AccueilIdentité et identification par l’ADN : enjeux sociaux des usages non médicaux des analyses génétiques

Identité et identification par l’ADN : enjeux sociaux des usages non médicaux des analyses génétiques

Genetic identities and identification: social issues surrounding non-medical DNA testing

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Publié le mardi 13 février 2018 par João Fernandes

Résumé

Whereas the vast majority of social science studies on genetics concern health, this conference takes a different approach focusing on non-medical uses of DNA. These have developed substantially over the past two decades in a variety of fields ranging from police/legal investigations and family reunification applications in migration to familial searching and victim identification. In a number of countries, the identification of people using DNA comparison has resulted in large databases of DNA profiles being compiled. Furthermore, new approaches are being devised aimed at establishing correlations between, on the one hand, DNA sequences and, on the other, people’s geographical origin and/or characteristic traits of physical appearance. This shows how, beyond the simple question of identifying people, their very identity seems to be influenced by these approaches at the centre of contemporary biopolitics. More generally, the various techniques aimed at identifying people also inform their social identity.

Annonce

Colloque international organisé les 11 et 12 octobre 2018 à Paris

Argumentaire

Si la grande majorité des études en sciences sociales dans le domaine de la génétique sont relatives à la santé, ce colloque s’en distingue par le fait qu’il concerne les usages non médicaux de l’ADN. Ceux-ci se développent depuis une vingtaine d’années, dans des domaines aussi divers que les enquêtes policières et judiciaires, les demandes de regroupement familial en cas de migration, les recherches en parenté ou l’identification de victimes. L’identification des personnes par rapprochement d’ADN a conduit notamment à la constitution de vastes fichiers dits d’empreintes génétiques qui se développent dans de nombreux pays. En outre, de nouvelles approches visent à établir des corrélations entre d’une part des séquences d’ADN, d’autre part l’origine géographique et/ou des traits caractéristiques de l’apparence physique des personnes. C’est dire qu’au-delà de l’identification des personnes, leur identité même peut se trouver influencée par ces approches qui sont au cœur des biopolitiques contemporaines. Plus généralement, les diverses techniques qui visent à l’identification des personnes agissent sur leur identité sociale.

Certaines de ces techniques suscitent des débats moraux et politiques, voire des controverses, alors que d’autres n’en provoquent pas ou peu. Dans certains cas, l’ADN semble apporter des solutions à certains problèmes sociaux, alors que dans d’autres, il interroge de nouveau. Dans tous les cas, ces pratiques posent à nouveaux frais des questions classiques des sciences sociales. Elles contribuent en effet à reconfigurer un ensemble de frontières, ou pour paraphraser Ian Hacking, de « nœuds » sociaux, autrement dit de tensions résultant de tendances contradictoires : entre régimes de vérité et incertitudes, entre sécurité et liberté, entre identification et catégorisation des populations, entre souveraineté nationale et échanges internationaux.

Prenant appui sur ce constat, ce colloque vise à explorer quatre ensembles de questions :

1) Régimes de vérité et incertitudes : quelle est la place accordée à la preuve ADN par rapport aux autres preuves ou à d’autres indices, tels que les empreintes digitales ? Les différents acteurs sociaux (magistrats, enquêteurs, généticiens, etc.) ont-ils des points de vue différents selon la technique employée ? Quel rôle jouent ces innovations dans le puzzle que le professionnel sur les traces de la vérité doit constituer ? Quelle confiance est accordée à la preuve par l’ADN ? Le retour d’expérience des vingt dernières années incite-t-il à ménager à l’ADN une nouvelle place en tant que « machine de vérité » ?

2) Sécurité et liberté : comment sont définies socialement les formes de l’équilibre entre deux objectifs que sont d’un côté la sécurité et le bien-être des populations et d’un autre côté le respect des libertés et des droits individuels ? Comment sont délimités les fichiers génétiques en termes de contours et de contenu ? Quelle est la réception de ces innovations par le public ? Comment sont réparties les responsabilités entre les différents acteurs (magistrats, officiers de police, généticiens, etc.) dans l’alimentation, la gestion et la consultation des fichiers, le recueil des échantillons, la conservation et l’échange des données ?

3) Identification et catégorisation des populations : comment les questions d’identification (par rapprochement d’ADN) s’articulent-elles avec les objectifs de catégorisation des populations ou de caractérisation des personnes (origine géographique, etc.) ? Quelles interrogations morales, quels débats politiques émergent à ce sujet ? Que nous disent ces débats (ou leur absence) de la manière dont l’ADN transforme l’identification et la caractérisation des personnes ? Comment ces différentes pratiques influent-elles sur les politiques contemporaines de l’identité ?

4) Souveraineté nationale et échanges internationaux : comment la circulation des savoirs, des informations et des personnes se combine-t-elle à des régulations nationales en matière de collecte et de conservation des données ? Quelles sont les garanties données en contrepartie des informations échangées ? Quelles sont les personnes susceptibles d’être concernées par ces échanges internationaux (personnes recherchées, individus sous surveillance spécifique, personnes en situation irrégulière, etc.) ? Existe-il plus ou moins d’informations personnelles échangées depuis l’usage de l’ADN ?

Ce colloque propose un dialogue interdisciplinaire sur ces questions entre sociologues, anthropologues, juristes et historiens. 

Calendrier

Les personnes intéressées sont invitées à envoyer au plus tard le 1er mars 2018 à l’adresse : identification2018@ehess.fr

  • un résumé de 6000 caractères environ qui présente le travail de recherche conduit sur ces thèmes (en français ou en anglais) ;
  • une dizaine de lignes de bio-bibliographie (en français ou en anglais)

Les réponses aux propositions seront envoyées le 2 avril 2018, avec un pré-programme.

Les contributions seront attendues pour le 11 septembre 2018 afin de faciliter la discussion.

Les présentations orales se feront en anglais ou en français. Une traduction simultanée sera assurée. Contact et informations : vailly@ehess.fr

Comité scientifique / Comité d’organisation

  • Pascal Beauvais (Pr Université Paris Nanterre, CDPC), 
  • Florence Bellivier (Pr Université Paris Nanterre, CDPC/CRNST), 
  • Elisabeth Fortis (Pr Université Paris Nanterre, CDPC), 
  • Gaëlle Krikorian (post-doctorante Inserm, Iris),
  • Christine Noiville (DR CNRS, CRNST), 
  • Florence Paterson (IGR ARMINES, CSI), 
  • Vololona Rabeharisoa (Pr PSL MINES ParisTech, CSI), 
  • Joëlle Vailly (DR CNRS, Iris)

Ce colloque s’inscrit dans le cadre du projet FiTeGe « Fichiers et témoins génétiques : généalogie, enjeux sociaux, circulation » soutenu par l’Agence nationale de la recherche (plus d’informations sur http://fitege.hypotheses.org/).

Catégories

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • jeudi 01 mars 2018

Mots-clés

  • genetic identities, DNA testing

Contacts

  • Estelle Girard
    courriel : estelle [dot] girard [at] ehess [dot] fr

Source de l'information

  • Estelle Girard
    courriel : estelle [dot] girard [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Identité et identification par l’ADN : enjeux sociaux des usages non médicaux des analyses génétiques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 13 février 2018, https://calenda.org/432822

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