Calenda - Le calendrier des lettres et sciences humaines et sociales

*  *  *

Publié le lundi 12 février 2018 par Céline Guilleux

Résumé

L’objectif de ce colloque est d’établir des regards croisés visant à interroger les arguments de l’intervention interculturelle, associés au couple identité culturelle et mondialité qui trouve sa justification dans le droit à la pluralité et à la diversité, et dans la mesure où elle met en jeu des connaissances, des sentiments et des valeurs diverses.

Annonce

17-18 avril 2018 à la Faculté Polydisciplinaire de SAFI

Institutions organisatrices

  • Université Cadi Ayyad de Marrakech
  • Faculté Polydisciplinaire de Safi
  • Département DLLCF - Master Langue, Société et Représentations de la FPS
  • Association des Etudes Sociales (Club du Master LSR)
  • Groupe de recherches Littérature, Culture et Langage de la FPS
  • Groupe de recherche Herméneutique et Transmission de l’Institut Catholique de Toulouse
  • Groupe de recherche Littérature et communication de l’UMI de Meknès
  • Groupe de Recherches Appliquées sur l’Imaginaire et le Patrimoine, Faculté des Lettres, USMS, Béni Mellal

Argumentaire

On ne peut imaginer sujet plus actuel que celui de l’identité culturelle et la mondialité qui est lié à des problématiques complexes, plurielles et évolutives et qui a fait un retour en force dans le vocabulaire critique de ces dernières années. L’expression « identité culturelle » est comprise comme l’ensemble des éléments de culture, social, politique, régional, national, ethnique, religieux, linguistique, etc.,  par lequel un individu ou un groupe se définit, manifeste son originalité et se distingue d’un autre groupe. C’est pourquoi le concept d’ « identité culturelle » comprend toujours cette dualité du rapport que l’individu ou le groupe entretient avec son environnement culturel et son désir de le conserver ou le changer.

Dans cette optique, les chercheurs essayent d’expliquer les questions d'identité culturelle et de mondialité, qui fait partie des controverses intellectuelles fondamentales de notre temps et que les spécialistes du domaine ont toujours suscitées, que ce soit sociologues, anthropologues, philosophes ou critiques littéraires.

L’objectif de ce colloque est d’établir des regards croisés visant à interroger les arguments de l’intervention interculturelle, associés au couple Identité culturelle et mondialité qui trouve sa justification dans le droit à la pluralité et à la diversité. Mais, avant d’aborder la question du choix de notre thématique, le concept d’Identité culturelle et mondialité doit être définie d’abord dans son objet. Celle-ci n’est pas une donnée immédiatement saisissable et met en jeu des connaissances, des sentiments, des valeurs. Il en résulte aujourd’hui des conceptions différentes de cette notion:

Tout au long des siècles précédents, le concept d’identité culturelle est revu sans cesse, cela est dû aux grands mouvements migratoires qui entraînent des déplacements et des mélanges de populations, ce qui entraine, pour certains la perte de leur culture d’origine et s’approprient en partie une nouvelle identité et une nouvelle culture. D’où les processus d’acculturation. Face à cette nouvelle situation, les sociologues et anthropologues, comme Emile Durkheim et Marcel Mauss, entre autres, sont allés jusqu’à déclarer que la culture ne préexiste pas aux individus, et que ce sont eux qui, vivant en groupes, créent un « enracinement social » et qui constituent, aux termes d’échanges pluridimensionnels, économiques, culturelles, religieuses ou symboliques, de nouveaux rapports qui s’instaurent dans le groupe. D’où l’idée que l’identité culturelle est à la fois stable et mouvante qui évolue avec le temps, les déplacements et les rencontres des individus et des groupes.

Quant à la notion de la mondialité, concept élaboré par Edouard Glissant, et pour éviter toute confusion entre la mondialité et la mondialisation, nous nous basons, dans ce cas, sur la précision qu’en donne Edouard Glissant, essayiste, poète et écrivain martiniquais. Pour l’écrivain, on est face à deux termes antinomiques, dans la mesure où si la mondialisation est bien un état de fait de l'évolution de l'économie et de l'Histoire, et qu'elle procède d'un nivellement par le bas, la mondialité est au contraire cet état de mise en présence des cultures vécu dans le respect du Divers. La notion désigne donc un enrichissement intellectuel, spirituel et sensible plutôt qu'un appauvrissement dû à l'uniformisation que nous ne connaissons hélas que trop.

