Announcement
n° 260 (2026-1) de la Ried
Coordination du numéro
- Mohamed Aderghal (Géographe, professeur à la faculté des lettres et des sciences humaines - université Mohamed V de Rabat)
- Mohammed Benidir (Sociologue, maître de conférences habilité, Institut national d'aménagement d'urbanisme – Rabat)
- Tarik Dahou (Anthropologue, directeur de recherches à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) – UMR PALOC (CNRS/IRD/MNHN-SU)
Développement durable et gouvernement néolibéral des ressources au Maghreb
Le néolibéralisme n’est pas un phénomène nouveau au Maghreb : les réformes économiques s’en inspirant y sont anciennes, inscrites dans les politiques de voisinage européen et marquées par un positionnement des États dans une division internationale du travail basé sur l’exportation vers les marchés internationaux. Une économie politique de la libéralisation y a vu le jour à partir des années 2000 (Cammett, 2008). Son analyse a largement portée sur l’action publique tournée vers le marché et l’entreprise, en décryptant l’évolution des modes de gouvernement (Catusse, 2008) et les inégalités territoriales qu’elle a stimulées (Bono et al. 2015), ainsi que sur les inégalités sociales et les résistances à ce nouvel ordre économique en contexte autoritaire. Les secteurs affectés par ces politiques ont été nombreux, même si les premiers travaux ont porté sur le secteur industriel (Cammett, 2007), la désindustrialisation et la détérioration des termes de l’échange. Ils ont, par la suite, mené à une attention accrue sur le secteur primaire, également largement affecté par ces politiques au tournant de ce siècle (Dahou et al., 2013). Malgré l’essor des problématiques de développement durable à partir des années 1990, la redéfinition des problématiques de croissance du secteur primaire a intégré la question environnementale de manière différée sur cette aire géographique.
Les travaux sur le Maghreb se sont, jusqu’ici, peu nourris des apports de la political ecology, à part peut-être marginalement ceux abordant les questions de gestion de l’eau, avec une démarche susceptible de rendre compte de l’amenuisement de la ressource sous l’effet d’une distribution guidée vers l’agriculture de rente et de ses conséquences en termes d’inégalités d’accès. Les problématiques de gestion foncière ont également fait l’objet d’études susceptibles de révéler les impacts des récentes réformes, tendant vers la création d’un marché foncier, en mettant l’accent sur la marginalisation, potentielle ou effective, des petites paysanneries de la région. Néanmoins, ces approches ont peu mis l’accent sur des enjeux de justice environnementale (Deldrève et al., 2019), malgré les dynamiques d’inégalités qui parcourent ces enjeux. La problématique du développement durable y a encore peu fait l’objet d’une analyse critique, alors que ses politiques tendent à s’étendre à beaucoup de secteurs, y compris ceux reposant sur un productivisme assumé. Dans ce numéro, il s’agit donc de proposer un cadre d’analyse critique du développement durable auquel les États de la région se conforment de manière normative et instrumentale et qui donne lieu à l’essor de dispositifs ayant un impact en termes de pouvoir (Davis, 2006).
Le néolibéralisme au Maghreb y revêt déjà des formes particulières, dans la mesure où l’État continue de se maintenir au centre du jeu à partir de l’allocation de facteurs structurants, comme la terre et l’eau, en ayant souvent reconstitué ses moyens d’investissements (Mayaux et Rousseau, 2021). Les politiques de subventions sont aujourd’hui dirigées vers l’initiative privée et le développement des entreprises dans le secteur primaire. Les marchés, bien qu’en partie dérégulés, n’en sont donc pas moins souvent influencés par les clients de l’État, avec des normes qui limitent la concurrence, au détriment des petits acteurs productifs ou commerciaux. Les logiques de libéralisation passent donc autant par le renforcement de mécanismes de marché par les normes que par des logiques d’intervention de l’État en faveur de types de production autonomisés des mécanismes sociaux de partage des rentes et d’atténuation des problèmes environnementaux, bien qu’il en soit toujours le garant. En appliquant de manière différenciée ses normes productives et environnementales, il est à l’origine de dynamiques d’éviction de certains acteurs et parfois même de mise au pas de la société civile et de certains mouvements sociaux.
L’avènement du néolibéralisme ne se réduit donc pas à des logiques de privatisation univoques et fait de l’État un acteur stratégique d’un processus contingent (Heynen et Robbins, 2005 ; Castree, 2005). On l’observe dans la manière dont les États du Maghreb renégocient les réformes foncières promues par les institutions internationales, dont l’horizon est la privatisation, et les appliquent tacitement, en faisant des agents de l’administration les maîtres de l’allocation locale de la terre, notamment par la résolution des conflits d’usage. De même, la ressource en eau ne change pas nécessairement de statut avec les réformes libérales, mais le laisser-faire est susceptible d’encourager des clients de l’État, au détriment de petites paysanneries ne disposant pas du capital pour s’approprier les ressources profondes. Sur les marchés agricoles libéralisés, le gouvernement de l’État s’appuie sur des formes de décharge auprès d’opérateurs économiques sous son contrôle. Dans la région, en milieu rural notamment, les logiques de libéralisation n’opposent pas toujours de manière explicite des classes (Harvey, 2006), mais passent le plus souvent par l’arbitrage plus ou moins formalisé des conflits que ces logiques de dérégulation suscitent. L’ « informalisation » de l’action de l’État (Elyachar 2005) est parfois une voie de propagation de la libéralisation, invisibilisant en partie des modes de gouvernement indirect. Des études locales sont donc susceptibles de restituer le caractère instable de l'avènement de la libéralisation et la contestation des formes de pouvoir qu’elle induit (Benidir, 2021).
Les différentes modalités du néolibéralisme (laisser-faire, organisation des marchés, dérégulation des politiques publiques) peuvent être observées dans les politiques de développement durable. Elles peuvent être véhiculées par des opérations de transfert des paradigmes de développement depuis les sphères globales vers les modèles de gestion promus par l’État, ou procéder des dynamiques locales de conflits et d’appropriation qui tentent de profiter de ces reconfigurations de politiques et d’instruments. Ces dynamiques rendent compte de configurations néolibérales fort variées, même si des tendances générales d’exclusion sont à l’œuvre, selon les espaces nationaux ou les territoires considérés. Les équilibres instables entre acteurs confrontés à des dynamiques de marché erratiques, à des relations à l’État contrastées et des rapports de pouvoir évolutifs au gré des changements dans les ressources institutionnelles, politiques et économiques, révèlent des tensions et des alliances entre des groupes sociaux jouant des cartes différentes en fonction de leurs intérêts. Typiques des processus de libéralisation, ces articulations entre acteurs variés tissent des formes de gouvernement incomplètes et instables.
