HomeAppel à projets de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord (2025)

HomeAppel à projets de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord (2025)

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Published on Friday, May 03, 2024

Abstract

Cet appel s’adresse à tous·tes les chercheur·ses, quels que soient le statut, la discipline, l’appartenance institutionnelle et la localisation géographique (en France ou à l’étranger), dès lors qu’ils et elles relèvent d’une structure susceptible d’être reconnue par la Maison des sciences de l’homme (MSH) Paris Nord. Les projets des jeunes chercheur·ses et des doctorant·es sont privilégiés. La MSH Paris Nord apporte un soutien qui comprend l’accueil dans les locaux de manifestations scientifiques et différentes aides : gestion financière, publication, communication, organisation (colloques, séminaires, journées d’étude), documentation, archivage, valorisation, partenariat avec le secteur économique et social.

Announcement

Présentation

La Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord est une unité d’appui et de recherche relevant de trois tutelles : le CNRS, les universités Paris 8 et Sorbonne Paris Nord. Elle est membre du Réseau National des MSH. Elle lance un appel à projets annuel sur des problématiques correspondant à ses axes et thèmes de recherche. Cet appel est ouvert à des projets d’un haut niveau scientifique, incluant l’incubation et la prise de risque, et répondant à trois critères de la Charte du Réseau national des Maisons des Sciences de l’Homme : l’interdisciplinarité, l’interinstitutionnalité et l’internationalité.

La MSH Paris Nord apporte un soutien qui comprend l’accueil dans les locaux de manifestations scientifiques et différentes aides : gestion financière, publication, communication, organisation (colloques, séminaires, journées d’étude), documentation, archivage, valorisation, partenariat avec le secteur économique et social.

Les crédits dont dispose la MSH Paris Nord lui permettent d’apporter un soutien financier pouvant aller jusqu’à 4 000 euros pour un projet sur un an et 8 000 euros au maximum pour un projet sur deux ans. Ce soutien financier peut être complété par des ressources extérieures dont les porteur·ses de projet mentionneront le montant dans la partie budgétaire de la demande. Le soutien financier de la MSH Paris Nord concerne des frais de fonctionnement. Il ne se substitue pas aux financements ordinaires de la recherche.

Cet appel s’adresse à tous·tes les chercheur·ses, quels que soient le statut, la discipline, l’appartenance institutionnelle et la localisation géographique (en France ou à l’étranger), dès lors qu’ils et elles relèvent d’une structure susceptible d’être reconnue par la MSH Paris Nord. Les projets des jeunes chercheur·ses et des doctorant·es sont privilégiés. Les partenariats avec des chercheur·ses relevant des tutelles de la MSH Paris Nord (l’université Paris 8, l’université Sorbonne Paris Nord et le CNRS- Île-de-France) sont bienvenus.

Conditions d'éligibilité

Plusieurs conditions déterminent l’éligibilité des projets :

  • leur adéquation aux axes et thèmes de la MSH Paris Nord (y compris en transversalité) ;
  • leur portée interdisciplinaire, interinstitutionnelle et internationale ;
  • leurs retombées pour la MSH Paris Nord : le déroulement de manifestations et activités de recherche doit avoir lieu, dans la mesure du possible, dans les locaux de la MSH Paris Nord ;
  • les projets présentés par des chercheur·ses relevant d’une même équipe ou appartenant à une seule discipline, ne seront pas pris en compte.

Axe 1 : Arts, industries de la culture, création

  • Thème A, Environnements virtuels et création
  • Thème B, Socio-économie de la culture et de la communication
  • Thème C, Appareils. Productions et médiations esthétiques, techniques et artistiques
  • Thème D, Créations, pratiques, public

Axe 2 : Corps, santé et société

  • Thème A, Corps, émotions et sensibilités
  • Thème B, Construction et diffusion des savoirs médicaux
  • Thème C, Dire la santé mentale aujourd’hui
  • Thème D, Santé : espace, environnements, inégalités

