Écouter les mondes habités
Pratiques sonores, écologies et transformations spatiales
Abstract
Le colloque « Écouter les mondes habités. Pratiques sonores, écologies et transformations spatiales », porté par le CRESSON, se tiendra au Centre Culturel International de Cerisy (Normandie, France) du 25 au 29 mai 2027. Ce colloque propose de réunir chercheur·ses, praticien·nes, artistes et professionnel·les autour des multiples manières d’interroger les mondes habités par et avec le son. En plaçant l’écoute au cœur des réflexions, il s’intéresse aux pratiques sonores, aux enjeux écologiques, politiques et sociaux de l’écoute, aux méthodologies d’enquête ainsi qu’à l’intégration du sonore dans les processus de transformation de l’espace.
Announcement
Argumentaire
Écouter nos milieux de vie, c’est conscientiser, enquêter et raconter comment ils sonnent ; comment ils résonnent. Cette attention par-ticulière, qui part de l’oreille et engage le corps dans sa totalité, permet d’appréhender de manière singulière l’expérience immédiate située tout autant que la trame de fond de nos expériences quo-tidiennes. Au-delà d’une alternative sensorielle à l’omniprésence du visuel, le son introduit le mouvement, le rythme et la profondeur dans l’expérience perceptive du lieu grâce à sa richesse polyphonique, mais aussi par son caractère diffus et en-veloppant. Il se fabrique, se propage et se transforme au sein de l’envi-ronnement dans lequel et par lequel il est éprouvé, indissociable de celui-ci. Il permet alors de rendre sensibles des dimensions de l’en-vironnement peu accessibles par d’autres modes d’attention. Pour cela, il a longtemps constitué un point d’entrée et reste encore au-jourd’hui un point d’accroche pour appréhender, projeter et interroger les ambiances et le sensible, de manière située, dans nos milieux de vie.
L’objectif de ce colloque à Cerisy est de proposer un temps d’échange et de discussion entre les différentes pratiques qui in-terrogent le monde par et avec le son. Il sera l’occasion de discuter des évolutions de cette thématique dans les travaux de recherche, opérationnels, pédagogiques et artistiques à travers toutes les formes de mobilisation de l’écoute.
En positionnant l’écoute comme enjeu central, on propose de questionner un mode d’attention actif et situé qui dépasse l’ex-périence sensorielle sonore. L’écoute est envisagée comme une manière d’être attentif, disponible à ce qui émerge dans une situation donnée, mais aussi comme une mise en résonance avec les milieux, avec soi et avec les autres. En re-configurant les priorités sensorielles, elle invite à une autre conscience spatiale, temporelle et affective, et constitue autantunepostured’enquêtequ’un moyen de partage et de mise en projet.
Ni analytique ni extractive, cette posture incarnée, située et poreuse ouvre des possibles méthodo-logiques, esthétiques et cognitifs pour l’étude et la transformation desespaceshabités, enpermettant notamment d’appréhender les relations directes et diffuses entre les vivants, les croisements d’échelles, les chevauchements de temporalités et d’espaces, mais aussi les vécus et les spécificités sensiblesdesexpériencesordinaires et extraordinaires situées.
Écouter, c’est accueillir « ce qui arrive » ici et maintenant, en étant attentif au milieu dans lequel nous sommes ; une attention particulière quisembled’autantplusnécessaire dans un monde contemporain qui change plus rapidement, et peut-être plus radicalement qu’avant.
L’appel à communication est structuré autour de cinq axes thématiques pouvant être croisés :
Écoute, dispositifs et creations sonores
- Comment recherche(s) et créa-tion(s) nous font écouter les mondes actuels ? Comment transforment-elles nos possi-bilités d’écoute ?
Que ce soit dans le cadre d’une pratique artistique, de recherche ou de recherche-création, la création sonore constitue autant un outil d’exploration que de production. Elle permet de révéler et de projeter des dimensions sensibles de l’en-vironnement en renouvelant notre manière de “lire” le monde par l’écoute en transformant l’attention et/ou en faisant porter attention (Freychet, 2022).
L’objectif principal de cet axe est de discuter cette transformation de l’écoute par les pratiques et formes de créations - qui conjuguent rapports esthétiques, outils, méthodes d’enquête et postures décalées/décadrées incitant à percevoir autrement, autre chose.
