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Les nouveaux visages du lobbying

Acteurs, pratiques et encadrement de l’influence

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Abstract

La recherche francophone sur le lobbying s’est fortement développée depuis une dizaine d’années, au point de faire craindre une dispersion des cadres théoriques et des méthodes entre les disciplines. Cette journée d’étude, qui prolonge celle consacrée en juin 2026 au lobbying indirect, invite les jeunes chercheuses et chercheurs en sciences sociales, économiques et juridiques à s’interroger sur les conditions d’une recherche véritablement interdisciplinaire. L’appel s’organise autour de trois axes. Le premier examine les rapports entre lobbying et démocratie, qu’il s’agisse de la représentation des intérêts ou des asymétries d’influence. La deuxième porte sur l’encadrement de la représentation d’intérêts et sur les formes émergentes, comme le cyberlobbying ou le lobbying électoral, que les catégories juridiques peinent à saisir. Le troisième s’attache aux acteurs et aux pratiques, notamment à leur numérisation et à l’essor de l’intelligence artificielle. Les propositions sont attendues avant le 16 décembre 2026.

Announcement

Présentation

Dans la continuité de la journée d’étude organisée le 2 juin 2026 portant sur le lobbying indirect (Milet et Yates, 2026), le CERSA, l’IRJS et le CESSP coorganisent une journée consacrée aux nouveaux visages du lobbying.

L’événement s’adresse prioritairement aux chercheuses et chercheurs en début de carrière (doctorat, postdoctorat, maîtrise de conférences) en sciences sociales, économiques et juridiques.

Une publication des contributions est envisagée.

Toutes disciplines confondues, la recherche francophone sur le lobbying n’a jamais été aussi florissante.

En France, depuis une dizaine d’années, au moins 19 thèses ont été soutenues sur le sujet et 17 autres sont signalées en préparation sur theses.fr. Deux ouvrages collectifs majeurs ont été publiés (Courty et Milet, 2023 ; Kerléo, 2020). Pas moins de six événements à caractère scientifique ont été organisés.

Cette prolifération est un marqueur fort de maturation de ce champ de recherche.

Néanmoins, pour riche qu’elle soit, la diversité des cadres théoriques et des approches méthodologiques mobilisés pour appréhender le lobbying présente un risque de dispersion.

Afin de prévenir la compartimentation des disciplines ayant vocation à l’étudier, il semble donc nécessaire d’engager une réflexion commune sur les conditions d’émergence d’une recherche francophone qui soit véritablement interdisciplinaire, voire transdisciplinaire.

Dans cette perspective, trois axes nous semblent particulièrement fédérateurs.

Axe 1 : Lobbying et démocratie

Sous-axe 1 : La représentation des intérêts et la participation à la décision publique

Le lobbying est souvent présenté comme étant une solution permettant de pallier les défaillances de la démocratie représentative, en favorisant l’expression des intérêts sociaux et professionnels. Sa capacité à apporter des informations, revêtant notamment la forme d’expertise technique, renforce sa légitimité supposée. De là naît toutefois une tension entre ce que l’on pourrait appeler le « lobbying participatif », qui garantit la participation du plus grand nombre de groupes d’intérêts à la décision publique, et le « lobbying informationnel », qui privilégie plutôt les acteurs capables de produire des informations susceptibles d’améliorer ladite décision.

Par ailleurs, la portée démocratique de ces contributions dépend in fine des liens entre les organisations et les personnes au nom desquelles elles interviennent. L’agrégation des demandes au sein des fédérations, des associations et autres alliances d’opportunité soulève la question de leur légitimité et représentativité démocratique.

Suggestions d’angles :

  • Les fondements et les limites de la légitimité des groupes d’intérêts ;
  • La place de l’expertise technique et des opinions citoyennes dans la délibération publique ;
  • La construction et la hiérarchisation des revendications au sein des organisations ;
  • La représentation des intérêts diffus ou faiblement organisés ;
  • L’articulation entre représentation politique et représentation socioprofessionnelle, notamment au sein du Conseil économique, social et environnemental ;
  • Les rapports entre lobbying, consultations publiques, concertation et participation citoyenne.

