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Les fournisseurs de l’armée

Du lit de camp au sous-marin nucléaire : objets, lieux de production, techniques

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Published on Thursday, February 23, 2023

Abstract

De tout temps, l’Armée a été dépendante de fournisseurs privés pour son approvisionnement, ses matières premières, ses équipements, son armement et son domaine bâti. Ce colloque s’inscrit, d’une part, dans le sillage de l’histoire matérielle qui, depuis les années 1990, promeut une écriture de l’histoire non pas « avec » des objets mais « à partir » des objets et d’autre part, sur le développement des approches spatiales qui engagent à concevoir le « lieu » comme un matériau d’étude à part entière. Les contributions attendues s’inscriront principalement (mais pas exclusivement) dans l’une des trois directions suivantes : production matérielle, objets, inventions ; quelles sources pour écrire une histoire des fournisseurs de l’Armée ? ; lieux et espaces de production.

Announcement

Argumentaire

De tout temps, l’Armée a été dépendante de fournisseurs privés pour son approvisionnement, ses matières premières, ses équipements, son armement et son domaine bâti. Aujourd’hui encore, elle est le premier acheteur de l’État. Si le titre de « fournisseurs aux armées » est lié à la professionnalisation des armées depuis l’époque moderne (Corvisier ; Chaline ; Boëne, 2003), celui plus générique de fournisseur des armées évoque une constellation de figures aux fonctions, actions et périmètres très divers selon les périodes, les armes et les théâtres d’opérations. Le fournisseur des armées est, par ailleurs rarement une figure isolée : il active des réseaux, orchestre, sous-traite, engage, collabore (avec des artisans, des inventeurs, des ingénieurs…). Des dynasties familiales s’y illustrent (Maquin 2022) tout autant que les intermédiaires, agents et brookers, qui armaturent leurs réseaux (Singer, 2005).D’un point de vue historiographique, l’étude des fournisseurs des armées a pleinement bénéficié, depuis le début du XXe siècle, de la vitalité de l’histoire sociale, administrative, économique et financière. Outre l’exploration de trajectoires personnelles (Poisson, 1932 ; Godechot, 1936 ; Béaud, 1995 ; Cointat, 2006 ; Sarrazin, 2014), ces travaux ont permis de préciser la structuration progressive de leurs activités au sein des armées (Parrott, 2012 ; Fortman et Gongora, 2000), les relations nouées avec les sphères financières et politiques (Poisson, 1932), les mécanismes d’enrichissement ainsi que le difficile équilibre entre recherche de gain personnel et raison d’État (Joana, 2008 ; Pinaud, 2017 ; Dard, Engels et Monnier, 2021). Plus récemment encore, d’autres pistes de recherche ont été ouvertes. Ainsi, l’archéologie du champ de bataille, exhumant artefacts et équipements « sériels », voire manufacturés, de sites ou d’épaves, a mis au jour des catégories plus anciennes et moins hermétiques de pourvoyeurs des armées (Paddock, 1985). L’histoire connectée et les approches transnationales et transcoloniales ont progressivement cartographié routes et territoires commerciaux (Moreira, Jari, Jari et Lauri, 2015). L’histoire des sciences a souligné l’engagement des savants et des chercheurs en temps de guerre, éclairant leur rôle fondamental dans la structuration de la recherche scientifique (Le sabre et l’éprouvette, 2003). Enfin, dans un mouvement inverse, l’archéologie des media a démonté combien la démobilisation de scientifiques et d’ingénieurs militaires a pu servir la société civile (Kittler, 2017 [trad. franç.]).D’une manière cependant assez paradoxale, les recherches menées ont peu convoqué les approches matérielles et spatiales liées à l’étude des « objets » et des lieux de production. Pourtant, les fournisseurs des armées, tour à tour, marchands, négociants, détaillants, sous-traitants, manufacturiers, approvisionneurs, munitionnaires, fabricants, entrepreneurs, industriels ou magnats de l’industrial Warfare… ont produit, adapté et/ou inventé une multitude d’objets. S’y distinguent les armes, armures, accessoires, matériel de campagne, décorations, uniformes, mobilier, objets du quotidien, instruments tactiques, techniques, scientifiques…) tout autant que les équipements (véhicules, engins, machines…). Leurs activités, se sont également déployées dans des architectures fonctionnelles (ateliers, hangars, bureaux…) et sur des sites (manufactures, usines, aéroports, arsenaux, bases, sites d’essais…) dont ils ont conçu et/ou commandité les plans, les infrastructures et les distributions, en partenariat parfois avec les autorités militaires.C’est en suivant cette ligne directrice, favorisant le croisement d’objets et de lieux, que ce colloque a été pensé. Il s’inscrit, d’une part, dans le sillage de l’histoire matérielle qui, depuis les années 1990, promeut une écriture de l’Histoire non pas « avec » des objets mais « à partir » des objets (Braudel, 1967 ; Harvey, 2009 ; Riello, 2009, Bernasconi, 2016). Il se fonde, d’autre part, sur le développement des approches spatiales qui engagent à concevoir le « lieu » comme un matériau d’étude à part entière (Nora, 1986 ; Jacob, 2014 ; Baridon, 2000 ; Livingstone, 2003). En d’autres termes, que nous apprennent les objets sur leurs méthodes et leurs pratiques de production ? Comment et qui les a pensés, dessinés, modélisés, fait fabriquer et parfois protégés par des brevets ? Dans quelles architectures et dans quels espaces ont-ils été produits ? Que nous apprennent ces lieux et leurs équipements sur les processus de création et de production ?

