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Coopération et autogestion : expérimentations socio-politiques aux XIXe et XXe siècles

Cooperation and self-management - socio-political experiments in the 19th-20th centuries

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Publié le jeudi 01 février 2018 par João Fernandes

Résumé

L’objectif de l’école d’été est d’ouvrir une discussion sur les connexions existant entre les diagnostics du temps présent, les expérimentations sociales et les sciences sociales aux XIXe et XXe siècles. En s’appuyant sur la perception de la modernisation en tant que processus selon Elias, l’école d’été interprète ces moments comme des transformations de l’équilibre ‘nous-je’ (Elias, 1987) et entend explorer leurs caractéristiques ainsi que les logiques qui les sous-tendent. Elle cherche à considérer de quelle manière la rencontre de modèles quotidiens de perception et de concepts scientifiques sont susceptibles de créer de nouvelles « idées évidentes relatives à la nature du monde et aux dimensions de son historicité ». (Speich-Chassé/Gugerli, 2012)

Annonce

École d’été 2018 organisé par l’Institut historique allemand, Paris et l’Université de Constance en partenariat avec l’Université de Rouen

Lieu : Institut historique allemand, Paris du 17 au 19 septembre 2018

Argumentaire

Dans le sillage du mouvement de 1968, de nombreux modèles alternatifs d’habitat, de travail et de vie ont été expérimentés. Tant dans leurs propres descriptions que dans la recherche les concernant, ces modèles de mouvement étaient caractérisés par un rejet de la ‘froideur’ du capitalisme en faveur de l’intimité d’un collectif social établi et gouverné de manière autonome. (Reichardt, 2014) La quête d’un statut de liberté et les justifications théoriques qui sous-tendaient celle-ci étaient perçues comme les produits d’une aversion pour le principe de réalité (‘L’imagination au pouvoir!’) et s’inséraient dans la tradition d’un projet romantique. Dans ce contexte des liens ont été établis entre la lebensreform et les mouvements de réforme de la jeunesse du tournant du XXe siècle et le mouvement de 1968. Indépendamment de différences évidentes de conception et de contexte historique, il est possible d’insérer dans ce cadre conceptuel les projets de coopération de production et d’habitation socialistes qui virent le jour après 1820 sous l’impulsion d’adeptes et/ou d’opposants de Robert Owens et Charles Fournier (Kwaschik, 2017)

Cependant, ces mouvements étaient à l’origine de nouveaux espaces dont le but n’était pas seulement de s’isoler du monde extérieur, mais aussi de développer des méthodes et techniques générant des modèles de création et d’autonomie gouvernementale (les pratiques d’autogestion apparaissent dans les usines au cours des années 1970 dans de nombreux pays européens). Notamment, depuis le début des années 2000, ce dernier aspect est de plus en plus appliqué aux mouvements de 1968. (Boltanksi/Chiapello, 1999)  

L’école d’été interroge ‘le réel de l’utopie’ et explore le plus précisément possible les diverses modalités de ce ‘changement de vie’ (Bantigny, 2018 ; Riot-Sarcey, 1999). Dès lors qu’on adopte une perspective de long terme, il devient évident qu’au cours du XIXe et du XXe siècle, la mise en place de mondes alternatifs a été accompagnée, d’une part, d’un discours moraliste d’aliénation sensé décrire la réalité du présent et, d’autre part, d’expérimentations qui tendent à organiser et conférer une légitimité scientifique à la communalisation.
Par conséquent, il est nécessaire d’examiner plus attentivement, notamment du point de vue de l’histoire du savoir, les constellations qui ont conduit, dans les deux cas, à une quête d’alternatives au sein des champs contradictoires que sont la critique sociale et la communalisation, l’utopie et les expérimentations correspondantes.   

L’objectif de l’école d’été est d’ouvrir une discussion sur les connexions existant entre les diagnostics du temps présent, les expérimentations sociales et les sciences sociales aux XIXe et XXe siècles. En s’appuyant sur la perception de la modernisation en tant que processus selon Elias, l’école d’été interprète ces moments comme des transformations de l’équilibre ‘nous-je’ (Elias, 1987) et entend explorer leurs caractéristiques ainsi que les logiques qui les sous-tendent. Elle cherche à considérer de quelle manière la rencontre de modèles quotidiens de perception et de concepts scientifiques sont susceptibles de créer de nouvelles ‘idées évidentes relatives à la nature du monde et aux dimensions de son historicité’. (Speich-Chassé/Gugerli, 2012)

Axes thématiques

Nous sollicitons en particulier les contributions qui aborderont les sujets suivants (ou toutes celles en lien avec les questions précédemment mises en exergue) :

  • Pratiques communautaires/coopératives et concepts de communalisation (action de groupe versus technologies du soi)
  • Reconfiguration du travail et critiques du capitalisme
  • Idées et économie des sociétés autogérées
  • Pensée utopique, mondes alternatifs et contre-cultures
  • Concepts et théories de l’environnement ou milieux et expérimentations autour de la création d’environnements dynamiques, milieux adaptables ou contrôlés (par exemple, l’architecture)
  • Pratiques de critique et imagination politique
  • Comparaison des mouvements et des idées du XIXe et du XXe siècle
  • Interactions entre les mouvements sociaux et la question de l’espace
  • Idées et pratiques autour de la notion ‘d’authenticité’
  • Idées et pratiques autour de la notion ‘d’activisme’
  • Expériences de la politique, des affects et des émotions

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Nous invitons doctorant-e-s et post-doctorant-e-s à soumettre leur résumé (500 mots) ainsi qu’une brève biographie (pas plus d’une page)

d’ici au 25 février 2018

à Hannah Voß (hiwis.kwaschik@uni-konstanz.de). (anglais, français, allemand)

La langue utilisée lors de la conférence sera l’anglais. Toutefois, des exceptions seront faites pour les présentations de projets de thèse en français. L’Institut historique allemand allouera aux participant-e-s un remboursement forfaitaire des frais de transport.

L’école d’été cherche à réunir un nombre restreint de jeunes chercheuses et chercheurs (doctorant-e-s ou jeunes post-doctorant-e-s) autour de discussions avec des spécialistes internationaux, basées sur des contributions communiquées en amont (et à soumettre d’ici au 1er septembre 2018). En plus des angles historiques, nous encourageons les approches relevant de l’anthropologie sociale, de la sociologie ainsi que les approches interdisciplinaires relevant de l’histoire des sciences de l’homme.

Organisation et comité en charge de la sélection des propositions de contribution

  • Ludivine Bantigny, Maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches (histoire contemporaine), GRHis/université de Rouen
  • Anne Kwaschik, Professorin für Wissensgeschichte, Universität Konstanz
  • Sven Reichardt, Professor, Lehrstuhl für Zeitgeschichte, Universität Konstanz

Pour plus d’informations, prière de contacter :

https://www.geschichte.uni-konstanz.de/reichardt/

https://www.geschichte.uni-konstanz.de/kwaschik/aktuelles/

Lieux

  • Institut historique allemand
    Paris, France (75)

Dates

  • dimanche 25 février 2018

Mots-clés

  • coopération, autogestion, expérimentations socio-politiques, 1968, pratiques communautaires, communalisation

Contacts

  • Hannah Voß
    courriel : hiwis [dot] kwaschik [at] uni-konstanz [dot] de

URLS de référence

Source de l'information

  • Anneke Viertel
    courriel : presse [at] dhi-paris [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Coopération et autogestion : expérimentations socio-politiques aux XIXe et XXe siècles », École d'été, Calenda, Publié le jeudi 01 février 2018, http://calenda.org/431485