Au-delà du fait que les injustices sociales au Maghreb relèvent du fonctionnement inégalitaire des États et des politiques publiques (Bono et al., 2015), y compris dans une perspective historique si l’on considère le legs colonial (Dahou, 2018) et sa reproduction dans l’État développementiste, il apparaît opportun de questionner le programme de développement durable mené aussi bien au nom de l’environnement que de l’accumulation marchande. S’il est enclin à une faible prise en charge du critère d’équité, c’est par péché originel, qui consiste à concevoir ses actions à l’aune exclusive de sa matrice néolibérale. Les modalités de mise en œuvre du développement durable font la part belle aux instruments marchands de régulation des ressources et de leur allocation (Buscher et Fletcher, 2020). Les formes d’association entre acteurs publics et privés sont presque toujours la règle dans les politiques de développement durable et il est essentiel de saisir leurs dynamiques concrètes pour comprendre comment sont générées les inégalités. Il est utile de revenir sur la notion de développement durable, au-delà du caractère performatif et positif qui caractérise ses énoncés, pour interroger la charge d’économie libérale qu’elle porte, et ainsi mieux appréhender ses déclinaisons et impacts selon les contextes historiques et anthropologiques (Mc Cormack, 2017).
L’objet central de ce dossier est de produire une analyse des contradictions des politiques de développement durable en confrontant les discours sur la durabilité des perspectives économiques et les contraintes de conservation des ressources. Derrière la coloration des objectifs de développement durable se jouent non seulement des enjeux de conservation de la biodiversité et des ressources, gage de reproduction sociale à long terme des communautés, mais également la distribution équitable ou non des ressources et des revenus qui leur sont associés. Cette analyse de la construction sociale de la rareté, aggravée par les dérèglements climatiques, est susceptible de mettre à jour les inégalités qui en découlent.
Une démarche de political ecology (Robbins, 2019), articulant examen de la construction sociale des inégalités et analyse des effets matériels des politiques sur les ressources et les écosystèmes, conduit à s’intéresser aux impacts concrets des dispositifs de développement durable. Il s’agit de saisir les accaparements de ressources cachés derrière les narratifs de production verte ou bleue, ou de responsabilité sociale et environnementale, à partir d’études empiriques de la mise en œuvre des nouvelles politiques de développement durable. En plus de l’analyse des effets matériels et sociaux de ce renouvellement des politiques de croissance, l’attention se porte sur les transformations des formes de gouvernement qu’elles suscitent. Au-delà de la distribution des ressources, il est crucial d’être attentif aux rapports de pouvoir entre acteurs. Cette analyse cherche à apprécier les reconfigurations des pouvoirs entre État et société, à partir des changements institutionnels, plus particulièrement des régulations public/privé résultant de ces transformations.
Axes thématiques
La question de la productivité des ressources, placée comme un objectif incontournable du développement durable dans le cadre d’une rationalisation de leur gestion plus économe, s’impose à travers une logique de rationnement. Néanmoins, cette dernière tend à affecter plus particulièrement l’accès pour certaines catégories d’acteurs, notamment celles ayant un pouvoir d’investissement ou d’agencéité plus limité. Nous interrogerons ainsi ces processus à partir de différentes perspectives d’échelles et enjeux.
Axe 1 – Les droits de propriété
Les mécanismes de privatisation empruntent des voies complexes dans la mesure où les statuts juridiques des terres et des ressources ne sont pas nécessairement transformés, mais évoluent au fil de logiques de dérégulation et de règlements des conflits qui leur sont liés. L’État tient donc un rôle déterminant dans ces processus en agissant sur le zonage des espaces en promouvant des droits d’usufruits variés et inégaux qui entérinent progressivement des droits d’appropriation, sans passer nécessairement par la privatisation des terres. Ces processus s’ancrent à des conflits qui reposent sur une mobilisation différenciée des droits dans un contexte de pluralisme juridique. Il est donc pertinent de documenter et d’analyser les recompositions instaurées par les politiques environnementales censées guider les destinations du foncier inscrites dans un contexte de luttes d’appropriation des terres ou des rentes qui en sont tirées dans le cadre marchand. Par exemple, la mise en valeur des espaces forestiers et de ses ressources crée des conflits de propriété qui mettent en jeu des intérêts divergents dans le cadre d’un pluralisme normatif (Turner, 2009). En outre, différents types de projets de développement ou de conservation bouleversent la gestion des terrains domaniaux (Aderghal, 2017) et induisent des transformations des normes foncières et de l’appropriation de l’espace, y compris de manière indirecte avec la privatisation des ressources induites par la mise en valeur du sol, comme l’eau ou les ressources végétales. Les parcours pastoraux ou terrains domaniaux sont ainsi l’objet d’âpres luttes, avec des conflits qui ne passent pas que par l’appropriation de la terre et s’étendent aux ressources connexes selon leurs variations de statut. Les régimes concessionnaires pour exploitation et conservation pourront faire l’objet d’une analyse tant ils se répandent.
Axe 2 – Mise en œuvre de la conservation de la biodiversité et des écosystèmes
Les politiques de conservation sont un champ privilégié de déploiement des instruments de marché avec une volonté de donner un prix à une part croissante de pans entiers de la nature, qui se traduit par des dispositifs de gestion privilégiés (paiement pour services environnementaux, instruments marchands de type labels, mise en œuvre de quotas transférables etc.). Autant de nouveaux instruments à questionner qui ne font pas encore l’objet d’analyses systématiques.
Ainsi, autour de l’économie bleue se développent des codes d’exploitation responsables, ou des aires marines protégées, ou encore des labels de pêche, sans que leurs effets en termes d’accès inégaux aux territoires ou aux espèces ne soient caractérisés.
Les inégalités inhérentes à l’exploitation sylvicole, avec une paupérisation des populations forestières, a induit une redéfinition des méthodes de gestion des espaces forestiers à grand renfort de règles de conservation. Elles suscitent aujourd’hui un certain nombre d’ambiguïtés quant à la réelle prise en charge de l’exploitation et de la conservation des forêts par les populations et stimulent nombre de conflits d’appropriation entre communautés, ou entre ces dernières, des investisseurs et l’État.