Axe 3 : Transitions, régulations, innovations

  • Thème A, Économie sociale et solidaire et transitions écologiques et sociales
  • Thème B, Organisations, management et institutions
  • Thème C, Droits de propriété, marchés et bien communs
  • Thème D, Régulations, financiarisation, justice

Axe 4 : Penser la ville contemporaine

  • Thème A, Mémoire et territoire : représentations, narrations, patrimonialisations
  • Thème B, Citoyennetés dans la ville
  • Thème C, Logement et habitat : crise et reconfiguration
  • Thème D, La nature dans la ville en transition

Modalités et formulaires

Les chercheur·ses souhaitant soumettre un projet sont invité·es dans un premier temps à prendre contact dès que possible avec les responsables du thème auquel elles et ils comptent se rattacher afin d’examiner avec eux la pertinence de leur projet. Pour celles et ceux qui souhaitent des conseils, merci de prendre contact avant le 13 juillet.  Les responsables de thèmes s’assureront du respect des conditions d’éligibilité et apposeront leur visa sur le projet définitif, sans quoi le projet ne sera pas évalué.

Les chercheur·ses transmettront ensuite le projet définitif en version électronique au(x) responsable(s) du thème principal et de l’axe. Ils devront transmettre une copie à la responsable des programmes scientifiques

au plus tard le 15 septembre 2024.

Lien vers les contacts des responsables de thème et d’axe et de la responsable des programmes scientifiques

Ces projets seront évalués par le conseil scientifique de la MSH Paris Nord. Les décisions seront transmises aux porteur·ses de projet mi-décembre 2024. Ils et elles seront convié·es à une réunion d’accueil fin janvier 2025 au cours de laquelle elles et ils pourront connaître le détail des services proposés par la MSH Paris Nord.

Le soutien de la MSH Paris Nord est compté en année civile. Si le projet est prévu d’emblée sur deux ans (durée maximale), le porteur ou la porteuse devra fournir un bilan de mi-parcours au 30 novembre 2025.

télécharger le formulaire : nouveaux projets 2025 (pdf)

Contact 

Marianne Hérard, responsable des programmes scientifiques et de la valorisation marianne.herard@mshparisnord.fr

Orientations générales de l’appel à projets 2025

L’appel à projets porte sur les problématiques des axes et des thèmes actualisés annuellement. Il propose également quelques thématiques clés qui n’excluent en rien les orientations habituelles des axes et des thèmes de la MSH Paris Nord.

Jeux Olympiques et Paralympiques

L’organisation et l’accueil des jeux olympiques et paralympiques se déroulent cette année 2024. L’appel invite à observer les dynamiques sociales en œuvre en terme de territoire, d'urbanisation et des enjeux économiques et financiers. Il s'agit d'en saisir également leurs effets au de-delà de la tenue de l'événement. Un colloque sur cette thématique se tiendra à la MSHPN fin 2025.

Usages du numérique

Intelligence artificielle (IA et IA générative), objets connectés, science ouverte, etc. issues de nouvelles technologies, transforment les usages et les pratiques dans de nombreux domaines : santé, éducation, administration, création, industries de la culture, entre autres.

Crises, conflits et inégalités

L'époque est traversée par des crises productrices d'inégalités : covid, urgences climatiques, conflits sur le territoire et conflits mondiaux, accentués par traitement anxiogène des relais de l'information dans les médias, et spécialement sur les réseaux sociaux (apologie de la violence, fake news et économie du doute...).

AXE 1 : Arts, industries de la culture, création

Les travaux conduits au sein de cet axe portent aussi bien sur la démarche expérimentale en création artistique que sur les relations entre les industries culturelles et les arts. Il s’agit d’étudier les conflits et les articulations entre les logiques de l’industrialisation culturelle qui a besoin des arts et fait commerce de leur production et les arts qui, tout en trouvant des débouchés dans ces circuits de la production et de la diffusion culturelle, restent régis par des pratiques étrangères à celles des industries et marchés de la culture.

