HomePosition for a post-doc in the project “To Each His Own Reality: The notion of the real in the fine arts of France, West Germany, East Germany and Poland between 1960 and 1989”

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Position for a post-doc in the project “To Each His Own Reality: The notion of the real in the fine arts of France, West Germany, East Germany and Poland between 1960 and 1989”

Poste de post-doctorant au sein du projet de recherche « À chacun son réel. La notion de réel dans les arts plastiques en France, RFA, RDA, Pologne des années 1960 à la fin des années 1980 »

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Published on Thursday, September 19, 2013 by Élodie Faath

Summary

Le projet « À chacun son réel. La notion de réel dans les arts plastiques en France, RFA, RDA, Pologne des années 1960 à la fin des années 1980 » dirigé par Mathilde Arnoux (financé par le programme ERC Starting Grant Programm) au sein du Deutsches Forum für Kunstgeschichte / Centre allemand d’histoire de l’art (Paris) appartenant la fondation Max Weber ouvre à la candidature un poste de post-doctorant à plein temps spécialiste d’esthétique ou de théorie de l’art.

The project entitled To Each His Own Reality: The notion of the real in the fine arts of France, West Germany, East Germany and Poland between 1960 and 1989 led by Mathilde Arnoux (funded by the ERC Starting Grant Programme) at the Deutsches Forum für Kunstgeschichte (German Centre for Art History) in Paris, which is part of the Max Weber Foundation, is recruiting one full-time position for a specialist in aesthetics/art theory.

 

Announcement

Contexte

Le projet « A chacun son réel. La notion de réel dans les arts plastiques en France, RFA, RDA, Pologne des années 1960 à la fin des années 1980 » dirigé par Mathilde Arnoux (financé par le programme ERC Starting Grant Programm) au sein du Deutsches Forum für Kunstgeschichte / Centre allemand d’histoire de l’art (Paris) appartenant la fondation Max Weber ouvre à la candidature un poste de post-doctorant à plein temps spécialiste d’esthétique ou de théorie de l’art.

L’ambition

En partant de l’analyse de la notion de réel, à travers la diversité des pratiques qui y font appel (performance, intégration d’objets dans les œuvres, figuration etc…) et de ces multiples interprétations en France, RFA, RDA, Pologne, le projet (voir descriptif du projet ci-après) a pour ambition d’apprécier les partages, échanges, malentendus, points communs de part et d’autre du rideau de fer. En interrogeant une même notion, le projet vise à repérer les mises en rapport possible entre des pratiques formelles distinctes, à questionner la pertinence de certains rapprochements entre des pratiques formelles voisines et à interroger les raisons de l’importance de cette notion durant les années 1960-1989. Dans ce cadre, il sera fondamental que les analyses envisagent les imbrications des champs artistiques, culturels, théoriques, politiques et idéologiques de l’époque.

Le poste

  • Le poste est établi pour une durée de 2 ans.
  • Le contrat est un  CDD.
  • Le salaire est fixé par les grilles de l'ambassade
  • Le post-doctorant sera employé à plein temps.
  • Les candidats devront avoir soutenu leur thèse.
  • Il sera particulièrement apprécié que le post-doctorant comprenne et parle le français et l’une des deux autres langues du projet (l’allemand ou le polonais) afin de fonder rigoureusement l’analyse des échanges entre les pays et de faciliter la communication au sein de l’équipe.

Profil du post-doctorant

Le sujet de recherche du post-doctorant devra correspondre aux ambitions du projet qui vise à apprécier la diversité des acceptions de la notion de réel dans la pratique des arts plastiques en France, RFA, RDA, Pologne. En vue d’établir des distinctions pertinentes, le post-doctorant devra contribuer à une réflexion sur ce que les démarches artistiques sollicitent à travers la notion de réel. Il devra accompagner le travail de recherches afin d’apprécier si les démarches artistiques traduisent, interprètent, s’appuient sur des discours théoriques, dans quelle mesure elles s’en distancient. Le post-doctorant devra bénéficier d’une grande familiarité avec l’histoire de l’art et ses méthodes, ainsi que d’une solide connaissance des fondements de l’esthétique afin d’étudier la tradition dans laquelle s’inscrit, ou par rapport à laquelle rompent les pratiques en jeu. Compte tenu de la période étudiée qui voit les ambitions de l’esthétique rejetées par certains artistes, parallèlement au développement d’un intérêt singulier pour les domaines sociologiques, politiques, éthiques etc., il sera fondamental que le post-doctorant porte également un intérêt aux philosophies politiques, aux réflexions éthiques qui ont pu inspirer les artistes de l’époque.

Fonctions du Post-Doctorant

  • Aide à la constitution d’un réseau international de chercheurs sur la notion de réel dans les arts plastiques en France RFA RDA Pologne
  • Participation active aux débats et manifestations organisés par le projet
  • Aide à la préparation des workshops sur la notion de réel dans les arts plastiques en France RFA RDA Pologne (2014-2015)
  • Sélection de textes sur la notion de réel dans les arts plastiques en France RFA RDA Pologne (écrits de philosophes et d’artistes)
  • Numérisation et mise en ligne des textes numérisés sur le sharepoint et enregistrement dans la base de données
  • Participations aux missions de recherches bibliographiques
  • Bilan régulier des recherches
  • Traductions de textes
  • Coopération aux projets éditoriaux du projet, suivi éditorial des publications
  • Site web
  • Base de données correction des données

Les frais pris en charge

Les frais de voyage et d’hébergement pour la participation à chaque Workshop sont pris en charge.

