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Social movements and powers - distances and spaces

Mouvements sociaux et pouvoirs : distances et espaces

Amnis journal issue 15

revue « Amnis » n°15

*  *  *

Published on Monday, June 15, 2015 by João Fernandes

Summary

Alors qu’au tournant du XXIe siècle on s’accordait pour reconnaître que l’État était fragilisé par la mondialisation, mais aussi par les différentes modalités de décentralisation, la montée des identités territoriales et ethniques et l’accélération des processus d’intégration économiques et politiques, on constate à présent que de nouveaux facteurs amplifient cette érosion. Dans de nombreux pays, les élites gouvernantes sont remises en question par une partie importante de la société civile, qui exige parallèlement – et paradoxalement – la mise en place d’un État fort d’un nouveau type. Si l’on regarde de près ces « nouveaux » mouvements sociaux, on observe que certains refusent d’être récupérés par l’État, que d’autres adoptent une « forme syndicale » ou, encore, se constituent en partis politiques et deviennent la cheville ouvrière du changement de nature de l’État.

Announcement

Argumentaire

La revue Amnis consacre son prochain numéro (n°15) à la question des distances et espaces entre les mouvements sociaux et le(s) pouvoir(s) dans les sociétés européennes et américaines.

Alors qu’au tournant du XXIe siècle on s’accordait pour reconnaître que l’Etat était fragilisé par la mondialisation[1], mais aussi par les différentes modalités de décentralisation, la montée des identités territoriales et ethniques et l’accélération des processus d’intégration économiques et politiques, on constate à présent que de nouveaux facteurs amplifient cette érosion. Dans de nombreux pays, les élites gouvernantes sont remises en question par une partie importante de la société civile, qui exige parallèlement – et paradoxalement – la mise en place d’un Etat fort d’un nouveau type. Ce phénomène est particulièrement perceptible en Europe du Sud : (Mouvement des Indignés [Espagne, 2010], oppositions à la réforme du marché du travail [Italie, 2014] ou à la privatisation de la compagnie aérienne TAP [Portugal, 2014]), notamment depuis la crise de 2008. Est également touchée l’Amérique latine, où des organisations militantes nouvelles (Coordinadora por el agua y la vida à Cochabamba [Bolivie, 2000] ; mouvements et organisations d’étudiants [Chili, 2013 ; Pérou, 2015]) interpellent les gouvernements et interrogent les élites sur la qualité de la gestion démocratique du pouvoir. Les pays  anglo-saxons ne sont pas épargnés : révolte contre la privatisation de l’eau (Irlande, 2015) ou manifestations pacifiques contre les abus du capital financier (Occupy Wall Street [Etats-Unis, 2011]).

Historiquement, les mouvements sociaux, dans les discours et les pratiques, laissaient percevoir qu’ils se situaient à une certaine distance de la politique institutionnelle – notamment en restreignant leurs activités au champ politique et syndical – tout en exprimant une volonté de changement par la confrontation. Aujourd’hui, ils ne se limitent plus à des revendications particularistes[2]. Ils sont animés par un souci de redistribution des richesses, de justice sociale, d’égalité des chances, de reconnaissance des différences et de développement durable[3] qui semble indiquer qu’ils sont parties prenantes de l’Etat. Pour cela, ils se déploient en coïncidence avec les ONG, les associations, les partis, etc. et se connectent, dans un espace commun, avec toute une gamme de phénomènes révolutionnaires, démocratiques, nationalistes voire intégristes.

Si l’on regarde de près ces « nouveaux » mouvements sociaux, on observe que certains refusent d’être récupérés par l’Etat[4], que d’autres adoptent une « forme syndicale »[5] ou, encore, se constituent en partis politiques et deviennent la cheville ouvrière du changement de nature de l’Etat (par exemple, le Mouvement vers le socialisme – MAS – d’Evo Morales en Bolivie). D’autres, enfin, se cantonnent à être des lieux de discussion et de socialisation. Variété de formes et d’actions, multiplicités d’espaces au cœur ou en marge des dispositifs institutionnels, diversité des modes d’agrégation[6], tous ces mouvements semblent orientés vers le changement, un changement qui n’est pas nécessairement dirigé vers le « progrès » et dont les effets (politiques, sociaux mais aussi émotionnels) légitiment leur existence[7].

Axes thématiques 

Voici donc les réflexions à partir desquelles la revue Amnis entend élaborer son prochain numéro. Plusieurs questionnements et thèmes seront privilégiés :

-La nature et les caractéristiques des « nouveaux » mouvements sociaux et de leurs revendications.

-Leurs modalités d’action.

-L’impact de leurs activités sur la société et l’Etat.

-Les stratégies des élites et du/des pouvoir/s face à l’émergence de « nouveaux » mouvements sociaux.

