CODE. Déchifrer la Russie
L’institut d’Études slaves (Sorbonne université)
Abstract
Cette journée d’étude interdisciplinaire propose d’interroger les transformations des « codes » du pouvoir, du langage et des pratiques numériques dans la Russie contemporaine, ainsi que les formes de contournement et de décodage qu’elles suscitent. En mobilisant des approches en droit, sociologie, histoire, linguistique, science politique, études littéraires, histoire de l’art et études des médias numériques, elle entend surtout ouvrir un espace de réflexion méthodologique sur la manière d’enquêter sur la Russie dans un contexte de censure, d’autocensure, de dispersion des sources et de circulation transnationale des matériaux. Les contributions pourront s’inscrire dans l’étude de la Russie contemporaine et de ses diasporas, tout en accueillant des perspectives historiques permettant de mettre en regard différentes formes de contrainte et d’expression.
Announcement
Argumentaire
L’étude de la Russie contemporaine se heurte aujourd’hui à l’intensification de la censure et de l’autocensure, ainsi qu’à la complexification des pratiques de contournement de la coercition (Daucé, Ermoshina, Ostromooukhova 2024). Bien que la novlangue politique russe et les ajustements communicationnels face à un « censeur / informateur invisible » - incarné par la figure du tovarichtch maïor - aient fait l’objet de nombreux travaux récents, le défi consiste désormais à analyser comment le pouvoir impose de nouveaux langages, mais aussi comment les individus y résistent en créant leurs propres codes. Pour répondre à cet enjeu, cette journée d’études mobilise une approche interdisciplinaire centrée sur la notion de « code ». Envisager cette situation comme un vaste processus sociotechnique de codage permet d’articuler différents registres et d’interroger notre propre capacité de « décodage » à distance.
Dans cette optique, sur le plan juridique, le code désigne les dispositifs par lesquels l’État redéfinit la frontière entre le dicible et le punissable — entre ce qui peut s’énoncer et ce qui expose à la sanction. En Russie, les dispositions durcies depuis février 2022, en particulier l’article 207.3 pénalisant le « discrédit de l’armée » par des peines pouvant atteindre vingt ans d’emprisonnement, ont restructuré les conditions d’expression bien au-delà des individus effectivement poursuivis. En effet, c’est l’incertitude quant à ce qui est punissable, plus que la certitude de la sanction, qui structure les comportements (Favarel-Garrigues 2023 ; Kuran 1991 ; Sharafutdinova 2020). Sur le plan littéraire, artistique et cinématographique, ce même encodage de la contrainte se traduit par des formes d’expression indirecte élaborées sous pression que les auteurs, les poètes, les artistes et les cinéastes mobilisent pour faire passer des idées impossibles à formuler directement. Cette tradition est étudiée sous le nom de langue d’Ésope (Loseff 1984 ; Arkhipova 2018), appellation qui remonte au XIXe siècle, et elle donne aujourd’hui naissance à des formes novatrices sous l’effet combiné de la guerre, de la censure et de la dispersion diasporique. Les travaux récents sur la censure théâtrale en Russie montrent justement comment ces formes se reconfigurent aujourd’hui sous la contrainte (Kaluzhsky, Meerzon, 2026). Dans son sens social et linguistique, ce régime d’expression repose sur des conventions implicites qui organisent les échanges, les euphémisations et les sous-entendus ; inculquées dès l’enfance et transmises de génération en génération, ces normes régissent les échanges verbaux au sein de la famille et d’autres groupes d’affinité. Aujourd’hui elles structurent aussi les écrits dans les messageries numériques et établissent ce qu’il convient d’éviter. Dans son acception numérique, le code désigne les protocoles et les infrastructures techniques qui à la fois permettent et régissent la communication numérique (Ermoshina, Loveluck, Musiani 2022 ; Freedom House 2024). La convergence de ces registres ne découle pas seulement de la polysémie du terme. Les spécialistes en études du numérique ont longtemps affirmé que le code informatique et les normes sociales ne sont pas seulement liés, mais profondément imbriqués. Mackenzie et Vurdubakis (2011) montrent comment le code informatique, le code juridique et le code du comportement fonctionnent comme des déclinaisons distinctes d’un même défi d’enregistrement et d’application. Manovich (2001) a défini le code comme l’élément central des cultures des nouveaux médias. De son côté, Fuller (2003) a analysé le logiciel comme un espace où la technologie et le pouvoir social deviennent inséparables.