Sous-axe 2 : Les asymétries d’influence et la circulation de l’information

Les acteurs engagés dans le lobbying disposent de ressources économiques, relationnelles et informationnelles inégales. L’analyse de leurs effets permet d’appréhender les rapports entre accès aux décideurs et capacité d’influence, et ce faisant d’en tirer les conséquences concernant l’autonomie de la décision publique. Elle conduit notamment à examiner les situations de dépendance envers l’expertise privée, les conflits d’intérêts des décideurs, ainsi que les phénomènes de capture institutionnelle.

Ces rapports de pouvoir se manifestent aussi dans la production et la circulation de l’information. Le fait que les géants du numérique pratiquent un lobbying institutionnel intense, tout en détenant les plateformes qui cadrent le débat public via leurs algorithmes, alimente les polémiques. Ce type d’influence se révèle particulièrement retors, puisqu’il passe par le contrôle de l’infrastructure informationnelle elle-même plutôt que par la persuasion directe d’un décideur. L’étude de l’ensemble de ces questions peut éclairer les dimensions structurelles de l’influence et les possibilités d’action des contre-pouvoirs.

Suggestions d’angles :

  • Les effets des asymétries de ressources sur l’accès aux décideurs et sur l’influence effectivement exercée ;
  • Le lobbying comme instrument de recherche de rente (rent seeking) et les coûts collectifs des stratégies visant à obtenir ou à préserver des avantages économiques issus de la décision publique (ex. : le cas de Mistral IA) ;
  • La dépendance des institutions à l’égard de l’expertise privée et les formes de consultocratie ;
  • Les mécanismes de capture institutionnelle et les critères permettant de les identifier ;
  • Le rôle des grandes plateformes du numérique, notamment américaines, dans la visibilité des revendications et l’expression des préférences politiques, y compris en période électorale ;
  • Le rôle des think tanks et des médias alternatifs dans la circulation de l’information, la formation des problèmes publics et les débats électoraux ;
  • Le pluralisme du débat public au regard du contrôle de l’information et de l’opacité des influences ;
  • Le rôle des journalistes, des chercheurs et des associations militantes dans l’identification et la contestation des influences.

Axe 2 : Encadrer le lobbying

Sous-axe 1 : Le champ et l’articulation des cadres de régulation

En France, l’encadrement du lobbying s’est développé autour d’une approche fondée sur la transparence. Les registres publics visant à retracer les liens d’intérêts ou les actions d’influence se sont ainsi multipliés, de manière sectorielle, avec l’adoption du dispositif Transparence-Santé (loi n° 2011-2012 du 29 décembre 2011 ; décret n° 2013-414 du 21 mai 2013), et la démarche transparence tabac (loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016, art. 26 ; décret n° 2017-279 du 2 mars 2017) ; puis de manière plus globale avec l’adoption d’un régime général de la représentation d’intérêts (loi « Sapin II », n° 2016-1691 du 9 décembre 2016, art. 25). Cet encadrement n’a cessé de s’étendre. À l’échelon local, d’abord, avec l’extension du répertoire aux actions menées auprès de certains responsables publics locaux depuis le 1er juillet 2022, puis à l’influence étrangère, avec la création d’un répertoire spécifique aux activités réalisées pour le compte d’un mandant étranger (loi n° 2024-850 du 25 juillet 2024, art. 1er).

Dans le même temps, le pouvoir exécutif et le juge administratif sont intervenus pour préciser son périmètre. À l’initiative du Gouvernement, la loi du 10 août 2018 a ainsi généralisé l’exclusion des associations à objet cultuel du régime de la représentation d’intérêts, jusque-là limitée à leurs relations avec le ministre et les services ministériels chargés des cultes (loi n° 2018-727, art. 65, I). De son côté, le Conseil d’État a jugé que la seule activité de réflexion, de recherche et d’expertise des think tanks ne suffit pas à les qualifier de représentants d’intérêts (CE, Sect., 14 octobre 2024, Institut Montaigne, nos 472123, 475251 et 487972, Lebon, pts 9-12).