Ces pratiques peuvent tout aussi bien s’incarner à travers des ins-tallations situées (des dispositifs spatiaux, sonoreset pluri-sensoriels), des performances, attitudes et postures (field recording, promena-des/jeux sonores, etc.) ou encore des créations sonores spécifiques (compositions, miseenécoute, etc.) (Labelle, 2006). La création se ne limite pas ici uniquement à la pratique artistique, mais permet d’explorer les relations entre son, écoute, espace et société.
Offrant plus qu’une objectivité du monde, elle contribue à le façonner, àmodifierlesfaçonsdelepercevoir, de le comprendre et d’y prêter attention.
Cet axe thématique peut comprendre des propositions sous forme de communications, per-formances, séances d’écoute, dis-positifs ou créations sonores. Il est aussi l’occasion d’exercer un recul réflexif sur l’apport des pratiques créatives à la recherche et in-versement (Voegelin, 2010).
Écoute et écologies, écologies de l’écoute
- Comment les questions éco-logiques transforment les manières de prêter oreille, et inversement ? Comment le son permet-il de penser par et avec les milieux et les vivants dans les mondes scientifiques et ar-tistiques ?
Les questions écologiques sont aujourd’hui au cœur des enjeux de nos sociétés contemporaines et le son figure comme un point d’entrée majeur pour aborder ces sujets dans de multiples dis-ciplines. En effet, il participe à requestionner nos manières d’entrer en relation avec le monde et de lui prêter attention. Par l’analyse du signal par exemple, le son a pris une place centrale dans les méthodes d’observation des mondes habités avec les dis-ciplines de l’écoacoustique ou de la bioacoustique qui cherchent à mieux comprendre et décrire les écosystèmes acoustiques (Stowell et Sueur, 2020). Dans la musique et dans la recherche-création, l’écologie sonore propose de faire converger « écoute musicale » et « écoute écologique » afin « d’intensifier la relation que nous en-tretenons avec nos différents mondes » (Freychet, 2022). Là encore, il est question de réfléchir aux modes d’attention par une écoute des environnements, des autres et du commun, au cœur des relations entre vivants.
Décadrer et affiner notre com-préhension des dynamiques écologiques, c’est également percevoir leurs transformations – notamment par les effets des activités humaines – en révélant « les multiples facteurs res-ponsables de la perte de bio-diversité » (Quinn et al., 2023, traduction libre) et comment ils se prolongent dans le rapport que les individus entretiennent avec les milieux.
Le son, autant qu’il permet de quantifier ou de qualifier le vivant dans un environnement, constitue également un opérateur de dé-placement écologique pour les sciences de l’espace et les sciences humaines et sociales en décadrant les lectures anthro-pocentrées des milieux habités ou en en révélant certaines dimensions (spatiales, tem-porelles, relationnelles). Selon les modalités d’écoute (situées, mé-diatisées, collectives, expéri-mentales, etc.), ce sont ainsi dif-férentes qualités d’ambiance qui émergent, et donc différentes manières de décrire, d’interpréter et de projeter ces environnements sensibles.
Il s’agit aujourd’hui d’intégrer de manière plus globale les sons d’un environnement en ques-tionnant des catégories et notions préalablement établies (paysage sonore, objet sonore, effet sonore, anthropophonie, biophonie, tech-nophonie, etc.) au prisme du changement de perspective qu’impliquent les réflexions contem-poraines sur le sujet. Cela implique notamment le croisement de plusieurs disciplines et pratiques du sonore en combinant des approches métrologiques, analyse du signal, observations situées, enquêtes, pratiques créatives, afin d’étudier, de comprendre et d’éprouver de nouvelles postures écologiques par l’écoute et de nouvelles écoutes écologiques.
Cet axe thématique peut comprendre des propositions sous forme de communications, per-formances, séances d’écoute, dis-positifs ou créations sonores qui proposent d’explorer les façons dont l’écoute permet de percevoir, expérimenteretpenserlesrelations entre humains, vivants et milieux, à travers des approches scien-tifiques, artistiques ou sensibles.
Écoute, pouvoirs et résistances
- Comment les mondes sonores choisis ou subis, permettent de comprendre, traduire, transformer ou encore de résister aux enjeux politiques de nos mondes ?