Le dossier de candidature

Le dossier de candidature doit être constitué

  • d’un projet de recherche, précisant l’année de recherche dans laquelle le candidat ou la candidate se situe,
  • estimation du nombre d’années nécessaires pour l’aboutir (4 pages max.),
  • d’une lettre de motivation dans laquelle le candidat ou la candidate présente la façon dont ce projet viendrait nourrir, compléter son propre travail de recherche,
  • un CV (4 pages max.),
  • deux lettres de recommandations.

Les dossiers sont à soumettre par voie électronique à marnoux@dt-forum.org pour le

22 novembre au plus tard.

Les candidats retenus seront appelés à être auditionnés au mois de décembre 2013, au Centre allemand d’histoire de l’art à Paris.

Les dossiers soumis par des candidats handicapés feront l’objet d’une attention égale aux autres.

La Fondation Max Weber soutient la parité entre hommes et femmes.

Comité de sélection

  • Mathilde Arnoux (Directrice de recherche, PI du projet),
  • Andreas Beyer (Directeur du Centre allemand d'histoire de l'art),
  • Juliane Braasch (Administratrice du Centre allemand d’histoire de l’art),
  • Julia Drost (Directrice de recherche, représentante de la parité),
  • Markus Rath (Chargé de recherche, représentant du personnel),
  • Ursula Wagner (Responsable du secrétariat, représentant du personnel).

Le projet

La notion de réel est employée de manière récurrente dans les écrits secondaires en histoire de l’art touchant à l’art produit depuis les années 1960. Elle est appliquée à des pratiques variées que ce soit celles relevant des néo-avant-gardes ou les retours à la figuration, elle fait surface lorsqu’il est question des recherches d’abolition de la frontière entre l’art et la vie à travers installations et performances, on la retrouve dans le cadre des descriptions de certaines pratiques de l’art conceptuel, ou de la photographie. Cette notion est convoquée dans les titres des ouvrages d’un Peter Sager, Neue Formen des Realismus – Kunst zwischen Illusion und Wirklichkeit, Cologne, 1973 ; d’un Christopher Carrell et al. éd., Polish Realities : New Art from Poland, Glasgow, 1988 ;d’un Hal Foster, The Return of the Real : The Avant-Garde at the End of the Century, Cambridge, Mass, 1996 ; elle fait également irruption dans les intitulés des chapitres de Michael Archer, L’art depuis 1960, Paris, 1997, « Le réel et ses objets » ; de Catherine Millet, L’art contemporain en France, Paris, 2005, sections intitulées « L’art adhère au réel » ou « Un retour dans la réalité des choses », ou encore de Klaus Honnef, Kunst der Gegenwart, chapitre « Die Inszenierung des Wirklicher oder die Macht der Fotografie », Cologne, 1988. Ce ne sont là que quelques exemples où le mot apparait ostensiblement, sans tenir compte de toutes les références qui évoquent le rapport de l’art de cette période au réel. Lorsque l’on pense aux efforts des historiens de l’art pour classer les pratiques artistiques par mouvements, courants, groupes distincts, rien n’est plus étonnant que de trouver ranger sous un même terme des pratiques de nature différente d’autant plus qu’on le retrouve aussi bien dans les propos sur l’art à l’ouest que dans ceux sur l’art à l’est du rideau de fer. L’articulation de pratiques variées autour d’une même notion est caractéristique de la Guerre froide. Les Etats-Unis et l’URSS, pour mieux affirmer chacun son modèle de société, ont investi des notions fondamentales de valeurs symboliques différentes de celles de l’ennemi, que l’on pense à la liberté, à l’économie, à l’égalité. Le réel compte parmi ces notions fondamentales à avoir fait l’objet de positionnement singulier de la part de chacune des superpuissances et de leurs satellites. La notion de réel, appliquée au champ économique, politique ou artistique, à l’ouest ou à l’est, prend des inflexions très diverses, même si le bloc soviétique a pu espérer lui donner une cohérence à travers la doctrine réaliste socialiste.

Interroger la notion de réel dans les arts plastiques européens, c’est nourrir les réflexions menées au sujet de la formation de l’identité culturelle européenne et insister sur l’importance des années de Guerre froide dans sa définition. La France, la RFA, la RDA et la Pologne dont les destins ont été étroitement liés au cours du XXe siècle par l’amitié, les divisions, les oppositions, les destructions, leur partage de l’expérience de l’extermination apparaissent particulièrement justifié pour examiner ces enjeux. En se penchant sur la période qui s’étend des années 1960 à la fin des années 1980, on s’attache à la Guerre froide telle qu’elle s’est installée durablement une fois la déstalinisation accomplie.