En outre, Glissant précise, lors d'une rencontre avec la rédaction de la revue Les périphériques vous parlent, en 2002: « Je peux changer, en échangeant avec l’Autre, sans me perdre ni me dénaturer ». « Ce que l’on appelle mondialisation, qui est l’uniformisation par le bas, le règne des multinationales, la standardisation, l’ultra libéralisme sauvage sur les marchés mondiaux, pour moi c’est le revers négatif d’une réalité prodigieuse que j’appelle la mondialité. La mondialité c’est l’aventure sans précédent qu’il nous est donné à tous aujourd’hui de vivre, dans un monde qui, pour la première fois, réellement, et de manière immédiate, foudroyante, se conçoit à la fois multiple et unique, et inextricable. »

L’identité culturelle, est ainsi, une représentation construite par l'histoire qui évolue au fil des circonstances d’où la nécessité de revoir cette notion, surtout dans un contexte où la question de la crise d’identité culturelle, qui est une qualité que l’on peut conserver ou perdre dans un contexte de mondialisation pressant qui menace de la détruire, fait débat.

On peut dire que du point de vue culturel, l’occident s’est construit dans l’hybridation, grandes migrations, il n’a eu de cesse de s’imaginer homogène et a fini par construire cette homogénéité autour d’imaginaires de territoires, de peuples, de nations, d’où les problèmes que connaît maintenant l’Europe avec d’un côté une souveraineté supranationale, de l’autre les revendications régionales.

En Afrique aussi, malgré l’effort pour le colonisateur de séparer les Africains d’avec leurs langues, leurs cultures et leurs traditions jugées rébarbatives, les besoins pour ces Africains de se situer dans un monde profondément déchiré par la différence ont favorisé l’émergence de graves conflits identitaires. Cette situation a abouti à la remise en question de l’identité culturelle et à la nécessité d’un retour aux sources. Dans le même temps, il s’est développé une dynamisation des langues nationales/maternelles– introduction à l’école des langues et cultures nationales – et une certaine émergence des formes de plus en plus élaborées d’argots.

Les sciences du langage où abondent de travaux ayant mis l’accent sur les questionnements s’attachant à l’étude de la relation entre la langue et l’identité culture, dans la mesure où la langue est le lieu par excellence de l’intégration sociale, de l’acculturation linguistique, où se forge la symbolique identitaire, comme elle est nécessaire à la constitution de l’identité personnelle et collective.

Dans cette perspective, le texte littéraire véhicule aussi la double polarité identité/altérité aboutissant à une représentation du monde propre à son groupe d’appartenance ou de référence. L’auteur devient ainsi un passeur culturel producteur de textes hybrides notamment si cet auteur est à cheval sur deux sphères culturelle et linguistique. Il en est de même pour le cinéma et les autres arts qui permettent des lectures interculturelles qui orientent l’interprétation, facilitent l’échange des spécificités et mettent en exergue la complexité des éléments qui structurent toute identité culturelle.

Ainsi, fidèles à notre principe d’interdisciplinarité et d’interculturalité, on se reportera avec profit aux différentes approches pour donner des réflexions sur la question des identités culturelles et de mondialité. Il s'agit donc de réflexions dont les questions centrales sont: dans quelle mesure la reconnaissance des identités culturelles est-elle compatible avec les principes d'égalité et de liberté qui sont ceux des sociétés modernes? Comment l’individu se situe par rapport aux éléments de sa propre culture et par rapport aux différences culturelles qu’il perçoit ? Comment peut-on penser l’identité culturelle qui nous fait être à la fois "sujet" et "objet" ? Quelle place occupe les langues nationales/maternelles dans l’espace collectif d’aujourd’hui? L’identité culturelle peut-elle être envisagée comme un ensemble de productions, où se trouvent révélées les structures esthétiques, thématiques, linguistiques, idéologiques et même poétiques d’une restructuration des systèmes de relation au monde dans l’espace occidental et africain? Quel est au final l’état des lieux et quels sont les enjeux du développement culturel dans un contexte de mondialité moderne ? 

Ce colloque pluridisciplinaire offre l’occasion aux participants d’échanger et de partager leurs expériences culturelles et interculturelles. Plus explicitement, il s’agit de voir comment, dans le contexte actuel de la globalisation, les littératures, les arts et les cultures appréhendent la question de l’identité culturelle et la mondialité, qui est au centre des préoccupations des sciences humaines et sociales. Les axes thématiques non exhaustifs qui suivent pourront donner lieu à des réflexions :

  • Les modalités de la représentation de l’identité culturelle et la mondialité dans les littératures, les arts et les cultures ;
  • Identité culturelle et langage ;
  • Identités africaines / maghrébines et mondialité ;
  • Edouard Glissant et l’imaginaire de la langue ;
  • Apports de l’anthropologie culturelle ;
  • Mondialité et patrimoines ;
  • Droit à la diversité culturelle.

Modalités de soumission

Le résumé de la communication (300 mots) doit être envoyé

au plus tard le 04 mars 2018

à l’adresse suivante : icm.safi@gmail.com

Le résumé devra être accompagné d’une brève notice biobibliographique du contributeur, mentionnant la profession et l’institution d’attache. Chaque proposition de communication sera évaluée anonymement par deux membres du comité scientifique. La notification sera faite aux contributeurs dont les propositions auront été retenues.