L’émergence des sound studies a permis d’affirmer la dimension sociale et politique du sonore. Construit sur l’idée que les sons ne sont pas neutres, l’écoute apparaît alors comme un outil critique. Participantàl’organisation de nos sociétés, il permet d’étudier les rapports de pouvoir, les normes et conflits s’inscrivant dans nos environnements sonores(Le Guern, 2017). Dans ce sens, le sonore est un enjeu politique majeur de nos sociétés et participe à définir ce qui est considéré comme acceptable ou non dans l’espace social. Au-delà de l’intensité pouvant être vécue comme dérangeante, les sons et le bruit sont perçus différemment selon les contextes sociaux, culturels et spatiaux dans lesquels ils s’inscrivent (Pecqueux, 2012). Ces différences révèlent des inégalités sociales et spatiales, certains groupes étant davantage exposés par rapport à d’autres. C’est dans ce contexte que des environnements sonores, notamment populaires, sont réduits au silence au profit de la norme. Certains espaces urbains ont été transformés en zones de calme où « les sons historiques, culturels et communautairessontsupprimés» (O’Keeffe, 2017, traduction libre). Ainsi, le sonore semble entretenir une hiérarchie sociale, où certains environnements sonores sont progressivement exclus ou silenciés, au profit d’ordre et de maîtrise.
En parallèle, face aux logiques de domination, le sonore peut devenir un objet de contestation et de résistance. Les usages du son peuvent ainsi être mobilisés dans des contextes politiques afin de faire entendre une voix, affirmer des identités, structurer des ap-partenances. Par ailleurs, certaines pratiques musicales ou sonores, notamment dans l’espace urbain, peuvent également participer à desformesd’expressionpolitiques. La musique notamment, permet d’occuper l’espace public et de rendre audibles des expériences sociales souvent marginalisées.
Le sonore constitue enfin une archive sensible, un témoignage permettant de laisser des traces et de rendre audibles des réalités souvent invisibilisées. Dans des contextes de violences, de guerre ou encore de catastrophes, le son documente les expériences sensiblesetentretientlesmémoires collectives (Papaeti, 2020 ; Poupin, 2023). L’écoute est considérée ici comme une pratique politique qui offre une autre lecture des rapports de pouvoir, des inégalités et des formes de résistance aussi bien qu’elle permet de mettre en lumière (et en son) certains enjeux et d’en garder la trace.
Cet axe thématique peut comprendre des propositions sous forme de communications, per-formances, séances d’écoute, dis-positifs ou créations sonores en interrogeant ces enjeux à travers des enquêtes de terrain, des pratiques sonores, artistiques, documentaires ou des approches critiques.
L’écoute, outil et posture d’enquête
- Qu’est-ce que l’écoute suppose en termes d’outils, de posture et de manières de faire recherche ? Comment enquêter implique d’écouter, et comment cela nous emmène-t-il au-delà du sonore et de l’écoute elle-même ?
Plus qu’un simple outil, l’écoute est aussi une manière de faire de la recherche. Dans un monde très oculocentré, l’écoute offre une ap-préhension différente qui plonge le/lachercheur·sedansune“totalité spatiale contiguë“ (Barbanti, 2023), effaçant la distance entre le sujet et son environnement. En ce sens, l’écoute permet d’appréhender des éléments invisibles à l’œil nu – in-teractions entre êtres vivants, cadre de vie des habitants, ambiances sonores de lieux, dynamiques en-vironnementales, etc. – nous présentantl’environnementdefaçon singulière ; l’écoute comme méthode et outil d’enquête permet de saisir différemment les phénomènes. Il est alors nécessaire de prendre en compte les conditions dans lesquelles les sons sont perçus et donc “de les rapporter aux conditions concrètes de leur apparition (…) et aux usages pratiques et sociaux qui les ac-tualisent” (Thibaud, 2016). Cette pratique sensible et située des espaces habités “rassemble là où l’œil sépare” (Chelkoff, 2021) en tissant une relation entre individus, espaces et phénomènes sensibles. Dans ce cadre, l’écoute nous permet de prendre conscience “de nos empreintes sur le monde” (Chelkoff, 2021) et notamment d’adopter une posture critique vis-à-vis des politiques environne-mentales, sociales et urbaines (Babin, 2017).
