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Imaginaires, nations et écritures de femmes au XIXe siècle en Amérique Latine

Imagination, nations and women's writing in the 19th century in Latin America

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Publié le mercredi 24 janvier 2018 par João Fernandes

Résumé

À partir de la question déjà classique « qu’est-ce que la Nation ? » jusqu’aux nombreuses contributions critiques sur l’émergence des États-Nations en Amérique Latine, on a insisté sur les coupures et exclusions impliquées par ces processus et sur la diffusion des mythes et des images les ayant appuyées. Afin que la Nation existe, il faut que se construise un récit de ses origines, de ses qualités uniques et intrinsèques, de ses héros et de ses exploits : il lui faut un imaginaire historique, politique et social, dans lequel prend place un discours articulant les relations de genre. Ce colloque part de ces prémisses et invite à explorer la façon dont les relations de genre, les femmes, leurs corps et leurs représentations ont fait partie et ont construit les récits de nation.

Annonce

Dates : du mardi 15 mai 2018 au jeudi 17 mai 2018

Siège : Université d’Orléans

Organisation : Rémélice, (EA 4709) Université d’Orléans, Collegium LLSH ; ICD Université de Tours ; MSH Val de Loire ; CEMAB, Universidad de Alicante

On a observé que le degré de civilisation auquel les diverses sociétés humaines sont parvenues a toujours été proportionné au degré d’indépendance dont y ont joui les femmes.

Flora Tristan

Argumentaire

À partir de la question déjà classique « qu’est-ce que la Nation ? » jusqu’aux nombreuses contributions critiques sur l’émergence des États-Nations en Amérique Latine, on a insisté sur les coupures et exclusions impliquées par ces processus et sur la diffusion des mythes et des images les ayant appuyées. Afin que la Nation existe, il faut que se construise un récit de ses origines, de ses qualités uniques et intrinsèques, de ses héros et de ses exploits : il lui faut un imaginaire historique, politique et social, dans lequel prend place un discours articulant les relations de genre.

« Bonne Mère, tendre Épouse et Citoyenne vertueuse », c’est ainsi que la revue argentine La Aljaba en 1830 résumait le rôle et la place des femmes dans cette entreprise fondationnelle, et une grande partie de la littérature de l’époque incluait ce message prescriptif. Les icônes essentialistes de la féminité autour de la maternité, l’espace domestique et la transmission par l’éducation voient le jour comme autant de promesses de stabilité et continuité dans les différentes étapes de la construction nationale sur le continent latino-américain.

En opposition à ce récit hégémonique, et malgré leur exclusion de l’espace politique, les femmes n’ont jamais cessé d’intervenir et de proposer des représentations alternatives dans le paysage identitaire : en tant que médiatrices actives entre la sphère publique et la sphère privée, elles ont dessiné des alliances et des réseaux intellectuels par la tenue de réunions dans leurs salons et par leur correspondance épistolaire. Elles ont marqué les premiers pas dans la professionnalisation de l’écriture, elles ont profilé de nouveaux modèles de sociabilité dans leurs œuvres et leurs pratiques dissidentes, elles ont exploré différents usages linguistiques dans la lutte pour l’unification d’une langue nationale, elles ont, à différents niveaux, promu l’accès à l’éducation des femmes, dès l’enfance. Francine Masiello attribue à la “langue bifide” cette disposition des femmes à réfuter le discours traditionnel :

¿Qué es lo que logra en la historia el concepto de la identidad dual de la mujer, o su habla bilingüe ? ¿Cómo interviene en la experiencia de la conceptualización de la república liberal ? Y, por último, ¿cómo toman las mujeres esta escenificación teatral del ser y le dan la vuelta para lograr una expresión menos obvia de la subjetividad femenina, de las necesidades personales y de una alianza potencial ?[1]

Ce colloque part de ces prémisses et invite à explorer la façon dont les relations de genre, les femmes, leurs corps et leurs représentations ont fait partie et ont construit les récits de nation.

Thématiques abordées

  • Fonder la nation, fonder la différence.
  • Être protagoniste de l’Histoire, depuis le foyer jusqu’aux champs de bataille.
  • Réseaux intellectuels féminins et correspondances dans la construction de la nation, dans le continent et dans les relations transatlantiques entre l’Amérique Latine et l’Europe.
  • Occulter ou patrimonialiser le rôle des femmes dans les récits de nation (muséographie, place dans les programmes d’études actuels)
  • Tensions dans les propositions éducatives dans les nations indépendantes
  • Le corps dans l’éducation des femmes au XIXe siècle
  • Illustrer la Nation : La presse et les nouvelles formes d’écriture : feuilletons, chroniques, revues de mode, affiches, annonces publicitaires, portraits…
  • Questions éditoriales : éditions et rééditions ; éditions critiques ; révision du « canon »….
  • Relectures contemporaines du XIXe siècle aux XXe et XXIe siècles : « la » femme latino-américaine dans le roman historique, la nouvelle, la poésie, le théâtre et le cinéma.
  • Parcours de femmes « illustres » : Mariquita Sánchez, Juana Manso, Juana Manuela Gorriti, Eduarda Mansilla, Clorinda Matto de Turner (entre autres)
  • Parcours de femmes « moins connues » : Mercedes Cabello de Carbonera, Rosa Guerra, Petrona Rosende de Sierra, Zoila Aurora Cáceres, Maipina de la Barra, Soledad Acosta de Samper (entre autres)

Modalités de soumission des propositions de contribution

Envoyer les propositions, en espagnol ou en français, avec une brève note bio-bibliographique de l’auteur(e),

avant le 28 février

à : brigitte.natanson@univ-orleans.fr ; remedios.mataix@ua.es ; monica.zapata@orange.fr

Et/ou déposer sur le site INESfAL (à venir)

Comité scientifique

  • Graciela BATTICUORE (Université de Buenos Aires)
  •  Nancy CALOMARDE (Université de Córdoba, Argentine)
  •  Mónica CÁRDENAS (Université de La Réunion)
  •  Leonor FLEMING (Universidad Nacional de San Martín, Buenos Aires)
  •  Nathalie FÜRSTENBERGER (Université de Montpellier)
  •  Nuria GIRONA (Université de Valence, Espagne)
  •  Remedios MATAIX (Université d’Alicante)
  •  Brigitte NATANSON (Université d’Orléans)
  •  Emmanuelle RIMBOT (Université de Saint-Etienne)
  •  Catriona SETH, (Université de Lorraine, University of Oxford)
  •  Carmen DÍAZ OROZCO (Université des Andes, Venezuela)
  •  Evangelina SOLTERO (Université Complutense de Madrid)
  •  Mónica ZAPATA (Université de Tours).

[1] “Las mujeres como agentes dobles en la historia”. Conferencia magistral en la Séptima Conferencia Internacional de la Asociación de Literatura Femenina Hispánica, University of Colorado at Boulder, (3-5 octobre 1996) 21 p.

Lieux

  • Orléans, France (45)

Dates

  • mercredi 28 février 2018

Mots-clés

  • Amérique latine, littérature féminine, nations, écriture

Contacts

  • Monica Zapata
    courriel : monica [dot] zapata [at] orange [dot] fr
  • Brigitte Natanson
    courriel : brigitte [dot] natanson [at] univ-orleans [dot] fr
  • Remedios Mataix
    courriel : remedios [dot] mataix [at] ua [dot] es

Source de l'information

  • Axelle Objois
    courriel : axelle [dot] objois [at] univ-orleans [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Imaginaires, nations et écritures de femmes au XIXe siècle en Amérique Latine », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 24 janvier 2018, https://calenda.org/430256

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