Ces deux épisodes invitent à s’interroger sur les intérêts en jeu dans cette qualification : qui a intérêt à être reconnu comme représentant d’intérêts, qui a au contraire intérêt à y échapper, et selon quels rapports de force cette frontière se stabilise-t-elle ? La qualification des acteurs apparaît ainsi également comme un enjeu de pouvoir entre groupes inégalement dotés en ressources pour peser sur la définition de leur propre statut.

Par ailleurs, l’appréhension du lobbying par le droit est d’autant plus complexe qu’elle implique d’envisager l’articulation des régimes de transparence avec un ensemble d’autres normes l’encadrant de manière plus ou moins directe : les chartes des associations professionnelles, les codes de conduite parlementaires, les mécanismes démocratiques de consultation, de participation et de concertation, les infractions d’atteinte à la probité publique (corruption, trafic d’influence et prise illégale d’intérêts), les règles de prévention des conflits d’intérêts et d’autres régimes plus spécifiques applicables au lobbying indirect ou à certains secteurs (droit du travail, lobbying sportif, etc.). La pluralité des normes interroge également le rôle respectif des institutions compétentes dans ces domaines (HATVP, AFA, PNF, pôle économique et financier du tribunal judiciaire de Paris ; etc.).

Le constat de cet empilement de dispositifs pose enfin une question qui excède le travail d’ordonnancement des normes : quels effets produit cette accumulation de normes sur les pratiques qu’elle prétend encadrer ? Reste ainsi à interroger la coexistence entre l’inflation des dispositifs de transparence et la persistance de canaux d’accès informels au décideur que les registres ne parviennent pas vraiment à saisir.

Suggestions d’angles :

  • Du rejet du lobbying à sa reconnaissance juridique : une remise en question de la thèse expliquant l’incompatibilité de la pratique avec les fondements culturels de l’ordre juridique français ;
  • Les effets de légitimation produits par les qualifications juridiques ;
  • La portée juridique des chartes professionnelles et des codes de conduite, ainsi que leurs rapports avec les normes législatives et réglementaires ;
  • La portée des lignes directrices de la HATVP face à la décision Institut Montaigne rendue par le Conseil d’État ;
  • La conciliation de l’encadrement du lobbying avec les droits fondamentaux ;
  • Les actions d’influence auprès du Conseil constitutionnel et du Conseil d’État ;
  • Les points de contact entre représentation d’intérêts et infractions pénales ;
  • La répartition des compétences entre les institutions chargées du contrôle du lobbying ou de la lutte contre les atteintes à la probité (HATVP, AFA, PNF, pôle économique et financier du tribunal judiciaire de Paris, etc.) ;
  • La fabrique politique des dispositifs de transparence : rapports de force et arbitrages à l’origine des textes ;
  • Les usages de la transparence comme instrument de légitimation.

Sous-axe 2 : Les formes inédites et émergentes de lobbying à l’épreuve des catégories juridiques