Dès lors, écouter ce n’est pas uniquement capter des sons, mais s’accorder et s’adresser à un en-vironnementdans toute sa complexité et toutes ses dimensions. Il s’agit ici d’interroger comment l’écoute comme outil et comme posture teinte de manière plus ou moins importante les pratiques de recherche. Ne se limitant pas à capter et analyser les sons, elle permet d’accéder à une forme de savoir situé, sensible, et relationnel.
Cet axe thématique peut comprendre des propositions sous forme de communications, per-formances, séances d’écoute, dis-positifs ou créations sonores. Les propositions pourront explorer des démarches d’enquête, des expéri-mentations méthodologiques, des dispositifs participatifs et plus largement toutes pratiques de recherche qui mobilisent l’écoute.
Écoute et espace : acteurs et processus de projet
- Quelle place pour le son dans les processus de projets ? Comment l’écoute est intégrée dans les pratiques de transformation de l’espace ? Quels impacts sur son utilisation par les différents acteurs ?
Un des enjeux de la mobilisation du sonore et plus spécifiquement d’une prise en compte de l’écoute dans les processus de conception est sa capacité à hybrider les approches méthodologiques dans la compréhension et la projection des formes, des matérialités et des usages de l’espace, que ce soit par la mesure, l’observation, l’enquête, le relevé, la simulation, la repré-sentation ou le récit. Néanmoins, dans les processus de projet et de transformation de l’espace, les questions sonores ont longtemps été réduites à celles de la lutte contre le bruit et les nuisances, malgré de multiples avancées sur ces sujets, et ce depuis plusieurs décennies. Les travaux sur la question, au-delà d’une intensité ou d’une typologie de “bruits”, abordent en effet le sonore comme un résultat d’interactions entre les formes urbaines, les matériaux, les usages et les conditions environnementales (Kang, 2019). Ces constats ont marqué un changement dans les travaux spé-cialisés où il n’est plus aujourd’hui question de considérer le son à travers les seules nuisances, mais en l’intégrant pleinement comme outil de projet des environnements vécus et de l’expérience sensible des espaces. De multiples outils et méthodes découlent de ces réflexions, qu’il s’agisse de ré-pertoires s’attachant à qualifier des configurations sonores afin de les identifier ou de les reproduire (Augoyard et al, 1995), d’outils d’enquête pour parler et faire parler du son autrement (Augoyard, 2001) ou encore des outils de projet pour penser des configurations sonores (Chelkoff et al., 2003) ou les écouter (Marchal, 2021). Malgré cela, ces réflexions peinent à infuser dans les pratiques et chez les acteurs de la conception de l’espace. On constate que la difficulté à “rendre opérationnelle la question du sensible” (Geisler et Manola, 2014) dansdespratiquesetdesméthodes de conception encore particu-lièrement centrées sur le visuel reste un frein très fort.
Certaines initiatives parviennent à intégrer le sonore dans leurs décisions de planification, que ce soit par la conception directe d’ex-périences acoustiques. Des trans-formations s’opèrent également danslespratiquesprofessionnelles et habitantes avec une évolution des enjeux et des cadres de projet (Geisler et Manola, 2014). C’est à travers une prise en compte conjointedesdimensionsspatiales, sociales et sensibles, que le sonore est intégré dans des processus de projet, en mobilisant des outils tels que des entretiens, des promenades sonores, des cartes sensibles, de la mesure ou encore delasimulation. Il estainsipossible de croiser les perceptions des habitants, des experts et des concepteurs avec et par l’écoute.
Cet axe thématique cherche à préciser comment l’écoute est - ou peut devenir - aujourd’hui un élément structurant des processus de projet, permettant de faire dialoguer les dimensions techniques, sensibles, sociales et spatiales, sans perdre de vue les risques associés à une survalorisation d’environnements sonores contrôlés et idéalisés. En cela, il peut comprendre des propositions sous forme de communications, performances, séances d’écoute, dispositifs ou créations sonores. Les propositions attendues pourront porter sur des projets, démarches de conception ou ex-périmentations utilisant l’écoute dans les pratiques architecturales, urbaines ou paysagères, et sur des outils et méthodes permettant d’intégrer les dimensions sensibles dans les processus de projet.
