HomeSéminaire « Actualité de la recherche »

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Published on Wednesday, November 23, 2022

Abstract

Le séminaire d’actualité de la recherche du laboratoire de Polen (Pouvoirs, lettres, normes) de l’université d’Orléans accueille chaque mois, une chercheuse ou un chercheur qui a récemment publié un essai stimulant. Le séminaire a lieu le jeudi, de 18h à 19h30, en distanciel uniquement. La ou le collègue invité présente son travail pendant une heure environ. Le reste de la séance est consacré aux questions

Announcement

Programme

Octobre 2022

  • M. Boucharenc

Jeudi 17 novembre 2022, 18h-19h30

  • Stéphanie Genand (Professeure de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Bourgogne), pour son ouvrage Sympathie de la nuit, suivi de Trois nouvelles inédites de Germaine de Staël, Flammarion, 2022.

Résumé : « Je croyais connaître Germaine de Staël : la disciple de Rousseau, la théoricienne du progrès et l’adversaire acharnée de l’autoritarisme. Cette image a volé en éclats lorsque j’ai découvert ses premières nouvelles. Une autre Staël y surgit, loin de la femme des Lumières : une Staël folle ou attirée jusqu’au vertige par la folie. Qui ne compose plus des traités, mais le tableau d’une raison impuissante. Ses héroïnes, loin de briller dans les conversations, tiennent des propos aussi incohérents que les vies dont elles ont perdu le fil. Ses Folles ne sont pas des créatures monstrueuses : plutôt des jeunes femmes ordinaires, luttant pour avoir le droit de vivre et d’écrire. Nos sœurs de ténèbres qui nous aident à préférer, aux illusions des Lumières, la sympathie de la nuit. » S. G.

Jeudi 8 décembre 2022, 18h-19h30

  • Fanny Cosandey, historienne, directrice d'études à l'EHESS, Reines et mères. Famille et politique dans la France d'Ancien Régime (Fayard 2022)

Le séminaire mensuel "Actualité de la recherche" (co-organisé par Gaël Rideau et Laélia Véron, au laboratoire POLEN de l'Université d'Orléans) reçoit, à distance, Fanny Cosandey, historienne, directrice d'études à l'EHESS, le jeudi 08 décembre, de 18h à 19h30 pour son ouvrage "Reines et mères. Famille et politique dans la France d'Ancien Régime" (Fayard 2022).

Déroulé de la séance: présentation de son ouvrage par Fanny Cosandey, échanges et questions. 

Présentation de l'ouvrage et de ses enjeux

Fanny Cosandey est spécialiste du rôle des femmes dans l’organisation politique aux XVIe, XVIIe, et XVIIIe siècles. Elle a notamment publié La Reine de France, symbole et pouvoir (Gallimard, 2000) ou Le Rang. Préséances et hiérarchies dans la France d’Ancien Régime (Gallimard, 2016).

Le travail de Fanny Cosandey a permis d’interroger un pan ignoré de l’historiographie : celle du statut et du rôle institutionnel de la reine dans le système monarchique français. Comme l’écrit Dominique Godineau dans un compte-rendu (à propos de La Reine de France) « alors que, sous l'influence de l'école cérémonialiste américaine, les études d'histoire politique se sont multipliées sur la personne du roi et sa dimension symbolique, la reine n'a pas retenu l'attention des historiens (…) [Fanny Consandey] comble ce vide et révèle bien le caractère paradoxal de la reine, tout à la fois sujette et souveraine, exclue du pouvoir et au cœur de l'État ».

Dans Reines et mères, l’historienne interroge une condition de la puissance féminine, celle qui, dans le cas de la reine jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, « tient à la maternité, source d’autorité et de stabilité ». La tension (ou la rencontre) entre la dimension familiale et la dimension politique est au cœur de l’interrogation menée par l’ouvrage puisque « les régimes dynastiques mêlent, indéfectiblement, les intérêts familiaux et ceux de l’Etat ». Fanny Cosandey détaille alors les étapes du parcours de la reine ou future reine : les tractations concernant le mariage (l’épouse étant choisie pour ses « qualités lignagères, porteuse de projets dynastiques qui la dépassent, l’attente d’un héritier (c’est le premier devoir de la reine, et  c’est à elle qu’est imputée toute « responsabilité d’un défaut de descendance »), l’accouchement (sachant que la reine pourra tirer « doublement profit d’une naissance masculine, et en particulier de celle d’un aîné. L’arrivée d’un Dauphin conforte sa position dans le royaume, lui donne plus de poids à la cour, ouvre la possibilité d’une régence pour minorité, lui garantit le statut de reine mère en cas de veuvage »), l’éducation des enfants (éducation majoritairement à distance, la reine n’allaite pas ses enfants, pour être plus tôt disponible pour une future grossesse). Fanny Cosandey s’attarde sur le cas particulier de la régence, lorsque, à la mort de l’époux, si le Dauphin est encore jeune, « le pouvoir change de camp, dans la mesure où la mère devient tout à la fois tutrice du jeune garçon et régente du royaume. »