Ce sous-axe invite à approfondir la qualification de pratiques qui empruntent des canaux et des échelons variés. Le cyberlobbying, qui mobilise les plateformes numériques, les données personnelles et les techniques d’amplification algorithmique, déplace l’influence hors des interactions directes avec les responsables publics sur lesquelles les critères d’assujettissement ont été pensés. Le lobbying citoyen ou indirect, qu’il s’exprime par pétitions, mobilisations collectives ou campagnes d’opinion, met à l’épreuve la frontière entre participation démocratique et représentation d’intérêts. Le lobbying électoral, à la confluence de la représentation d’intérêts et du financement de la vie politique, pose la question de son articulation avec les règles relatives aux comptes de campagne et à la propagande électorale. Le lobbying juridictionnel, qu’il emprunte la voie contentieuse ou celle de l’expertise, invite à mesurer ce que la qualification de représentation d’intérêts peut apporter, ou non, à l’appréhension des stratégies d’influence exercées auprès des juridictions. Le lobbying diplomatique, enfin, exercé par ou pour le compte de puissances publiques étrangères, trouve l’une de ses traductions dans le répertoire spécifique aux mandants étrangers, dont le champ et l’articulation avec les autres dispositifs pourront par ailleurs être discutés. Prises ensemble, ces cinq figures donnent à voir les limites, et les marges d’extension possibles de la catégorie juridique de représentant d’intérêt, construite sur un cas devenu presque minoritaire dans les pratiques d’influence effectives contemporaines.

Suggestions d’angles :

  • Les régimes juridiques applicables au lobbying indirect et à ses dérives (astroturfing notamment…) ;
  • Les possibilités de détournement de l’interdiction du financement des campagnes électorales par les lobbies-personnes morales ;
  • La frontière entre participation démocratique et représentation d’intérêts : l’exclusion des pétitions en ligne et des mobilisations collectives du champ ratione materiae de la loi Sapin 2 consacre-t-elle une hiérarchie des formes d’influence ? ;
  • L’amicus curiae comme exercice d’une influence auprès d’une juridiction ;
  • Le répertoire des activités d’influence réalisées pour le compte d’un mandant étranger.

Sous-axe 3 : L’effectivité des règles et les perspectives d’évolution

Sous un angle plus « jurissociologique », force est de constater que la pertinence et l’efficacité des cadres préalablement identifiés sont plus remises en question, tant par la doctrine (Aouiss, 2024 ; Kerléo, 2023) que par les institutions (Waserman, 2021 ; Gauvain et Marleix, 2021 ; Le Gendre et Untermaier, 2023). Les controverses relatives au recours aux cabinets de conseil et aux relations entre entreprises et responsables publics, illustrées par les affaires McKinsey et Uber, en témoignent (voir respectivement Assassi, 2022 ; Simonnet, 2023). Les mises en demeure adressées à Phytéis par les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale en 2023 permettent également d’examiner la faible portée des obligations de probité et d’intégrité relatives à la transmission de l’information. Dans un autre registre, et sans préjuger de l’issue de la procédure, les qualifications pénales (corruption, trafic d’influence, notamment) retenues dans l’affaire Renault-Nissan impliquant Rachida Dati offrent un terrain d’étude propice à l’analyse des frontières entre profession d’avocat, mandat politique et activité de lobbying.

En guise d’ouverture, et pour finir sur une note plus positive, les réflexions prospectives visant à faire évoluer ces encadrements seront les bienvenues.

Suggestions d’angles :

  • Les critères d’évaluation des dispositifs au regard de leurs objectifs de transparence, d’intégrité et de prévention des conflits d’intérêts ;
  • La qualité et l’accessibilité des données déclarées à la HATVP, envisagées au regard de leur utilité pour identifier les actions d’influence ;
  • Le rôle des chercheurs et des médias dans la diffusion et le contrôle des données publiées par la HATVP ;
  • Les moyens alloués à la HATVP, aux organes déontologiques parlementaires et aux juridictions, ainsi que la coordination de leurs interventions ;
  • L’apport des référents déontologues et des mécanismes d’alerte éthique au niveau des collectivités territoriales ;
  • L’articulation des sanctions pénales propres à la représentation d’intérêts avec la répression pénale des atteintes à la probité ;
  • Les apports des approches comparatives à l’évaluation et à la réforme des dispositifs.

Axe 3 : Acteurs et pratiques du lobbying

Sous-axe 1 : La diversification des acteurs et des échelons d’intervention

La diversification du lobbying se manifeste par l’intervention d’acteurs variés aux côtés des cabinets d’affaires publiques et des lobbyistes in house officiant dans les entreprises, à l’instar des avocats, des fédérations professionnelles, des cabinets de conseil, des think tanks, des ONG, des experts, et d’autres influenceurs de tout poil. En France, cette tendance est amplifiée par un changement d’échelle. Face à l’instabilité gouvernementale née de l’absence de majorité parlementaire, le lobbying se déporte sur d’autres échelons.