Communications propositions envisagées
Un ou plusieurs formats d’échange et de communication pourront être proposés aux intervenant·e·s selon leurs propositions :
- Un format en communication scientifique “classique” (pré-sentation et échanges)
- Un format “radio” qui permettra des échanges sur une thématique entre différents intervenant·e·s (animé en mode discussion et diffusé en direct)
- Un format table ronde qui permettra des échanges sur une thématique entre différents inter-venant·e·s (animé et avec des échanges)
- Un format performance / écoute (dans les différents espaces du château)
- Un format séance d’écoute in situ (adossée à une visite sur place ou aux alentours)
- Un format audio de 5 minutes maximum (créations, mini-podcasts, enregistrements sonores, lectures, etc.). Plusieurs propositions peuventêtrefaites. Cespropositions seront écoutées dans différents espaces du château.
Modalités de soumission
Lespropositionsdecommunication doivent inclure :
- Un titre ;
- Les format(s) envisagé(s) ;
- Un argumentaire en français ou en anglais entre 500 et 1000 mots (maximum 200 mots pour les contributions audio, joindre le/les fichiers audios proposés) et une bibliographie indicative (10 références max).
Contact : ecouterlesmondes@services.cnrs.fr
Diffusion et publication suite au colloque
Nous envisageons ce colloque comme un moment fort et fédérateur des personnes qui tra-vaillent sur la question du sonore et plus largement de l’écoute en France. Une publication (basée sur une sélection de communications) est prévue à la suite du colloque dans un ouvrage collectif et portant surlesactualitésetlesperspectives sur la question sonore et plus largement sur l’écoute.
Afin de prolonger et diffuser plus largement les échanges qui auront lieu pendant le colloque, nous en-visageons l’enregistrement et la diffusion (en direct ou en différé) de certaines interventions. Cette diffusion pourra se faire sur la plateforme de “Radio CRESSON” ou en partenariat avec une radio locale ou nationale.
Calendrier
- Lancement de l’appel à commu-nications : 1er juin 2026
-
Date limite des propositions de communications : 1er septembre 2026
- Information sur la sélection des communications : 1eroctobre 2026
- Programmedéfinitif : 1erdécembre 2026
- Inscriptions : mars 2027
- Colloque : 25-29 mai 2027 (Colloque unique sur 6 jours incluant une journée d’arrivée et une journée de départ. Colloque effectif sur site de 4 jours - 5 nuitées sur site).
Frais
Les colloques de Cerisy se déroulent en pension complète sur place. Afin de produire un moment d’échange scientifique et humain, il est souhaitable que les inter-venant·esrestentsurplacependant toute la durée du colloque. Les frais de séjour s’élèvent à 800 euros pour hébergement + nourriture pour la semaine.
Une cotisation à l’association des colloques de Cerisy de 50 euros sera demandée à tou·te·s les par-ticipant·e·s et intervenant·e·s.
Directeur·rices du colloque
- Théa Manola
- Théo Marchal
Comité d’organisation
- Marc Higgin (Anthropologue, IR CNRS CRESSON-AAU)
- JuL McOisans (Médiaticien, CRESSON-AAU)
- Cedric Pichat (Ingénieur d’Etudes CNRS, CRESSON-AAU)
- Laëtitia Remblin (Géographe, stagiaire CRESSON-AAU)
Comité scientifique
- Pascal Amphoux (Architecte et géographe, Chercheur Associé CRESSON-AAU)
- Claire Brutel-Vuilmet (Ingenieure acousticienne, MCFIUT1-UGA/IGE)
- Denis Chartier (Géographe, PR Université Paris Cité/LADYSS)
- Sébastien de Pertat (Géographe, Post-doc CRESSON-AAU)
- Élise Geisler (Architecte, MCF Institut Agro Rennes-Angers/ESO)
- Olivier Givre (Anthropologue, MCF Université Lyon 2/EVS)
- Marc Higgin (Anthropologue, IR CNRS CRESSON-AAU)
- Théa Manola (Architecte et Urbaniste, MCF ENSAG-UGA/ CRESSON-AAU)
- Théo Marchal (Architecte, MCF ENSAG-UGA/CRESSON-AAU)
- Perrine Poupin (Sociologue, CR CNRS CRESSON-AAU)
- Cécile Regnault (Architecte, PR ENSAL/EVS)
Grand témoin
- Nicolas Tixier (Architecte, PR ENSAG-UGA/CRESSON-AAU)
Un colloque porté parle CRESSON (UMR 1563 AAU)
