Veröffentlicht am Dienstag, 02. Juni 2026
Zusammenfassung
Comment les techniques et les technologies – de l’écriture littéraire aux intelligences artificielles, des jeux vidéo aux plateformes numériques – participent-elles à la fabrication des identités, des récits de soi et des formes de subjectivation ? C’est la question centrale que le séminaire annuel du laboratoire PoLiCÉMIES propose d’explorer lors de cette édition. L’appel ne réduit pas l’artificialité à la seule question de l’intelligence artificielle. Il l’entend dans un sens plus large : celui de la fabrication, de la mise en forme, de l’élaboration des cadres symboliques et matériels à travers lesquels une expérience de soi devient pensable.
Inserat
Cet appel s’adresse aussi bien à des chercheur·ses confirmé·es qu’à des jeunes chercheur·ses, artistes-chercheur·ses, praticien·nes de la recherche-création, doctorant·es ou porteur·ses de projets en cours. Il s’agit moins de rassembler des interventions sur un thème d’actualité que de construire un espace de travail commun autour d’un problème à la fois ancien et très actuel : comment penser les formes d’identité dans un monde saturé de médiations techniques, culturelles et symboliques ? Et comment produire des savoirs à la hauteur de ces transformations ?
Présentation
Ce séminaire propose d’interroger la manière dont les techniques et les technologies, anciennes et contemporaines, participent à la fabrication des identités, des récits de soi et des formes de subjectivation. De l’écriture littéraire aux réseaux sociaux, des jeux vidéo aux intelligences artificielles, des formes artistiques classiques, aux créations les plus contemporaines, il s’agit d’analyser comment les dispositifs de médiation transforment nos manières de nous représenter, d’entrer en relation et d’exister dans l’espace social.
À première vue, l’expression « identités artificielles » peut sembler renvoyer à une somme de représentations attendues telles que les identités simulées, produites, relayées ou augmentées. Mais l’intérêt de cette formule tient précisément à ce qu’elle déplace rapidement la question. Elle ne conduit pas seulement à interroger les formes artificielles de l’identité rendues visibles par les technologies contemporaines ; elle oblige plus profondément à revenir sur la notion même d’identité, à partir des médiations qui la rendent possible, la configurent, la stabilisent, mais aussi la troublent.
Le terme d’identité circule entre plusieurs régimes de savoirs et plusieurs scènes sociales. Il touche à la permanence du sujet, aux formes de reconnaissance collective, aux procédures d’identification administrative et juridique, aux constructions narratives du moi, aux appartenances politiques, aux assignations culturelles, aux conflits de légitimité...L’enjeu de ce séminaire n’est donc pas de proposer une théorie générale de l’identité, mais d’examiner comment, dans des contextes historiques et culturels variés, certaines techniques et certaines technologies participent à la production de formes d’identité – individuelles, collectives, narratives, administratives, juridiques, artistiques, politiques, culturelles, visuelles ou algorithmiques.
Quant à la notion d’artificialité, elle ne doit pas être entendue dans un sens strictement technologique, ni réduite à la seule question de l’intelligence artificielle. Elle renvoie plus largement au domaine de l’artifice, c’est-à-dire de la fabrication, de la composition, de la mise en forme, de l’élaboration de cadres symboliques et matériels à travers lesquels une expérience de soi devient pensable. En ce sens, parler d’« identités artificielles » ne revient pas à opposer une forme supposément authentique à un double dégradé par la technique. Cela revient au contraire à supposer que l’identité est déjà prise dans des médiations, des supports, des langages, des signes, des images, des procédures et des institutions.
Pour PoLiCÉMIES, cette entrée a un intérêt particulier car elle permet de placer au centre la question de la médiation. Il ne s’agit pas seulement d’étudier des objets techniques ou des usages sociaux, mais de porter l’attention sur l’espace même où se nouent les rapports entre soi, les autres et le monde. Les techniques et les technologies nous relient aux choses, aux autres, aux espaces, aux mémoires et aux institutions ; mais ce lien n’est jamais immédiat. Il est toujours configuré par des formes, des protocoles, des dispositifs d’inscription, de visualisation, de circulation, de sélection, de calcul ou de mise en récit. En ce sens, la médiation ne se contente pas de transmettre : elle produit un certain monde, un certain rapport au monde, et avec lui un certain rapport à soi.