La notion de réel dans sa dimension polymorphe n’a encore jamais fait l’objet d’un examen approfondi dans le champ des arts plastiques des années 1960 à la fin des années 1980 et a fortiori aucune recherche ne s’est encore penchée sur les rapports entre les réels à l’Ouest et à l’Est en tenant compte du contexte idéologique. Car si l’étude des réseaux d’échanges artistiques au sein des pays européens de l’ouest, notamment entre la France et l’Allemagne et au sein des pays de l’est ont connu un essor considérable depuis une dizaine d’années, les recherches sur les échanges entre les pays se situant de part et d’autre du rideau de fer sont à leur balbutiement. Il est essentiel aujourd’hui de porter une attention particulière à ces questions, en tenant compte des enjeux idéologiques qui ont présidé à la Guerre froide. La concurrence entre les deux superpuissances a eu pour conséquence l’investissement d’ambitions idéologiques de tous les pans de la société. Dans ce contexte, les artistes se sont eux aussi situés plus ou moins clairement, ils se sont faits étiquetés, et les œuvres d’art contemporaines se sont elles aussi vues attribuées une place et une fonction dans cette concurrence mondiale pour un modèle de société. D’autant plus que les politiques culturelles de chacun des blocs ont souvent utilisés l’art comme ambassadeur de chacun de ces modèles.

En dépit des classements, des positionnements qui se voudraient opposer, il est frappant de noter combien la notion de réel court de part et d’autre du rideau de fer et prend une part considérable dans le discours sur les arts plastiques. Elle est partagée par des mouvements classés dans des tendances considérées conventionnellement comme antinomiques des années 1960 à la fin des années 1980. La notion de réel peut être entendue selon un point de vue temporel (réel comme actualité, présent) ou un point de vue matériel (réel comme monde environnant, celui des objets concrets), qui correspondent à l’ambiguïté même de la définition du terme. Telle que nous l’envisageons, elle prend une signification différente suivant la pratique, l’artiste, le contexte, mais elle apparait néanmoins comme une préoccupation commune à des productions très différentes d’une même époque, comme pour attester du positionnement attendu de la part des artistes et de leurs œuvres face au monde extérieur.

Dans les années 1960 et jusqu’à la fin des années 1980, la notion de réel ne fait pas nécessairement écho aux pratiques présentées comme traditionnellement préoccupées par le rendu du réel, qu’il s’agisse du vérisme de la sculpture de la république romaine, du XVIIe siècle hollandais, du réalisme d’un Courbet et de ses avatars, du retour à l’ordre de l’entre deux guerres. Elle est déclinée de diverses manières à travers les noms des mouvements comme le Nouveau Réalisme, le Réalisme capitaliste, le Réalisme socialiste, le réalisme photographique. Elle est investie par le retour à la figuration, mais elle est également essentielle dans le développement de la performance et des environnements et intervient à travers l’introduction des objets dans les pratiques Fluxus et néo-dada. Si cette notion du réel ne relève pas des pratiques qui y sont habituellement reliée en histoire de l’art et qu’elle s’applique de manière différenciée selon les contextes, à quoi correspond donc cette notion si souvent en jeu dans l’art de cette époque ? Participe-t-elle à un constat posé sur le monde environnant ? Intervient-elle dans le rendu le plus objectif possible à travers une préoccupation mimétique ? Engage-t-elle à recourir pratiquement aux objets environnants ? Contribue-t-elle à faire pénétrer la manifestation artistique dans la vie quotidienne par des interventions directes ? Encourage-t-elle l’art à sortir de la tour d’ivoire dans laquelle il a été relégué pour l’introduire dans de nouvelles sphères ? C’est ce que le projet propose de cerner.

Il faut revenir sur de nombreuses évidences fondées sur des rapports strictement formels qui conduisent à un nivellement des ambitions portées par les œuvres et les artistes. Ainsi il faut se pencher sur l’intervention du réel à travers les diverses pratiques qui introduisent des objets issus du monde environnant, interroger les œuvres du Nouveau réalisme, de Wolf Vostell ou Beuys, de Wladyslaw Hasior, de Wlodimierz Borowski en Pologne ou encore les œuvres de la Türenausstellung organisée à Dresde en 1979. Au-delà des interprétations conventionnelles extrêmement déterminées par le contexte politique de l’époque, il faut porter plus d’attention à ce qu’implique l’introduction de morceau du monde environnant dans la matière même des œuvres. Loin d’être une seule ode au système capitaliste, ces pratiques interrogent l’abondance des choses et posent la question de ce que le quotidien, l’immédiat conservent comme marques du passé.

En quoi le réel peut-il constituer un réservoir de mémoire ?

Les performances dont la pratique fleurit dans ces années connaissent des déclinaisons variées, avec toujours pourtant l’idée qu’il s’agit d’une recherche de rapprochement entre l’art et la vie. Elles interrogent ce qui unit l’art au réel. Mais les contextes changent tout, car ce ne sont pas les mêmes buts : lorsque l’art rejoint la vie dans un système capitaliste ou dans un système communiste, dans une société libre ou dans la dissidence. Les performances d’un Gerhard Richter et Konrad Lueg qui moquent le réalisme socialiste autant que le capitalisme, d’un Josef Beuys qui prennent position politiquement, d’un Robert Filliou qui se veulent une équivalence de la vie, d’une Ewa Partum liées aux questions soulevées par le gender, celles du groupe des Autoperforationsartisten de Dresde, les actions de rue de Wojciech Krukowski soulèvent autant d’interrogation sur le positionnement de l’artiste face au monde environnant.