Aux niveaux supranational et européen, celui-ci favorise en particulier les multinationales et les organisations internationales. Au niveau des collectivités territoriales, des acteurs tels que les PME régionales, les chambres consulaires, ou encore les associations environnementales, acquièrent également une importance grandissante dans les processus décisionnels.

Suggestions d’angles :

  • Les profils sociologiques, les trajectoires et les ressources des acteurs entrant dans le champ du lobbying ;
  • La cartographie des acteurs du lobbying et de leurs réseaux selon les secteurs ;
  • Les conditions économiques et institutionnelles d’accès au marché du lobbying selon les échelons de décision ;
  • La formation de l’offre et de la demande de prestations de lobbying, leurs coûts et les barrières d’entrée sur le marché ;
  • Les rendements comparés des stratégies d’influence selon les échelons et les types d’acteurs, notamment les entreprises, les fédérations et les ONG ;
  • L’externalisation des activités de lobbying et les relations entre donneurs d’ordre et intermédiaires.

Sous-axe 2 : L’évolution et la professionnalisation des pratiques

Les répertoires d’action mobilisés par les lobbyistes connaissent de nouvelles transformations, reflétant la tension grandissante entre la logique technocratique de l’action publique et la montée des formes de contre-démocratie participative. Ces évolutions favorisent à la fois l’essor d’un lobbying d’expertise, fondé sur l’apport d’un savoir technique et scientifique aux décideurs, et du lobbying indirect ou citoyen, privilégiant plutôt la mobilisation d’une base militante pour peser sur la décision publique.

Les outils utilisés à cette fin gagnent eux aussi en complexité, à mesure qu’ils se digitalisent. L’on songe notamment à l’apparition récente de solutions en ligne alimentées par l’intelligence artificielle (Dixit, Pappers Politique, etc.), qui permettent de transcrire en temps réel les débats institutionnels, de réaliser des veilles multimodales ou encore de croiser des centaines d’informations sur un décideur en un clic. Dans un autre registre, les réseaux sociaux et les nouveaux médias permettent aux actions militantes d’être mieux coordonnées, plus réactives, et paradoxalement plus atomisées.

Suggestions d’angles :

  • La place des experts dans les cabinets de lobbying et les directions des affaires publiques ;
  • Le rôle de l’expertise dans les stratégies propres aux secteurs numérique, pharmaceutique ou énergétique ;
  • Les transformations des stratégies d’influence directe et indirecte à l’ère du numérique ;
  • La cartographie des outils numériques, leurs usages dans la veille, la transcription des débats et le croisement des informations sur les décideurs, ainsi que leurs avantages et leurs risques, notamment pour les solutions intégrant l’intelligence artificielle telles que Dixit ou Pappers Politique ;
  • Les effets de l’intelligence artificielle sur la répartition du travail entre traitement des données, analyse et relations avec les décideurs ;
  • Les formes de militantisme dans les nouveaux médias, entre coordination collective, réactivité et fragmentation des mobilisations ;
  • Les formations, les compétences et les normes professionnelles dans la structuration des métiers du lobbying ;
  • Les bilans et les méta-analyses des travaux consacrés à la professionnalisation du lobbying.

Conditions de participation

La journée d’étude s’adresse aux chercheuses et chercheurs en sciences sociales, économiques et juridiques travaillant sur le lobbying ou sur un sujet connexe. Une priorité sera accordée aux chercheuses et chercheurs en début de carrière, notamment en doctorat et en postdoctorat. Des chercheurs confirmés pourront prendre part aux échanges comme discutants. Le regard de praticiens et de journalistes pourra également nourrir la table ronde, en dialogue avec les recherches présentées.

