Abstract
Cet atelier de recherche se consacre à des pratiques initialement au centre des économies de subsistance populaires, désormais investies par d’autres fractions de l’espace social, telles que l’affouage, la cuisine, la couture ou la mécanique. Que font ces réappropriations aux modalités populaires de la pratique ? Cette revalorisation ne conduit-elle pas à invisibiliser, à concurrencer, voire à faire disparaître, les formes plus populaires de ces mêmes pratiques ? En réunissant des travaux consacrés à différentes fractions et à plusieurs champs de l’espace social – des classes populaires précarisées aux classes supérieures économiques et culturelles –, cet atelier de recherche vise à confronter les usages sociaux hétérogènes des pratiques de subsistance et, plus largement, à contribuer aux analyses de la recomposition des formes de domination.
Announcement
Présentation
Cet atelier de recherche vise à interroger les déplacements historiques et sociaux des pratiques initiallement au centre des économies de subsistance populaires et, conjointement, des individus qui les réalisent. Comment les trajectoires socio-historiques des pratiques informent-elles sur les trajectoires des différents groupes sociaux et sur les mutations des assignations de genre ? Ces déplacements socio-historiques transforment-ils la signification sociale des pratiques, du point de vue des lieux de leur réalisation, de leur durée et des équipements utilisés pour celles-ci ? Plus encore, devient-elle symboliquement et socialement plus rémunératrice ? Si oui, pour qui ? En d’autres termes, la recherche de pratiques « alternatives », au nom de l’authenticité, de l’épanouissement ou de l’écologisation du mode de vie, ne conduit-elle pas à invisibiliser, à concurrencer, voire à menacer de disparition, les formes plus populaires de ces mêmes pratiques ? Inversement, ne peut-on pas aussi imaginer que des formes différentes, car socialement hétérogènes, d’une même pratique puisse co-exister, voire que les classes populaires puissent elles aussi tirer profit de la revalorisation symbolique de certaines de leurs pratiques et des compétences associées ? Dans quelle mesure la revalorisation de ces pratiques participe-t-elle à effacer partiellement les frontières de classe et à remettre en jeu les assignations genrées ou, au contraire, à renforcer ces mêmes frontières ?
Programme des séances (2026)
Séance 1. Se distinguer par les pratiques de subsistance
19 mars 2026 - 15-17h - S’approprier les pratiques populaires (1) | Réunion-Joindre | Microsoft Teams
- Jade Payan (CSO, Sciences Po Paris), « Se distinguer parmi les chasseurs : la valorisation d’une pratique “éthique” »
- Océane Sipan (LEESU, ENPC), “Écologisation du quotidien, travail du goût et réappropriation de pratiques populaires chez les ménages urbains engagés dans la démarche zéro déchet"
Séance 2. Marchandiser la subsistance
22 avril 2026 - 15-17h - S’approprier les pratiques populaires (2) | Réunion-Joindre | Microsoft Teams
- Klara Babińska (Clersé, Université de Lille et Institut National de la Recherche Scientifique, Québec), “Captation marchande et métamorphose des savoir-faire populaires dans le dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée”
- Marion Michel (CARISM, Université Panthéon Assas), “Des créatrices de contenus qui promeuvent la frugalité ? Rôle du diplôme et du genre dans la promotion de pratiques de déconsommation sur les réseaux socionumériques”
Séance 3. La subsistance alimentaire sous tensions
22 mai 2026 - 15-17h - S’approprier les pratiques populaires (3) | Réunion-Joindre | Microsoft Teams
- Héloïse Ferber (Iris, EHESS), “La “bonne manière” de se nourrir collectivement : étude des frictions de classe entre initiatives alimentaires d’un même quartier”
- Blandine Mortain (Clersé, Université de Lille) : “Imaginer une caisse locale de l’alimentation dans un territoire urbain précarisé : quelle place pour les classes et les pratiques populaires ?”
Séance 4. La subsistance saisie par les mobilités
10 juin 2026 - 15-17h - S’approprier les pratiques populaires (4) | Réunion-Joindre | Microsoft Teams
- Gabrielle Rey (CENS, Nantes Université), “Le droit à jardiner... sur des terres polluées. Aspirations au jardinage et risques sanitaires pour des petites classes moyennes urbaines en ascension sociale”
- Vic Sessego (Printemps, UVSQ et Cems, EHESS), “Des pratiques de subsistance aux pratiques du faire soi-même : une mutation des pratiques et du sens associé aux pratiques avec l’ascension sociale ?”
Séance 5. Ce que le militantisme fait à la subsistance
24 juin 2026 - 15-17h - S’approprier les pratiques populaires (5) | Réunion-Joindre | Microsoft Teams
- Alice Gatinot (CERIES, Université de Lille), “Réappropriation des pratiques de subsistance dans les “communs” : des perspectives d’alliances de classes par l’auto-organisation ?”
- Jimmy Grimault (GEOLAB, Université de Limoges), “Contestation antinucléaire et appropriation néo-rurale de l’affouage dans les campagnes populaires du nord-est”
Event attendance modalities
Full online event
Keywords
- subsistance, réappropriation, domination, classes sociales, genre
Contact(s)
- Maud Hetzel
courriel : maud [dot] hetzel [at] ehess [dot] fr
License
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To cite this announcement
« S’approprier les pratiques populaires », Seminar, Calenda, Published on Monday, June 08, 2026, https://doi.org/10.58079/16cp9
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