Si les « identités artificielles » se déploient dans des formes souvent mouvantes, distribuées, performatives et médiées, alors leur analyse ne relève sans doute pas uniquement des cadres académiques les plus classiques. Elles appellent aussi des démarches capables d’articuler enquête théorique, attention aux dispositifs, lecture critique des formes culturelles, mais aussi expérimentation, mise en forme sensible, visualisation, narration, fiction, performance, prototypage ou exposition. Ce nouveau séminaire proposé par l’équipe de recherche de PoLiCÉMIES accordera ainsi une place importante à la recherche-création et, plus largement, aux formes contemporaines de production de connaissances.
Les propositions pourront aller des formes académiques classiques provenant de toutes les branches des sciences sociales à des formats plus expérimentaux.
Axes
Les contributions pourront notamment porter sur les questions suivantes :
- Médiations et constructions de l’identité : Écriture, récits de soi, dispositifs d’énonciation, formes de visibilité, cadres de reconnaissance, procédures d’identification et d’authentification.
- Identités numériques, ludiques et algorithmiques : Profils, avatars, plateformes, réseaux sociaux, jeux vidéo, IA génératives, environnements immersifs, systèmes de recommandation, profilage, simulation et automatisation.
- Identité, pouvoir et conflictualité : Appartenances, normes, assignations, catégorisations, contrôle, surveillance, gouvernementalité, conflits de légitimité, politiques de la reconnaissance, de modération, citoyenneté numérique, construction de communautés virtuelles, deepfakes...
- Identité, géopolitique et soft power : Fabrique des récits nationaux, influence et souveraineté culturelles, géopolitique des identités.
- Identités artificielles, circulations et transitions culturelles : Diasporas numériques, communautés de fans, commodification des identités, folklorisation, algorithmes de tri, mobilités et espaces de transit.
- Recherche-création et nouvelles épistémologies : Pratiques expérimentales, dispositifs sensibles, visualisation, prototypage, narration spéculative, enquête-création, formes hybrides de restitution et de production de connaissance.
Organisation du séminaire
- Le séminaire se déroulera d’octobre 2026 à juin 2027, à raison d’une dizaine de séances, organisées le jeudi après-midi.
- Les séances auront lieu en mode hybride, avec une possibilité de participation à distance, afin de favoriser l’ouverture nationale et internationale du séminaire.
- Chaque séance durera 2 heures et pourra accueillir jusqu’à trois intervenant·es maximum.
Format des séances
- 20 minutes de présentation par intervenant·e
- Environ 1 heure de discussion collective en fin de séance
- 3 interventions maximum par séance
Le séminaire accordera une place importante à la discussion, entendue comme espace de construction collective et non comme un simple complément aux communications.
Formats attendus
Le séminaire accueillera :
- des communications académiques classiques ;
- des présentations de recherche en cours ;
- des performances ;
- des propositions relevant de la recherche-création ou de formats hybrides.
Certaines séances pourront être explicitement réservées à ces formes non classiques.
Langues
- Les propositions pourront être soumises et présentées en français ou en anglais.
Disciplines concernées
- L’appel est ouvert à toutes les disciplines concernées par ces questions, avec une attention particulière aux disciplines représentées au sein de PoLiCÉMIES : philosophie, études politiques, droit, littérature, études culturelles, urbanisme, sciences de l’information et de la communication, arts, design et recherche-création.
Publication
Le séminaire a vocation à donner lieu, à terme, à une publication collective. Celle-ci pourra prendre la forme d’un dossier thématique, d’un ouvrage collectif ou d’une autre forme éditoriale à définir en fonction des contributions réunies et des partenariats possibles.
L’un des objectifs du séminaire est précisément de faire émerger, au fil des séances, un espace commun de réflexion susceptible de déboucher sur une production scientifique collective.