La photographie par son lien originel à la question du rendu du réel soulève des questions fondamentales pour ce projet. Qu’est-ce que recèle l’idée d’équivalence entre le réel et l’image photographique ? Quelle incidence a l’acte artistique sur la façon dont est saisi le réel ? Qu’interroge la recherche d’objectivité des artistes de Düsseldorf et les prises de vue a priori neutre d’un Ulrich Wüst en RDA ? Ce sont des questions qui interrogent les implications de la subjectivité dans la tentative de capture de l’objet original.

A travers la figuration ce n’est pas tant la mimesis ou le saisissement du monde environnant par l’artiste qui articule l’art à la notion de réel. Celui-ci intervient dans les réflexions sur le monde auxquelles la représentation cherche à faire accéder, car il ne s’agit plus tant de représenter le monde que d’y faire réfléchir à travers l’œuvre. La notion de réel est centrale puisqu’elle représente l’insaisissable. L’art est une prise de position dans le monde. En quoi le retour au monde visible comme réservoir iconographique permet-il d’interroger le positionnement de l’artiste dans la société, comme dans les œuvres d’un Jörg Immendorf, ou d’Anselm Kiefer ? Qu’interroge le rejet d’une réalité quotidienne brute par les artistes de la Figuration narrative en France ?

Des pratiques artistiques très distinctes soulèvent des questions fondamentales autour de la notion de réel. A travers les mises en rapport d’œuvres produites de part et d’autres du rideau de fer, le projet propose ainsi de réexaminer les grilles de lecture manichéennes dont nous avons hérité, non pas pour les retourner strictement à l’inverse, mais pour y apporter des nuances essentielles qui rompent avec la partition entre deux groupes strictement opposés. Cette interrogation des incidences du contexte politique et idéologique sur les classements et interprétations des œuvres durant la Guerre froide n’a jamais été encore proposée. En interrogeant la façon dont la notion de réel a été traitée en France, RFA, RDA et Pologne, le projet cherche à valoriser les différents éclairages que chacun a pu proposer de cette notion. L’émergence de ces singularités – la reconnaissance de l’existence de pratiques méritant l’intérêt au-delà du rideau de fer – vient nourrir l’attente d’une reconnaissance de la scène artistique des pays autrefois situés au-delà du rideau de fer trop longtemps ignorée des ouvrages généraux sur l’art du XXe siècle.

L’analyse de la notion de réel permet ainsi de se situer au-delà des oppositions conventionnelles entre les pratiques héritées de dada et celles relevant de la figuration, entre l’Ouest et l’Est. Elle constitue comme un fil conducteur à travers les textes d’artistes, de critiques, d’historiens de l’art du début des années 1960 à la fin des années 1980. Les diverses acceptions de la notion de réel se chevauchent parfois comme pour jouer sur les ambiguïtés du terme, tout en s’inscrivant dans une tradition historiographique parcourant l’histoire de l’art depuis toujours à travers notamment les questions de la mimesis et de l’objectivité, de la liberté de choix du sujet par l’artiste, de la position de celui-ci face au monde qui l’entoure. Le réel aussi insaisissable soit-il peut être investi par chacun selon ce qu’il considère en relever. Il remplit ainsi un vide conceptuel que trahit l’importance tenue par cette notion dans le domaine des arts plastiques durant cette période. Ainsi la notion de réel mérite un examen particulier car elle est déterminante pour la compréhension des œuvres mais aussi des missions qui leur ont été affublées par leur commentateur. Le réel, notion sur laquelle se projettent les ambitions des deux superpuissances de la guerre froide, constitue aussi pour l’Europe de cette époque un cadre où se joue la revendication d’une singularité culturelle, d’une affirmation d’une spécificité qui ne serait pas systématiquement amalgamée aux ambitions de l’URSS et des Etats-Unis. Cette notion permet de se situer au-delà des classements conventionnels et de se distancer de la traditionnelle scission entre l’Est et l’Ouest en examinant ce qui est en jeu de part et d’autre du rideau de fer à partir d’un même terme. Par-delà les frontières politiques, elle permet d’opérer des différenciations essentielles entre des pratiques partageant des ressemblances formelles – mais dont les contenus sont investis différemment – et d’envisager plus précisément la nature des éventuels rapports entre les pays. En revenant sur des scènes artistiques qui ont déjà plus ou moins fait l’objet d’études, il s’agit de proposer l’analyse des conditions dans lesquelles s’est formé un regard dont nous sommes encore largement tributaires sans que nous en mesurions l’importance.Il est essentiel de comprendre aujourd’hui la raison pour laquelle ce primat du réel semble largement accepté et pourquoi cette notion s’applique à des pratiques si variées dans les années de Guerre froide. Le projet proposé rompt ainsi avec l’écriture progressiste de l’histoire de l’art qui analyse la succession logique des mouvements artistiques et insiste sur la complémentarité des pratiques qui chacune cherche à définir des points de repères après les bouleversements engendrés par le second conflit mondial, dans un contexte hautement idéologique. Ce projet de recherche propose en somme l’analyse d’une notion appliquée aux arts plastiques par chacun des blocs qui s’affrontent dans la Guerre froide. Il tient compte des incidences du combat idéologique sur la formation des opinions, des jugements, des interprétations et des classements dans les arts, afin de pouvoir aborder avec nuances les relations qui se sont établies de part et d’autre du rideau de fer.