Il s’agit également d’explorer la création expérimentale en tant qu’activité de recherche au sein des sciences humaines et sociales et au-delà (en transversalité avec les autres sciences). L’un des objectifs de l’axe est aussi d’étudier les mutations plus larges des industries culturelles en lien avec des évolutions technologiques, sociétales ou économiques mais également de nouveaux enjeux et approches scientifiques.

Cette année, tant du côté des arts, que de celui des industries culturelles, diverses transformations méritent une attention particulière : les relations humains/non-humains, les inégalités, la vieillesse, l’enchevêtrement des échelles locales, nationales et transnationales. L’actualité territoriale de l’espace nord-francilien est aussi marqué par la question des jeux olympiques. Des questionnements autour des rapports entre les sports, la création et les industries culturelles seront également les bienvenus.

A.  Environnements virtuels et création

Le thème « environnements virtuels et création » reçoit des projets où la création expérimentale se développe en tant qu’activité de recherche dans un contexte interdisciplinaire associant arts, sciences et technologies numériques. Les méthodologies de la recherche-création et de la recherche-action recourant aux environnements virtuels sont particulièrement bienvenues, et le thème privilégiera les approches contributives ou collaboratives, notamment en relation avec le territoire. Les projets seront accueillis et pourront être exposés dans le cadre des activités de la MSH Paris Nord en partenariat avec les acteurs territoriaux. Sans exclusive, le spectacle vivant, les arts numériques et la culture du code informatique restent une priorité. Pour les années à venir, le thème invite à interroger également les rapports humain/non-humain dans ce contexte interdisciplinaire, ainsi que les enjeux et pratiques de l'intelligence artificielle en arts.

B. Socio-économie de la culture et de la communication

Les projets présentés porteront sur les dimensions socio-économiques des domaines de l’information, des médias, de la communication et de la culture, pouvant être cernés à partir de di- verses perspectives. Le thème invite à interroger les transformations qu’ont pu entraîner au sein de ces différents domaines la montée en puissance des plateformes numériques, des dispositifs algorithmiques, mais aussi les discours sur la « créativité » ayant scandé leur essor. Ces transformations pourront être appréhendées à partir d’une variété d’approches : celles propres à l’analyse des industries culturelles ou encore celles relevant des infrastructure studies, des platform studies, ou des Sciences, Technologies, Sociétés (STS). Ces transformations pourront aussi être observées à partir de terrains aussi bien à l’échelle locale qu’au niveau international, locales, nationales et transnationales. Le thème voudrait enfin inviter à analyser ces transformations à partir non seulement de la perspective des acteurs dominants, mais également de la perspective de ceux se situant à leur périphérie, qu’ils se présentent comme « indépendants », « alternatifs » ou autres. À ces questions pourront s’ajouter celles liées aux approches en cours d’affirmation ou déjà installées, qui offrent des regards spécifiques sur les industries culturelles, qu’il s’agisse des questions de genre ou d’autres populations minorisées. Enfin, le thème s’associe pleinement aux sujets marquant l’actualité de l’axe : les relations humains/non-humains, les inégalités, la vieillesse, ainsi que les rapports entre les sports et la création, ou entre les sports et les industries culturelles ou les médias.

C. Appareils. Productions et médiations esthétiques, techniques et artistiques

Chez Jean-Louis Déotte († 2018), la notion « d'appareil » décrit différents modes de structuration de la sensibilité, de la pensée, de l'apparaître et de l'agir (projection, immersion, inscription, incarnation...), conditionnés par des dispositifs comme la perspective centrale, le musée, le cinéma, la scène ou le numérique.

Dans le prolongement de ces réflexions, le thème C accueille et soutient des réflexions sur les productions artistiques et techniques, dans la diversité de leurs modes d'apparition, de présentation et de représentation et selon la pluralité de leur régime historique. Il s'ouvre à une philosophie en dialogue avec l'histoire et la théorie des arts, des techniques et des sciences, avec les diverses formes de l'écriture et de la littérature, de la traduction et de l'interprétation, ou encore avec la science des médias. Les thèmes à l'articulation entre esthétique, technique, arts et politique et des objets technico-artistiques comme la perspective, le cinéma, le jeu vidéo, etc., sont privilégiés dans les appels à projets. Les manifestations scientifiques soutenues peuvent être conçues comme des étapes préparatoires à l'élaboration d'un numéro thématique de la revue Appareil.

