Achille Devéria et Louis Rousseau », dans la Revue de la BNF en 2017, et a été lauréat en 2016 de la Bourse Focillon (CFHA) pour son projet Une Fenêtre ouverte sur la faune. Photographie zoologique et taxidermie aux États-Unis (1853-1940).

28 mars 2018 – Images paradigmatiques

  • Santiago Aragon (Sorbonne Université) « Du papier à la peau : les collections historiques de taxidermie. »
  • Stavros Lazaris (CNRS) « La transmission visuelle des savoirs zoologiques à Byzance. »

Abstract 

Cette seconde séance de conférences du cycle SPEscies est consacrée à l’analyse de la formation des représentations de l’animal et à l’étude de la construction de topiques iconographiques dans les sciences naturelles, de l’Antiquité tardive aux époques moderne et contemporaine. Stavros Laza­ris et Santiago Aragon discuteront des différentes fonctions et utilisations des images dans l’enseignement de la médecine et de la zoologie à travers une approche transculturelle et diachronique.

Résumés des interventions

  • « Du papier à la peau : les collections historiques de taxidermie. » Santiago ARAGON

Au début du xixe siècle, l’amélioration des techniques en taxidermie permet l’établissement de riches collections de référence dans les muséums et les universités. Les animaux naturalisés constituent une nou­velle et attrayante représentation de la vérité d’après nature. Couverts de poils ou de plumes, ils donnent une apparence de vie aux gra­vures et facilitent l’observation des traits caractéristiques sous tous les angles. Montages et images deviennent ainsi complémentaires et constituent des visuels connus et reconnus. Lors de l’intervention, les premiers pas dans la constitution d’une collection à caractère pédago­gique, celle de la Faculté des Sciences de Paris, seront analysés.

  • « La transmission visuelle des savoirs zoologiques à Byzance. » Stavros LAZARIS

Il sera question dans la présente communication de la nature de certaines images tirées de quelques œuvres zoologiques byzan­tines et de l’usage réel que pouvait en faire le lecteur byzantin. On abor­dera dès lors aussi le profil type des lecteurs des œuvres scientifiques au Moyen-Age pour pouvoir, in fine, se pencher sur les rai­sons du développe­ment d’une pensée visuelle zoologique à Byzance.

Biographie des intervenants

SANTIAGO ARAGON
Maître de conférences en biologie animale et histoire des sciences à la Faculté des Sciences de Sorbonne Université. Il s’intéresse à l’histoire de l’enseigne­ment de la zoologie, un choix thématique influencé par son activité en tant que responsable de la collection d’animaux de l’université. La culture matérielle des sciences est son principal outil méthodologique. Cette vision de la recherche historique lui permet d’établir des ponts stables avec de disciplines comme la muséologie et la muséographie. Il a publié en 2014 Dans la peau d’un animal. Le Muséum d’Histoire naturelle de Madrid et ses collections de taxidermie.

STAVROS LAZARIS
Chercheur au CNRS, ses travaux concernent l’histoire de la civilisation byzantine, à travers l’étude de documents originaux relatifs à l’histoire des sciences et des techniques et de l’histoire des textes et des images. Depuis sa thèse de doctorat publiée chez Brepols en 2010, il travaille sur l’illustration médiévale et sa place dans la transmission du savoir médical à Byzance. Les équidés et leur rôle dans l’armée et l’économie dans l’Antiquité tardive et à Byzance constituent un autre thème majeur de ses recherches. Il a également consacré une partie de ses travaux scientifiques aux cultures visuelles et, depuis son HDR publiée chez SISMEL en 2016 il s’intéresse à la christianisation de la littérature scientifique païenne.

18 avril 2018 –

Abstract

La troisième conférence du cycle SPEscies portera sur la codification géométrique des représentations liées à la botanique et à la minéralogie. Au cours du XVIIIe siècle, dans l’optique de classifier, de rendre intelligible et de divulguer les connaissances et les collections inhérentes à ces disciplines, scientifiques et artistes stylisèrent le règne minéral et végétal, le soumettant à des règles mathématiques s’accordant à une philosophie scientifique ou à des buts uniquement pédagogiques. Maria Esmeral, historienne de l’art, et François Farges, professeur de minéralogie au Muséum, présenteront leurs dernières recherches sur la conception et le contexte de création de ces modèles qui conservèrent longtemps une forme iconique à la frontière des arts et des sciences.Programme

Maria Esmeral
« Illustration botanique en Nouvelle-Grenade. Au-delà de la mimesis »

François Farges (MNHN)
« Les modèles de cristaux au XVIIIe siècle : à la découverte de chefs-d’œuvre »

Résumé des interventions

« Illustration botanique en Nouvelle-Grenade. Au-delà de la mimesis » Maria Esmeral
 La pratique du dessin des plantes dans le domaine scientifique s’inscrit – avant même l’apparition de la Botanique en tant que science – dans des canons de représentation spécifiques. L’image est en réalité un discours graphique qui répond aux critères de classification d’espèces propres à chaque époque. Entre 1783 et 1816, une expédition de la couronne espagnole en Nouvelle-Grenade fut l’occasion de produire un corpus d’illustration botanique exceptionnel ; il fut réalisé sous la direction du médecin, botaniste, mathématicien et théologien José Celestino Mutis. L’étude iconographique de ce corpus permet de dégager un contenu épistémologique profond et pluridisciplinaire. La revendication par le dessin des paradigmes scientifiques permet d’affirmer que, dans le cas de ce corpus, la représentation surpasse l’exercice de la mimesis.

