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La voix des choses

The Voice of Things

La vocce delle cose

“PHILM” Journal of Philosophy and Cinema #6

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Publié le mercredi 06 mai 2026

Résumé

De nombreux films pourraient illustrer ce que Michel Chion a observé avec clarté : il suffirait de soustraire le son à une séquence d’images en mouvement pour que sa cohérence perceptive commence à se défaire. Le son participe à la constitution même de l’image cinématographique : il en soutient la temporalité, en organise l’espace, en modèle la présence sensible.

Annonce

Argumentaire

De nombreux films pourraient illustrer ce que Michel Chion a observé avec clarté : il suffirait de soustraire le son à une séquence d’images en mouvement pour que sa cohérence perceptive commence à se défaire. Le son participe à la constitution même de l’image cinématographique : il en soutient la temporalité, en organise l’espace, en modèle la présence sensible. Et pourtant, la question du sonore au cinéma ne coïncide pas simplement avec l’avènement historique du son au cinéma. Les pratiques de sonorisation en direct ont accompagné l’expérience filmique dès ses origines, et bien avant le développement des techniques de synchronisation entre son et image, le cinéma semblait déjà convoquer un son interne à l’image – un son virtuel, implicite, retenu dans son évidence visuelle propre. Le piano qui dégringole les escaliers dans The Music Box de Laurel et Hardy, ne porte-t-il pas déjà en lui une évidence sonore, comme si le son avait toujours habité la puissance sensible de l’image ?

De là la question que ce numéro de PHILM entend poser : sous quelles formes le sonore excède-t-il, déplace-t-il ou redéfinit-il ce qui se voit ? Que se passe-t-il à l’image lorsque le son ne coïncide plus avec la source visible censée le garantir ? Une figure célèbre de cet excès est ce que Chion lui-même a nommé l’acousmêtre : une voix dont la source – ou l’origine – demeure énigmatique, une voix sans corps, un fantôme sensoriel qui est partout, qui voit tout, qui sait tout et qui peut tout, et qui pour cette raison même altère le rapport entre corps, espace et présence. Mais la question de la scission entre voix et corps, portée à sa limite, en ouvre une plus vaste : le cinéma rend sensible une dimension impersonnelle du sonore – bruits, vibrations, échos, rumeurs, silences, atmosphères acoustiques et paysages sonores qui ne renvoient pas nécessairement à une source identifiable, mais qui participent de manière essentielle à la construction de l’image cinématographique. La situation acousmatique est le seuil par lequel le cinéma nous fait habiter un niveau plus radical, où ce qui résonne n’est plus réductible à un corps singulier. PHILM #6 entend interroger précisément ce niveau du rapport entre sonore et visuel : le son comme résonance du monde, comme champ sensible qui contient corps, objets, paysages et dispositifs, tout en les traversant et en les excédant. Dans cette perspective, le cinéma ne se borne pas à enregistrer des sons, mais met en forme une relation entre le visible et l’audible où le monde apparaît comme ce qui résonne, persiste et affleure dans ses restes, ses traces, ses survivances sonores.

Il s’agit d’une résonance qui n’est jamais simplement immédiate. La « voix des choses » est aussi toujours manipulée, reproduite, amplifiée, transmise, interceptée : elle passe par des microphones, des dispositifs d’enregistrement, des appareils téléphoniques, des systèmes de surveillance, des supports techniques et des médiations acoustiques qui transforment le rapport entre présence, distance et perception. Interroger le sonore au cinéma, c’est donc interroger aussi les formes techniques de cette médiation.

PHILM invite ainsi, pour ce numéro monographique, des contributions explorant le rapport entre sonore et image dans le cinéma à partir des questions dégagées ci-dessus : la dissociation entre son, corps et source ; la dimension impersonnelle du sonore ; ses formes de médiation technique. Seront bienvenus les essais qui abordent le sonore comme atmosphère, seuil perceptif, matière relationnelle, principe de dislocation de l’image et forme de manifestation de ce qui, dans l’expérience, excède la pleine présence visible.

Thèmes indicatifs et variantes possibles

  • La fonction constitutive du son dans l’image cinématog-raphique ;
  • La question du sonore dans le cinéma muet et les formes d’u-ne sonorité implicite ou virtuelle de l’image ;
  • L’acousmêtre et la dissociation entre son, corps et source ;
  • Photogénie et phonogénie (Epstein) ;
  • Le paysage sonore, le bruit, le champ acoustique ;
  • La spatio-temporalité acoustique dans l’image cinématog-raphique ;
  • Le silence comme suspension, tension ou espace de réson-ance ;
  • Les sonorités impersonnelles du monde : machines, animaux, éléments naturels, villes et architectures ;
  • Le rapport entre sonore, mémoire, spectre, archive et trace ;• Les seuils entre humain et non-humain dans la construction du champ acoustique ;
  • Les dispositifs techniques de médiation du son : microphones,
  • enregistreurs, bandes magnétiques, synthétiseurs, haut-parleurs, téléphones, appareils de surveillance, etc. ;
  • Les formes de reproduction, transmission, amplification et réfraction du son ;
  • Les implications esthétiques, ontologiques et politiques du so-nore dans son rapport au visible.

Modalités de contribution

Veuillez envoyer un résumé de 1000 caractères maximum (espaces compris) avant le 1er septembre 2026 à l’adresse du comité de rédaction : philm.redazione@gmail.com, en précisant le titre de la proposition, la rubrique de la revue à laquelle vous souhaitez contribuer (Scritture ou Tracce) ainsi qu’une brève biographie de l’auteur. Les propositions seront évaluées par le comité de rédaction et les résultats de la sélection vous seront communiqués par e-mail avant le 30 septembre 2026. Les contributions sélectionnées devront ensuite être soumises avant le 1er mai 2027 et feront l’objet d’une évaluation par les pairs en double aveugle. Les contributions, rédigées et composées spécifiquement pour la revue, doivent s’inscrire dans l’une des sections suivantes :

*Scritture : essais approfondis consacrés au thème spécifique du numéro, d’une longueur comprise entre 25000 et 35000 caractères (espaces et notes compris) ;

*Tracce : articles plus brefs, consacrés à des films individuels ou à des œuvres vidéo-artistiques, toujours en lien avec le thème du numéro, d’une longueur comprise entre 15000 et 20000 caractères (espaces et notes compris).

La publication du volume est prévue pour la fin de l’année 2027.

Catégories


Dates

  • mardi 01 septembre 2026

Fichiers attachés

Mots-clés

  • philosophy, cinema, sound, voice

Contacts

  • philm.redazione@gmail.it
    courriel :

Source de l'information

  • Luca Cardone
    courriel : luca [dot] cardone [at] univr [dot] it

Licence

CC0-1.0 Cette annonce est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC0 1.0 Universel.

Pour citer cette annonce

« La voix des choses », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 06 mai 2026, https://doi.org/10.58079/166hm

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