D. Création, pratiques, public

Le thème fédère des projets visant à rendre compte, dans leur multiplicité, de modalités et processus propres aux pratiques performatives et spectaculaires dans les temps et les lieux les plus divers. Les projets accueillis contribuent, par la théorisation des expériences pratiques, à une meilleure connaissance des « incarnations de l’imaginaire » de groupes ou de communautés culturels du monde entier, y compris les expériences les plus proches.

Dans un monde qui développe le distanciel, la réalité virtuelle, les interactions homme/machine et l’efficacité immédiate, ces pratiques performatives (sportives ou artistiques) s’en inspirent, s’en accommodent ou résistent. Les projets pourront, en particulier, s'intéresser au rapport au corps, à la présence et à l’autre dans des pratiques pédagogiques, performatives ou à visée plus communicative (réseaux sociaux). L’occasion également de s’emparer des expériences sportives et artistiques de pratiques partagées et inclusives à travers des recherche-action ou recherche- création.

AXE 2 : Corps, santé et société

Cet axe aborde le corps et la santé comme outils d’analyse du social. Ses thèmes de recherche explorent la scientifisation, la standardisation et l’administration du corps, la fin de vie, l’émotion, la cognition, la santé mentale, l’histoire des savoirs médicaux, la santé au prisme de l’espace géographique et de l’environnement, et bien sûr les inégalités de santé que la crise du covid-19 a fait apparaître de façon criante en relation avec la réalité sociale du territoire.

A. Corps, émotions et sensibilités

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, les sciences sociales sont préoccupées par la rationalisation, la scientifisation et la standardisation intervenues dans l’administration et le soin des corps. Parallèlement, l’usage des émotions en sciences sociales et ses réactualisations régulières, rap- pelle que les faits sociaux comportent une dimension émotionnelle, qui est historiquement si- tuée et socialement déterminée.

Les chercheurs peuvent donc être amenés à observer les effets de cette situation sur les acteurs sociaux confrontés à un éventail d’« organicités négatives » – corps malades, précaires, réfugiés, souffrants, vieillissants, en fin de vie, morts – avec les différentes émotions qu’elles génèrent. L’importance prise par le corps et les émotions interroge les sensibilités et les rapports entre humains et non-humains, les mobilisations politiques ou festives, les jeux et les sports, etc. La dimension anthropologique et historique de ces mécanismes mérite attention. La crise sanitaire que nous avons traversée comme la mobilisation des Gilets jaunes, celle contre la réforme des retraites ou bien les jeux olympiques qui arrivent à Paris en 2024 soulignent l’importance de ces mécanismes.

B.  Construction et diffusion des savoirs médicaux

Les centres d’intérêt de ce thème cette année seront :

  • l’impact des cadres théoriques sur la construction des savoirs médicaux (par exemple, comment une hypothèse de recherche oriente la lecture et l’exploitation de bases de données issues du vivant ? Comment une approche centrée autour d’une analyse génétique influence la manière de construire les savoirs médicaux ?) ;
  • l’évolution de la manière dont on élabore des savoirs médicaux et son impact sur la détermination d’une distinction entre savoirs et pseudo-savoirs médicaux et leurs conséquences sociales (la pandémie du covid peut être un cas d’étude) ;
  • les méthodes de communication scientifique et la réception des savoirs médicaux au sein de la société (par exemple, qu’implique le peu de communication autour de l’expérimentation animale ? Comment expliquer que l’on accepte plus facilement la modification du génome non-humain à des fins thérapeutiques que la modification du génome humain à des fins expérimentales ? Quels rôles ont joué les communications savantes et grand public dans la réception et la divulgation des savoirs liés au covid ?).