« Les modèles de cristaux au xviiie siècle : à la découverte de chefs-d’œuvre » François Farges
La fin du XVIIIe siècle voit fleurir divers naturalistes aux idées nouvelles mais limitées par la didactique : les échantillons restent rares, le plus souvent uniques ; leur représentation se heurte au défi de la lumière et des couleurs. Les naturalistes d’alors ont difficulté à décrire les échantillons et de les représenter d’une manière cohérente. De Romé de l’Isle à Haüy, la réalisation des modèles de cristaux réalisés au cours du XVIIIe siècle vont dès lors tenter de répondre aux achoppements des scientifiques.
L’on pensait connaitre les collections de modèles de ces grands savants. C’était ignorer les ressources des collections du MNHN qui ont révélé depuis 2016 des corpus de modèles de cristaux qui avaient totalement été oubliés et qui permettent de comprendre les difficultés des naturalistes des Lumières. Nous avons également restitué les collections fondatrices de ces naturalistes, voir leurs modèles « iconiques » que l’on pensait perdus.

Biographie des intervenants :

MARIA ESMERAL
Titulaire d’un master en Histoire de l’art de l’Université Paris-Sorbonne, son travail porte sur l’image dans le domaine scientifique au XVIIIe et au XIXe siècle, plus particulièrement l’illustration botanique. Elle s’intéresse aux canons iconographiques établis par les scientifiques dans leur discours graphique ; en d’autres termes, l’épistémologie de l’image dans son contexte idéologique d’origine. Avec une licence en Arts plastiques (Université des Andes, 2008) et une licence en Histoire de l’art (Université Paris-Sorbonne, 2015), ses recherches intègrent la connaissance pratique des techniques de représentation à la méthodologie d’analyse des œuvres. Tout dernièrement ses recherches se sont dirigées vers une étude de l’iconographie scientifique produite, au lendemain des Lumières, dans les nouvelles académies de l’Amérique Hispanique.

FRANÇOIS FARGES
Professeur de minéralogie au Muséum national d’histoire naturelle depuis 2006, François Farges avait déjà étudié divers aspects de minéralogie environnementale, de la pollution de sols liés aux activités minières, nucléaires et industrielles à la corrosion de vitraux médiévaux en contexte urbain lorsqu’il était professeur à l’université de Stanford (USA) et directeur de recherches au Centre de Géologie de l’Ingénieur à Mines ParisTech. Membre honoraire de l’Institut Universitaire de France, François Farges oriente depuis ses recherches autour de la valorisation scientifique des collections françaises, notamment en ce qui concerne la maturation de la forme géométrique dans l’acceptation culturelle du « beau » en France : des gemmes taillées des joyaux de la Couronne de France aux modèles de cristaux des Lumières. Associant la mécanique quantique à la paléographie, ces travaux permettent de comprendre l’essor moderne de ces sciences.

Prochaines séances

Les prochaines séances seront annoncées un mois avant leur tenue.

Accès

Entrée libre, sans inscription, chaque séance est suivie d’un petit pot où l’auditoire est le bienvenu

Infos pratiques & contacts

Informations sur les prochains séminaires sur le site du Centre André Chastel ou via spescies@gmx.fr

Organisation des séminaires : Olivier Vayron (olivier.vayron@gmail.com)
Commission scientifique : équipe SPEscies (spescies@gmx.fr)

Membres de l’équipe

  • Frédérique ANDRY-CAZIN
  • Santiago ARAGON
  • Thomas CAZENTRE
  • Dylan COURTIN
  • Jacques CUISIN
  • François FARGES
  • Thierry LAUGÉE
  • Tanguy LE ROUX
  • Arnaud MAILLET
  • Olivier VAYRON

Institutions et laboratoires partenaires

  • Sorbonne Universités
  • Sorbonne Université (Paris-Sorbonne, UPMC)
  • MNHN
  • BnF
  • Centre André Chastel
  • LabEx EHNE
  • PLEMO3D.

Lieux

  • Galerie Colbert, INHA, salle VASARI (1er étage) - 2 rue Vivienne ou 10 rue des Petits-Champs
    Paris, France (75002)

Dates

  • mercredi 07 février 2018
  • mercredi 28 mars 2018
  • mercredi 18 avril 2018

Mots-clés

  • cinéma, photographie, documentaire, animalier, Animal Studies, Cultural Studies, histoire naturelle, biographie, cinéaste, explorateur, photographe, taxidermie, famille, éducation, illustration scientifique, iconographie médicale, monde byzantin, anti

Contacts

  • Olivier Vayron
    courriel : olivier [dot] vayron [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Olivier Vayron
    courriel : olivier [dot] vayron [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Programme de recherche sur les spécimens artificiels de sciences naturelles en Sorbonne (SPEscies) », Cycle de conférences, Calenda, Publié le jeudi 18 janvier 2018, https://calenda.org/429061

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