Página inicialL’art de Douglas Huebler

Calenda - O calendário de letras e de ciências sociais e humanas

L’art de Douglas Huebler

The work of Douglas Huebler

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Publicado quinta, 06 de março de 2014 por Rémi Boivin

Resumo

Deux journées d'étude consacrées à l'œuvre de l'artiste conceptuel américain, Douglas Huebler (1924-1997), organisées par le Centre de recherche en théorie des arts (université de Louvain-la-Neuve, Belgique) et le département arts plastiques (université Rennes 2, France). Les 24 et 31 octobre 2014 à Louvain-la-Neuve et Rennes.

A two-day conference dedicated to the work of conceptual American artist Douglas Huebler (1924-1997), organized by Centre de Recherche en Théorie des Arts (University Louvain-la-Neuve, Belgium) and Département Arts Plastiques (University Rennes 2, France), and to take place on October 24th and October 31th, 2014 at Louvain-la-Neuve and Rennes.

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Argumentaire

Les « systèmes humains » comme ready-mades culturels – l’art de Douglas Huebler

“I began to use ‘human systems’ as kind of cultural ready-mades: behaviour, fantasies, attitudinal clichés." Douglas Huebler (1980)

Douglas Huebler (1924-1997) est une figure pionnière majeure de l’art conceptuel américain. Avec Robert Barry, Joseph Kosuth et Lawrence Weiner, qui tous gravitèrent autour de la galerie new yorkaise de Seth Siegelaub, il incarne cette sensibilité artistique dans ce qu’elle eut historiquement de plus radical – à savoir, pour le dire vite, la volonté de substituer une proposition langagière à l’objet d’une expérience sensible –, mais encore dans ce qu’elle put éventuellement avoir de plus rigoureux voire de plus austère. Son travail étant en effet indissociable de la stratégie du protocole.

L’œuvre de Huebler n’en témoigne pas moins d’une profonde singularité dont ne semble d’ailleurs toujours pas rendre suffisamment justice le paysage éditorial. À bien des égards, son travail reste difficilement réductible à l’art conceptuel envisagé dans son acception dominante, dont il semble miner dès l’origine certains des postulats que l’on tient d’ordinaire pour essentiels.

Ainsi, si les stratégies de l’art conceptuel, qui s’inscrivaient à l’origine dans un mouvement général de réflexion quant aux conditions d’existence et à la nature de l’objet artistique, ont pu occasionner un enferment du système de l’art sur lui-même (examen de la valeur artistique à partir de l’intentionnalité du créateur, déconstruction de l’acte créateur ramené à une suite logique de procédures et d’actions, ou mise au jour du contexte institutionnel d’exposition de l’œuvre d’art et des forces idéologiques qui le soutiennent), le vif intérêt de Huebler pour les questions de localisation (Location Pieces)et de temporalité (Duration Pieces) ont tôt fait de déterminer l’inscription des œuvres dans un temps et un espace spécifiques, autrement dit dans le monde, dans l’Histoire. Aussi, son travail acquit bientôt une épaisseur historique, sociale voire même politique qui put éventuellement faire défaut à la production d’autres animateurs de la tendance conceptuelle.

Encore, en déjouant en de fréquentes occasions la logique même du protocole sur laquelle se fondait une œuvre, Huebler provoquait l’irruption du désordre, de l’imprévu ou l’improbable, c’est-à-dire, pourrait-on suggérer, l’irruption de ce qui semble faire écart par rapport à la raison ou la vérité dont le principe du protocole amène avec lui la garantie, introduisant de la sorte une certaine valeur de fiction ; l’histoire à nouveau au sens narratif du terme cette fois.

Enfin mentionnons encore, entre autres, comment en faisant jouer jusqu’à la facétie les mots et les images entre eux et en inquiétant le rapport d’équivalence dans lequel une certaine forme dogmatique d’art conceptuel pouvait les tenir, le travail de Huebler ébranle tour à tour la foi du spectateur en la fidélité de ses sens et l’autorité du langage. Ce faisant, il induit la participation active du spectateur dont il mobilise les pouvoirs imaginaires et autres processus mentaux par lesquels l’individu s’efforce d’agencer et de conférer de la cohérence aux données de l’expérience (processus d’identification, d’association, etc.).

L’ambition de ce colloque est donc tout d’abord de se pencher sur le travail de Douglas Huebler afin d’en dégager et d’en préciser la singularité par delà le cadre conceptuel rigide auquel on le réduit encore trop souvent.