C. Dire la santé mentale aujourd'hui

Ce thème encourage et accompagne les nouvelles analyses de la genèse et du développement contemporain de l’expertise pour « dire la santé mentale aujourd’hui » :

  • Qu’est-ce qui est désormais jugé comme un « équilibre » ou, au contraire, comme un « déséquilibre » des rapports sociaux au sein de la ville, la famille, l’école, la justice, le travail, le social, les loisirs, le sport et la médecine générale ?
  • Quelles sont les nouvelles normes de la déviance à l’aune de la recherche des idéaux de bien-être et du bonheur ?
  • Quel est l’impact de ces jugements moraux et politiques sur l’organisation des soins, le mandat des professions et l’expérience clinique en psychiatrie, psychologie, psychanalyse et psychothérapie ?
  • Comment met-on en œuvre les actions d’une politique de santé mentale ? Dans ce domaine, qu’est-ce que « prévenir », « rétablir » et « promouvoir » ?

Pour explorer ses nouveaux enjeux, les projets de recherche accueillis dans ce thème démontreront l’intérêt de se fonder sur les méthodes empiriques en sciences sociales (historiographie et ethnographie, principalement) en lien ou non avec des cliniciens et des usagers (pouvant mettre en œuvre, par ailleurs, une recherche-participative) lors de l’archivage des trois étapes clé de l’accompagnement du programme dans une des rubriques du carnet de recherche Hypothèses « Dire la Santé mentale aujourd’hui » :

  • Au démarrage, une présentation sommaire du programme pouvant éventuellement prendre la forme d’une capsule vidéo en 4mn (rubrique « capsules » et/ou « projets »).
  • À mi-parcours, une intervention dans le séminaire mensuel de coordination du thème de recherche « anthropologie de la folie » (rubrique « séminaire »).
  • En conclusion, un bref rapport sur les premiers résultats (rubrique « rapports »).

D. Santé : espace, environnements et inégalités

Ce thème mobilise des disciplines variées des sciences humaines et sociales (géographie, sociologie, anthropologie, histoire) mais également d'autres champs (sciences du vivant, épidémiologie). Il entend susciter des recherches sur les impacts des changements environnementaux sur la santé (évolutions des écosystèmes, changements climatiques, pression sur les milieux…).

Il est ouvert également aux travaux portant sur les déterminants de santé (y compris sociaux et comportementaux) et les logiques qui sous-tendent la production des inégalités socio-spatiales de santé (position sociale, sexe, nationalité, origine, classe d’âge, handicap, territoire, réformes du système de santé). Les études portant sur l’émergence d’enjeux sanitaires spécifiques aux contextes de crise (guerres, pandémies…) seront également les bienvenues. Ce thème s’intéresse aussi aux dispositifs de correction des inégalités (comme la prise en charge du handicap, l’amélioration de l’accès aux soins…) et à la production d’alternatives.

AXE 3 : Transitions, Régulations, Innovations

Cet axe a vocation à accueillir toute recherche théorique ou empirique portant sur les crises du capitalisme et les conditions de formation de nouvelles régularités économiques, sociales, politiques et environnementales, mais aussi les nouvelles voies pour penser leur dépassement. Dans cette perspective une attention particulière est portée à la notion de « communs » et de « biens communs » comme approche pour réinvestir et repenser l’entreprise, les services publics, ou encore l’économie sociale et solidaire et nourrir la réflexion sur les transitions écologiques ainsi que les questions de gouvernances mondiales.

Les projets s’inscrivant dans les orientations de l’AAP 2025 seront accueillis favorablement dans l’axe 3 (inégalités socio-économiques, les coulisses et l’héritage socio-économique des grands projets et évènements comme les jeux olympiques et paralympiques).

A.  Économie sociale et solidaire et transitions écologiques et sociales

Ce thème s’intéresse à l’émergence ou aux transformations des modes de régulation qui s’appuient sur des acteurs socio-économiques et institutionnels locaux, comme l’économie sociale et solidaire (ESS) ou d’autres formes d’économies alternatives porteuses de « communs écologiques, économiques et sociaux », à même de contribuer aux transitions. Il s’agit aussi d’interroger tout à la fois le potentiel d’innovation, les capacités de résilience et les fragilités de ces modèles alternatifs dans un contexte de crises multiformes. Nouveaux paradigmes de solidarité, pratiques ancrées territorialement, nouveaux indicateurs ou modèles économiques, articulations entre rapports sociaux et/ou entre échelles, sont autant d’entrées possibles au sein de cette thématique.