Les politiques de conservation des sols, également destinées à pérenniser l’accès à des ressources et à la productivité d’un secteur agricole en crise, conduisent à restreindre les usages des petits exploitants ou de l’élevage transhumant, produisant de nouvelles inégalités.
La dérégulation des marchés agricoles ou sylvicoles se greffe à des politiques étatiques de conservation qui entérinent ainsi des différences d’accès aux espaces et aux ressources, interrogeant autant la légitimité que l’efficacité de l’écologisation de politiques largement influencées par la libéralisation. Dans la mise en œuvre de ces instruments liés aux approches intégrées, on voit souvent poindre l’impact des acteurs marchands sur les solutions fondées sur la nature, où le développement de nouveaux secteurs de mise en valeur des ressources ne font qu’ajouter à l’intensification de l’exploitation marchande au détriment des usages anciens, entraînant raréfaction des ressources et inégalités.
Axe 3 – Problématique de la gestion de l’eau
Derrière les concepts de GIRE (gestion intégrée des ressources en eau) et de gestion efficiente peuvent se cacher un certain nombre d’inégalités dans les usages des ressources, puisqu’au-delà de la rationalisation de l’utilisation de la ressource se joue la continuité de l’accès. Bien souvent, au cours de cette rationalisation par une utilisation moins dispendieuse se joue une réallocation des ressources qui a tendance à concentrer les volumes en faveur d’acteurs capitalistes et au détriment des agricultures familiales ou des aménités environnementales.
Aujourd’hui, l’emphase est mise sur les politiques de hausse de tarification de l’eau pour mieux ajuster offre et demande afin de limiter les prélèvements dans un contexte de raréfaction de la ressource. Ces politiques tendent à transformer les usages de l’eau pour les rendre plus efficaces et moins dispendieux, mais ont également des effets pervers en tendant à concentrer les efforts vers des solutions technologiques qui discriminent les usagers maîtrisant moins le marché et ayant du mal à s’y adapter. Par exemple, le goutte-à-goutte tend à intensifier l’usage de l’eau avec des conséquences d’iniquité dans sa distribution. La mobilisation des sources alternatives d’eau peut également conduire à un plus difficile accès à la ressource pour des espaces ou des usagers périphériques, et tendre vers une réallocation de cette ressource pour d’autres usages que l’alimentation. La question des investissements nécessaires à la production de ces sources nouvelles peut effectivement conduire à des solutions marchandes excluant de petits opérateurs.
Axe 4 – Politiques extractives et responsabilité
Dans les politiques censées mieux encadrer les politiques extractives se développe, à travers différentes dimensions, un cadre juridique définissant mieux la prise en charge des conséquences environnementales et une responsabilisation des acteurs privés sur l’impact de leur exploitation. Une double régulation par le droit et par les normes s’impose ainsi progressivement aux acteurs entrepreneuriaux. Cela vient questionner le statut des études d’impact au sein des logiques de production comme instruments de régulation des entreprises privées. Ces instruments sont à questionner dans leur déclinaison et leur appropriation, en étudiant la manière dont les impacts environnementaux de l’exploitation sont réellement pris en compte et comment ils s’étendent concrètement à la prise en charge de leurs conséquences sociales.
Les logiques de mobilisation de l’expertise par l’État, dans ses relations aux acteurs privés, sont, là aussi, susceptibles de révéler des incohérences dans la mise en œuvre de ces politiques, tout en questionnant les inégalités de prise en charge sociale qu’elles entraînent. Alors que ces entreprises tendent à se substituer à l’État en matière de développement, quelles conséquences ces changements normatifs engendrent-t-ils en matière de justice environnementale ?
Les contributeurs/rices au dossier sont invité/es à interroger ces thématiques privilégiées, mais les propositions peuvent couvrir d’autres champs de déploiement du développement durable comme des tensions et des résistances multiformes qu’il suscite et fortifie : dans le domaine social, l’aménagement du territoire, l’urbanisme et l’habitat.
Modalités de soumission
Envoi de la proposition d’article
Les auteur·e·s s’engagent à lire la ligne éditoriale de la Revue internationale des études du développement et s’engagent à respecter la charte éthique. Le processus de sélection se déroule comme suit selon les dates indiquées dans le calendrier de production ci-dessous. Les auteur·e·s envoient un résumé, en français, anglais ou espagnol, présentant le projet d’article en environ 4 000 signes, espaces comprises, soit environ 500 mots ou une page.
Le fichier Word du résumé, intitulé « NOM DE L’AUTEUR-Proposition-260 », comprend :
- Le titre : court et précis, de 70 signes maximum (avec possibilité d’ajouter un sous-titre)
- La question de recherche, le cadre théorique, le terrain étudié, les principaux résultats
- Une bibliographie (hors du décompte des signes).
Un second fichier Word, intitulé « NOM DE L’AUTEUR-Infos » indique de manière exhaustive les noms et prénoms des auteur·e·s, leur discipline, statut, rattachement institutionnel, adresses courriel, l'indication de l'auteur correspondant.
Calendrier de production
Les auteur·e·s s’engagent à respecter le calendrier indiqué par la rédaction. Les propositions d’articles sont à soumettre
avant le 28 février 2025
aux adresses ci-dessous :
- m.aderghal@gmail.com
- benidir.179@gmail.com
- tarik.dahou@ird.fr
- revdev@univ-paris1.fr
Les auteur·e·s présélectionné·e·s par les coordinateur.ice.s et le comité de rédaction seront prévenu·e·s par l’équipe de la revue la semaine du 5 mars 2025.
Les premières versions des articles, conformes aux consignes aux auteur·e·s de la revue, seront envoyées par les auteur·e·s aux courriels précités avant le 13 mai 2025.
Le processus d’évaluation durera quelques mois, chaque article - anonyme - sera soumis à une double lecture aveugle par des relecteurs extérieurs à la revue, experts sur le sujet traité, et la sortie en librairie de ce n°260 2026-1 est prévue pour mars 2026.