En retour, réévaluer l’art des années 1960 et 1970 au prisme de l’œuvre de Huebler devrait en outre permettre d’adresser des thèmes fondamentaux quant à la création artistique, tels que les rapport à l’Histoire et à la fiction, la question de l’identité et de l’identification, du contrôle systématique et de l’absurdité aléatoire, mais encore l’inattendu, l’humour ou le mystérieux ; autant de concepts rarement mis en relation avec l’art conceptuel que la présence dans l’œuvre de Huebler invite pourtant à envisager au registre de thèmes capables d’ouvrir une  réflexion plus vaste quant aux enjeux historiques, culturels et sociaux de l’art de cette époque.

Enfin, à l’invitation de Mike Kelley se demandant non sans impertinence dans un article consacré à Huebler s’il convenait de « tuer papa ? », et eu égard en effet à l’importance que l’enseignement a toujours revêtue pour Huebler, ce colloque invite également à s’interroger sur la réception de Huebler, et singulièrement sur l’influence que son œuvre a pu exercer sur la génération post-conceptuelle.

Pour ce faire, plusieurs aspects ou pistes de réflexion peuvent d’ores et déjà être avancées, sans prétention aucune à l’exhaustivité :

  • Quelle est la place de Douglas Huebler au sein de la scène conceptuelle new yorkaise à partir de la seconde moitié des années soixante, compte tenu notamment du fait qu’il appartenait à une génération précédant celle de Kosuth, Weiner, etc., ou qu’il vécut longtemps en province ?
  • Dans quelle mesure son travail peut-il être envisagé à l’aune d’une logique conceptuelle ramenant l’œuvre matérielle (le schéma, le dessin, la carte ou la photographie) au simple statut de document ?
  • Quelles furent ses influences artistiques, théoriques, philosophiques ou scientifiques, et comment celles-ci influencèrent-elles son œuvre ? (Magritte, Robbe-Grillet, Lévi-Strauss ou Barthes entre autres)
  • Quelles sont les stratégies d’adresse au spectateur envisagé aussi bien dans sa dimension physique que psychologique ?
  • Quelles sont les dimensions historique, social (sociologique), voire politique de son travail ?
  • Peut-on penser le travail de Huebler à l’aune de la notion de fiction et/ou d’humour ?
  • De quelle manière Huebler a-t-il influencé l’art post-conceptuel ?

Comité organisateur

  • Anaël Lejeune (FRS-FNRS – Université de Louvain)
  • Pr Alexander Streitberger (Université de Louvain)
  • Pr Christophe Viart (Université Rennes 2)

Conseil scientifique

  • Julie Bawin (Université de Liège)
  • Anaël Lejeune (FNRS-Université de Louvain)
  • Alexander Streitberger (Université de Louvain)
  • Hilde van Gelder (KULeuven)
  • Christophe Viart (Université Rennes 2)

Modalités de soumission

Ces deux journées d’étude auront lieu, le vendredi 24 octobre 2014 à l’Université de Louvain-la-Neuve, et le vendredi 31 octobre 2014 à l’Université de Rennes 2, respectivement.

Le texte de la proposition rédigé en Français ou en Anglais, accompagné d’un bref curriculum vitae, peut être envoyé à anael.lejeune@uclouvain.be  et alex.streitberger@uclouvain.be  . Celui-ci ne dépassera pas 400 mots. La date limite de l'appel à contributions est fixée au 31 mars 2014.

Les interventions n’excéderont pas 30 minutes.

Les participants recevront une notification de leur participation au colloque le 23 avril 2014 au plus tard.

Argument

“Human systems” as cultural ready-mades - The work of Douglas Huebler

“I began to use ‘human systems’ as kind of cultural ready-mades: behaviour, fantasies, attitudinal clichés." Douglas Huebler (1980)

Douglas Huebler (1924-1997) is one of the key figures of American Conceptual art. Along with Robert Barry, Joseph Kosuth, and Lawrence Weiner, he exemplifies the movement in its most radical historical implications — to replace not only the object of visual experience with a linguistic proposition, but also in its most rigorous or even severe form, that of protocol.

