Calenda - Le calendrier des lettres et sciences humaines et sociales

Les connaissances négatives

Negative knowledge

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Publié le mardi 27 février 2018 par Céline Guilleux

Résumé

L’avènement de la modernité s’est accompagné d’une critique radicale de la métaphysique traditionnelle. Depuis les Lumières (notamment françaises) et plus encore avec Nietzsche et sa déconstruction des « Hinterweltler », la quête de justifications ultimes (Letztbegründungen) ou de connaissances transcendant l’immanence est devenue une entreprise largement suspecte. Si le rétablissement de systèmes métaphysiques aspirant à « expliquer tout », comme le formulait Kierkegaard avec ironie, ne semble aujourd’hui ni possible ni souhaitable, se pose toutefois la question de savoir s’il reste légitime de poser des questions métaphysiques dans l’ère post-métaphysique, et sous quelle forme.

Annonce

L’Université d’Aix-Marseille, le Centre Gilles Gaston Granger (UMR 7304) et l’Equipe sur les Cultures et Humanités Anciennes et Nouvelles Germaniques et Slaves (ECHANGES EA 4236) organisent un colloque international sur les Connaissances négatives du 21 au 23 novembre 2018 à Aix-en-Provence (Faculté des Lettres et Sciences humaines).

Keynote speakers

  • Emil Angehrn (Université de Bâle)
  • Jean-Marc Narbonne (Université Laval, Québec)
  • Philipp Thomas (Universität Tübingen)

Argumentaire

L’avènement de la Modernité s’est accompagné d’une critique radicale de la métaphysique traditionnelle. Depuis les Lumières (notamment françaises) et plus encore avec Nietzsche et sa déconstruction des « Hinterweltler », la quête de justifications ultimes (Letztbegründungen) ou de connaissances transcendant l’immanence est devenue une entreprise largement suspecte. Si le rétablissement de systèmes métaphysiques aspirant à « expliquer tout », comme le formulait Kierkegaard avec ironie, ne semble aujourd’hui ni possible ni souhaitable, se pose toutefois la question de savoir s’il reste légitime de poser des questions métaphysiques dans l’ère post-métaphysique, et sous quelle forme. Cette question anime plusieurs entreprises philosophiques récentes, qui remettent au cœur du débat contemporain des figures du savoir qu’une conception positiviste de la science avait reléguées dans le domaine du mythe. Par exemple, le philosophe allemand Thomas Rentsch défend fermement la légitimité du questionnement métaphysique en contexte post-métaphysique, en le formulant sur le terrain de la connaissance, et en particulier des connaissances négatives. Ce champ de recherches nourrit une réflexion critique sur la prédominance actuelle des discours scientifique, économiste et positiviste, qui promouvraient un concept réducteur de la raison humaine. A l’encontre de cette tendance, Rentsch plaide pour la légitimité des questions que l’homme ne peut pas ne pas poser, et auxquelles il faut essayer de répondre en recourant à des approches méthodologiques à la hauteur des exigences épistémologiques du XXIe siècle, dont une des voies privilégiées est la réactualisation de la voie négative.

L’idée d’une démarche rationnelle apophatique ou aphairétique, procédant par négation plutôt que par affirmation, prend sa source dans l’Antiquité, chez le néoplatonicien Plotin, et s’est développée dans le néoplatonisme tardif puis le monde chrétien, notamment sous la forme de la théologie négative. Dans cette tradition, la capacité de l’esprit humain à saisir une réalité transcendante passe par la construction d’un discours entièrement formé de propositions négatives et pourtant tenu pour susceptible de procurer des connaissances. Dans la philosophie contemporaine, Rentsch est loin d’être le seul à redécouvrir le potentiel scientifique des opérations rationnelles forgées par négation et suppression. De la sigétique heideggérienne aux réflexions récentes de Jean-Luc Marion sur les « certitudes négatives », en passant par les « hyperphénomènes » de Bernhard Waldenfels, cette redécouverte se décline de diverses manières et cherche à dépasser les limitations imposées par un concept réducteur de la raison, qui évacue toute transcendance et qu’on pourrait appeler, avec Horkheimer, la raison instrumentale.

Modalités de soumission

Les projets de communication, de 500 mots maximum, peuvent être rédigés en français, anglais ou allemand, qui seront les trois langues du colloque. Ils devront être adressés, accompagnés d’une courte bio-bibliographie, 

au plus tard le 31 mai 2018,

à :

  • isabelle.koch@univ-amu.fr
  • sebastian.husch@univ-amu.fr 

L’acceptation de la proposition sera communiquée par le comité scientifique au plus tard le 30 juin 2018.

Comité d’organisation 

  • Florence BANCAUD et Sebastian HÜSCH - AMU, ECHANGES
  • Isabelle KOCH et Pascal TARANTO, AMU, Centre Gilles Gaston Granger

Comité scientifique 

  • Florence BANCAUD et Sebastian HÜSCH - AMU, ECHANGES
  • Isabelle KOCH et Pascal TARANTO, AMU, Centre Gilles Gaston Granger
  • Max MARCUZZI, AMU, IHP
  • Klaus VIERTBAUER, Université d’Innsbruck

Lieux

  • Maison de la Recherche - Bâtiment Multimédia,Faculté ALLSH - 29 avenue Robert-Schuman 13621
    Aix-en-Provence, France (13621)

Dates

  • jeudi 31 mai 2018

Mots-clés

  • métaphysique; connaissances négatives; transcendance; positivisme; négativité

Contacts

  • Isabelle Koch
    courriel : isabelle [dot] koch [at] univ-amu [dot] fr
  • Sebastian Hüsch
    courriel : sebastian [dot] husch [at] univ-amu [dot] fr

Source de l'information

  • Isabelle Koch
    courriel : isabelle [dot] koch [at] univ-amu [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les connaissances négatives », Colloque, Calenda, Publié le mardi 27 février 2018, https://calenda.org/434652

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