A l’appui des récentes recherches sur l’art et la Guerre froide, sur les transferts culturels, en tenant compte de l’intérêt croissant porté à l’art polonais et allemand de l’est et grâce au contexte porteur que constitue l’attente d’une reconnaissance de la scène artistique de l’est, le projet sur la notion de réel en France, RFA, RDA, Pologne bénéficie d’un cadre solide. L’un des points capitaux de cette recherche est bien sûr de cerner le terme de réel au sein d’une équipe européenne. Puisqu’il ne peut s’agir d’une stricte équivalence entre les termes français, allemands et polonais, il s’agira de prendre en considération à travers la lecture de la presse artistique, des écrits d’artistes et d’historiens de l’art ce qui est dit de la position de l’artiste par rapport au monde extérieur et de la façon dont celui-ci intervient dans la réalisation des œuvres à travers l’introduction d’objet, le choix de sujet figuré, l’intention de réduire la barrière entre l’art et la vie, la recherche d’approcher au plus près d’une authenticité du rendu de l’objet représenté, à travers des représentations sans fard. La recherche sur la notion de réel s’articule à l’ambition d’en comprendre les déclinaisons de part et d’autre du rideau de fer et à travers les échanges entre l’Est et l’Ouest. Nous nous intéresserons donc en premier lieu à repérer l’emploi de cette notion à travers les regards croisés entre les quatre pays. Pour y parvenir une méthode extrêmement rigoureuse fondée sur le dépouillement d’archives, de catalogues d’expositions et de revues sera mise en place. Ces travaux de recherches seront appuyés par la collecte d’entretiens auprès des artistes qui ont vécu durant ces années.

Quatre doctorants en histoire de l’art contribueront à la réalisation du projet, chacun se concentrera sur l’un des pays en question.

Un post-doctorant examinera la question du réel d’un point de vue théorique.

Quatre seniors professeurs, spécialistes de questions en jeu dans ce projet accompagneront le travail intellectuel du groupe par leurs recommandations, leurs critiques, ils aideront à l’affinement des propositions grâce aux liens scientifiques qu’ils permettront d’établir, ils s’impliqueront dans les résultats de la recherche à travers leurs contributions aux rencontres et publications.

Le travail a été conçu en quatre phases sur soixante mois. Les trois premières phases consacrées au dépouillement ont été développées durant les trois premières années du projet (2011-2013). La dernière s’étend sur les quatrième et cinquième années (2014-2015) et consiste à valoriser les recherches par des analyses, des interprétations et des projets éditoriaux.

Les résultats de la recherche consisteront en une série d’ateliers, l’édition d’un volume collectif afin d’offrir une vue des diverses questions soulevé par le projet, ainsi qu’une anthologie, une base de donnée regroupant des textes fondamentaux repérés au fil des dépouillements des revues et ouvrages par les chercheurs. Ce projet permettra la constitution d’une équipe experte et inédite, transculturelle et transdisciplinaire autour d’un sujet fondamental pour l’étude de l’art du XXe siècle qui posera les jalons de nouvelles approches en histoire de l’art et en esthétique. Pour plus d’informations vous pouvez consulter www.own-reality.org  

Presentation

The project entitled To Each His Own Reality: The notion of the real in the fine arts of France, West Germany, East Germany and Poland between 1960 and 1989 led by Mathilde Arnoux (funded by the ERC Starting Grant Programme) at the Deutsches Forum für Kunstgeschichte (German Centre for Art History) in Paris, which is part of the Max Weber Foundation, is recruiting one full-time position for a specialist in aesthetics/art theory.

Objective

Starting with an analysis of the notion of the real in a variety of forms that use the concept (e.g. performance art, integrating objects in art, figuration, etc.) and from these multiple interpretations in France, West Germany, East Germany and Poland, the project (see description below) aims to develop an understanding of sharing, exchanges as well as misunderstandings and common points on both sides of the Iron Curtain. By focusing on a single concept, the project aims to analyse the possible relationship between separate formal practices, to question the relevance of certain similarities between neighbouring art practices and to investigate why this notion was significant between 1960 and 1989. With this in mind, it will be important to analyse the ways in which the artistic, cultural, theoretical, political and ideological issues of the day fit together.

Position

  • The postdoctoral researcher will be hired full-time.
  • The position is for a fixed duration of 2 years (CDD)
  • The position will be subject to a 6-month probationary period.
  • Candidates must have submitted their thesis and hold a PhD.
  • It will be particularly helpful if the candidate speaks French and one of the two languages of the project (Polish or German) as this would contribute to ensuring a rigorous analysis of the dialogue between the four countries and to facilitate communication within the team.