B. Organisations, management et institutions

Ce thème porte sur les dynamiques du capitalisme à l’échelle des organisations, des pratiques managériales et des outils de gestion. Mariant théories des organisations, approches institutionnelles, sociotechniques, sociologiques ou juridiques, ce thème examine les organisations en tant « qu’institutions », reflétant les règles dans lesquelles elles opèrent et en tant que productrices de normes, pratiques, outils et conventions structurant les relations entre acteurs. Les projets privilégient une approche interdisciplinaire, dans une perspective socioéconomique, et peuvent aborder les questions de la soutenabilité environnementale et sociale, les transformations qui accompagnent la digitalisation, la financiarisation et la mondialisation, ou, plus généralement, porter sur la diversité des organisations, leurs modes de propriété et de contrôle ou leurs outils de gestion et d’évaluation.

C. Droits de propriété, marches et biens communs

Ce thème est centré sur les effets des systèmes de propriété sur la construction sociale des marchés et leur déconstruction sociale au travers de dispositifs de coordination hors marché. Il accueille les travaux portant sur les marchés de la propriété intellectuelle ou les nouvelles formes de « communs » qui sont une alternative à la propriété privée exclusive. Il s’agit d’éclairer la manière dont s’organisent et se partagent les droits de propriété, les modes de gouvernance et les « modèles économiques » qui en résultent. À cet égard l’étude des relations (tension et complémentarité) entre les notions de public et de commun constitue un thème privilégié. Une attention particulière est aussi portée à la notion de « bien commun » et de « biens communs mondiaux » à l’aune des conséquences de la pandémie de covid-19.

C.  Régulation, financiarisation,

Les questions de la régulation et de la justice sont étudiées dans le contexte du néolibéralisme et de ses crises (financiarisation, restructuration ou déstructuration des chaînes globales de valeur, déconstruction et reconstruction de la souveraineté économique, monétaire, juridique). Sur le terrain économique, les projets s’intéressent à l’émergence, la hiérarchie et la complémentarité des règles et des institutions, ainsi qu’à l’instauration de régularités socioéconomiques. Sur le terrain du droit, les projets explorent le renouvellement de la production et des producteurs de normes par l’assouplissement, la technocratie, la dénaturation et la déterritorialisation du droit (droit souple, compliance, éthique, droits sociaux) et par les nouvelles formes de justice (en dehors du juge et/ou des juridictions). En économie et en droit, quelle place est encore faite à l’individu et à la société dans un cadre sans cesse repensé à l’aune des crises d’ordre économique, social et géopolitique ?

AXE 4 : Penser la ville contemporaine

Dans quelle mesure la ville fait-elle société ? S’il n’a jamais été aisé d’appréhender ce qui « fait ville », les bouleversements et mutations des structures urbaines et sociales invitent à penser la ville contemporaine comme objet plus que jamais politique. La mondialisation et les formes de mobilités, les inégalités sociales et spatiales, les mobilisations et leurs formes inédites, sociales mais aussi générationnelles, les transformations des territoires aussi bien pérennes que temporaires, les défis de transition écologique, les enjeux de production et de partage de l’espace public, les opérations de patrimonialisation invitent à questionner les processus de production de la ville.

Cet axe se propose de constituer un observatoire des manières de penser la ville au-delà̀ des disciplines instituées et de leurs paradigmes et d’inventer des méthodologies adaptées à la complexité des dynamiques en présence, aux échelles spatiales et temporelles en mouvement, aux pratiques d’acteurs aux statuts divers. Tout type de recherche est bienvenu. Les projets collaboratifs associant chercheurs et acteurs de terrain dans l’analyse des situations contemporaines sont également encouragés, ainsi que des projets accompagnant la formation à la recherche par la recherche.