Inscrits dans le cadre de la recherche architecturale, urbaine et paysagère, les travaux menés au CRESSON traitent des trans-formations multiples de l’espace et des territoires de vie ainsi que des processus de projets qui les façonnent. Ces dimensions sont abordées par une entrée spécifique qui est celle des ambiances, par-ticipant d’une approche sensible et située de l’espace, attentive à son expérience. Construite suivant des épistémologies multiples (phéno-ménologie, pragmatisme, théorie des affects, théorie critique), cette entrée originale s’est construite à partir des travaux de l’équipe sur le sonore et en garde la trace, à la fois dans les cadres conceptuels, mé-thodologiques et opératoires mobilisés. La notion d’ambiance renvoie à un espace-temps vécu de manière sensible et affective. Avec l’ambiance, il s’agit moins de percevoir un environnement que d’éprouver des situations dans leur teneur sensorielle. Une ambiance 1) est de nature fondamentalement multi et inter sensorielle, convoquant simultanément toutes les modalités de l’expérience (vision, audition, olfaction, toucher, goût, mouvement, etc.), 2) est spatialisée dans un contextematériel, historique, culturel, politique, normatif, social, etc., 3) fait l’objet d’une expérience, se ressent et s’exprime par des tonalités sensibles qui nous affectent d’une certaine manière et modulent les modes d’interaction, 4) est façonnée par les pratiques quotidiennes et par les processus professionnels de la production des espaces. Elle se fait le réceptacle des mutations qui affectentlessociétésdanslesquelles elle est située, qu’elles soient socio-écologiques, techniques, climatiques ou encore politiques. Entremêlant phénomènes physiques, formes spatiales, culturesetformessociales senties dans leur expressivité affective, l’ambiance constitue le cadre de nos existences quo-tidiennes. Les recherches menées au CRESSON se fondent sur quatre postures : (1) Les croisements et expérimentationspluri-disciplinaires et méthodologiques — à la croisée des sciences sociales, des arts de la conception, des pratiques créatives et des sciences de l’ingénieur ; (2) L’immersion et l’enquête comme moyen de saisir les ambiances dans leur caractère émergent, situé et vécu ; (3) L’écoute commeformed’attentionqui, au-delà du sonore, relève d’un accordage aux milieux de vie ; et (4) La critique sensible qui permet d’interpeller continuellement les processus et les relations que l’on observe. Les travaux menés au CRESSONportent uneattentionparticulièreàlamanière de présenter et de partager les démarches et les résultats de ses recherches à travers des formes et formats variés, qu’ils s’agissent de formes académiques ou de formes « alternatives ». Il met également en œuvre des expérimentations qui interrogent les processus de la conception architecturale, urbaine et paysagère à des échelles diverses (dispositif, architecture, espace urbain, territoire). Dans ces différents cadres, le CRESSON s’engage dans le monde académique pour des sciences ouvertes. Les travaux et collaborations du CRESSON se dé-veloppent en France et à l’inter-national, tout en investissant le territoire local. Ces collaborations se déploient également sur des questions pédagogiques, ainsi qu’en lien avec des mondes opérationnels (en architecture, en urbanisme et en paysagisme) et des mondes artistiques.
Bibliographie
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Voegelin, Salomé. Listening to Noise and Silence : Towards a Philosophy of Sound Art. Continuum, 2010.
Places
- Centre Culturel International de Cerisy
Cerisy-la-Salle, France (50)
Event attendance modalities
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Keywords
- écoute, pratiques sonores, son, sound studies, transformation spatiale, architecture, urbanisme, géographie, musique, écologie sonore
Contact(s)
- Théo Marchal
courriel : marchal [dot] t [at] grenoble [dot] archi [dot] fr
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To cite this announcement
Théo Marchal, Théa Manola, « Écouter les mondes habités », Call for papers, Calenda, Published on Monday, June 22, 2026, https://doi.org/10.58079/16g66
Author(s)
Théo Marchal
Théa Manola
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