Plusieurs formats de contribution seront possibles. Les organisatrices et organisateurs souhaitent toutefois privilégier la disputatio, entendue comme la discussion publique et contradictoire d’un texte préalablement diffusé. Les contributions porteront prioritairement sur la France et l’Union européenne. Les approches comparées avec d’autres ordres juridiques sont également bienvenues. Les terrains étudiés et les échelons de décision devront être précisés.

Conditions de soumission

Les propositions de contribution devront présenter :

  • Le sujet envisagé et son lien avec l’un des axes de la journée d’étude ;
  • Un résumé de 2 500 signes maximum (espaces compris) ;
  • Les coordonnées de l’intervenant ou intervenante (qualités, fonctions et institution d’origine).

Le document devra être envoyé à l’adresse suivante : colloque.lobbying.2027@gmail.com

Calendrier

Lancement de l’appel à contributions : 28 septembre 2026

Date limite de soumission des propositions : 16 décembre 2026

Communication de la liste des contributions : janvier 2027

Tenue de la journée d’étude : 17 juin 2027

Organisation

Trois axes de travail structurent cette journée. Les sous-axes et les formats pourront être adaptés lors de la sélection des contributions. Les propositions transversales ou ne s’inscrivant pas pleinement dans les sous-axes présentés restent donc susceptibles d’être acceptées. Des temps de questions, de discussion et de pause seront ménagés au sein des séquences. Pour l’heure, l’organisation de la journée se profilerait ainsi :

  • 9h - 12h - Axe 1 : Lobbying et démocratie
  • 13h - 16h - Axe 2 : Encadrer le lobbying
  • 16h - 18h - Axe 3 : Acteurs et pratiques du lobbying (table ronde ; débats ouverts avec les praticiens)

Comité scientifique

  • Jimmy Kolbe-André, doctorant en droit public (CERSA) ;
  • Maxime Feyssac, doctorant en science politique (CERSA) ;
  • Marie Tiberghien, doctorante en droit pénal (IRJS) ;
  • Lola Avril, professeure junior au CNRS et à Paris 1 Panthéon-Sorbonne (CESSP), titulaire de la chaire REGANET ;

Bibliographie indicative

  • Thèses

ANDRÉ S., L’harmonisation de la représentation d’intérêt au Parlement, thèse de doctorat en droit, sous la direction de B. Asso, Université Côte d’Azur, 2017.

ATTARÇA M., Une introduction au concept de stratégie politique d’entreprise : une étude du lobbying pratiqué par les entreprises en France, thèse de doctorat en sciences de gestion, sous la direction de J.-P. Nioche, HEC Paris, 1999.

BOURA R., Les mondes des lobbyistes. Influencer la loi : une entreprise collective, thèse de doctorat en sociologie, sous la direction de D. Méda, Université Paris Dauphine-PSL, 2022.

BOYE P. A., Vers une reconnaissance institutionnelle du lobbying en France ? Analyse des métamorphoses d’une profession controversée, thèse de doctorat en droit public, sous la direction de H. Portelli, Université Paris II Panthéon-Assas, 2008.

CLOTEAU A., Produire la valeur politique des marchandises : la construction historique d’un lobbying agroindustriel à Bruxelles (1945-2018), thèse de doctorat en sociologie et démographie, sous la codirection de F. Lebaron et S. Laurens, Université Paris-Saclay (ComUE), 2019.

CUTINELLI-RENDINA O., Essays on The Determinants and Effects of Corporate Lobbying, thèse de doctorat en sciences économiques, sous la direction de P. Aghion, École des hautes études en sciences sociales, 2023.

DADJO C. H., Pratiques de lobbying des ONG au Burkina Faso : une évaluation des stratégies, thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication, sous la direction de V. Carayol, Université Bordeaux Montaigne, 2016.

DANDEL A., Goût et dégoût des douceurs : une histoire du lobby du sucre en France (années 1930 – années 1990), thèse de doctorat en histoire, sous la direction de H. Guillemain, Le Mans Université, 2025.