A.  Mémoire et territoire : représentations, narrations, patrimonialisations

Dans un contexte de crises multiples – mutations urbaines, accélération des temps sociaux, effets de l’anthropocène, etc. –, les modes de mise en mémoire permettent de comprendre les logiques de production, d’interprétation et de contestation des espaces habités. L’articulation entre mémoire et territoire saisit les processus, les acteurs, les enjeux et les effets d’héritage, notamment dans une perspective décoloniale. La formation des mémoires collectives et individuelles interroge la fabrique des identités et des légitimités, met en perspective les attachements aux lieux comme les valeurs promues ou déqualifiées de manière située et à différentes échelles.

Quatre entrées sont proposées :

  • Les lieux, acteurs, temps et récits. Les lieux sont à la fois sujets, objets, catalyseurs de mobilisations, dans les discours des différents « faiseurs de ville », habitants inclus : lieux de vie, de travail, de passage. Ils interrogent l’urbanité des centres et des marges, la production de nouvelles géographies et territoires ;
  • Les acteurs, « entrepreneurs de mémoires » individuels et collectifs, portent des représentations sous des formes diverses (artistique, littéraire, muséographique, archivistique, cinématographique, etc.), faisant émerger des usages sociaux nouveaux ou renouvelés, des modes et des raisons d’agir ;
  • Les temporalités travaillent la relation au passé de manière non linéaire, aussi bien dans le temps long des cycles mémoriels, les temps plus courts des événements déclencheurs, les rapports entre présent et futur, etc. Les conditions de l’accès au « conservatoire de l’espace » et à la sphère publique peuvent être éclairées ;
  • Les récits et les discours, constituent des modes d’inscription de soi et des autres. Peuvent être étudiés : les rhétoriques et leurs effets, par exemple celle des « re » à l’œuvre dans les politiques et projets visant à « réenchanter la ville », la « reconquérir » ; les énoncés, les figures spatiales et les imaginaires produits ou mobilisés ; les positions d’énonciation des acteurs, témoins…

B. Citoyennetés dans la ville

L’urbain mondialisé et la reconfiguration des relations entre citoyen·nes et institutions sont au cœur des questionnements de ce thème qui tient compte de la multiplicité des positions, des acteurs et actrices et de la diversification des flux financiers, commerciaux, informationnels, socio-culturels et migratoires. À ce titre, villes, aires urbaines et métropoles sont le laboratoire privilégié des transformations des modes de gouvernement et de leurs contradictions : crise de la représentation, mais recrudescence d’expérimentations citoyennes ; disqualification des marges urbaines et des quartiers populaires ; renforcement de la centralisation par les projets métropolitains ; circulation des savoirs et recherches-actions participatives ; innovations sociales notamment à l’échelle du quartier ou de la ville, à l’intersection de différents enjeux écologiques, ethno- raciaux, de genre, d’inégalités sociales, etc.

Trois dimensions centrales seront explorées de façon privilégiée :

  • les inégalités et discriminations socio-spatiales et plus largement de genre, raciales, etc., leurs mesures, leurs interactions et leurs incidences sur la fabrique de la ville ;
  • les mobilisations dans la ville, qu’elles émanent de collectifs, d’associations, d’alliances avec des professionnel·les ou des chercheur·es, leurs formes et relations aux institutions, leurs modalités de création et de circulation de savoirs ;
  • la régulation institutionnelle des mobilisations et les fabriques politiques de la citoyenneté urbaine : soutien ou répression des associations et collectifs, dispositifs de démocratie participative, etc.

Toutes les échelles et localisations de recherche sont possibles, du moment qu’elles nourrissent la réflexion sur le rôle des territoires dans la fabrication des phénomènes sociaux et politiques.

C. Logement et habitat : crise et reconfiguration

Nous vivons un moment de reconfiguration des parcs résidentiels et des modes d’habiter aux différentes échelles de production de la ville. Les discours sur la « crise du logement » ont des conséquences sur la politique de l’habitat mais aussi sur la recherche de « solutions alternatives ». Les visions du futur et les usages de la notion de progrès se télescopent.