Cet ouvrage d’histoire, très accessible, peut permettre aux littéraires de ré-interroger la représentation littéraire (notamment au XIXe siècle) et  plus généralement artistique de certaines reines célèbres : Catherine de Médicis, Marie-Thérèse d’Autriche, Marie-Antoinette. Le cas de cette dernière est particulièrement intéressant car c’est une des premières reines à allaiter (brièvement) ses enfants et à se mêler de leur éducation. Ce faisant, elle « acte le déplacement des questions dynastiques vers le cadre familial » contre l’idée que « la reine est mère de la patrie plutôt que de ses fils et [que] les devoirs d’Etat supposent de sacrifier toute relation intime avec sa descendance ».

Résumé de l'ouvrage sur le site de la maison d'édition

"Anne de Bretagne, Catherine de Médicis, Marie-Thérèse, le poids de la maternité a façonné le destin de ces femmes dont la monarchie attendait, avant tout, qu’elles fournissent au royaume des héritiers. Alliances, naissances, décès, éducation et vie de cour forment ici la trame d’une histoire où les conditions d’existence des mères avec leurs enfants suivent l’évolution de la monarchie.Anne de Bretagne, Catherine de Médicis, Marie-Thérèse d’Autriche, toutes ont été mères et ont marqué l’histoire. Le poids de la maternité a façonné le destin de ces femmes dont la monarchie attendait qu’elles fournissent au royaume des héritiers. Et pourtant, que sait-on vraiment des relations que ces reines entretiennent avec leurs enfants ? Quels bénéfices tirent-elles de la naissance d’un prince ? Comment s’exerce l’autorité maternelle sur une progéniture élevée loin de la cour ?Au fil de ces portraits croisés, Fanny Cosandey retrace les étapes qui transforment ces princesses de maisons souveraines en mères. Alliances, naissances, décès, éducation et vie de cour tissent la trame d’une histoire où les conditions d’existence des parents avec leurs enfants suivent l’évolution de la monarchie, jusqu’à dessiner le tableau d’une famille royale marquée par les impératifs étatiques."

Informations pratiques

La séance, en ligne, est ouverte à toutes et à tous. Inscription obligatoire auprès de : Laelia.Veron@univ-orleans.fr

Jeudi 26 janvier 2023, 18h-19h30

  • Christine Baron, sur les rapports entre droit et littérature.

Christine Baron, professeure à l’Université de Poitiers, est une spécialiste reconnue des rapports entre droit et littérature. Ce domaine, qui a tout d’abord connu une forte extension dans le monde anglophone, se développe de plus en plus dans le monde académique francophone. On pense ainsi à la revue Droit et littérature qui existe depuis 2017, ou aux études sur les rapports entre style juridique et style littéraire (Garnier, 2020).

Durant son intervention au séminaire d’actualité de la recherche, Christine Baron résumera l’histoire de ce domaine et ses directions principales, avant de revenir sur son propre travail de recherche. Elle évoquera Contextes littéraires, émotions judiciaires (Classiques Garnier, 2020), La littérature à la barre (CNRS Editions, 2021) et sa suite Le tribunal du récit ; désir de justice et de littérature (Mare et Martin, à venir en février 2023). Dans Contextes littéraires, émotions judiciaires, Ch. Baron revient sur le rapport complexe entre émotions et droit. Pendant longtemps, les émotions ont été jugées comme contraires à la pratique du droit jusqu’à « l’émotional turn » ou « affect turn » des années 1990 et, entre autres, l’ouvrage de N. Nussbaum, L’art d’être juste (2015) qui plaide pour une justice empathique. Ch. Baron interroge la manière dont les « contextes littéraires » peuvent représenter les « émotions judiciaires » qu’elles soient jugées déplacées, nécessaires ou encore excessives et manipulatoires. Cette approche permet par exemple une autre lecture de l’empathie dans La Joie de vivre de Zola ou dans Crime et châtiment de Dostoïevski. Dans La littérature à la barre, Ch. Baron interroge le présupposé « central » du mouvement « droit et littérature » selon lequel « l’acte de juger peut être non seulement représenté dans la littérature mais compris et amélioré à partir de textes littéraires ». Elle détaille ainsi toutes les manières dont la littérature peut problématiser le droit.