L’analyse du cas russe actuel révèle de façon frappante la manière dont tous ces registres forment un ensemble d’implications mutuelles. Le code juridique définit les risques auxquels un auteur s’expose, qui, à leur tour, façonnent les cadres d’action qu’il adopte. C’est dans ces cadres qu’un lecteur ordinaire déchiffre les sous-entendus, une compétence qui se répercute sur les échanges quotidiens au sein des familles, des groupes d’amis et de collègues, des groupes diasporiques et des réseaux transnationaux. Ces pratiques laissent des traces numériques que l’État cherche à déchiffrer, ce qui, à son tour, pousse le code à évoluer, à se complexifier. Le code dans la Russie d’après 2022 n’est plus une simple métaphore facile à comprendre. Il s’agit d’une infrastructure tangible, à la fois ancrée dans le passé et dans le présent, privée et publique, esthétique et technique, qui traverse le travail même des sciences sociales. Analyser la culture et la société russes contemporaines revient en quelque sorte toujours à décrypter des messages.
Cette lecture du « code » invite ainsi à une interrogation méthodologique : comment produire un savoir rigoureux sur la Russie contemporaine lorsque l’accès au terrain est restreint, que les enquêtes sont affectées par la peur et l’autocensure, et que l’on doit recourir à des traces numériques, des matériaux diasporiques et des sources indirectes (Daucé, Rousselet 2023 ; Laruelle 2023) ?
La journée d’études proposée invite des chercheurs de diverses disciplines, notamment la littérature, l’histoire, la linguistique, le droit, la sociologie, l’anthropologie, l’histoire de l’art, les études cinématographiques, la science politique et les études des médias numériques, à partager leurs réflexions sur l’élaboration de nouveaux codes ainsi que sur les possibilités et les écueils du décodage. Cette perspective ouverte à des traditions disciplinaires diverses ne vise pas l’exhaustivité, mais prend acte du fait que les transformations des codes depuis 2022 affectent transversalement l’ensemble des sous-champs de la russistique, en modifiant leurs objets, leurs matériaux et leurs conditions d’enquête (Gelman 2023 ; Laruelle 2023). Les contributions sont invitées à articuler des enquêtes empiriques sur la Russie contemporaine et/ou sa diaspora avec une réflexion explicite sur les opérations de recherche : choix de sources, dispositifs d’accès au terrain, effets de la peur et de la censure sur la production des données, choix éthique lors de la restitution des enquêtes. Les trois axes suivants n’ont pas vocation à être exhaustifs, mais servent de balises pour organiser ce questionnement méthodologique. Ils cherchent à permettre à la fois une réflexion collective sur les conditions de production du savoir, et à donner à voir, à partir de terrains situés, la manière dont ces questions se déclinent concrètement dans des sous-domaines parfois très spécialisés. La journée se conclura par une table ronde réunissant des responsables de projets collectifs engagés dans l’étude de la Russie contemporaine. L’objectif est d’ouvrir un espace de discussion sur les arbitrages méthodologiques auxquels ces projets ont conduit : constitution des corpus, gestion des contraintes d’accès, protection des enquêtés, et articulation entre terrains dispersés et exigences de rigueur scientifique.
Axe 1 - Le code du pouvoir : lois, dispositifs de censure et outils pour saisir leurs effets
Depuis 2012, et plus encore depuis 2022, la Russie a considérablement renforcé son arsenal législatif et réglementaire répressif, avec pour effet de multiplier les poursuites visibles, d’intensifier la surveillance diffuse et d’installer une autocensure ordinaire. Ce cadre est structuré par ce que Levitsky et Ziblatt (2018) nomment une « incertitude légale armée », soit une norme volontairement vague dont les effets excèdent largement les objectifs déclarés, dans une continuité qui renvoie à des pratiques soviétiques (Goryayeva, 2009). Pour s’assurer de ne pas entrer dans un espace d’expression potentiellement dangereux, les individus doivent constamment décrypter les codes de l’expression permise, sans disposer nécessairement d’aucune formation juridique. Les catégories mobilisées à cette fin : « extrémisme », « discrédit », « propagande », restent volontairement floues et contribuent à rendre les frontières de l’expression légitime difficiles à stabiliser.