Issue no 260 (2026/1) of the RIED
Editors
- Mohamed Aderghal (Geographer, full professor, faculté des lettres et des sciences humaines – université Mohamed V, Rabat)
- Mohammed Benidir (Sociologist, associate professor, Institut national d’aménagement d’urbanisme – Rabat)
- Tarik Dahou (Anthropologist, research director at the Institut de recherche pour le développement (IRD) – UMR PALOC (CNRS/IRD/MNHN-SU)
Argument
Neoliberalism is not a new phenomenon in the Maghreb: it has long been inspiring economic reforms. These reforms, which are in keeping with the European neighborhood policy, are marked by an international division of labor based on exports to international markets in which states must fit. In the 2000s, a political economy of liberalization emerged in the region (Cammett, 2008). It was mainly analyzed through the prism of public action oriented towards the market and businesses, by identifying the evolution of the modes of government (Catusse, 2008) and the territorial inequalities stemming from government measures (Bono et al., 2015), as well as through social inequalities and the resistance to this new economic order in an authoritarian context. Many sectors were affected by these policies, even if the first studies focused on industries (Cammett, 2007), deindustrialization, and deteriorating terms of trade. Subsequently, researchers paid increased attention to the primary sector, which was also strongly impacted by these policies at the turn of the century (Dahou et al., 2013). Despite rising sustainable development concerns since the 1990s, redefining growth in the primary sector in the region has belatedly taken the environmental question into account.
So far, studies on the Maghreb have drawn little on the contributions of political ecology, apart perhaps marginally from those addressing water management, with an approach likely to account for the growing scarcity of water under the effect of a distribution that favors cash crop agriculture and for its consequences in terms of access inequalities. Land management has also been the subject of studies likely to shed light on the impact of recent reforms, which tend towards the creation of a land market, through a focus on the marginalization, whether potential or actual, of small farmers in the region. However, these approaches have placed little emphasis on environmental justice (Deldrève et al., 2019), despite the inequalities that run through such issues. Sustainable development has scarcely been the subject of critical analysis, even though its policies extend to many sectors, including those based on unabashed productivism. In this thematic issue, the aim is thus to propose a critical analysis framework for the sustainable development with which the states in the region comply in a normative and instrumental manner, leading to a growing number of measures that have an impact in terms of power (Davis, 2006).
Neoliberalism in the Maghreb takes on specific forms, to the extent that the state remains central due to the allocation of structuring factors, such as land and water, having often reconstituted its investment resources (Mayaux and Rousseau, 2021). Subsidy policies are now geared towards private initiative and the development of businesses in the primary sector. Although the markets are partly deregulated, they are not less often influenced by the state’s clients, with standards that restrict competition to the detriment of small productive or commercial actors. Therefore, liberalization involves the strengthening of market mechanisms through standards as much as through state intervention favoring types of production that are autonomous from social mechanisms such as rent sharing and environmental problem mitigation, although the state remains the guarantor in the end. By applying differentiated productive and environmental standards, the state evicts some actors and sometimes even subjugates civil society and certain social movements.
The advent of neoliberalism cannot be reduced to univocal privatization and it makes the state a strategic actor in a contingent process (Heynen and Robbins, 2005; Castree, 2005). This process is visible in the way in which Maghreb states have renegotiated the land reforms promoted by international institutions, with privatization as the ultimate outcome, and have applied them tacitly, by making some of their civil servants the masters of local land allocation, in particular through the resolution of conflicts of use. Similarly, the status of water resources does not necessarily change with liberal reforms, but laissez-faire is likely to encourage the state’s clients, to the detriment of small farmers who do not have the capital to appropriate deep resources. On liberalized agricultural markets, the state government relies on delegating to economic operators under its control. In the region, particularly in rural areas, liberalization does not always explicitly oppose classes (Harvey, 2006), but most often it involves the more or less formalized arbitration of the conflicts to which deregulation gives rise. The “informalization” of state action (Elyachar 2005) is sometimes a channel through which liberalization spreads, partly making indirect modes of government invisible. Local studies are thus likely to account for the unstable nature of the advent of liberalization and the challenging of the ensuing forms of power (Benidir, 2021).
The different forms of neoliberalism (laissez-faire, market organization, and the deregulation of public policies) can be observed in sustainable development policies. They can be conveyed by the transfer of global development paradigms to state-promoted management models, or stem from local dynamics of conflict and appropriation as some try to take advantage of these reconfigured policies and instruments. These dynamics reflect extremely varied neoliberal configurations, depending on the national spaces or territories considered, even if the general trend at work is one of exclusion. Tensions and alliances between social groups that play different cards according to their interests come to light through the unstable balance between actors confronted with erratic market dynamics, contrasting relations with the state, and evolving power relations following the changes in institutional, political, and economic resources. Through such links between diverse actors, which are typical of the liberalization process, incomplete and unstable forms of government take shape.
Beyond the fact that social injustices in the Maghreb are due to the unequal way in which the state and its public policies operate (Bono et al., 2015), including from a historical perspective when considering the colonial legacy (Dahou, 2018) and its reproduction in the developmental state, it seems appropriate to examine the sustainable development program implemented both in the name of the environment and of market accumulation. If this program is likely to scarcely consider equity as a criterion, it is due to its original sin: designing its actions exclusively in the light of its neoliberal matrix. The methods to implement sustainable development give pride of place to market instruments for regulating resources and their allocation (Buscher and Fletcher, 2020). Forms of association between public and private actors are almost always the rule in sustainable development policies, and it is essential to grasp their concrete dynamics to understand how inequalities are generated. Beyond the performative and positive nature of the discourse associated with sustainable development, it is useful to return to this very notion, so as to examine its liberal economic leanings, and thus better understand its variations and impact according to the historical and anthropological context (McCormack, 2017).
The foremost aim of this thematic issue is to produce an analysis of the contradictions of sustainable development policies by examining the discourse on the sustainability of economic prospects along with the constraints of resource conservation. Behind the coloration of sustainable development goals, not only are biodiversity and resource conservation – which are a guarantee of the long-term social reproduction of communities – at stake, but also the equal or unequal distribution of resources and of the income associated with them. This analysis of the social construction of scarcity, a phenomenon worsened by climate change, is likely to reveal the inequalities that result from it.
Combining the examination of the social construction of inequalities and the analysis of the material effects of policies on resources and ecosystems, a political ecology approach (Robbins, 2019) leads to taking an interest in the concrete impact of sustainable development measures. The aim is to capture the resource grabbing hidden behind claims of green or blue production, or social and environmental responsibility, based on empirical studies of the implementation of new sustainable development policies. In addition to the analysis of the material and social effects of these new growth policies, the focus will be on the transformations of the forms of government that they give rise to. Beyond resource distribution, it is crucial to be attentive to the power relations between actors. This analysis aims to assess the reconfiguration of power between state and society, based on institutional changes and, more specifically, on the public/private regulations resulting from these transformations.