Profile requirements

The topic of the candidate’s postdoctoral research is required to correspond to the goals of the project, which are to gain an appreciation of the notion of the real’s diverse expressions in the fine arts in France, West Germany, East Germany and Poland. With a view to drawing clear distinctions, the postdoctoral researcher will be required to contribute to shared reflection on what art conjures in relation to the notion of the real. He or she will need to accompany research in order to gain an understanding of whether artistic approaches translate, interpret and/or refer to theoretical arguments and to what degree they distance themselves from them. The candidate must be familiar with art history and its methodologies and have a solid understanding of the fundamentals of aesthetics in order to appreciate the tradition to which the art practices studied belong, or the conventions they break with. Given the period studied, during which certain artists broke with the aesthetic current of the times and developed a particular interest in sociological, political and ethical issues, it will be important for the candidate to express an interest in political philosophers and the ethical currents that may have inspired the artists of the period.

Responsibilities

  • Assistance in the creation of an international network of researchers on the notion of the real in the fine arts of France, the FRG, the GDR and Poland
  • Active participation in debates and events organised as part of the project
  • Assistance in preparing workshops on the notion of the real in the fine arts of France, the FRG, the GDR and Poland (2014-2015)
  • Selection of texts on the notion of the real in the fine arts of France, the FRG, the GDR and Poland (publications by philosophers and artists)
  • Digitization and online publication of texts on the SharePoint website, and recording of documents in the project’s database
  • Participation in bibliographic research missions
  • Providing regular research reports
  • Translation of texts
  • Cooperation in the project’s publishing activities, editorial follow-up for publications
  • Website
  • Database, correction and monitoring of data

Paid expenses

Travel and accommodation expenses for participating in each workshop will be covered by the project.

Applications

The application must include

  • a description of a research project specifying the research year,
  • an estimation of the number of remaining years (max. 4 pages),
  • a cover letter in which the candidate explains how this project will enrich and supplement his/her own research,
  • a CV (max. 4 pages)
  • and two letters of recommendation.

Applications must be sent by email to marnoux@dt-forum.org 

no later than 22 November 2013.

Short-listed applicants will be invited to an interview to be held in December 2013 at the Centre Allemand d'Histoire de l'Art (German Centre for Art History) in Paris.

Applications from handicapped candidates will be given the same attention as other applications. The Max Weber Foundation supports equality between men and women.

Selection committee

  • Mathilde Arnoux (Directrice de recherche, PI du projet),
  • Andreas Beyer (Directeur du Centre allemand d'histoire de l'art),
  • Juliane Braasch (Administratrice du Centre allemand d’histoire de l’art),
  • Julia Drost (Directrice de recherche, représentante de la parité),
  • Markus Rath (Chargé de recherche, représentant du personnel),
  • Ursula Wagner (Responsable du secrétariat, représentant du personnel).

Project Proposal

The notion of the real is used in a recurrent manner throughout art history concerning the period since the 1960s. It is applied to a variety of artistic practices including the neo-avant-garde and the return to the figurative. It surfaces whenever installations and performances attempt to abolish borders between the art and life. It appears within the descriptive framework of certain types of conceptual art and photography. This notion is recalled in the titles of published works by Peter Sager, Neue Formen des Realismus – Kunst zwischen Illusion und Wirklichkeit (New Forms of Realism – Art Between Illusion and Reality), Cologne, 1973, Christopher Carrell et al., ed., Polish Realities: New Art from Poland, Glasgow, 1988, and Hal Foster, The Return of the Real: The Avant-Garde at the End of the Century, Cambridge, Mass, 1996. It also emerges in the titles of chapters written by Michael Archer, Art Since 1960, London, 1997, "The Real and its Objects", Catherine Millet, L’art contemporain en France (Contemporary Art in France), Paris, 2005, sections titled "L’art adhère au reel" (Art Adheres to the Real) and "Un retour dans la réalité des choses" (A Return to the Reality of Things), and Klaus Honnef, Kunst der Gegenwart (Contemporary Art), the chapter "Die Inszenierung des Wirklichen oder die Macht der Fotografie" (Putting the Real in Place, or the Power of Photography), Cologne, 1988. These are just a few examples in which the word appears, without taking into account all the references that mention this connection between art and the real. Considering the efforts by art historians to classify art styles by movements, trends or groups, nothing is more surprising than to find such different art practices labelled with the same term on both the western and eastern sides of the Iron Curtain. The articulation of different art practices around a common notion is characteristic of the Cold War. The United States and the Soviet Union each invested fundamental notions like liberty, economics, and equality with different symbolic values in order to assert their own model of society. The real was among these fundamental notions that were included within the particular positions of each of the superpowers and their satellite states and allies. The notion of the real, applied to economic, political, and artistic fields both East and West took on a variety of inflections, despite the Soviet bloc’s attempts to establish coherence through its doctrine of social realism.

Exploring the notion of the real in the European fine arts contributes to reflection on the formation of a European cultural identity and highlights the important role played by the Cold War years in its definition. The assertion that the destinies of France, the FRG, the GDR and Poland during the 20th century were closely linked by friendships, divisions, oppositions, destructions, and shared experiences of extermination seems particularly justified when examining the issues involved. By looking into the period extending from the 1960s through the end of the 1980s, we focus on the Cold War after the completion of de-Stalinization.