Ce constat conduit à déplacer l’attention vers les conditions mêmes de l’enquête. Au-delà de l’analyse des textes (lois sur les “agents étrangers”, incrimination du “discrédit” de l’armée, dispositifs de contrôle des médias et des programmes scolaires), il s’agit d’interroger les outils permettant de saisir empiriquement leurs effets : dossiers de procédures, jurisprudences fragmentaires, documents administratifs, mais aussi récits biographiques et observations d’interactions avec la bureaucratie. Quelles méthodologies permettent d’appréhender des normes volontairement vagues, des zones grises de la loi et des menaces informelles, sans surinterpréter des cas isolés ni sous-estimer la peur qu’elles produisent ? Comment articuler analyse juridique, droit, sociologie de l’action publique et ethnographies (ou récits d’enquêtes) menées dans des contextes où l’accès au terrain est restreint et la parole contrainte ? Quelles précautions prendre pour documenter les pratiques de contournement (montages juridiques, usages stratégiques des statuts, micro-arrangements) sans exposer les acteurs étudiés ni naturaliser l’“inventivité” imposée par la répression ? Cet axe de recherche vise à rassembler des travaux sur les mécanismes actuels de réglementation de l’expression légitime, leurs impacts sociaux variés, ainsi que sur les pratiques de contournement, qui permettent à des codes alternatifs de persister et de se diffuser.
Axe 2 — Langage oblique : analyser littérature, art et cinéma sous contrainte
Cet axe s’intéresse aux formes d’expression indirecte élaborées en contexte de censure, en mobilisant à la fois l’héritage du langage ésopique et ses réinventions contemporaines. La tradition, telle qu’elle se dessine chez Saltykov‑Chtchedrine et analysée par Loseff (1984) comme un système sémiotique autonome, et réinscrite dans ses dimensions matérielles par les travaux sur le samizdat, fournit un point d’appui essentiel pour penser la manière dont les œuvres peuvent déplacer le sens vers des formes allusives, métaphoriques ou fragmentaires (Komaromi, 2004, 2022). Après 2022, cette tradition se réinvente en contexte de guerre, de répression et d’exil. Elle invite ainsi à interroger non seulement les formes esthétiques elles-mêmes, mais aussi les conditions concrètes de leur production, de leur circulation et de leur réception.
Le cinéma russe contemporain offre un terrain particulièrement révélateur. Il met en évidence un système de censure hybride, fondé, comme le formule le critique de cinéma A. Dolin, “sur des seuils mouvants, des interdits implicites et des compromis tacites” (Dolin, 2024). Les cinéastes qui restent en Russie composent avec des formes d’autocensure préventive, tandis que ceux qui s’exilent produisent des œuvres dont la circulation se redéploie ailleurs, en festival, en ligne ou dans des espaces de diffusion plus confidentiels. Il devient alors possible de se demander comment les formes cinématographiques se transforment lorsque le risque politique modifie la narration, les choix de montage, le traitement des dialogues, le recours au non-dit ou à l’ellipse. Quels types de récits deviennent possibles, impossibles ou marginalisés ? Comment reconnaître, dans la matière filmique elle-même, les effets d’une contrainte qui n’est pas toujours explicitement visible ?
