AccueilÉditer pour écrire

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Publié le mercredi 04 avril 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Ce colloque et la soirée qui le précède visent à articuler divers questionnements qui ont émergé depuis 2015 au sein du programme de recherche LabBooks de l’institut supérieur des arts de Toulouse (département beaux-arts), dont l’enjeu est d’étendre la notion d’écriture à toutes les dimensions de la pratique éditoriale. Il s’agit plus précisément d’aborder « l’écriture des livres » de deux points de vue, ou selon deux acceptions possibles de cette expression : il sera ainsi question des écritures qui sont déployées dans les livres (ou d’autres formes éditoriales) par leurs protagonistes, ou autrement dit de ce que les auteurs, les artistes, les designers écrivent, par des moyens évidemment textuels, mais aussi graphiques et visuels.

Annonce

Argumentaire

Ce colloque et la soirée qui le précède visent à articuler divers questionnements qui ont émergé depuis 2015 au sein du programme de recherche LabBooks de l’institut supérieur des arts de Toulouse (département beaux-arts), dont l’enjeu est d’étendre la notion d’écriture à toutes les dimensions de la pratique éditoriale.

Il s’agit plus précisément d’aborder « l’écriture des livres » de deux points de vue, ou selon deux acceptions possibles de cette expression : il sera ainsi question des écritures qui sont déployées dans les livres (ou d’autres formes éditoriales) par leurs protagonistes, ou autrement dit de ce que les auteurs, les artistes, les designers écrivent, par des moyens évidemment textuels, mais aussi graphiques et visuels.

Il sera également question de ce que les livres font advenir, c’est-à-dire de ce que le livre lui-même « écrit », de ce dont il est l’anticipation et qu’il rend possible pour ses auteurs et pour ses récepteurs, dès lors qu’on le considère non pas comme un projet achevé mais comme une partition, un objet programmatique, une forme d’écriture à activer.

À travers l’expérience et les points de vue de théoriciens, d’écrivains, d’artistes, de designers graphiques, la réflexion portera donc sur les formes que prend l’écriture et sur le sens que revêt ce terme à différents moments de la vie des livres, depuis leur conception jusqu’à leur réception : quand et de quelles façons y a-t-il « écriture » dans un livre, avec lui ou hors de lui ?

Colloque organisé dans le cadre de LabBooks — écritures éditoriales, programme de recherche de l’isdaT beaux-arts.

11 avril 2018 — Lancement à la Médiathèque José Cabanis, Toulouse

12 et 13 avril 2018 — Colloque à la Médiathèque José Cabanis, Toulouse.

Avec : Camille Bondon, Laurence Cathala, Jean-Max Colard, Thierry Davila, Sébastien Dégeilh, Jérôme Dupeyrat, Olivier Huz, Camille Pageard, Muriel Pic, Sébastien Roux, the famous five, et les étudiant·e·s de l’isdaT beaux-arts participant au programme de recherche LabBooks — écritures éditoriales.

Pré-programme

Mercredi 11 avril 2018

Médiathèque José Cabanis, Toulouse

de 18h à 21h

Lectures, performances et propositions éditoriales du groupe de recherche LabBooks.

Jeudi 12 avril 2018

Médiathèque José Cabanis

9h30 — accueil

de 10h à 12h30

  • Introduction : Thierry Davila, L’écriture inimprimée

Nous nous attacherons à regarder, à travers des exemples concrets et singuliers, comment des artistes, des philosophes, des écrivains, ont pu élaborer, essentiellement dans des carnets ou des cahiers, un registre d’écriture et de figures qui n’a pas forcément donné lieu à publication, à impression. Ni brouillons, ni esquisses, ces objets sont comme des livres à exemplaires uniques dans lesquels se joue une certaine idée du travail et du lieu scripturaire — et graphique.

Thierry Davila est conservateur au Mamco de Genève, chargé des publications. Il collabore à une exposition qui sera montrée en 2018 à la Fondation Bodmer (Cologny, Genève), sur les cahiers et les carnets d’artistes, d’écrivains, de philosophes, inimprimés, qui sera accompagnée d’un catalogue-livre édité par Flammarion.

  • Camille Bondon : La Mesure du Temps

Tangi transporte un semainier dans sa poche arrière gauche. Toujours la gauche. Même sorti de là, il conserve la courbure de ses fesses. C’est d’ailleurs un critère important et pas complètement résolu dans son choix actuel d’agenda. Il y a un ratio format/épaisseur spécifique à trouver pour qu’il se fasse oublier une fois inséré. Tangi était passé au numérique. Mais l’été dernier il en est revenu : le papier ça ne casse pas et ça ne tombe jamais en panne. La Mesure du Temps est une collection en cours d’élaboration, d’agendas et de calendriers couvrant l’année 2017. Une première plongée dans l’année écoulée entre écritures involontaires et surfaces libres où se dessinent en creux autant de vies possibles que vécues.