GONZALEZ A., Les réseaux culturels et groupes de pression catholiques de l’immigration espagnole en France (1939-1976), thèse de doctorat en études ibériques et ibéro-américaines, sous la direction de F. Godicheau, Université Bordeaux Montaigne, 2019.

HAFIDI H., Competition between Lobbies and Environmental Regulation : Three Essays, thèse de doctorat en sciences économiques, sous la direction de G. Cheikbossian, Université de Montpellier, 2022.

HINNEBUSCH G., Trickle-Down Lobbying, Network Politicking, and the Transformation of U.S. Statehouse Democracy, 2010-2020, thèse de doctorat en études anglophones, sous la direction de C. Zumello, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2025.

HOUILLON G., Le lobbying en droit public, thèse de doctorat en droit, sous la direction de F. Rouvillois, Université Paris Descartes (Paris 5), 2008.

LAFON C., Histoire et sociologie politiques des origines du Lobby Européen des Femmes : quand des femmes et leurs organisations s’orientent vers l’Europe (1919-1993), thèse de doctorat en histoire, sous la codirection de C. Manigand et O. Paye, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2024.

LAPOUSTERLE J., L’influence des groupes de pression sur l’élaboration des normes : illustration à partir du droit de la propriété littéraire et artistique, thèse de doctorat en droit, sous la direction de P.-Y. Gautier, Université Paris II Panthéon-Assas, 2007.

LEONTÉ M., L’institutionnalisation du lobbying aux États-Unis et auprès de l’Union européenne : étude comparative, thèse de doctorat en droit public, sous la direction de S. Sur, Université Paris II Panthéon-Assas, 2010.

LOGEART R., Lobbying dynamics and influence, thèse de doctorat en sciences économiques, sous la direction de M. Chiroleu-Assouline, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2024.

MBAKA A., La régulation du lobbying en droit économique, thèse de doctorat en droit privé, sous la direction de S. Avignon, Aix-Marseille Université, 2023.

MILLOT A., L’impact des déterminants commerciaux de la santé. Le cas du lobbying de l’industrie de l’alcool et de l’industrie du tabac en France, thèse de doctorat en marketing social, sous la direction de K. Gallopel-Morvan, Rennes, École des hautes études en santé publique, 2023.

MOREIRA ALVES A., Corporate Political Activity in the European Union, thèse de doctorat en sciences de gestion, sous la direction d’É. Brousseau, Université Paris Sciences et Lettres (ComUE), 2019.

PELLÉ É., L’encadrement des lobbyistes au Canada, au Québec, en Ontario, en France, et au sein des institutions européennes, thèse de doctorat en science politique, sous la direction de G. Courty, Université de Lille, 2021.

RIVAL M., L’action politique des entreprises : pluralité des stratégies et contribution à la création de valeur pour l’actionnaire. Comparaison France / Grande-Bretagne, thèse de doctorat en sciences de gestion, sous la direction de J. Allouche, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 2002.

THIBOUT C., Google : une entreprise d’influence ? Indigénisation, normalisation et politisation d’une multinationale du numérique en France, thèse de doctorat en science politique, sous la direction d’A. Vauchez, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2024.

VARGOVČÍKOVÁ J., Les modes de la légitimation du lobbying en Europe centrale et ses ambivalences : négocier la frontière symbolique entre la sphère publique et la sphère privée en Pologne et en République tchèque (1990-2016), thèse de doctorat en science politique, sous la codirection de G. Mink et M. Znoj, Université Paris Nanterre, 2018.

VIROLEAU F., Lobbying et politique commerciale : l’influence des groupes d’intérêt sur les modalités de l’ouverture commerciale, thèse de doctorat en sciences économiques, sous la direction de B. Madeuf, Université Paris Nanterre, 2018.

WIESENFELD S., Les groupes d’intérêt au sein de l’Union européenne : nouveaux vecteurs de démocratisation ?, thèse de doctorat en droit public, sous la direction de S. Rodrigues, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2019.