Lines of inquiry
The question of resource productivity, which is presented as an imperative objective of sustainable development in the rationalization of more careful resource management, is imposed through rationing logics. However, rationing tends to have more impact on access for certain categories of actors, in particular those with less investment power or agency. These processes will thus be examined from the perspective of different scales and stakes.
Line of inquiry 1 – Property rights
The channels for privatization can be complex insofar as the legal status of land and resources is not necessarily transformed, but evolves along with the related deregulation and conflict resolution. The state plays a decisive role in these processes through the zoning of spaces and by promoting diverse and unequal usufruct rights that gradually confirm appropriation rights, without necessarily privatizing the land. These processes latch onto conflicts that stem from a differentiated use of rights in a context of legal pluralism. It is hence relevant to document and analyze the restructuring due to environmental policies that are meant to guide land uses in a context of struggles for land appropriation or the related commercial rents. For example, the exploitation of forests and their resources creates property conflicts that bring divergent interests into play in the context of normative pluralism (Turner, 2009). In addition, different types of development or conservation projects disrupt the management of state-owned land (Aderghal, 2017) and lead to transformations in land standards and space appropriation, including indirectly with the privatization of resources stemming from land development, such as water or plant resources. Rangeland or state-owned land is thus the subject of bitter struggles, with conflicts that involve not only land appropriation but also the related resources according to their variations in status. Concessionary regimes for exploitation and conservation may be the subject of analysis as they have become increasingly widespread.
Line of inquiry 2 – Implementing biodiversity and ecosystem conservation
Conservation policies are a privileged field for market instruments that aim to put a price on whole swaths of nature, thus translating into privileged management measures (payment for environmental services, market instruments such as labels, implementation of transferable quotas, etc.). All these new instruments have not yet been the subject of systematic analyses and should be examined.
Thus, codes of sustainable exploitation, marine protected areas, or even fishing labels have been developing with the blue economy, although their effects in terms of unequal access to territories or species have not been characterized.
The inequalities inherent in forestry exploitation, with the impoverishment of forest populations, have led to a redefinition of forest management methods with the help of conservation rules. Today, these methods give rise to a certain number of ambiguities regarding the real management of forest exploitation and conservation by populations, and give rise to a number of appropriation conflicts between communities, or between communities, investors, and the state.
Soil conservation policies, which also aim at perpetuating the access to resources and the productivity of an agricultural sector in crisis, lead to use restrictions for small farmers or transhumant livestock farmers, producing new inequalities.
The deregulation of agricultural or forestry markets comes on top of state conservation policies that thus confirm differences in access to spaces and resources, leading to question both the legitimacy and the effectiveness of the greening of policies that are largely influenced by liberalization. In the implementation of these instruments related to integrated approaches, the impact of commercial actors on nature-based solutions can often be seen when the growth of new sectors for resource development only adds to intensifying commercial exploitation to the detriment of old uses, leading to resource scarcity and inequalities.
Line of inquiry 3 – Water management
A number of inequalities in resource use can be concealed by the concepts of IWRM (integrated water resources management) and efficient management, since the continuity of access is at stake beyond rationalized resource use. Very often, during the rationalization process through a less wasteful use, what is at stake is a reallocation of resources that tends to concentrate volumes to the advantage of capitalist actors and to the detriment of family farming or environmental amenities.
The emphasis is placed nowadays on policies that increase water prices to better adjust supply and demand in order to limit use in a context of resource scarcity. These policies tend to transform water uses to make them more efficient and less wasteful, but also have adverse effects by tending to concentrate efforts on technological solutions that discriminate against those users who have less control over the market and have trouble adapting to it. For example, drip irrigation tends to intensify water use, thus resulting in inequity in its distribution. The use of alternative water sources may also lead to more difficult access to the resource for peripheral areas or users, and may tend towards a reallocation of this resource for uses other than food. The question of the investments needed for the production of these new sources may indeed lead to market solutions that exclude small operators.
Line of inquiry 4 – Extractive policies and accountability
In the measures meant to better regulate extractive policies, a legal framework has been developing across different dimensions. It better defines the management of environmental consequences and the accountability of private actors when it comes to the impact of their resource development. A double regulation through laws and standards has thus gradually been imposed on businesses. This calls for examining the status of impact studies within production as instruments to regulate private companies. The various forms of these instruments and their appropriation should be examined, by studying how the environmental impact of resource development is actually taken into account and how it concretely extends to the management of its social consequences.
In its relations with private actors, the fact that the state resorts to expertise is also likely to reveal inconsistencies in the implementation of these policies, while shedding light on the social support inequalities entailed. While these companies tend to replace the state in terms of development, what consequences do these normative changes bring about in terms of environmental justice?
Contributors to this thematic issue are invited to examine the aforementioned lines of inquiry, but their proposals may also cover other fields related to sustainable development, such as the multifaceted tensions and resistances that it gives rise to and strengthens: in the social field, in regional planning, in urban planning, and in housing.
Submission details
Submitting the proposal
The authors must submit an abstract in French, English, or Spanish, presenting their proposal in approximately 4,000 characters (with spaces), i.e. about 500 words or one page.
The Word file for the abstract must be entitled “AUTHOR’S SURNAME-Proposal-260,” and must include:
- the title: short and precise, 70 characters maximum (with the possibility of adding a subtitle);
- the research question, the theoretical framework, the fieldwork, and the main results;
- the bibliographical references (not included in the character count).
For each author, a second file entitled “AUTHOR’S SURNAME-info” must include their first name and last name, their discipline, status, institutional affiliation, email address, and the name of the corresponding author.
For the proposals to be examined, it is essential that they follow these guidelines. Their suitability to the call for papers will be determined by the guest editors and the journal’s editorial board.
Publication Calendar
The authors agree to comply with the calendar.
The proposals must be submitted by February 28, 2025 to:
- m.aderghal@gmail.com
- benidir.179@gmail.com
- tarik.dahou@ird.fr
- revdev@univ-paris1.fr
The authors preselected by the editors and the editorial committee will be notified by the editorial team the week of March 5, 2025.
The first draft, following the journal’s guidelines for authors, must be submitted by the authors to the aforementioned email addresses by May 13, 2025.