The notion of the real, with its polymorphic aspect, has yet to be examined in full within the field of fine arts from 1960 until the end of the 1980s. Above all, there has been no research into the links between the notions of the real, both east and west of the Iron Curtain, that takes into account the ideological context. While research on artistic exchanges within Western countries, most notably between France and Germany, and within Eastern countries, has increased significantly in the past ten years, research on exchanges between countries on either side of the Iron Curtain is just beginning. It is important to pay particular attention to these questions while taking into account the Cold War’s ideological stakes. Competition between the two superpowers during the period resulted in the investiture of ideological ambitions into all segments of society. Within this context, artists took positions in more or less obvious ways. They were eventually labelled and their contemporary art works attributed a function within this global competition for the ideal social model, particularly as the political cultures of each of the blocks often used art as an ambassador of their social models.

Despite the classification system imposed by the Cold War, it is striking to notice how the notion of reality took on such a prominent role in the fine arts. This phenomenon was shared by movements classified as either conventional or antinomic from the 1960s to the end of the 1980s. The polymorphous notion of the real created a large variety of forms of expression that sometimes overlapped. This notion can be read from a temporal point of view (reality as current affairs, as the present) or from a material point of view (reality as an all-encompassing world, that of concrete objects) corresponding to the ambiguity of the notion itself. The notion of the real, as we perceive it, takes on different meanings depending on art practices, the artists themselves and the contexts. Even so, it emerged as a common preoccupation among very different types of production within the same time period as if to assert the accepted positions of art and artists to the outside world.

The notion of the real does not necessarily reflect those art practices traditionally considered as realist, whether it be Verismo sculptures from the Roman Republic, 17th century Dutch painting, the realism of Courbet and his followers or the inter-world-war return to order. This notion appears in the names of movements such as New Realism, Capitalist Realism, Socialist Realism and Photographic Realism. It is vested with the return to the figurative, but remained essential to the development of performance art and environmental art, and appears in the introduction of objects in Fluxus and neo-Dada art. Since this notion of the real does not seem to fit within practices normally bound to art history and is applied in different manners depending on contexts, what, then, does this notion, so common in the art of the time, refer to? Does it adhere to or denounce a view of the established system? Does it aim to be as objective as possible through mimetic concerns (photography)? Is it implicated in the practice of integrating everyday objects into artworks themselves? Does it contribute to the inclusion of art in everyday life through direct intervention? Does it challenge art to leave its ivory tower and discover new domains?

We need to look back at the number of givens, based on purely formal links that led to the levelling of aspirations implicated in art and by artists. Thus we can take a closer look at the role that the notion of the real plays in art practices that introduced objects from the real world by investigating New Realism, Wolf Vostell, Joseph Beuys, Wladyslaw Hasior, Wlodimierz Borowski in Poland and works by the Türenausstellung organised in Dresden in 1979. In order to look beyond conventional interpretations, largely defined by the political context of the time, we must pay particular attention to what introducing real world objects as art material implies. Far from being a mere ode to capitalism, these practices question the abundance of things through the formation of contemporary archaeology. They question the meaning of everyday life by preserving contemporary objects as relics from the past; how can the real act as a memory bank?

The flourishing of performance art during this period went through many variations and yet remained consistent in its goal of bridging art and life. It aimed to determine what it was that united art and the real. However, context changes everything, and the goals were not always the same. They depended on whether art was linked to life under a capitalist or communist system, within a free or closed society. Performances by Gerhard Richter or Konrad Lueg that poked fun at Socialist as well as Capitalist Realism, Joseph Beuys and his political position, Robert Filliou looking for the equivalent of life, Ewa Partum raising questions of gender, the Dresden Autoperforationsartisten group, and Wojciech Krukowski’s street performances all raised questions on the position of the artist in relation to the surrounding world.

Photography, with its direct association with depicting reality, also raises questions pertinent to this project. It is particularly interesting to look into the obscured idea of equivalence between the real and the photographic image and to question the impact of the artistic act on the way reality is captured. What does the search for objectivity by the Düsseldorf artists and the GDR’s Ulrich Wüst’s neutral points of view consist of? These are questions that implicate subjectivity within the attempt to capture the original object.

With figurative work, it is not the artist’s mimetic encapsulations of everyday life that connect art with the notion of the real. Instead, it is the real that intervenes in reflecting on a world which the work aims to address, as it is not about representing the world, but thinking about the world through the art. The notion of the real is vital as it represents the elusive. Art is a way of taking a stance in the world. How does the return to the real world as an iconographic reservoir, such as in the work Jörg Immendorf and Anselm Kiefer, allow for questioning the role of the artist in society? What are the Figuration Narrative artists addressing in their rejection of everyday reality? All very different art practices raised fundamental questions regarding the notion of the real.