Modalités de contribution
Les propositions devront comporter :
- un titre ;
- un résumé de 300 à 500 mots ;
- une courte notice bio-bibliographique de 100 à 150 mots ;
- l’indication du format proposé : communication, recherche en cours, performance,
- œuvre, prototype, dispositif, autre ;
- le cas échéant, quelques éléments techniques si la proposition implique un format spécifique.
Les propositions pourront être envoyées en français ou en anglais à l’adresse : policemies-direction@univ-lr.fr
Calendrier
- Diffusion de l’appel : 1 juin 2026
- Date limite de soumission : 1er septembre 2026
- Réponse aux participant·es : 15 septembre 2026
- Début du séminaire : 15 octobre 2026
- Fin du séminaire : 24 juin 2027
- Travail éditorial / publication : à partir de juillet 2027
Comité d’organisation
Laboratoire PoLiCÉMIES, La Rochelle Université
Quelques repères bibliographiques
- Appadurai, A. (1996). Modernity at Large : Cultural Dimensions of Globalization. University of Minnesota Press.
- Canclini, Néstor, Ciudadanos reemplazados por algoritmos. Guadalajara / Bielefeld / San José / Quito / Buenos Aires, CALAS, 2019.
- Cardon, Dominique, Culture numérique. Paris, Presses de Sciences Po, 2019.
- Couldry, Nick ; Hepp, Andreas, The Mediated Construction of Reality. Cambridge, Polity Press,
2017.
- Couldry, Nick ; Mejias, Ulises A. (2019). The Costs of Connection. How Data Is Colonizing Human Life and Appropriating It for Capitalism. Stanford, Stanford University Press.
- Dipesh Chakrabarty (2000). Provincializing Europe : Postcolonial Thought and Historical Difference. Princeton University Press.
- Jeanneret, Yves, Y a-t-il (vraiment) des technologies de l’information ? Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, nouv. éd. revue et corrigée, 2011.
- Latour, B. (2005). Reassembling the Social : An Introduction to Actor-Network-Theory. Oxford University Press.
- Martín-Barbero, Jesús, De los medios a las mediaciones. Comunicación, cultura y hegemonía. Bogotá, Convenio Andrés Bello, 1998.
- Ricœur, Paul, Soi-même comme un autre. Paris, Seuil, 1990.
- Rouvroy, Antoinette ; Berns, Thomas, « Gouvernementalité algorithmique et perspectives d’émancipation. Le disparate comme condition d’individuation par la relation ? », Réseaux, 2013/1, n° 177, p. 163-196.
- Sassen, S. (2006). Territory, Authority, Rights : From Medieval to Global Assemblages. Princeton,
Princeton University Press.
- Seaver, Nick, “Captivating Algorithms : Recommender Systems as Traps”, Journal of Material Culture, 24(4), 2019, p. 421–436.
- Simondon, Gilbert (1958), Du mode d’existence des objets techniques. Paris, Aubier.
- Zuboff, Shoshana (2019), The Age of Surveillance Capitalism. The Fight for a Human Future at
the New Frontier of Power. New York, PublicAffairs.
Kategorien
Orte
- 1 Parvis Fernand Braudel - 17000 - La Rochelle
La Rochelle, Frankreich (17)
Veranstaltungsformat
Hybridveranstaltung
Daten
- Dienstag, 01. September 2026
Anhänge
Schlüsselwörter
- identités artificielles, identité, médiation, algorithme, subjectivation, artificialité, recherche-création, numérique, gouvernementalité, dispositif, interdisciplinarité
Kontakt
- Diego JARAK
courriel : diego [dot] jarak [at] univ-lr [dot] fr - Laboratoire PoLiCÉMIES
courriel : policemies-direction [at] univ-lr [dot] fr
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Informationsquelle
- Diego JARAK
courriel : diego [dot] jarak [at] univ-lr [dot] fr
Lizenz
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Zitierhinweise
« Identités artificielles : de l'écriture aux algorithmes », Beitragsaufruf, Calenda, Veröffentlicht am Dienstag, 02. Juni 2026, https://doi.org/10.58079/16bdv