Camille Bondon a ouvert un Département du Plaisir, sait Faire parler les livres et est en train de prendre La Mesure du Temps. Elle aime régulièrement (se) raconter des histoires, a imprimé un abrégé visuel capable de parler de tout à l’aide de flèches et propose de vous faire faire une Histoire des histoires en moins d’une demi-heure.

Discussion

de 14h à 18h

  • Camille Pageard : Blancs, vides et lacunes. Propositions sur l’expérience de lecture de l’oralité

Cette conférence se propose comme la rencontre de plusieurs champs de recherche. Celui d’abord qui a mené à la traduction d’écrits poétiques et critiques de David Antin et, à partir de leurs spécificités, celui d’une histoire particulière de l’écriture où la poésie s’attache à transcrire son oralité. À ceci s’ajoute leur inscription dans le champ de l’histoire de l’art, dans celui de l’histoire des représentations de performances orales et dans celui des pratiques artistiques modernes et contemporaines. Cette lecture conduira à l’observation de plusieurs formes poétiques et visuelles, relevant inscriptions ou effacements du texte, cherchant à cerner une expérience singulière de lecture et d’écriture.

Camille Pageard est historien d’art et enseigne à l’Ensba Lyon. Son travail lie l’histoire de l’art, de l’édition et de la poésie contemporaine. Ses recherches se concentrent aujourd’hui autour de l’œuvre du poète et critique d’art David Antin dont il a traduit avec Jean-François Caro deux de ses recueils, Parler aux frontières chez Vies Parallèles et Essais choisis sur l’art et la littérature chez <o> future <o>.

  • Jean-Max Colard : Littérature d’exposition

Conçu avec l’écrivain Antoine Dufeu, « Do Your Own Littérature d’Exposition Packaging » est un projet curatorial : soit une boîte contenant les pièces choisies d’une mini-exposition de littérature d’exposition (du carton d’invitation au catalogue en passant par le communiqué de presse, le cartel, l’œuvre-texte, le livret…). Ce que J.-M. Colard appelle « littérature d’exposition » : un vaste pan de stratégies littéraires et de productions textuelles qui s’immiscent dans le circuit, la conception ou le paysage de l’exposition.

Quelle forme pourrait prendre une bibliothèque consacrée à la littérature d’exposition ? Ce serait une bibliothèque étrange, faite d’étagères de livres, mais aussi de textes isolés, et puis de communiqués de presse. Ce serait une bibliothèque avec des pans de murs, des cimaises, où l’on collectionnerait des textes exposés, à moins qu’un scribe patient, qu’une épigraphe contemporaine ait compilé dans un ouvrage des textes muraux comme on recueillait, autrefois, les inscriptions latines. Ce serait une médiathèque, où il y aurait des audio-guides, des discours enregistrés le soir du vernissage.

Critique d’art et commissaire d’exposition, maître

de conférence habilité en littérature française contemporaine, Jean-Max Colard est responsable du programme Paroles au Centre Pompidou et s’intéresse grandement aux relations entre l’art et la littérature : expositions Books-Machines chez Colette en 2004, Journal d’une chambre à la Galerie Crèvecœur en 2010, Duras Song au Centre Pompidou en 2014 ; publication du recueil de rêves critiques L’exposition de mes rêves au Mamco en 2010 ; création du festival Extra !, consacré aux littératures hors du livre, et du Prix littéraire Bernard Heidsieck, au Centre Pompidou.

the famous five

(Margot Criseo, Laurence Cathala,

Anaïs Hay, Marion Lebbe, Liza Maignan)

five go adventuring again

the famous five, titre original anglais du Club des cinq écrit par Enid Blyton, est un nom emprunté pour générer une écriture à cinq, partition d’une performance collective en forme de publication vivante. Cette proposition résulte d’une participation de LabBooks au festival Extra ! des littératures hors du livre, dirigé par Jean-Max Colard au Centre Pompidou en septembre 2017. Elle sera remontée dans le cadre spécifique du colloque « Éditer pour écrire ». Il s’agit d’un récit performé, interrogeant l’idée et le geste de décrire — œuvres, espaces, situations — en jouant de ce qui est là et de ce qui est hors champ, et en générant des formes imprimées activées comme des notes de bas de page en live.

Margot Criseo est étudiante en année 5 à l’isdaT, Anaïs Hay, Marion Lebbe et Liza Maignan en sont diplômées ; elles mènent personnellement des pratiques d’art et/ou de design graphique. Laurence Cathala est artiste et enseignante à l’isdaT, sa pratique est centrée sur des questions de dessin et d’écriture.

Lectures, performances et propositions éditoriales du groupe de recherche LabBooks.

Discussion.