La littérature de l’exil après 2022 constitue un autre ensemble à explorer. Elle pose la question des lieux d’énonciation, des langues d’écriture, des publics visés et des modalités de publication. Entre Russie, Europe et espaces diasporiques, les auteurs recomposent leurs conditions d’adresse et de légitimité, tout en s’inscrivant dans des circuits éditoriaux et numériques très divers. Dans ce cadre, l’expression oblique permet de maintenir des liens avec des lecteurs dispersés, de contourner les restrictions, ou de faire apparaître des expériences qui n’auraient pas de place dans des registres frontaux. La poésie de guerre emprunte la métaphore là où le manifeste est irréalisable, et choisit le mètre là où la déclaration est illégale. Elle redécouvre ainsi des méthodes d’encodage qui ont été longuement étudiées par la linguistique poétique russe (Lotman, 1970 ; Jakobson, 1960), mais qui nécessitent d’être repensées dans le cadre des nouvelles contraintes contemporaines. Mais au-delà des formes elles-mêmes, la guerre transforme aussi les conditions de leur étude. Depuis l’offensive russe à grande échelle, l’accès aux œuvres, aux auteurs et aux circuits de diffusion s’est lui aussi transformé. Certains corpus deviennent plus difficiles à stabiliser, entre exil, circulation numérique, publications fragmentaires, autocensure et disparition de certaines traces. Dans ces conditions, comment constituer un corpus cohérent sans le figer artificiellement ? Quelles sources mobiliser pour suivre la circulation des œuvres et leurs reconfigurations entre Russie, diaspora et espaces éditoriaux transnationaux ? Comment articuler analyse textuelle, observation des circuits de diffusion, entretiens et lecture des paratextes pour saisir les effets concrets de la guerre sur les formes d’écriture ? Comment ne pas tomber dans le double écueil : celui de lala surinterprétation (voir du code politique partout), et celui de la sous-interprétation (ne pas voir de code du tout).
Ces questions invitent enfin à déplacer l’attention vers les opérations de lecture elles-mêmes. Comment objectiver des « codes » interprétatifs qui reposent sur des sous‑entendus, des allusions et des complicités générationnelles, sans projeter nos propres cadres de lecture ? Comment articuler l’analyse interne des œuvres et la reconstruction de leurs conditions de production (instances de censure, circuits de diffusion, positionnement des auteurs entre la Russie et les diasporas) ? Quels dispositifs comparatifs (diachroniques, entre genres, entre pays) permettent de distinguer ce qui relève de formes esthétiques ordinaires et ce qui procède spécifiquement de la contrainte politique ?
Axe 3 — Codes numériques : plateformes, surveillance et pratiques communicatives sous contrainte
L’infrastructure numérique russe se présente désormais comme un assemblage d’architectures techniques, de dispositifs de surveillance et de tactiques de contournement qui reconfigurent en profondeur les conditions d’accès au terrain. Subordination progressive du RuNet au contrôle étatique, émergence de services de messagerie étroitement articulés aux appareils de sécurité (tels que Max, application de VK conçue sur un modèle comparable à WeChat) et généralisation des VPN comme pratique ordinaire de contournement structurent les possibilités de prise empirique autant que les risques encourus (Ermoshina, Loveluck, Musiani 2022 ; Freedom House 2024 ; Citizen Lab 2025 ; Limonier, K., Audinet, M. (2025). Dans ce contexte, les codes numériques ne désignent pas seulement des langages obliques employés par les usagers, mais aussi des protocoles, des algorithmes et des formats de données qui conditionnent ce que les chercheurs peuvent voir, collecter et interpréter à distance. Cet axe invite d’abord à interroger les opérations de construction de corpus à partir de traces numériques : fils publics, groupes semi‑fermés, canaux chiffrés, archives partielles, bases de données externes. Comment utiliser ces traces pour mener des ethnographies multisites d’une société devenue, à bien des égards, difficilement accessible in situ, sans surinterpréter des fragments décontextualisés (Palgrave Handbook of Digital Russia Studies 2021 ; Limonier, Audinet, 2022) ? Comment articuler observations en ligne, entretiens, mesures de trafic, documentation institutionnelle et matériaux diasporiques, dans la lignée des recherches sur les « migrants connectés » et les circulations numériques (Diminescu, 2005 ; Nedelcu, 2009 ; Trably, 2025) et des travaux sur l’« autoritarisme numérique » et les usages détournés des plateformes (Daucé, Loveluck, Musiani, 2023 ; Kiriya, 2025 ; Trauthig, Martin, Woolley 2023) ? Il s’agit aussi de problématiser la place des intermédiaires et des « décodeurs » – administrateurs de chaînes, journalistes, analystes, développeurs, responsables éditoriaux, acteurs étatiques ou paraétatiques – qui contrôlent concrètement l’architecture informationnelle, les fenêtres de visibilité et les formats de circulation. Jusqu’où peut‑on s’appuyer sur leurs catégorisations et leurs récits pour construire des objets d’enquête, et comment les trianguler sans reproduire leurs angles morts ? Quels dispositifs comparatifs (entre plateformes, entre générations d’usagers, entre la Russie et la diaspora) permettent de distinguer ce qui relève de la contrainte politique, de l’économie propre aux plateformes ou de cultures numériques plus générales ?
