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Critique de l’État : enjeux épistémologiques et politiques

The criticism of State - epistemological and political issues

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Publié le mardi 30 janvier 2018 par João Fernandes

Résumé

La modernité politique occidentale avait en même temps exclu toute autre notion du politique que celle où l’activité politique était rationalisée dans l’État, en un partage des peuples dits sans États, dits aussi sans Histoire, et les autres, toute autre construction que celle fondée sur le modèle de l’identité et de la différence et inclus comme ses marges les autres versions possibles de la vie humaine. Cette exclusion à l’intérieur ou inclusion subordonnée comme l’un des fondements à partir desquels l’ordre colonial, puis global a pu se développer et s’étendre se trouve sans cesse redit dans les échelles les plus petites des subjectivités, et les plus collectives des injonctions à l’identité, tout autant que les logiques économiques, la géographie des conflits, etc.

Annonce

Argumentaire

La modernité politique occidentale avait en même temps exclu toute autre notion du politique que celle où l’activité politique était rationalisée dans l’État, en un partage des peuples dits sans États, dits aussi sans Histoire, et les autres, toute autre construction que celle fondée sur le modèle de l’identité et de la différence et inclus comme ses marges les autres versions possibles de la vie humaine. Cette exclusion à l’intérieur ou inclusion subordonnée comme l’un des fondements à partir desquels l’ordre colonial, puis global a pu se développer et s’étendre se trouve sans cesse redit dans les échelles les plus petites des subjectivités, et les plus collectives des injonctions à l’identité, tout autant que les logiques économiques, la géographie des conflits, etc.

Avec la critique des épistémologies de la modernité, leurs décentrements, et le faire-retour sur l’histoire, a pu émerger la question d’un universalisme concret, et d’autre sens politiques qui alimentent une notion de l’agir politique nouvelle, c’est-à-dire d’une praxis non dénuée de contexte, ni de point de vue. Les modèles anciens et modernes des identités et du sujet politique, en particulier selon le point de vue des ‘Peuples-sans-États’ vivant à l’intersection des États existants et des frontières, montrent que l’enchevêtrement des identités entre en contradiction avec leur naturalisation et leurs diverses hiérarchisations suivant la logique du « Nation-National » de l’État-nation, sur quoi enchaine la production inépuisable d’un « Autre », de nombreux autres, les autres les plus nombreux, ré-ouvrant à une critique de l’État selon des modalités renouvelées.

Programme

Mardi 24 Octobre 2017

(Séminaire à l’Université Paris 8 Saint-Denis, Salle A444 de 15h00 à 18h00)

  • Amir Kianpour (LLCP-Paris 8) : Le non-synchronisme comme mode de subjectivation asiatique

Jeudi 2 Novembre 2017

(Séminaire à l’Université Paris 8 Saint-Denis, Amphi B106 de 15h00 à 18h00)

  • Engin Sustam (Experice-Paris 8) : Art et subalternité Kurde

Vendredi 3 Novembre 2017

(Séminaire à l’Université Paris 8 Saint-Denis, Amphi B106 de 14h00 à 17h00)

  • Rabab Abdulhadi (Université d’État de San-Francisco) : Justice, genre, et sexualités en Palestine, Discutante : Azadeh Kian (CEDREF-Paris 7)

Lundi 4 Décembre 2017

(Séminaire à l’Université Paris 8 Saint-Denis, Salle de la recherche de la bibliothèque de 14h00 à 17h00)

  • Léopold Lambert (The Funambulist Magazine) / Marina Nebbiolo (Institut des Humanités Medfil) : Architecture et décolonialité en Palestine

Mercredi 24 Janvier 2018

(Séminaire à l’Université Paris 8 Saint-Denis, Salle C103 de 14h00 à 17h00)

  • Naji El Khatib (Institut des Humanités Medfil) / Collectif Nan Kar Azadi : Critique de l’État : Un état de la critique en Proche et Moyen-Orient

Vendredi 2 Février 2018

(Séminaire de 13h00 à 15h30 et Workshop de 16h00 à 18h30 à l’Université Paris 8 Saint-Denis, Salle G-2 )

13h00-15h30 Table ronde

  • Sonia Dayan-Herzbrun : La masculinité comme catégorie politique de la domination

Dans un texte désormais classique l’historienne américaine Joan Scott a défini le genre, qu’elle distingue soigneusement du « sexe biologique » comme « une façon première de signifier des rapports de pouvoir », constitutive selon elle des rapports sociaux fondés sur des différences perçues. Il implique selon elle quatre séries d’éléments : premièrement des symboles et des représentations symboliques culturellement disponibles, deuxièmement des concepts normatifs, troisièmement une notion du politique en référence aux institutions et à l’organisation sociale, et enfin ce qui relève de l’identité subjective. Le genre renvoie donc aux relations du masculin et du féminin, à « un champ premier au sein duquel, ou par le moyen duquel le pouvoir est articulé ». On peut extrapoler en faisant le constat, au sein de ce que l’on pourrait appeler une « anthropologie générale » que le masculin renvoie à la domination tandis que le féminin signifie et symbolise la soumission. Cette opposition binaire est donc une institution sociale, non un fait de nature. Elle peut donc être transgressée aux risques et périls de celles et ceux qui s’y hasardent. Les transgressions ne nous intéresseront que pour ce qu’elles nous apprennent de la réitération de la norme, sous ses multiples aspects. Le masculin se décline, en effet, sous différentes figures qui toutes renvoient à une image du pouvoir.