  • Ouvrages et articles

AOUISS S., « De la nécessité d’une (re)définition des représentants d’intérêts », Revue française de droit constitutionnel, 2024/3, n° 139, p. 563-584.

BAUDUIN B., « Les représentants d’intérêts dans un droit du travail en mutation », dans KERLÉO J.-F. (dir.), Le lobbying. Influence, contrôle et légitimité des représentants d’intérêts, LGDJ, 2020, p. 229-245.

COURTY G. et MILET M. (dir.), Les groupes d’intérêt en France, Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », n° 551, série « Science politique », n° 9, 2023.

KERLÉO J.-F. (dir.), Le lobbying. Influence, contrôle et légitimité des représentants d’intérêts, LGDJ, 2020.

KRUEGER A. O., « The Political Economy of the Rent-Seeking Society », The American Economic Review, vol. 64, n° 3, juin 1974, p. 291-303.

MAISONNEUVE M., « Le lobbying sportif », dans KERLÉO J.-F. (dir.), Le lobbying. Influence, contrôle et légitimité des représentants d’intérêts, LGDJ, 2020, p. 247-263.

SARTORI G., « Concept Misformation in Comparative Politics », The American Political Science Review, vol. 64, n° 4, déc. 1970, p. 1033-1053.

  • Rapports et documents institutionnels

ASSASSI É. (rapp.), Un phénomène tentaculaire : l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques, rapport fait au nom de la commission d’enquête sur l’influence croissante des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques, Sénat, n° 578 (2021-2022), t. I, 16 mars 2022.

GAUVAIN R. et MARLEIX O. (rapp.), Rapport d’information sur l’évaluation de l’impact de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dite « loi Sapin 2 », Assemblée nationale, XVe législature, n° 4325, 7 juill. 2021.

KERLÉO J.-F., Pour un contrôle de la représentation d’intérêts efficace et transparent, Observatoire de l’éthique publique, note n° 31, 12 juin 2023.

LE GENDRE G. et UNTERMAIER C., Mission « flash » sur la rédaction du décret n° 2017-867 du 9 mai 2017 relatif au répertoire numérique des représentants d’intérêts, communication à la commission des lois, Assemblée nationale, XVIe législature, 3 mai 2023.

MILET M. et YATES S. (coord.), Le lobbyisme indirect. Enjeux, stratégies et dimensions éthiques, programme de la journée d’étude internationale, CERSA, Université Paris-Panthéon-Assas, en partenariat avec l’UQAM (Labfluens), 2 juin 2026.

SIMONNET D. (rapp.), Rapport fait au nom de la commission d’enquête relative aux révélations des Uber files : l’ubérisation, son lobbying et ses conséquences, Assemblée nationale, XVIe législature, n° 1521, 11 juill. 2023.

WASERMAN S., Propositions pour un lobbying plus responsable et transparent, rapport présenté à l’Assemblée nationale, janv. 2021.

Places

  • Université Paris-Panthéon-Assas, Salle des Conseils (2e étage, aile Soufflot) - 12 place du Panthéon
    Paris, France (75005)

Event attendance modalities

Hybrid event (on site and online)


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Keywords

  • lobbying, représentation d’intérêts, groupes d’intérêt, influence, régulation, transparence, hatvp, loi sapin 2, démocratie, cyberlobbying, intelligence artificielle, interdisciplinarité

Contact(s)

  • Jimmy Kolbe-André
    courriel : colloque [dot] lobbying [dot] 2027 [at] gmail [dot] com

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Jimmy Kolbe-André, Maxime Feyssac, Marie Tiberghien, Lola Avril, « Les nouveaux visages du lobbying », Call for papers, Calenda, Published on Friday, October 02, 2026, https://doi.org/10.58079/16wfi

Author(s)

Jimmy Kolbe-André

Maxime Feyssac

Marie Tiberghien

Lola Avril

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