Modalités pratiques d'envoi des propositions 

Les personnes souhaitant participer à ce nouveau numéro de la revue Amnis devront adresser, le

15 octobre 2015 au plus tard,

une proposition d’article d’une trentaine de lignes (en français, en anglais ou en espagnol), accompagnée d’un Curriculum Vitae, à l’adresse suivante : amnis@revues.org.

Les articles acceptés seront à remettre le 30 avril 2016 au plus tard. Après avoir été soumis au comité scientifique et à deux rapporteurs externes, les articles seront publiés sur le site de la revue (http://amnis.revues.org) dans le courant de l’année 2016.

Comité de lecture

  • Alec G Hargreaves - Florida State University (Tallahassee), Etats-Unis, Littérature Française et Etudes Francophones, Director Winthrop-King Institute for Contemporary French and Francophone Studies
  • Avner Ben-Amos - Université de Tel-Aviv, Israël, Histoire
  • Carine Trevisan - Université Paris Diderot (Paris VII), France, Lettres Modernes
  • Crystel Pinçonnat - Université Paris Diderot (Paris VII), France, Littérature Comparée
  • Gerd Krumeich - Université de Düsseldorf, Allemagne, Histoire
  • Hugues Pentecouteau - Université de Rennes 2, France, Sociologie
  • Isidro Sepúlveda Muñoz - Universidad Nacional de Educación a Distancia, (Madrid), Espagne, Histoire
  • Jean-Robert Raviot - Université de Nanterre (Paris X), France, Russe
  • Juan Rial - Universidad de la República - Universidad ORT de Montevideo, Uruguay, Sciences Politiques
  • Julio Aróstegui - Universidad Complutense (Madrid), Espagne, Histoire (†)
  • Leonard V. Smith - Oberlin College (Ohio), Etats-Unis, Histoire
  • Luis Veres - Universidad de Valencia, Espagne, Littérature latino-américaine
  • Maitane Ostolaza, Université Paris Sorbonne, France, Civilisation espagnole
  • Martine Chalvet - Aix Marseille Université, France, Histoire
  • Michel Tailland - Université de Toulon et du Var (Toulon), France, Anglais
  • Mona Huerta - IHEAL, Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine, Directrice du CREDAL (Paris), France, Histoire de l’Information
  • Mónica Moreno Seco - Universidad de Alicante, Espagne, Histoire
  • Óscar Álvarez Gila - Universidad del País Vasco, (Vitoria), Espagne, Histoire
  • Paulo Bernardo Ferreira Vaz - Universidad Federal de minas Gerais, (Belo Horizonte), Brésil, Communication Sociale
  • Philippe Schaffhauser - sociologie et anthropologie sociale et culturelle, Centro de Estudios Rurales. Colegio de Michoacán, México
  • Pierre Schoentjes - Université de Gand, Belgique, Littérature française
  • Pierre-Cyrille Hautcœur - EHESS, École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris), France, Sciences Economiques
  • Taline Ter Minassian - INALCO, (Paris), France, Histoire 

[1] Cf. Bell, Daniel, The End of the Ideology, Free Press, New York, 1960.

[2] Cf. Tilly, Charles, Social Mouvements, 1768-2004, Boulder, Paradigm, 2004.

[3] Cf. Touraine, Alain, La fin des sociétés, Paris, Seuil, 2013 ; Melucci, Alberto, Challenging Codes. Collective Action in the Information Age, Cambridge, Cambridge University Press, 1996.

[4] Cf. Neveu Erik, Sociologie des mouvements sociaux, (réed.2005), Paris, La Découverte, 1997.

[5] Cf. Beaud, Stéphane et Pialoux Michel, Retour sur la condition ouvrière, Paris, Fayard, 1999.

[6] Cf. Cefaï, Daniel, Pourquoi se mobilise-t-on ? les théories de l’action collective, Paris, La Découverte, 2007.

[7] Cf. Bourdieu Pierre, Raisons pratiques : sur la théorie de l’action, Paris, Seuil, 1994.

Argumento 

La revista Amnis dedica su próximo número (15) a la problemática de las distancias y los espacios entre los movimientos sociales y el poder –o los poderes– en las sociedades europeas y americanas.

