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Alimentations, conflits, dissidences

Food, conflict and dissidence

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Publié le mardi 16 janvier 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Dans cette nouvelle édition du séminaire, nous nous intéressons aux controverses autour des questions de l’alimentation et de la santé, en interrogeant la place du concept de « transition ». Ce paradigme est au cœur de nombreux débats contemporains autour des transitions nutritionnelles. Toutefois il nous semble que la « transition » ainsi conçue – fortement inspirée des approches démographiques et épidémiologiques – sous-entende une idée d’évolution qui alignerait les différentes sociétés autour d’un même modèle de transformation structurelle et de développement. Nous souhaitons, au contraire, rendre compte des aspects plus dynamiques, complexes, non linéaires des transitions, ainsi que l’idée de passage comme constellation d’événements et de processus pluriels et non conséquents, suscitant une diversité de pratiques et d'interprétations.

Annonce

Argumentaire

Après une première année qui a permis de baliser différents terrains, nous poursuivons en 2017-2018, le séminaire « Alimentations, conflits et dissidences ».  En 2016-2017, nous avons commencé à explorer la façon dont les comportements alimentaires mettaient en scène des conflits qui, partout en Europe, émergent et se déplacent très vite à partir de domaines très différents : de la critique anti-système à la dissension politique, religieuse et économique, de la mise en cause des distinctions de genre à celle de la médecine conventionnelle. Par l’alimentation, des figures de la dissidence et de la résistance se sont données à voir : dans les choix d’aliments à évincer, dans les oppositions contre certaines modes de production, dans les parcours d’approvisionnement, dans les modalités de consommation.

Dans cette nouvelle édition, nous nous intéressons aux controverses autour des questions de l’alimentation et de la santé, en interrogeant la place du concept de « transition ». Ce paradigme est au cœur de nombreux débats contemporains autour des transitions nutritionnelles. Toutefois il nous semble que la « transition » ainsi conçue – fortement inspirée des approches démographiques et épidémiologiques – sous-entende une idée d’évolution qui alignerait les différentes sociétés autour d’un même modèle de transformation structurelle et de développement. Nous souhaitons, au contraire, rendre compte des aspects plus dynamiques, complexes, non linéaires des transitions, ainsi que l’idée de passage comme constellation d’événements et de processus pluriels et non conséquents, suscitant une diversité de pratiques et d'interprétations. Il s’agira donc d’appréhender ce concept comme un outil heuristique pour considérer la diversité des acteurs impliqués et de leurs répertoires d’action.

Nous souhaitons montrer comment des acteurs issus de la société civile, sont amenés à (re)prendre du pouvoir, en acquérant une expertise permettant de leur donner des moyens d’agir dans des domaines jusque-là réservés aux experts scientifiques et médicaux, au décideurs politiques ou aux acteurs économiques traditionnels.  De nombreuses initiatives ont été mises en place pour rendre visibles des aspects de la société contemporaine perçus comme problématiques : dans la façon de produire et de manger (slow food, food activism) ; en venant en aide aux populations les plus démunies dans les réseaux alliant aides sociales et alimentaires ; dans les formes de soin, notamment dans le cas des maladies chroniques (diabète, maladie cœliaque,...), exigeant de nouvelles façons de vivre et de manger. De ce point de vue, la transition concerne également la sphère médicale, puisque les nouvelles pathologies modifient le rapport entre experts et patients, amenés à s’engager pour rendre leur maladie visible (les allergies et les sensibilités, des maladies bottom-up).

Ces initiatives, qui valorisent « d’autres façons de faire », ont pour but de résister et de modifier les configurations actuelles en invitant à repenser le rapport entre l’alimentation, l’environnement et la santé, mais aussi le rapport entre les experts, les malades, les mangeurs. Il s’agit de voir comment des sujets à controverses ont été amenés dans l’espace public, créant conflits et résistances entre les différents acteurs. Ces réflexions permettront de saisir cette transition en train de se faire et amenant avec elle une restructuration des sphères médicales, économiques et politiques.

Ce séminaire est organisé par Camille Adamiec, Nicoletta Diasio, Vulca Fidolini, Floriane Lutrat, Virginie Wolff. 

Programme

Mercredi 8 novembre 2017

17h-19h  Misha Strasbourg, Salle de la Table Ronde

  • Biosécurité, normes et conflits de savoir dans le domaine agro-alimentaire, Francesca ZALTRON, sociologue, Université du Piémont Oriental

Mercredi 22 novembre 2017

13h-15h  Patio – salle 5320, Campus Universitaire de l’Esplanade Strasbourg,

  • Vers une politique de l’épigénétique nutritionnelle, Tristan FOURNIER, sociologue IRIS-EHESS

Jeudi 31 janvier 2018

17h-19h  Misha Strasbourg, Salle de la Table Ronde

  • Accéder à l’aide alimentaire en pays d’opulence : un projet de recherche mené en Suisse, Laurence OSSIPOW, anthropologue, University of Applied Sciences and Arts Western Switzerland, Haute Ecole de travail social, Genève

Jeudi 22 février 2018

17h-19h  Misha Strasbourg, Salle Amérique

  • Conflits catholiques autour des viandes de Carême sous l’Ancien Régime, Florent QUELLIER, historien, CESR – UMR 7323, Université de Tours

Jeudi 22 Mars 2018

17h-19h  Misha Strasbourg, Salle Océanie

  • Des maux qui dérangent : le débat sur le gluten et l’émergence d’un savoir sensible face au savoir médical, Virginie WOLFF, sociologue, UMR 7367 – DYNAME / CNRS, Université de Strasbourg 

Jeudi 12 avril 2018 

17h-19h  Misha Strasbourg, Salle Asie

  • Les jardins partagés dans la transition écologique ou comment les poireaux perpétuels forment des consommateurs-producteurs-citoyens, Victoria SACHSÉ, géographe UMR 7367 – DYNAME/CNRS, EA 7309 – AMUP, Université de Strasbourg

Jeudi 17 mai 2018 

17h-19h  Misha Strasbourg, Salle Asie

  • La transition alimentaire au Laos, Florence STRIGLER, anthropologue Chercheure indépendante, Fonds Français pour l’Alimentation et la Santé 

Catégories

Lieux

  • Misha - 5 allée du Général Rouvillois
    Strasbourg, France (67)

Dates

  • mercredi 08 novembre 2017
  • mercredi 22 novembre 2017
  • mercredi 31 janvier 2018
  • jeudi 22 février 2018
  • jeudi 22 mars 2018
  • jeudi 12 avril 2018
  • jeudi 17 mai 2018

Mots-clés

  • alimentation, conflit, dissidence, transition alimentaire

Contacts

  • Vulca Fidolini
    courriel : fidolini [at] live [dot] com
  • Virginie Wolff
    courriel : vi [dot] wolff [at] unistra [dot] fr

Source de l'information

  • Vulca Fidolini
    courriel : fidolini [at] live [dot] com

Pour citer cette annonce

« Alimentations, conflits, dissidences », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 16 janvier 2018, http://calenda.org/429165