Langues du colloque : Français – Anglais – Arabe

Les contributions prendront la forme de communications de 20 minutes.

Dates importantes

  • Date limite d’envoi des propositions: 04 mars 2018 

  • Décision du comité scientifique : 11 mars 2018
  • Date du colloque: 17 et 18 avril 2018

Lieu : FPS - Salle des conférences

Une publication des actes du colloque est envisagée

Frais d’inscription

  • 700 dhs marocains (70 euros) pour les enseignants-chercheurs ;  
  • 500 dhs marocains (50 euros) pour les doctorants.

Ce montant couvre l’hébergement dans un hôtel à Safi, en demi-pension pour 3 nuitées (celles des 16, 17 et 18 avril), en chambre double (les chambres singles comportent un supplément par personne), les déjeuners, la publication des actes de colloque.

Les frais de  transport sont à la charge des participants.

Coordonnateurs

  • Pr. Ali RAHALI : a.rahali@uca.ma
  • Pr. Sidi Omar AZEROUAL : aze_sidiomar@yahoo.fr
  • Pr. Elmustapha LEMGHARI : lemghari.m@hotmail.com

Comité d’organisation

  • Pr. Ali RAHALI (UCAM, FPD Safi, Maroc),
  • Pr. Elmustapha LEMGHARI (UCAM, FP Safi, Maroc), 
  • Pr. Sidi Omar AZEROUAL (UCAM, FP Safi, Maroc),
  • Pr. Rachid NAIM (UCAM, FP Safi, Maroc),
  • Pr. Abdelaziz ASTAR (UCAM, FP Safi, Maroc),
  • Pr. Az-Eddine NOZHI (Faculté des lettres-Béni Mellal, Maroc),
  • Les étudiants du Master LSR
  • Club des LSRois

Comité scientifique

  • Pr. Ali RAHALI (UCAM, FP Safi, Maroc),
  • Pr. Elmustapha LEMGHARI (UCAM, FP Safi, Maroc), 
  • Pr. Sidi Omar AZEROUAL (UCAM, FP Safi, Maroc),
  • Pr. Rachid NAIM (UCAM, FP Safi, Maroc),
  • Pr. Az-Eddine NOZHI (Faculté des lettres-Béni Mellal, Maroc),
  • Pr. Mokhtar BELARBI (UMI, Meknès, Maroc),
  • Pr. Jamal ZEMRANI (UAS Fac des lettres de Tétouan),
  • Pr. José Guimarães (University of Minho, Braga Portugal),
  • Pr. Bernadette REY MIMOSO-RUIZ (L’Institut Catholique de Toulouse, France).

Responsable

Bibliographie indicative

- Claude D. 2000, La crise des identités, L’interprétation d’une mutation, Paris, PUF ;

- Demorgon, J. 2004. Complexité des cultures et de l’interculturel : contre les pensées uniques, Paris, Anthropos ;

- Demorgon, J. 2005. Critique de l’interculturel : l’horizon de la sociologie, Paris, Economica ;

- Demorgon, J. 2002. L’histoire interculturelle des sociétés, Paris, Anthropos ;

- Dervin, F. Gajardo. A. ; Lavanchy, A. 2011. Anthropologies de l’interculturalité, Paris, L’Harmattan ;

- Devilllanova, R. ; Hily, M.-A. ; Varro, G. 2001. Construire l’interculturel ? De la notion aux pratiques, Paris,

   L’Harmattan ;

- Dirks Paul, 2000, Sociologie de la littérature, Paris, Armand Colin ;

- Doytcheva, M. 2011. Le multiculturalisme, Paris, La Découverte ;

- Durkheim, E. 2009,  Les Règles de la méthode sociologique (1894), Paris, Payot ;

Sociologie et philosophie, Paris, PUF, 1974 ;

- Ferreol, G. ; Jucquois, G. 2004. Dictionnaire de l’altérité et des relations interculturelles, Paris, Armand Colin ;

- Glissant E. 1993, Toutmonde, Paris, Gallimard, Folio ;

- Lacroix, D. 2006. D’une culture à l’autre : l’accompagnement des familles migrantes, Anthéa ;

- Vinsonneau, G. 2002. L’identité culturelle, Paris, Armand Colin ;

- Weber, M., Économie et Société, Paris, Plon.

Lieux

  • Faculté Polydisciplinaire de Safi
    Safi, Maroc (46000)

Dates

  • dimanche 04 mars 2018

Mots-clés

  • identité, culture, mondialité, interculturel

Contacts

  • Ali Rahali
    courriel : a [dot] rahali [at] uca [dot] ma

Source de l'information

  • Ali Rahali
    courriel : a [dot] rahali [at] uca [dot] ma

Pour citer cette annonce

« Identités culturelles et mondialité », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 12 février 2018, http://calenda.org/432783