Jeudi 09 février 2023, 18h-19h30

  • Michèle Clément et Michel Jourde sur Louise Labé.

Comme le dit la chercheuse Élise Rajchenbach « Louise Labé fait partie de ces autrices dont le nom est connu du grand public – ce qui n’est pas si courant pour les périodes anciennes » (entretien complet à lire ici) Mais connaissance ne rime pas toujours avec reconnaissance : l’œuvre de Louise Labé (et notamment son expression du désir féminin) a été ainsi très critiquée (notamment par des critiques masculins). Son existence même a été régulièrement remise en question. A-t-elle existé ou est-elle un mythe ? Son œuvre a-t-elle été écrite par des hommes ? Michèle Clément (professeure de littérature française à l’Université de Lyon 2) et Michel Jourde (maître de conférences en littérature française à l’ENS de Lyon) nous proposent de creuser le « cas » Louise Labé, en explorant divers enjeux :

- Les enjeux proprement littéraires des « Euvres » de Louise Labé pour les spécialistes comme pour les non-spécialistes de la Renaissance

- Les « effets » extra-littéraires de ces « Euvres » : Pourquoi y a-t-il, régulièrement, des polémiques Louise Labé ? Pourquoi est-elle le support d’hypothèses plus ou moins romanesques ? Peut-on dater à partir de quand et pourquoi est-elle présentée non seulement comme une autrice majeure mais comme une « féministe » ? Pourquoi, au contraire, la « rumeur » selon laquelle elle n’a pas existé et ses « Euvres » auraient été écrites par un homme a-t-elle eu un tel écho médiatique ? Ce sera l’occasion de revenir sur ce qu’est une hypothèse en recherche et la différence entre champ scientifique et champ médiatique.

- Les enjeux éditoriaux. Que veut dire rééditer, dans les années 2020, les « Euvres » de Louise Labé ? Quelles sont les éditions (numériques, papiers) qui existent aujourd’hui ? En quoi l’édition de M. Jourde et M. Clément (GF) suit-elle une perspective différente de celle de M. Huchon (La Pléiade), sachant que M. Huchon conteste l’existence de Louise Labé ? 

- Les enjeux de diffusion scientifique. Comment fonctionne le site créé par M. Clément et M. Jourde ? Que peut-on y trouver ? Comment ce site peut-il être utilisé par des chercheuses, des chercheurs, des enseignantes et enseignants, des étudiantes et des étudiants ?)

Jeudi 13 avril, 18h-19h30

Approches historique de la notion de consentement

  • En sociologie du droit avec Irène Théry (sociologue, directrice d'études à EHESS), "Moi aussi. La nouvelle civilité sexuelle", Seuil, 2022.
  • Et en littérature classique avec Jennifer Tamas (enseignante à Rutgers University), "Au non des femmes. Libérer nos classiques du regard masculin", Seuil, 2023.

Jennifer Tamas (enseignante à Rutgers University), Au non des femmes. Libérer nos classiques du regard masculin, Seuil, 2023.

Cet ouvrage est celui d’une chercheuse mais aussi d’une enseignante. À l’heure où les œuvres littéraires de la société d’Ancien Régime, et les concepts qui lui sont associés (notamment ceux de galanterie et de libertinage) paraissent pris entre deux feux (attaque de ces notions, jugées rétrogrades voire sexistes ou défense de ces mêmes notions sous prétexte que relire ou critiquer les œuvres du passé serait hors de propos) Jennifer Tamas se demande : « Que faire dans ce cadre pour donner à la littérature d’avant toute son envergure, mais surtout où se situer ? N’a-t-on d’autre choix que de se ranger soit du côté de la jeunesse outragée soit de celui des doctes détenant les secrets d’un savoir sacralisé ? Je crois que dans ce débat passionnant on peut trouver une autre voie en en se plaçant ni dans l’arène ni sur l’estrade mais bien entre les deux, au chœur des femmes. »

Dans cet ouvrage, Jennifer Tamas cherche donc à proposer une autre lecture de certains classiques de l’Ancien Régime, en expliquant : « Depuis bien longtemps, notre culture classique nous est transmise par des lectures masculines pétries de fantasmes (…) L’idée n’est pas d’annuler la culture du passé, mais de la raconter autrement en questionnant l’autorité intellectuelle et la validité des outils d’analyse. (…) J’aurais aimé qu’on m’apprenne la littérature autrement, qu’on me fasse découvrir les œuvres de femmes, qu’on m’explique à travers le prisme du féminin les contes et les fables, et j’espère qu’il en sera ainsi pour nos enfants. Cet essai aspire à donner à chacune et chacun le pouvoir de repenser l’histoire littéraire à travers le refus féminin, non pour abolir le passé, mais pour le sortir de l’illisibilité. »