Yet Huebler’s work remains quite singular and, in many respects, at odds with or irreducible to the dominant tenets usually associated with Conceptual art. While Conceptual art stems, for instance, from a general movement of reflexivity vis-à-vis the conditions and nature of the art object, and thus tends to perpetuate or strengthen the idea of an art practice bound only to itself (for instance: questioning the artistic value from the standpoint of the artist’s intent; deconstructing the creative process in a series of logical procedures or acts; or revealing the underlying ideological rules that govern the artistic institution), Douglas Huebler, from the beginning, opened his work to the surrounding contemporary world due to a keen interest in the specific temporal and spatial conditions of the artwork, as his famous Location Pieces and Duration Pieces testify to this. In doing so, Huebler conferred a particular historical, social, or even political dimension to his practice that may have been lacking in the early work of some of his fellow conceptual artists.

Furthermore, by playing with or deliberately frustrating the strict rules or logical tasks that he created for his pieces, Huebler often induced chance, disorder, and the unexpected within the artwork, challenging the rationality or truth value conveyed by the idea of protocol. In other words, he prompted the eruption of what can be called fiction, or history again in the narrative sense of the word.

In the end, by playfully confronting images with words, to the point of challenging their presumed equivalence, Huebler’s work disrupts the viewer’s faith in his or her perceptual senses and in the authority of language over meaning. Thus Huebler urges the viewer’s active participation by appealing to his or her imagination or other mental processes thanks to which the viewer gives coherence and meaning to what he or she experiences (identification, association, etc.).

This two-day conference aims first to study the singularity of Huebler’s artwork within or beyond the context of Conceptual art. Second, reassessing the 1960s and 1970s from the standpoint of Huebler’s work allows one to address major artistic issues rarely tackled in scholarship concerning Conceptual art, such as the work’s relation to History or fiction, issues of identity and identification, or the dynamic between systematic control and chance, absurdity, humor, or the mysterious. Such concepts and issues in Huebler’s work encourages one to form new insights concerning the historical, cultural, and social implications of art practices from the 1960s, 1970s, and 1980s. Finally, in view of Huebler’s profound and longstanding involvement with teaching, and following one of his former students, Mike Kelley, who wondered whether “we shall kill daddy,” this conference also invites papers addressing Huebler’s legacy and influence on younger generations of artists.

Possible topics include (but are not restricted to):

  • How does Huebler’s work fit within the American conceptual art scene since the mid-1960s, given for instance the fact that he belonged to an older generation than other conceptual artists such as Kosuth, Weiner, etc., or that he did not live in New York City but rather upstate?
  • Is the usual Conceptual position according to which artistic materials such as diagrams, drawings, photographs, maps, etc. are to be considered as mere documents relevant in the case of Huebler’s work?
  • How was Huebler’s work critically shaped by different artistic, theoretical, philosophical, or scientific influences (Magritte, Robbe-Grillet, Lévi-Strauss or Barthes among others)?
  • How do his works address the viewer, both from a physical and psychological point of view?
  • What are the possible historical, social, sociological, political implications of his work?
  • How can we better understand Huebler’s work from the standpoint of fiction and/or humor?
  • How has Huebler’s practice informed post-conceptual art?

Organizing committee

  • Anaël Lejeune (FRS-FNRS – Université de Louvain)
  • Pr. Alexander Streitberger (Université de Louvain)
  • Pr. Christophe Viart (Université Rennes 2)

Submission guidelines

This two-day conference is to take place on Friday October 24th, 2014 at University of Louvain-la-Neuve (Belgium), and on Friday October 31th, 2014 at University Rennes 2 (France).

Proposals for papers in French or English should be send to anael.lejeune@uclouvain.be  and alex.streitberger@uclouvain.be  . Proposals are limited to 500 words. The deadline for submissions is March 31st, 2014.

Papers should not exceed 30 minutes.

Selected participants will be notified by April 23rd, 2014 at the latest. 

Locais

  • Département d'Archéologie et d'Histoire de l'art - Université de Louvain-la-Neuve - Place Blaise Pascal, 1 B-1348 Louvain-la-Neuve - Belgique
    Louvain-la-Neuve, Bélgica (1348)
  • Campus Villejean
    Rennes, França (35)

Datas

  • segunda, 31 de março de 2014

Palavras-chave

  • art conceptuel, douglas Huebler, art américain

Contactos

  • Anaël Lejeune
    courriel : anael [dot] lejeune [at] uclouvain [dot] be

Fonte da informação

  • Anaël Lejeune
    courriel : anael [dot] lejeune [at] uclouvain [dot] be

Para citar este anúncio

« L’art de Douglas Huebler », Chamada de trabalhos, Calenda, Publicado quinta, 06 de março de 2014, https://calenda.org/279409

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