Les contributions attendues s’inscriront principalement (mais pas exclusivement) dans l’une des trois directions suivantes :

1/ Production matérielle, objets inventions

La première session, puisant dans les collections d’« objets » des institutions muséales et/ou des dépôts archéologiques, vise à susciter des interventions « à la loupe » fondées sur les productions des fournisseurs de l’armée. Il pourra s’agir d’en saisir les caractéristiques, les procédés et les transformations ou de restituer leurs chaines de production, de leur création à leur livraison, en passant par les instances décisionnelles et de contrôle.

2/ Quelles sources pour écrire une histoire des fournisseurs de l’armée ?

La deuxième session porte sur le renouvellement des sources permettant d’inscrire l’histoire des fournisseurs dans une approche matérielle. Au-delà des sources classiquement sollicitées, quels sources convoquer ? Fonds privés, fonds industriels, fonds liés aux brevets, archives administratives, fonds des écoles militaires… 

3/ Lieux et espaces de production et espaces de production

La troisième session porte sur les lieux de création, d’expérimentation et de fabrication (ateliers, fabriques, boutiques, usines, sites d’essais…), leurs machines et outillages ainsi que leurs « espaces intermédiaires (succursales, entrepôts, sites extérieurs…). L’ambition est d’éclairer les relations entre espaces physiques et processus de création.

Soumissions des propositions

Les propositions de communication (résumé de 1 500 signes précisant le titre de la communication, l’argumentation et les sources mobilisées), accompagnées d’un court curriculum vitae (notice de 500 signes indiquant un numéro de téléphone, un courrier électronique, une affiliation institutionnelle et le laboratoire de rattachement le cas échéant), sont à adresser aux deux adresses suivantes : emilie.dorgeix@ephe.sorbonne.fr et nicolas.meynen@univ-tlse2.fr

avant le 1er avril 2023.

Téléchargez l’appel à communications et la Bibliographie indicative

Date du colloque : Toulouse, hôtel d’Assezat, vendredi 13 et samedi 14 octobre 2023

Comité scientifique

  • Nicolas Meynen (Toulouse Jean Jaurès, FRAMESPA/UMR5136 CNRS)
  • Émilie d’Orgeix (École pratique des hautes études, PSL Université, Histara EA 7347)

En partenariat avec le GIS Patrimoines militaires P2ATS et l’association Valoriser les Patrimoines Militaires.

Places

  • Hôtel d'Assézat, place d'Assézat
    Toulouse, France (31)

Event attendance modalities

Full on-site event


Date(s)

  • Saturday, April 01, 2023

Keywords

  • fournisseur, armée, production, technique, arme, armure, accessoire, matériel de campagne, décoration, uniforme, mobilier, objet du quotidien, instrument tactique

Contact(s)

  • Emilie D'Orgeix
    courriel : emilie [dot] dorgeix [at] ephe [dot] sorbonne [dot] fr
  • Klementyna Aura Glinska
    courriel : klementyna [dot] glinska [at] ephe [dot] psl [dot] eu

Information source

  • Klementyna Aura Glinska
    courriel : klementyna [dot] glinska [at] ephe [dot] psl [dot] eu

License

CC0-1.0 This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.

To cite this announcement

« Les fournisseurs de l’armée », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, February 23, 2023, https://doi.org/10.58079/1amn

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