L’angle choisi est donc celui du refus féminin, choix a priori incongru comme le dit l’autrice elle-même : « il s’agit d’une époque où les femmes sont infériorisées et opprimées selon le droit et à tous les niveaux de la société, aristocratique ou non. Ensuite, ce sont les liens intimes d’alors, des mariages forcés à la folle passion en passant par la galanterie, qui semblent obsolètes. » Pourtant, ce refus et quelquefois son contrepoint, le consentement libre et éclairé, sont bien présents, selon Jennifer Tamas, dans les textes de cette époque. Elle analyse ainsi des versions moins connues du « Petit Chaperon rouge » et de « La Belle et la Bête », où la Belle, dans la version écrite par Mme de Villeneuve (1740), n’est pas captive mais choisit de rester dans le palais de la Bête, tout comme elle choisit de répondre « non » à la question frontale de la Bête « Voulez-vous coucher avec moi ». Jennifer Tamas relit également des classiques comme Andromaque « héroïne du ni oui ni non », Bérénice (qui, loin de n’être qu’une femme abandonnée, est aussi une reine, animée par des ambitions politiques, qui choisit de renoncer) ou la Princesse de Clèves (qui, loin d’être une figure apeurée par la vie et par l’amour, représenterait un exemple de courage et force).

Critique dans le journal « Le Monde »

Irène Théry (sociologue, directrice d'études à EHESS), Moi aussi. La nouvelle civilité sexuelle, Seuil, 2022.

Le livre d’Irène Théry est hybride : il alterne, par chapitres, entre une écriture relevant de la sociologie classique (à la troisième personne) et une écriture plus intime (à la première personne), grâce à laquelle l’autrice peut affirmer : « moi aussi ». Le prologue s’ouvre ainsi sur le récit de l’agression sexuelle qu’elle a subi à l’âge de huit ans. L’autrice cherche ainsi à « témoigner de l’extrême difficulté à dire ce genre de violence » (entretien dans Le Monde) Dans Moi aussi. La nouvelle civilité sexuelle analyse sociologique, témoignage et réflexions personnelles s’entremêlent : Irène Théry expose aussi bien sa méthodologie qu’elle revient sur son propre parcours de chercheuse, sur la manière dont elle a construit sa démarche, affirmé ses opinions, et bâti un parcours de chercheuse engagée.Pour saisir la spécificité du mouvement « me too » il faut, selon Irène Théry, s’éloigner de l’extrême contemporain. Comme elle l’explique : « La thèse générale de ce livre est donc que pour comprendre l’importance majeure de #MeToo, il en faut pas le voir seulement comme un mouvement de dénonciation des violences faites aux femmes, aux enfants et à certains hommes mais comme la participation active à une recomposition globale du permis et de l’interdit sexuels, recomposition qui avait commencé avant lui et à laquelle « me too » fait accomplir un saut qualitatif ». Dans la tradition d’une « socio-anthropologie de l’institution, « centrée non pas sur les identités mais sur les relations », la sociologue entreprend donc de retracer l’histoire longue du consentement.Elle voit ainsi trois « révolutions » du consentement : la première révolution est celle du mariage chrétien, qui permet de faire « du consentement au mariage le seul moyen d’une sexualité sans péché ». La deuxième « est celle qui accompagne l’entrée dans la modernité individualiste et démocratique à la Révolution, avec l’invention du mariage civil et le triomphe ambigu du mariage d’amour ». Triomphe ambigu puisque cette période paraît contradictoire : c’est celle du mariage civil, du mariage d’amour de la révolution (en 1792) et du Code Napoléon (1804), code extrêmement répressif pour les droits des femmes. C’est la période qui instaure « la pensée démocratique moderne » de l’égalité tout en admettant « comme évidentes la hiérarchie des sexes et l’inégalité de leurs droits, tant politiques que civils ».La troisième révolution du consentement est celle du temps du « démariage », de la déconstruction, point par point du Code Napoléon. C’est la révolution que nous vivons encore aujourd’hui, celle qui tente d’établir une nouvelle « civilité » sexuelle, celle de « me too ».

