AccueilLa mobilité urbaine. Pratiques, parcours et contextes du XVIIe siècle à aujourd’hui

La mobilité urbaine. Pratiques, parcours et contextes du XVIIe siècle à aujourd’hui

Urban mobility. Practices, careers and contexts from the 17th century to the present day

*  *  *

Publié le jeudi 18 janvier 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Organisé dans le cadre du programme de recherche Settling in motion et du laboratoire international associé franco-italien MediterraPolis, ce colloque interdisciplinaire a pour objet la mobilité intra-urbaine, de l’époque moderne à nos jours (mobilité résidentielle et déplacements quotidiens, de type pendulaire ou non). L’objectif du colloque est d’appréhender la mobilité en ville dans ses relations aux dynamiques sociales et urbaines, avec une approche centrée à la fois sur les individus et leurs pratiques de mobilité (relations avec le cycle de vie et la biographie) et sur le contexte spatial et historique. Le dialogue entre différentes disciplines scientifiques permettra de saisir des continuités et des ruptures au-delà de la périodisation classique pré-post Révolution industrielle.

Annonce

Le colloque aura lieu le 25-26 juin 2018 à l’Institut méditerranéen de recherches avancées (IMéRA), Marseille.

Argumentaire

Organisé dans le cadre du programme de recherche Settling in motion[1] et du Laboratoire International Associé franco-italien MediterraPolis, le colloque a pour objet la mobilité dans la ville, de l’époque moderne à nos jours.

Depuis toujours, la ville a représenté un pôle d’attraction pour les migrations et, plus généralement, un lieu de mobilité sous toutes ses formes. Plusieurs types de mobilité traversent en effet la ville, et et se diversifient selon la motivation (travail étude, famille, consommation, soins, etc.), la durée ou la fréquence (définitive, temporaire, occasionnelle, quotidienne, etc.), et l’étendue du déplacement, qui peut franchir les frontières d’un État comme se limiter à quelques centaines de mètres.

Le colloque est centré sur la mobilité intraurbaine, c’est-à-dire toutes les formes de déplacement qui ont pour origine et pour destination la ville, quelques soient les raisons et les fréquences de ces mouvements. Ainsi, le colloque a pour objet aussi bien la mobilité résidentielle (changement de domicile) que les déplacements quotidiens, de type pendulaire ou non.

Dans les sciences sociales, le thème de la mobilité intra-urbaine, et notamment de la mobilité résidentielle, a fait l’objet de plusieurs études qui ont étudié son rapport avec le cycle de vie. De leur côté, les études historiques sur les villes du XIXe siècle, et plus rarement du XVIIIe  siècle, ont utilisé la reconstruction longitudinale des trajectoires et l’« event history analysis », grâce à la disponibilité de sources telles que les actes d’état civil, les registres paroissiaux et les listes nominatives. Ces études ont attesté de la grande intensité de la mobilité dans les villes des XVIIIe-XIXe siècles. D’autre part, les registres d’anagrafe et des enquêtes ad hoc ont nourri les analyses les plus récentes.

Dans ce contexte, l’objectif du colloque est d’appréhender la mobilité en ville dans ses relations aux dynamiques sociales et urbaines, en tant que « révélateur des sociétés urbaines », et de « clef » pour en comprendre le fonctionnement[2]. Pour ce faire, on retient une approche centrée à la fois sur les individus et leurs pratiques de mobilité (relations avec le cycle de vie et la biographie) et sur le contexte spatial et historique, en prenant alors en compte, entre autres, l’impact de crises économiques et sociopolitiques et d’événements inattendus qui ont touché l’environnement. Le dialogue entre différentes disciplines scientifiques permettra de saisir des continuités et des ruptures au-delà de la périodisation classique pré-post Révolution industrielle.