Vendredi 13 avril 2018

Médiathèque José Cabanis

9h30 — Accueil

de 10h à 12h30

  • Muriel Pic : Poésie (et) documentaire. Écrire et éditer les traces

Nous envisagerons ce qu’écrire avec les documents veut dire tant pour le geste poétique que pour le geste éditorial. Tout en parlant depuis notre propre pratique de la poésie documentaire, nous prendrons des exemples chez d’autres auteurs (Reznikov, Sebald, Perec) pour poser aux documents les questions plastiques et philologiques de leur apparition au/en livre. Bien entendu,

il faudra envisager l’écriture et l’édition des traces tout autant quand celles-ci sont des documents visibles que lisibles.

Muriel Pic est critique littéraire, traductrice de l’allemand et écrivain. Elle a publié plusieurs essais sur Henri Michaux, W. G. Sebald, a traduit Walter Benjamin, et publié deux ouvrages de poésie documentaire.

Ses recherches (critique et poétique) sont toujours fondées sur des archives. Docteur de l’EHESS, elle est professeur de littérature française à l’université de Berne.

  • Jérôme Dupeyrat : Quelques considérations sur l’écriture des livres à partir de Foew&ombwhnw de Dick Higgins (possiblement mon livre préféré...) Sous l’apparence générale d’un livre de prières, Freak Out Electronic Wizards & Other Marvelous Bartenders who Have no Wings (Something Else Press, 1969) est un livre combinant divers registres d’écriture, dont l’agencement induit une lecture non linéaire et constitue une anthologie du travail artistique et théorique de Dick Higgins ainsi qu’un répertoire de scripts et de partitions pour le prendre en charge. En observant ce qui est écrit dans ce livre, comment cela est écrit et à quels prolongements cela peut donner lieu, il s’agira de se demander ce que le livre et l’édition font à l’écriture.

Jérôme Dupeyrat est historien de l’art. Ses activités (souvent collectives : l’agence du doute, <o> future <o>, La Bibliothèque grise) incluent la recherche, la critique, l’édition, le commissariat d’exposition et l’enseignement (à l’isdaT). Ses recherches portent en particulier sur les publications d’artistes, et plus largement sur les liens entre art, édition, image(s) et média(s). Il vient notamment de publier l’ouvrage Entretiens : perspectives contemporaines sur les publications d’artistes, aux éditions Incertain Sens.

Lectures, performances et propositions éditoriales du groupe de recherche LabBooks.

Discussion.

de 14h à 17h30

  • Sébastien Roux : Traductions sonores

Lors de ce colloque, Sébastien Roux présentera son travail de traduction sonore, principe qui consiste à utiliser une œuvre existante (un tableau, un roman…) comme partition pour une nouvelle pièce sonore. En particulier Nouvelle, pièce radiophonique basée sur La Légende de Saint Julien L’Hospitalier de Gustave Flaubert et Inevitable Music, d’après le travail de Sol LeWitt.

Le travail de Sébastien Roux s’articule autour des questions de l’écoute, de l’espace sonore et de la composition à partir de contraintes formelles.

Il collabore régulièrement avec l’Ensemble Dedalus, l’auteure Célia Houdart, le scénographe Olivier Vadrot et la chorégraphe DD Dorvillier.

Sébastien Dégeilh et Olivier Huz : La montagne, plus pittoresque

Dès 1890, année de sa création, jusqu’à sa disparition en 1983, le Touring Club de France, association fondée au départ par un groupe de vélocipédistes a eu pour but de développer le tourisme. Nous regarderons comment sa riche production éditoriale (revue mensuelle, guides et manuels) a été l’outil de définition et de diffusion de sa vision du patrimoine paysager français qu’elle aura marquée et modelée durablement à l’usage du touriste.

Designers graphique (avec Gaëlle Sandré au sein de Rovo pour l’un et avec Ariane Bosshard sous le nom Huz & Bosshard pour l’autre), Sébastien Dégeilh et Olivier Huz enseignent à l’isdaT. Ensemble, ils conduisent un atelier de recherche intitulé Genius loci, qui tente de réinvestir la notion de génie du lieu au sein du design graphique, interrogeant au sein de cette discipline la question d’un design situé.

Lectures, performances et propositions éditoriales du groupe de recherche LabBooks.

Discussion.

Ouvert à tous, sur inscription via le formulaire ci-dessous avant le 10 avril 2018, dans la limite des places disponibles.

Formulaire d'inscription

Catégories

Lieux

  • 1 allée Jacques Chaban-Delmas
    Toulouse, France (31)

Dates

  • mercredi 11 avril 2018
  • jeudi 12 avril 2018
  • vendredi 13 avril 2018

Mots-clés

  • colloque, recherche, écriture, toulouse,

Contacts

  • Estelle Desreux
    courriel : estelle [dot] desreux [at] isdat [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Estelle Desreux
    courriel : estelle [dot] desreux [at] isdat [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Éditer pour écrire », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 04 avril 2018, https://calenda.org/438203

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