By establishing links between art produced on both sides of the Iron Curtain, the project will strive to re-examine the somewhat Manichean guides of interpretation that we’ve inherited. The goal is not to get rid of them, but to enrich them with essential nuances that break with the split between two opposing groups. To date, the political and ideological context and its repercussions on art produced during the Cold War has yet to be researched in full. By questioning the way in which the notion of the real was treated in France, West Germany, East Germany and Poland, we are seeking to highlight the different perspectives that others have held with regard to this notion. The emergence of unique traits – the recognition of the existence of art practices deserving attention beyond the Iron Curtain – will answer a need to recognize the art scenes of countries previously behind the Iron Curtain, and long ignored by 20th century art history publications.

The analysis of the notion of the real allows for views beyond the conventional oppositions between art forms inherited from Dada versus figurative art. It is a common thread that weaves itself through the writing of artists, critics and art historians of the time. The notion of the real’s varied meanings sometimes overlap each other in order to play on their ambiguity, while adhering to a historical tradition that stems from art history’s origins in questioning mimesis and objectivity, the artist’s freedom of subject and the relationship of the artist to the surrounding world. The absolute real, though elusive, can be vested by the artist depending on what he or she believes it conjures up. It therefore fills a conceptual void that betrays the importance held by this notion within the field of fine arts during this period. Thus the notion of the real merits particular attention as it is vital to the understanding of works of art and the mission that they were loaded with by their commentator. The real, the notion upon which rested the ambitions of the two Cold War superpowers, consisted of a framework for Europe at a time when cultural distinction was proclaimed, an assertion of uniqueness that was not systematically lumped together with the ambitions of the USSR and the United States. In this way this notion allows us to go beyond conventional classifications and do away with the traditional scission between East and West by examining what was at stake on both sides of the Iron Curtain. Beyond political boundaries, it allows for the identification of essential differences between art practices that share formal similarities – but with different content – and a closer examination of the very nature of the possible links between countries. By looking at artistic scenes that have already been studied in the past, we can analyse the conditions within which our current inherited perspective has been shaped and whose impact we have yet to recognise. Today it is important to understand the reason for which the primacy of reality seemed largely accepted and how it was applied to a variety of forms during the Cold War years. The project aims to break with the progressive writing of art history that analyses the logical line of succession of art movements, and instead insists upon the complementary aspects of these forms in an endeavour to define new points of reference within a highly ideological context following the upheaval engendered by the Second World War. In short, this research project aims to analyse the application of a notion to the fine arts by each of the opposing blocks during the Cold War. It takes into account the incidence of ideological warfare on the shaping of opinions, judgements, interpretations, and classifications with the arts in order to focus on, with greater nuance, the ties that were established on both sides of the Iron Curtain.

One of the primary objectives of this research is to gain a clearer understanding of the notion of the real between members of a European team. Since it will not be possible to arrive at a strict equivalence between French, German and Polish terms, the team will take into consideration what is said with regard to the position of the artist in relationship to the outside world through reading art press, artists’ writings and works by art historians. It will also consider the way in which the artist introduces objects into art, the choice of figurative subject, the removal of barriers between art and life, and the detailed search for an object’s accurate authenticity through unvarnished representations. Research on the notion of real is articulated through the aim of understanding the variations on both sides of the Iron Curtain and through exchanges between East and West. It will be a priority for us to identify ways in which this notion was used through differing perspectives between these four countries. In order to accomplish this we will need to put into place a highly rigorous method of research based on sorting through archives, exhibition catalogues and journals. This research will be backed up by interviews with artists who were active during this time period.

Four PhD students in art history will contribute to the fulfilment of the project’s objectives, each concentrating on their assigned country.

A postdoctoral researcher will examine the question of the real from a philosophical point of view.

Four senior professors specialised in topics related to this project will support the intellectual work of the group with their recommendations and critical feedback. They will help to refine the proposals put forward through their strong ties to the research community and will be involved in the results stemming from the research by contributing to publications and meetings.

The project is designed to be undertaken in four phases over a period of sixty months. The three initial phases have taken place over the first three years of the project. The final phase will take place during the fourth and fifth years of the project and will consist of interpreting source material and analysing works of art. Research findings will be presented at a series of workshops held regularly by team members, as well as in the publication of a collective volume providing an overview of the diverse questions raised by the project and an anthology of texts on the subject of reality/the real, and a database containing all the major texts identified in research on journals and publications, which will be translated into English in order to promote awareness of the subject.

Finally, this project has made it possible to assemble an unprecedented team of trans-cultural and trans-disciplinary experts focusing on a fundamental subject of research on the history of 20th century art that will make its mark on our approach to art history and, more generally, to European issues during the Cold War. For further information see www.own-reality.org    

Places

  • Centre allemand d'histoire de l'art - 45 rue des Petits Champs
    Paris, France (75001)

Date(s)

  • Friday, November 22, 2013

Keywords

  • histoire de l'art, esthétique, théorie de l'art

Contact(s)

  • Mathilde Arnoux
    courriel : marnoux [at] dfk-paris [dot] org

Information source

  • Mathilde Arnoux
    courriel : marnoux [at] dfk-paris [dot] org

To cite this announcement

« Position for a post-doc in the project “To Each His Own Reality: The notion of the real in the fine arts of France, West Germany, East Germany and Poland between 1960 and 1989” », Scholarship, prize and job offer, Calenda, Published on Thursday, September 19, 2013, https://calenda.org/259622

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