Les communications peuvent relever de plusieurs disciplines : histoire, démographie, sociologie, géographie. Les études de cas seront privilégiées, ainsi que les propositions centrées sur la perspective des individus à l’échelle micro. Elles pourront s’inscrire dans les trois axes thématiques suivants :

Biographie, cycle de vie et mobilité

La mobilité urbaine a une intensité variable au cours de la vie des individus. Elle est liée en particulier à certaines phases du cycle de vie et à des évènements « déclencheurs » qui concernent notamment le travail et la famille. Quel est le rôle joué par la mobilité intra-urbaine dans les parcours individuels en ville ? Quels sont les liens avec les dynamiques de mobilité ascendante et, au contraire, de paupérisation ?

Mobilités, immeubles, transformation urbaine

La mobilité résidentielle est liée non seulement au type d’habitation (surface de l’appartement, propriété/location, localisation, etc.) mais aussi aux conditions du marché immobilier. La disponibilité des logements est influencée par l’éventail des prix qui s’y rapportent et par le taux de turn-over qui est à son tour est calculé en fonction de la présence de certaines catégories de population (par exemple les migrants et les jeunes). Enfin, la mobilité est associée à la présence de structures d’accueil résidentielles spécifiques : des auberges du passé jusqu’aux meublés de nos villes d’aujourd’hui.

Cet axe est ainsi centré sur les liens entre la mobilité, l’évolution du marché immobilier et les types d’habitation. La réflexion vise à comprendre le rôle de la mobilité dans la transformation urbaine, alors pensée dans sa dimension matérielle (immeubles).

Parcours au quotidien. Mobilité pendulaire et non résidentielle

Cet axe s’intéresse aux mouvements pendulaires et circulaires, effectués au quotidien ou, au moins, de façon systématique) pour se rendre sur les lieux de travail, ainsi qu’aux autres formes de mobilité qui n’impliquent pas un changement de résidence. Il s’agit de mobilités non systématiques, liées à des activités variées telles que les achats, les soins, le loisir, la restauration, etc. D’un point de vue historique, les déplacements quotidiens dans les villes d’Ancien Régime n’ont guère fait l’objet de recherches : la proximité était-elle vraiment la seule dimension de la vie urbaine ? Quels habitants parcouraient des distances plus importantes ? Et pour quelles raisons ?

Les directrices de la mobilité résidentielle

Les habitants de la ville développent des trajectoires résidentielles qui contribuent parfois à définir et à façonner la transformation socio-économique des différentes portions de l’espace : pensons à des processus tels que la gentrification ou l’urban sprawl. L’étude des trajectoires résidentielles, de leur changement dans le temps et des effets sur la structure de la ville (dense, segmentée, etc.) fera l’objet de ce quatrième axe.

Modalités de soumission

Nous invitons les participants à envoyer leur proposition (résumé de 300 mots et CV) à eleonora.canepari@univ-amu.fr et m.crisci@irpps.cnr.it

Date limite des propositions : 11 février 2018

Les auteur(e)s de propositions acceptées seront informé(e)s au plus tard le 25 février 2018.

Comité scientifique

  • Renata Ago (DSCR, Università di Roma La Sapienza)
  • Eleonora Canepari (TELEMMe UMR 7303, CNRS-AMU)
  • Massimiliano Crisci (IRPPS-CNR)
  • Giuseppe Gesano (IRPPS-CNR)
  • Angela Groppi (DSCR, Università di Roma La Sapienza)
  • Michele Nani (ISSM-CNR)

Réferences

[1] Chaire d’excellence A*Midex, E. Canepari.

[2] Pinol 1999, p. 7-15.

Lieux

  • IMéRA - Salle des conférences - 2 Place Leverrier
    Marseille, France (13004)

Dates

  • dimanche 11 février 2018

Fichiers attachés

Mots-clés

  • mobilité, trajectoire, logement, ville

Contacts

  • Eleonora Canepari
    courriel : eleonora [dot] canepari [at] univ-amu [dot] fr
  • Massimiliano Crisci
    courriel : m [dot] crisci [at] irpps [dot] cnr [dot] it

Source de l'information

  • Eleonora Canepari
    courriel : eleonora [dot] canepari [at] univ-amu [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La mobilité urbaine. Pratiques, parcours et contextes du XVIIe siècle à aujourd’hui », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 18 janvier 2018, http://calenda.org/429185