The evaluation process will take a few months; each – anonymous – article will be submitted to a double blind peer review by two external reviewers who are experts on the topic. Requesting a first version of the article does not constitute a commitment from the journal to publish the aforementioned article, which must be approved by the editorial committee, following the different steps in the evaluation process. No 260 2026-1 is expected to be published in March 2026.
n°260 (2026/1) de la Revista
Coordinación del número
- Mohamed Aderghal (geógrafo, profesor de la faculté des lettres et des sciences humaines – université Mohamed V de Rabat)
- Mohammed Benidir (sociólogo, profesor titular, Institut national d’aménagement d’urbanisme – DINAU, Rabat)
- Tarik Dahou (antropólogo, director de investigación del Institut de recherche pour le développement – IRD) – UMR PALOC (CNRS/IRD/MNHN–SU)
Argomentos
El neoliberalismo no es un fenómeno reciente en el Magreb: las reformas económicas que se inspiran en él son antiguas, se inscriben en políticas de vecindad europea y están marcadas por un posicionamiento de los Estados en una división internacional del trabajo basado en la exportación a los mercados internacionales. A partir de los años 2000, surge una política de liberalización (Cammett, 2008). Su análisis se ha basado, principalmente, sobre la acción pública dirigida hacia el mercado y la empresa, a través del descifrado de la evolución de las formas de gobierno (Catusse, 2008) y de las desigualdades territoriales que tal política de liberalización promovió (Bono et al., 2015), así como sobre las desigualdades sociales y las resistencias a este nuevo orden político en un contexto autoritario. Los sectores afectados por estas políticas fueron numerosos, incluso si los primeros trabajos trataron sobre el sector industrial (Cammett, 2007), la desindustrialización y el deterioro de los términos del intercambio. Posteriormente, aquellos condujeron a una mayor atención al sector primario que se vio, asimismo, ampliamente afectado por estas políticas hacia el cambio de siglo (Dahou et al., 2013). A pesar del auge de las problemáticas del desarrollo sostenible a partir de los años 1990, la redefinición de las problemáticas de crecimiento del sector primario integró la cuestión medioambiental de manera diferida en esta área geográfica.
Hasta la fecha, los trabajos sobre el Magreb se han inspirado poco de las aportaciones de la political ecology, con la excepción, quizás, de aquellos que abordaron, marginalmente, la cuestión de la gestión del agua con un planteamiento susceptible de constatar la disminución del recurso bajo el efecto de una distribución orientada hacia la agricultura de renta y de sus consecuencias en términos de desigualdades de acceso. Las cuestiones de gestión de la tierra han sido también objeto de estudios que revelan los impactos de las recientes reformas, con una tendencia a la creación de un mercado de la tierra, haciendo hincapié en la marginalización, potencial o efectiva, de pequeñas comunidades campesinas de la región. Sin embargo, estos enfoques destacaron levemente los desafíos de justicia medioambiental (Deldrève et al., 2019), a pesar de las dinámicas de desigualdades que estudian estos desafíos. La cuestión del desarrollo sostenible no ha sido objeto todavía de un análisis crítico, mientras que sus políticas tienden a expandirse a numerosos sectores, incluidos aquellos que reposan en un productivismo asumido. Por lo tanto, en este número se trata de proponer un contexto de análisis crítico del desarrollo sostenible al que los Estados de la región se ajustan, de manera normativa e instrumental, y que da lugar al auge de mecanismos que tienen un impacto en términos de poder (Davis, 2006).
En el Magreb, el neoliberalismo reviste formas particulares, en la medida en que el Estado se sigue manteniendo en el centro del juego a partir de la asignación de factores estructurantes, como la tierra y el agua, habiendo reconstituido, a menudo, sus medios de inversión (Mayaux & Rousseau, 2021). Las políticas de subvenciones se dirigen, actualmente, hacia la iniciativa privada y el desarrollo de empresas en el sector primario. Los mercados, a pesar de estar parcialmente desregularizados, están influenciados por los clientes del Estado, con normas que limitan la competencia, en detrimento de los pequeños actores productivos o comerciales. Las lógicas de liberalización pasan, por lo tanto, tanto por el refuerzo de mecanismos de mercado por las normas como por lógicas de intervención del Estado a favor de tipos de producción empoderados de los mecanismos sociales de reparto de rentas y de atenuación de problemas medioambientales, a pesar de que el Estado sea siempre el garante. Al aplicar de forma diferenciada sus normas productivas y medioambientales, está al origen de dinámicas de evicción de ciertos actores y, en ocasiones, incluso de meter en cintura la sociedad civil y ciertos movimientos sociales.
La llegada del neoliberalismo no se reduce, por consiguiente, a lógicas de privatización unívocas y convierte al Estado en actor estratégico de un proceso contingente (Heynen & Robbins, 2005; Castree, 2005). Ello se observa en la manera en la que los Estados renegocian las reformas de la tierra promovidas por las instituciones internacionales, cuyo horizonte es la privatización, y las aplican tácitamente, al convertir a los agentes de la administración en los amos de la asignación local de la tierra, especialmente a través de la resolución de los conflictos de su uso. Asimismo, el recurso hídrico no cambia de estatus, necesariamente, con las reformas liberales, pero la no intervención es probable que pueda incentivar los clientes del Estado, en detrimento de pequeños núcleos campesinos que no disponen de capital para apropiarse los recursos profundos. En lo referido a los mercados agrícolas liberalizados, el gobierno del Estado se apoya en formas de descarga hacia operadores económicos que se encuentran bajo su control. En la región, especialmente en medio rural, las lógicas de liberalización no oponen siempre, de forma explícita las clases (Harvey, 2006), pero recurren, la mayoría de las veces, al arbitraje más o menos formalizado de los conflictos que tales lógicas de desregularización suscitan. La “informalización” de la acción del Estado (Elyachar, 2005) es, a veces, una vía de propagación de la liberalización, haciendo invisible, en parte, formas de gobierno indirecto. Estudios locales pueden, por lo tanto, restituir el carácter inestable de la llegada de la liberalización y la contestación de formas de poder que induce (Benidir, 2021).
En las políticas de desarrollo sostenible se pueden observar diferentes modalidades de neoliberalismo (no injerencia, organización de mercados, desregularización de políticas públicas). Estas pueden llevarse a cabo a través de operaciones de transferencia de paradigmas de desarrollo desde las esferas globales hacia los modelos de gestión promovidos por el Estado, o pueden proceder de dinámicas locales de conflictos y de apropiación que intentan beneficiarse de estas reconfiguraciones de políticas y de instrumentos. Estas dinámicas reflejan configuraciones neoliberales muy variadas, incluso si tendencias generales de exclusión son implementadas, según los espacios nacionales o los territorios considerados. Los equilibrios inestables entre actores confrontados a tales dinámicas de mercado erráticas, a relaciones al Estado contrastadas y de relaciones de poder evolutivos en función de cambios en los recursos internacionales, políticos y económicos, revelan tensiones y alianzas entre grupos sociales que juegan cartas diferentes en función de sus intereses. Estas articulaciones entre actores variados, típicas de los procesos de liberalización, crean formas de gobierno incompletas e inestables.