Critique dans le journal « Le Monde »

Jeudi 25 mai, 18h-19h30

Aspects politiques de la littérature de l'imaginaire et de la fantasy

Le laboratoire POLEN de l'Université d'Orléans reçoit Anne Besson, professeure en littérature générale et comparée à l'université d'Artois, dans le cadre de son séminaire mensuel "Actualité de la recherche" (co-organisé par Gaël Rideau et Laélia Véron). Anne Besson présentera ses ouvrages :

Science-fiction, fantasy et fantastique sont plus que jamais au cœur des consommations culturelles contemporaines, de Star Wars à Game of Thrones en passant par Harry Potter. Mais que désignent précisément ces termes ? Anne Besson présente les différences majeures entre ces trois grands genres, mais aussi leur proximité tout au long de leur histoire jusqu’aux hybridations contemporaines.

Présentation de l'éditeur : « Le maquillage du Joker a envahi les manifestations de lutte sociale, la cornette des « servantes écarlates » celles de défense des droits des femmes. Une déclaration de J.K. Rowling sur les femmes transgenres a déclenché le courroux des fans de Harry Potter. Quant à Game of Thrones, nombreux sont ceux qui y lisent l’invasion de marcheurs blancs comme une allégorie de la catastrophe climatique à venir. Indubitablement, les littératures de l’imaginaire, longtemps perçues comme de simples moyens d’évasion, sont devenues un creuset de mobilisation civique, des arènes où se jouent de féroces affrontements militants. On peut y voir l’affirmation exaltante d’une capacité des fictions grand public : celle de parler de notre époque, pour changer les mentalités ou rêver le futur. Mais ce mouvement va de pair avec une profonde transformation du statut des lecteurs et des spectateurs. Qui vont désormais jusqu’à contester l’autorité de l’auteur sur sa propre création… »

Explicitation des enjeux de l’ouvrage : Contre « une idée reçue qui lie encore les littératures de l’imaginaire et les pratiques culturelles qui leur sont associées (jeux de rôle ou jeux en ligne dans des « univers », fictions amateures, etc.) à une « évasion » loin des dures réalités de l’existence », Anne Besson montre comment ces littératures, auxquelles on prête des « pouvoirs transformateurs » ou « émancipateurs » peuvent être vecteurs de « valeurs » et « d’idéologies ». Les littératures de l’imaginaire deviennent (tout particulièrement dans le monde contemporain) un « espace de débats », voire une « arène de conflits » éminemment politiques.L’imaginaire pour parler du monde contemporain ? Le fait peut paraître paradoxal : comment « des « productions de la culture populaire, ne relevant très manifestement pas d’une lecture “réaliste” » peuvent-elles se voir « promues comme modèles pour penser l’action sur le monde, et tenues d’en refléter au mieux la diversité » ? Par leur potentiel critique, qu’il s’agisse par-là de dénoncer le fonctionnement du monde contemporain ou de proposer des modes de fonctionnement alternatifs. En s’appuyant sur un corpus varié (The Hunger Games, Games of Throne, Divergente, The Handmaid Tale’s, etc), Anne Besson montre comment ces œuvres représentent « dans des mondes futurs ou parallèles plus violents, plus spectaculaires, plus nets dans leurs partages et leurs choix, les dérives sociétales qui menacent aujourd’hui et demain ».Ces œuvres seraient alors politiques et politisantes. Leur forme, souvent sérielle, favoriserait un engouement et une implication du lectorat ou de l’auditoire sur le long terme. C’est ce qu’Anne Besson appelle le « pouvoir des lecteurs » qui se manifeste par une participation à l’œuvre (sous la forme de continuations ou même de recréations) jusqu’à la contestation, quelquefois, de l’autorité de l’auteur ou de l’autrice (on pense au cas de JK Rowling, très contestée par les fans de la série Harry Potter). On touche alors à autre paradoxe, pointé par Anne Besson: la « libération des univers narratifs du carcan des autorités » va souvent de pair « avec l’imposition de nouveaux critères normatifs émanant cette fois des publics ».

On peut lire dans Acta fabula un compte rendu sur Les littératures de l'imaginaire :

Event attendance modalities

Full online event


Date(s)

  • Thursday, December 08, 2022
  • Thursday, November 17, 2022
  • Thursday, January 26, 2023
  • Thursday, February 09, 2023
  • Thursday, April 13, 2023
  • Thursday, May 25, 2023

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  • actualité, recherche, séminaire

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  • Laélia Véron
    courriel : Laelia [dot] Veron [at] univ-orleans [dot] fr

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  • Laélia Véron
    courriel : Laelia [dot] Veron [at] univ-orleans [dot] fr

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« Séminaire « Actualité de la recherche » », Seminar, Calenda, Published on Wednesday, November 23, 2022, https://doi.org/10.58079/19zf

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