  • Éléni Varikas : Pour une théorie féministe du politique

Est-il possible de reprendre des concepts, des axiomes et des présupposés qui ont longtemps servi à délégitimer l'exclusion, l'assujettissement et l'obéissance, pour les mettre au service d'une redéfinition démocratique de la citoyenneté ? De concilier la complémentarité avec l'autonomie individuelle et l'autodéfinition des femmes ? De transformer la métaphore du "corps politique" en métaphore d'un pouvoir divisé ? L'avantage principal de cette métaphore est précisément qu'elle exclue d'emblée la multiplicité. Un corps androgyne, un corps avec deux sexes, avec divers traits caractéristiques et des couleurs diverses est par définition monstrueux : voilà le message que transmet depuis des siècles ce cors gigantesque que les modernes ont inventé pour neutraliser le danger de "la multitude à plusieurs têtes". Selon ce message, un pouvoir divisible est monstrueux en ce qu'il mène par définition à la guerre et à l'anarchie. "Nul ne peut obéir à deux maîtres", dit depuis des siècles ce corps géant, non seulement aux femmes mais aussi aux "hommes de couleur", aux immigré•es, aux étrangers et aux étrangères, aux nomades, à toutes celles et ceux qui prétendent participer à ce qui est commun, la chose publique.

(Pause)

16h00-18h30 Workshop

Collectif : Lectures en solidarité avec les femmes prisonnières politiques enfermées dans les prisons turques et israéliennes

L'actualité de la question des prisonnièr-e-s politiques a fait surgir celle des possibilités et des ressources de résistance à toutes les formes d'enfermement et d'impasse liées aux conditions du politique.

L’initiative de ces lectures est inspirée par et l'une des suites d'une rencontre avec les recherches d'Assia Zaino sur les prisons israéliennes, avec "Des hommes et des femmes entre les murs, Comment la prison façonne la vie des palestinien-ne-s" (Agone 2016), de Sarah Caunes sur les luttes et les mobilisations des prisonniè-re-s enfermé-e-s à l'intérieur des prisons turques, et de Valentin Schaepelynck sur l'histoire de l'analyse institutionnelle. Elle réfléchit les initiatives collectives de solidarité avec les prisonnièr-e-s politiques en Turquie depuis le coup d'État du 19 juillet 2016 enchaînant sur une répression de masse, et le référendum du 16 avril 2017 conférant tous pouvoirs de l'exécutif au président turc Recep Tayyip Erdoğan. Elle réfléchit les situations d'ami-e-s emprisonné-e-s en Iran, passé-e-s ou encore vivant dans l'un des nombreux camps à l'intérieur ou à l'extérieur de la forteresse Europe, ou bien en Proche-Orient. Elle est une expression de nos solidarités avec les événements récents de Nabi Saleh.

Extraits de :

  • Assia Zaino, Des hommes et des femmes entre les murs, ou comment la prison façonne la vie des palestinien-ne-s, Agone, 2016
  • Charlotte Beradt, Das dritte Reich des Traum, Nymphenburger Verlagshandlung, 1966, Surhkamperlag, tr. fr., Rêver sous le IIIème Reich, Payot & Rivages, 2002
  • Berivan Bingôl, Bizim Gizli Bir Hikayemiz Var, İletişim, 2016
  • Valentino Nicola, « Rêves des détenus de la prison spéciale de Palmi », Revue Chimères n° 86, 2015
  • Çıngı Kocadost, Rêves de femmes en Kurdistan de Turquie, 2017
  • Magdalena Brand, Rêves de femmes de Bangui, Boxer Bangui, 2017

Épistémologie et politique / Recherches en Proche et Moyen-Orient II

Séminaire 2017-2018 du Consortium Transglobal d'Études Politiques

http://seminairepo.hypotheses.org/

http://transglobal-consortium.aelink.net/

http://facebook.com/transglobalconsortium

Lieux

  • Université Paris 8 Saint-Denis - Salle G-2 - 2, rue de la Liberté
    Saint-Denis, France (93526)

Dates

  • mardi 24 octobre 2017
  • jeudi 02 novembre 2017
  • vendredi 03 novembre 2017
  • lundi 04 décembre 2017
  • mercredi 24 janvier 2018
  • vendredi 02 février 2018

Mots-clés

  • État, critique, féminisme, genre

Contacts

  • CTEP
    courriel : transglobal-consortium [at] aelink [dot] net

Source de l'information

  • Béatrice Rettig
    courriel : beatrice [dot] rettig [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Critique de l’État : enjeux épistémologiques et politiques », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 30 janvier 2018, http://calenda.org/430880