Enfin, l’axe met au centre les tensions éthiques et juridiques liées au codage des informations sensibles. L’anonymisation des enquêtés, des groupes et des espaces numériques – choix de pseudonymes, réécriture de citations, masquage d’éléments techniques – constitue une opération de codage qui obéit à des protocoles européens (comités d’éthique, RGPD, traditions locales de l’anonymisation) susceptibles d’entrer en décalage avec les représentations russes de la sécurité et de l’exposition de soi. Comment protéger des personnes qui se livrent parfois très largement en ligne sans leur imposer des normes extérieures difficilement compréhensibles ou applicables ? Où placer la limite entre l’invisibilisation prudente des acteurs et l’effacement excessif de leurs pratiques dans la description sociologique ? Les contributions attendues pourront ainsi explorer, à partir de matériaux variés (traces numériques, enquêtes de terrain, mesures d’infrastructure, archives judiciaires ou médiatiques), les manières concrètes dont ces « codes » numériques reconfigurent aujourd’hui les possibilités et les limites du décodage à distance.
Calendrier et détails de la soumission
La journée d’études se tiendra en français. Les propositions de communication sont à envoyer à l’adresse suivante : je.code.2027@gmail.com,
avant le 15 septembre 2026.
Les propositions de 1000 mots maximum doivent être accompagnées d’une courte bio avec l’indication, le cas échéant, de l’affiliation et du type d’emploi (contrat doctoral, ATER, MCF, etc.). La préférence sera accordée aux chercheurs non stabilisés.
La communication sur l’acceptation des propositions surviendra le 30 septembre.
Comité d’organisation
- Daria Malyuta (Docteure en sociologie démographie, CERLIS ; IETT ; ATER, Université Jean Moulin Lyon 3)
- Riva Evstifeeva (Docteure en littérature, ingénieure d’études, Université de Strasbourg)
- Bella Delacroix Ostromooukhova (MCF, Eur’Orbem, Sorbonne Université)
Références
Arkhipova, A. (2018). « Sovetskie tajnye jazyki », dans Lev Losev, Ezopov jazyk v russkoj literature (sovremennyj period), Moscou, Novoe literaturnoe obozrenie, 2018, p. 6–49.
Biagioli, M., Lépinay, V.A. eds. From Russia with code : programming migrations in post-Soviet times. Duke University Press, 2019.
Bourdieu, P. (1982). Ce que parler veut dire. L’économie des échanges linguistiques. Paris : Fayard. [En anglais : Bourdieu, P. (1991). Language and Symbolic Power, Harvard University Press].
Citizen Lab. (2025). Spyware and Digital Repression [Written evidence submitted to the UK Parliament]. University of Toronto.
Daucé, F., Ermoshina, K., Ostromooukhova, B. (2024). « Critiques et contournements du contrôle et de la surveillance sur Internet », tic&société, Vol. 18, N° 1, p. i–vi.
Daucé, F., Loveluck, B., Musiani, F. (dirs.) (2023). Genèse d’un autoritarisme numérique, Paris : Presses des Mines.
Daucé, F., Rousselet, K. (2023). « La recherche sur la Russie en France après le 24 février 2022. Le temps des tâtonnements », Critique Internationale, n° 100, juillet-septembre 2023, p. 165–176.
Diminescu, D. (2005). « Le migrant connecté. Pour un manifeste épistémologique. », Migrations Société, 17(102), p. 275–292.
Dolin, A. (2024). Plokhie russkie : Kino ot « Brata » do « Slova patsana », Riga : Meduza.
Ermoshina, K., Loveluck, B., Musiani, F. (2022). « A market of black boxes : The political economy of Internet surveillance and censorship in Russia », Journal of Information Technology & Politics, 19(1), p. 18–33.