Les approches pourront se distinguer selon :

  • les types de produits : logement social, logement de luxe, logement insalubre ;
  • les situations sociales : habitat vulnérable, situation de résistances ou de résilience ;
  • les processus inscrits dans des temporalités de « renouveau » : réhabilitation, rénovation, gentrification, paupérisation ;
  • les acteurs, notamment les secteurs les plus hybrides entre privé et public, institutionnel ou non ;
  • Les mots d’ordre politiques, les récits performatifs et les valeurs mobilisées : proximité, réversibilité... ;
  • les formes d’encastrement et de renouvellement des formes d’habitat, des plus institutionnelles aux plus « innovantes » et « affranchies » ;
  • les conséquences des évènements comme le confinement lié à la récente pandémie ;
  • l’imbrication entre les savoirs experts et les discours savants et le développement de nouveaux récits (écologie, nouvelles technologies …).

Des approches internationales comparatives sur les reconfigurations de l’habitat sont bienvenues.

D. La nature dans la ville en transition

La nature et le vivant occupent une place importante dans la transition écologique des villes. Les processus de transformation de la place du végétal en ville intéressent ce thème notamment :

  • La lutte contre l’étalement urbain et les contradictions engendrée par le ZAN vis-à-vis des espaces végétalisés ;
  • Les inégalités d’accès aux espaces végétalisés et de nature ;
  • Les nouvelles formes d’ingénierie environnementale qui façonne la végétation en ville, dans le cadre des solutions fondées sur la nature ;
  • Les métiers de la ville verte au prisme de la transition.

Le thème questionne également la place, le rôle et les formes que prend la nature en ville, notamment :

  • Engager une analyse critique des projets de renaturation/réensauvagement dans un con- texte urbain où s’articulent de manière plus ou moins aboutie protection de la biodiversité et usages citadins socialement différenciés ;
  • Interroger les emblèmes de la ville verte : l’arbre, la mare, la rivière, la haie, le jardin, le potager, le verger, le bac à compost, etc.
  • Interroger les nouvelles relations écologiques au vivant en ville (avec la faune sauvage, domestique ou feralisé, la flore spontanée comme plantée).

L’appel à projets souhaite explorer ces questions dans les villes des Nords comme des Suds, en contexte métropolitain comme dans les villes petites et moyennes, dans le cœur urbain comme en périphérie. Des approches critiques pourront être fécondes pour déconstruire tant les processus que les formes produites.

Conseil scientifique de la MSH Paris Nord

  • Manola ANTONIOLI et Alain BERTHO
  • Luis A. ALBORNOZ
  • Manola ANTONIOLI
  • Alain BERTHO
  • Stéphane CHAUDIRON
  • Émilie COUNIL
  • Nathalie GAUTHARD
  • Frédéric GILLI
  • Didier GUEVEL
  • Yannick JAFFRE
  • Esther JEFFERS
  • Richard KRONLAND-MARTINET
  • Sébastien LECHEVALIER
  • Véronique LUCAS-GRABRIELLI
  • Bertrand MULLER
  • Antoine PÉCOUD
  • Anne RASMUSSEN
  • Anne RAULIN
  • Philippe STEINER
  • Caroline TRAUBE
  • Alain VAGUET
  • Carlo VERCELLONE

Places

  • 20 avenue George Sand
    Saint-Denis, France (93)

Event attendance modalities

Full online event


Date(s)

  • Sunday, September 15, 2024

Keywords

  • art, culture, ville, innovation, santé, jeux olympiques, numérique, crise, inégalité, corps, création, industrie de la culture

Contact(s)

  • Marianne Hérard
    courriel : marianne [dot] herard [at] mshparisnord [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Pierre Henry
    courriel : pierre [dot] henry1 [at] mshparisnord [dot] fr

License

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To cite this announcement

« Appel à projets de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord (2025) », Call for tender, Calenda, Published on Friday, May 03, 2024, https://doi.org/10.58079/10ss8

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