Más allá del hecho que las injusticias sociales en el Magreb ponen de manifiesto un funcionamiento desigual de los Estados y de las políticas públicas (Bono et al., 2015), incluso en una perspectiva histórica si tenemos en cuenta el legado colonial (Dahou, 2018) y su reproducción en el Estado desarrollista, parece oportuno cuestionar el programa de desarrollo sostenible implementado, tanto en nombre del medioambiente como de la acumulación mercantil. Si es proclive a una débil asunción del criterio de equidad, es por pecado original, consistente en concebir sus acciones en función exclusiva de su matriz neoliberal. Las modalidades de implementación del desarrollo sostenible destacan los instrumentos mercantiles de regulación de recursos y de su asignación (Buscher & Fletcher, 2020). En las políticas de desarrollo sostenible las formas de asociación entre actores públicos y privados son, casi siempre, la regla y resulta esencial captar sus dinámicas concretas para comprender cómo se generan las desigualdades. Resulta útil retomar la noción de desarrollo sostenible, más allá del carácter performativo y positivo que caracteriza sus enunciados, para interrogar la carga de economía liberal que lleva consigo, y así, aprehender mejor sus declinaciones e impactos según los contextos históricos y antropológicos (McCormack, 2017).
El objeto central de este dossier es llevar a cabo un análisis de las contradicciones de las políticas de desarrollo sostenible confrontando los discursos sobre la durabilidad de las perspectivas económicas y las dificultades de conservación de los recursos. Detrás de la coloración de los objetivos de desarrollo sostenible se juegan, no solamente retos de conservación de la biodiversidad y de los recursos, garantía de reproducción social a largo plazo de las comunidades, sino también la distribución equitativa o no equitativa de los recursos y de los ingresos asociados. Este análisis de la construcción social de la rareza, agravada por el cambio climático, puede revelar las desigualdades resultantes.
Un planteamiento de political ecology (Robbins, 2019), que articule un examen de la construcción social de las desigualdades y un análisis de los efectos materiales de las políticas sobre los recursos y los ecosistemas, conduce a interesarse por en los impactos concretos de los mecanismos de desarrollo sostenible. Se trata de comprender las apropiaciones de recursos escondidos detrás de las narraciones de producción verde o azul, o de responsabilidad social y medioambiental, a partir de estudios empíricos de la implementación de nuevas políticas de desarrollo sostenible. Además del análisis de los efectos materiales y sociales de esta renovación de políticas de crecimiento, la atención se centra en las transformaciones de las formas de gobierno que promueven. Más allá de la distribución de recursos, es crucial estar atento a las relaciones de poder entre actores. Este análisis busca valorar las reconfiguraciones de poderes entre Estado y sociedad a partir de cambios institucionales, más concretamente, de las regulaciones público/privado resultantes de tales transformaciones.
Ejes temáticos
La cuestión de la productividad de los recursos, concebida como un objetivo ineludible del desarrollo sostenible en el contexto de una racionalización de su gestión más eficiente, se impone a través de una lógica de racionamiento. Sin embargo, esta última tiende a perjudicar más particularmente el acceso a ciertas categorías de actores, especialmente, aquellas que disponen de un poder de inversión o de agentividad más limitado. Así, cuestionaremos este proceso a partir de diferentes perspectivas de escalas y de retos.
Eje 1 – Los derechos de propiedad
Los mecanismos de privatización toman vías complejas en la medida en que el estatus jurídico de las tierras y de los recursos no son necesariamente transformados, pero evolucionan a través de lógicas de desregularización y de reglamentos de conflictos a los que están ligados. El Estado tiene, por lo tanto, un rol determinante en estos procesos al intervenir en la ordenación territorial de los espacios promoviendo derechos de usufructo variados y desiguales que confirman de forma progresiva derechos de apropiación sin pasar, necesariamente, por la privatización de las tierras. Estos procesos se enraízan a conflictos que reposan en una movilización diferenciada de derechos en un contexto de pluralismo jurídico. Por ello, es pertinente documentar y analizar las recomposiciones instauradas por las políticas medioambientales que, supuestamente, guían los destinos de la tierra inscritos en un contexto de luchas de apropiación de tierras o de rentas obtenidas en un contexto mercantil. Por ejemplo, la puesta en valor de espacios forestales y de sus recursos crea conflictos de propiedad que ponen en juego intereses divergentes en el contexto de un pluralismo normativo (Turner, 2009). Además, diferentes tipos de proyectos de desarrollo o de conservación alteran la gestión de terrenos públicos (Aderghal, 2017) y provocan transformaciones de normas de gestión de la tierra y de la apropiación del espacio, incluso indirectamente, con la privatización de recursos derivados del aprovechamiento de la tierra, como el agua o los recursos vegetales. Así, los pastizales o terrenos públicos son objeto de luchas encarnizadas, con conflictos que no se reducen únicamente a la apropiación de la tierra sino que se extienden a los recursos conexos según sus variaciones de estatus. Debido a su generalización, los regímenes concesionarios para explotación y conservación podrán ser objeto de un análisis.
Eje 2 – Implementación de la conservación de la biodiversidad y de los ecosistemas
Las políticas de conservación son un campo privilegiado de implementación de instrumentos de mercado con una voluntad de atribuir un precio a una parte creciente de sectores enteros de la naturaleza, que se traduce por mecanismos de gestión privilegiados (pago por servicios medioambientales, dispositivos mercantiles del tipo sello, implementación de cuotas transferibles, etc). Tantos nuevos instrumentos susceptibles de ser cuestionados que, por el momento, no son objeto de análisis sistemáticos.
Así, alrededor de la economía azul se desarrollan códigos de explotación responsables, o áreas marinas protegidas, o sellos de pesca, sin que sus efectos en términos de accesos desiguales a los territorios o a las especies sean caracterizados.
Las desigualdades inherentes a la explotación forestal, con un empobrecimiento de las poblaciones forestales, condujo a una redefinición de los métodos de gestión de los espacios forestales con una gran cantidad de reglas de conservación. Estas suscitan, actualmente, un gran número de ambigüedades en cuanto a la real gestión de la explotación y de la conservación de los bosques por las poblaciones y atizan numerosos conflictos de apropiación intercomunitarias o entre comunidades, inversores y Estado.