Freedom House. (2024). Freedom on the Net. [Rapport annuel].
Favarel-Garrigues, G. (2023). La verticale de la peur. Ordre et allégeance en Russie poutinienne, Paris : La Découverte.
Fuller, M. (2003). Behind the Blip : Essays on the Culture of Software, New York : Autonomedia.
Gel’man, V. (2023). « Exogenous Shock and Russian Studies », Post-Soviet Affairs, vol. 39, n° 1–2, p. 1–9.
Gorjaeva, T. M. (2009). Političeskaja cenzura v SSSR, Moskva : ROSSPÈN.
Jakobson, R. (1960). « Linguistics and Poetics », dans T. A. Sebeok (dir.), Style in Language, Cambridge : MIT Press.
Limonier, K., Audinet, M. (2025). « From Restricted to Digital Fieldwork : A Renewed Methodological Framework for Russian Studies After the Full-Scale Invasion of Ukraine », Communist and Post-Communist Studies [en ligne].
Limonier, K., Audinet, M. (2022). « De l’enquête au terrain numérique : les apports de l’OSINT à l’étude des phénomènes géopolitiques », Hérodote, n° 186, OSINT, enquêtes et terrains numériques, Paris, La Découverte, p. 5–17.
Kaluzhsky, M., Meerzon, Y. (2025). Performing Censorship : The Russian Case, Palgrave Macmillan.
Kiriya, I. (2025). « L’Étatisme de plateforme : « Souverainisation » des plateformes comme stratégie industrielle. Le cas de la Russie », Tic&société, 2025, 19 (1-2), p. 240–267.
Komaromi, A. (2004). « The Material Existence of Soviet Samizdat », Slavic Review, 63(3), p. 597–618.
Komaromi, A. (2022). Soviet Samizdat : Imagining a New Society. Cornell University Press.
Kuran, T. (1991). « Now Out of Never : The Element of Surprise in the East European Revolution of 1989 », World Politics, 44(1), p. 7–48.
Laruelle, M. (2023). « Russian Studies’ Moment of Self-Reflection ». Russian Analytical Digest, n° 293, p. 2–3.
Lessig, L. « Code is law. » Harvard magazine 1.2000 (2000).
Levitsky, S., Ziblatt, D. (2018). How Democracies Die. New York : Crown.
Loseff, L. (1984). On the Beneficence of Censorship : Aesopian Language in Modern Russian Literature, Otto Sagner.
Lotman, Ju. (1970). Struktura xudožestvennogo teksta, Moskva : Iskusstvo.
Mackenzie, A., Vurdubakis, T. (2011). « Codes and Codings in Crisis : Signification, Performativity and Excess. », Theory, Culture & Society, 28(6), p. 3–23.
Manovich, L. (2001). The Language of New Media, Cambridge, MA : MIT Press.
Nedelcu, M. (2009). Le migrant online, Paris : L’Harmattan.
Palgrave Handbook of Digital Russia Studies (2021). Palgrave Macmillan.
Sharafutdinova, G. (2020). The Red Mirror, Oxford University Press.
Trauthig, I. K., Martin, Z. C., Woolley, S. C. (2023). « Messaging Apps : A Rising Tool for Informational Autocrats », Political Research Quarterly, 77(1), p. 17–29.
Trably, L. (2025). « Regrouper la famille sur WhatsApp ? Les reconfigurations numériques du travail d’entretien du lien avec les messageries instantanées », Réseaux, 253(5), p. 127–165.
Vidal, E. (2026). Que pensent les Russes ? Paris : Gallimard.
Places
- 9 rue Michelet
Paris, France (75006)
Event attendance modalities
Full on-site event
Keywords
- Russie contemporaine, censure, novlangue politique, surveillance numérique, terrains contraints, diaspora, numérique
Contact(s)
- Daria Malyuta
courriel : je [dot] code2027 [at] gmail [dot] com
Reference Urls
License
This announcement is licensed under the terms of Creative Commons CC0 1.0 Universal.
To cite this announcement
« CODE. Déchifrer la Russie », Call for papers, Calenda, Published on Tuesday, July 28, 2026, https://doi.org/10.58079/16mgy
Google Calendar
iCal