Las políticas de conservación de los suelos, destinadas igualmente a perennizar el acceso a recursos y a la productividad de un sector agrícola en crisis, conducen a limitar los usos de los pequeños productores o de la ganadería trashumante, produciendo nuevas desigualdades.
La desregularización de los mercados agrícolas o forestales se une a políticas estatales de conservación que confirman las diferencias de acceso a los espacios y a los recursos, interrogando tanto la legitimidad como la eficacia de la ecologización de políticas ampliamente influenciadas por la liberalización. En la puesta en práctica de estos mecanismos ligados a los enfoques integrados, vemos vislumbrar, a menudo, el impacto de los actores mercantiles sobre soluciones fundadas en la naturaleza, donde el desarrollo de nuevos sectores de valorización de recursos añaden a la intensificación de la explotación mercantil en detrimento de los usos tradicionales, conllevando una rarificación de los recursos y desigualdades.
Eje 3 – El problema de la gestión del agua
Detrás de los conceptos de gestión integrada de recursos hídricos (GIRH) y de gestión eficiente pueden esconderse cierto número de desigualdades en el aprovechamiento de los recursos puesto que, más allá de la racionalización de la utilización del recurso, se juega la continuidad del acceso. A menudo, durante esta racionalización a través de una utilización menos costosa, se juega una relocalización de recursos que tiende a concentrar los volúmenes en favor de actores capitalistas y en detrimento de agriculturas familiares o de amenidades medioambientales.
Actualmente, el énfasis se centra en las políticas de aumento de tarificación del agua para ajustar mejor la oferta y la demanda para limitar las extracciones en un contexto de rarificación del recurso. Estas políticas tienden a transformar los usos del agua con la finalidad de hacerlos más eficaces y menos costosos, pero también tienen efectos perversos al tender a concentrar los efectos hacia soluciones tecnológicas que discriminan a los consumidores controlando menos el mercado y teniendo dificultades para adaptarse. Por ejemplo, el goteo tiende a intensificar el uso del agua con consecuencias de inequidad en su distribución. La movilización de recursos hídricos alternativos puede conducir, igualmente, a un acceso más difícil al recurso para los espacios y consumidores periféricos y tender hacia una redistribución de este recurso para otros usos que no sean alimentarios. La cuestión de las inversiones necesarias a la producción de estos nuevos recursos puede conducir, efectivamente, a soluciones mercantiles que excluyen pequeños operadores.
Eje 4 – Políticas de extracción y responsabilidad
En las políticas que pretenden controlar mejor las políticas de extracción se desarrolla, a través de diferentes dimensiones, un marco jurídico que define mejor la gestión de las consecuencias medioambientales y una responsabilización de los actores privados sobre el impacto de su explotación. Por ello, se impone progresivamente a los empresarios una doble regulación a través del derecho y de las normas. Esto cuestiona el estatus de los estudios de impacto en el seno de las lógicas de producción como instrumentos de regulación de las empresas privadas. Estos instrumentos deben ser cuestionados en cuanto a su declinación y apropiación a través del estudio de la forma en que se toman en cuenta los impactos medioambientales de la explotación y cómo estos últimos se amplían de forma concreta a la asunción de sus consecuencias sociales.
Las lógicas de movilización del conocimiento por el Estado, en sus relaciones con los actores privados pueden manifestar, aquí también, incoherencias en la implementación de estas políticas cuestionando, al mismo tiempo, las desigualdades de atención social que provocan. Mientras que estas empresas tienden a sustituir al Estado en materia de desarrollo, ¿cuáles son las consecuencias de estos cambios normativos en materia de justicia medioambiental?
Los contribuyentes al dossier podrán interrogar estas temáticas privilegiadas pero las propuestas pueden abordar otros campos de implementación del desarrollo sostenible como las tensiones y resistencias de diferente naturaleza que este suscita y refuerza: en el ámbito social, de ordenación del territorio, del urbanismo y del hábitat.
Modalidades de presentación de las proposiciones / Participación al Dossier del n°260 (2026/1) de la Revista
Envío de la propuesta de contribuciones
Los autores se comprometen a consultar la línea editorial de la Revue internationale des études du développement y a cumplir con la carta ética y las recomendaciones a los autores.
El processo de selección se desarrolla como sigue, según las fechas indicadas en el siguiente calendario de producción.
Las propuestas de contribuciones, en francés, inglés o español, presentan el proyecto de artículo en más o menos 4.000 caracteres (con espacios), equivalentes a unas 500 palabras o una página.
El documento Word del resumen, titulado “NOMBRE DEL AUTOR-Proposición-260”, incluirá:
- El título: corto y preciso, de 70 caracteres máximo (con la posibilidad de añadir un subtítulo);
- El objeto de investigación, el marco teórico, el terreno estudiado, los principales resultados;
- Una bibliografía (no incluida en el número de caracteres).
Un segundo documento Word titulado “NOMBRE DEL AUTOR-Informaciones” indicará, exhaustivamente, los nombres y apellidos de los autores o las autoras, su disciplina, estatus, vinculación institucional, direcciones de correo electrónico, indicación del autor correspondiente.
Estos elementos son indispensables para el examen de la propuesta de artículo. La adecuación de la propuesta al llamamiento a contribución es comprobada por los coordinadores y las coordinadoras y por la redacción de la revista.
Cronograma
Los autores y las autoras se comprometen a respetar el cronograma indicado para la redacción.
Las propuestas de artículos deben ser enviadas
antes del 28 de febrero del 2025
a las siguientes direcciones electrónicas:
- m.aderghal@gmail.com
- benidir.179@gmail.com
- tarik.dahou@ird.fr
- revdev@univ-paris1.fr
- Los autores o las autoras preseleccionados por los coordinadores y las coordinadoras y el comité de redacción serán informados o informadas por el equipo de la revista la semana del 5 de marzo del 2025.
- Las primeras versiones de los artículos, conformes a las instrucciones de los autores y las autoras de la revista, serán enviadas por los autores y autoras a las direcciones de correo electrónico citadas anteriormente antes del 13 de mayo del 2025.
- El proceso de evaluación durará varios meses, cada artículo – anónimo – será sometido a una doble lectura a ciegas por relectores ajenos a la revista, expertos del tema tratado, y este número 260 2026-1 saldrá a la venta en librerías en marzo del 2026.