Mientras que a comienzos del siglo XXI los expertos consideraban que la debilidad creciente del Estado era consecuencia principalmente de la globalización, de las diferentes formas de descentralización y de las reivindicaciones identitarias[1], hoy en día reconocen que van surgiendo nuevos factores que merman aún más la acción de las autoridades y de las instituciones. En numerosos países, las élites en el poder son cuestionadas por una parte importante de la sociedad civil, que exige paralelamente –y paradójicamente– un fortalecimiento y una refundación del Estado.  Este fenómeno es particularmente significativo en los países de Europa del Sur desde la crisis de 2008: Movimiento de los Indignados (España, 2010), oposición a la reforma del mercado (Italia, 2014) o a la privatización de la compañía de aviación TAP (Portugal, 2014). Afecta también a las naciones latinoamericanas, donde actúan nuevas organizaciones militantes (Coordinadora por el agua y la vida en Cochabamba [Bolivia en 2000], movimiento de los estudiantes en Chile en 2013 o en Perú actualmente) que denuncian la política de los gobiernos y ponen en tela de juicio el carácter democrático de la gobernanza ejercida por las élites en el poder. Los países anglosajones no se salvan: revueltas en contra de la privatización del agua (Irlanda,2015), o movilizaciones pacíficas contra los abusos del capital financiero (Occupy Wall Street (Estados Unidos, 2011).

Históricamente los movimientos sociales, a través de los discursos y de las prácticas, dejaban entrever que se mantenían a cierta distancia de la política institucional –actuando esencialmente en el campo político y sindical– y al mismo tiempo expresaban una voluntad de transformar la sociedad mediante la confrontación. Hoy en día, van más allá de las reivindicaciones particularistas[2]. Se preocupan por el reparto de las riquezas, la justicia social, la igualdad de oportunidades, el reconocimiento de las diferencias y el desarrollo sostenible[3], una evolución que subraya su deseo de incidir directamente en la acción y la naturaleza del Estado.

Si analizamos estos «nuevos» movimientos sociales, nos damos cuenta de que una parte de ellos se niega a ser recuperada por el Estado[4]. Otros evolucionan hacia una «forma sindical»[5] o se vuelven partidos políticos y se convierten en el vector del cambio de naturaleza del Estado (Cfr. Movimiento hacia el socialismo –MAS– de Evo Morales en Bolivia). Otra parte, por fin, se conforma con ser un espacio de debate y de socialización. Variedad de formas y de acción, multiplicidad de dispositivos institucionales, diversidad de modos de agregación[6], cada movimiento enarbola la bandera del cambio, un cambio no necesariamente sinónimo de progreso y cuyos efectos (políticos, sociales, incluso emocionales) legitiman su existencia[7].

Ejes temáticos 

Estas son pues las reflexiones en torno a las cuales la revista Amnis desea organizar su próximo número. Se privilegiarán los ejes siguientes:

-Naturaleza y características de los «nuevos» movimientos sociales y de sus reivindicaciones.

-Modalidades de acción.

-Impacto de su actividad sobre la sociedad y el Estado.

-Estrategias y reacción de las élites y del/los poder/es ante la aparición de «nuevos» movimientos sociales.

Modalidades de sumisión

Las propuestas (una presentación del artículo de unas 30 líneas) se redactarán en francés, inglés o castellano. Se mandarán con un currículo vitae antes del

15 de octubre de 2015

a la dirección siguiente: amnis@revues.org. El autor cuya propuesta haya sido aceptada enviará su estudio para el 30 de abril de 2016. Los artículos, tras ser revisados por el comité científico de la revista y dos evaluadores externos, se publicarán en el portal de la revista (http://amnis.revues.org) en el transcurso del año 2016.

Comité de lectura

  • Alec G Hargreaves - Florida State University (Tallahassee), Etats-Unis, Littérature Française et Etudes Francophones, Director Winthrop-King Institute for Contemporary French and Francophone Studies
  • Avner Ben-Amos - Université de Tel-Aviv, Israël, Histoire
  • Carine Trevisan - Université Paris Diderot (Paris VII), France, Lettres Modernes
  • Crystel Pinçonnat - Université Paris Diderot (Paris VII), France, Littérature Comparée
  • Gerd Krumeich - Université de Düsseldorf, Allemagne, Histoire
  • Hugues Pentecouteau - Université de Rennes 2, France, Sociologie
  • Isidro Sepúlveda Muñoz - Universidad Nacional de Educación a Distancia, (Madrid), Espagne, Histoire
  • Jean-Robert Raviot - Université de Nanterre (Paris X), France, Russe
  • Juan Rial - Universidad de la República - Universidad ORT de Montevideo, Uruguay, Sciences Politiques
  • Julio Aróstegui - Universidad Complutense (Madrid), Espagne, Histoire (†)
  • Leonard V. Smith - Oberlin College (Ohio), Etats-Unis, Histoire
  • Luis Veres - Universidad de Valencia, Espagne, Littérature latino-américaine
  • Maitane Ostolaza, Université Paris Sorbonne, France, Civilisation espagnole
  • Martine Chalvet - Aix Marseille Université, France, Histoire
  • Michel Tailland - Université de Toulon et du Var (Toulon), France, Anglais
  • Mona Huerta - IHEAL, Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine, Directrice du CREDAL (Paris), France, Histoire de l’Information
  • Mónica Moreno Seco - Universidad de Alicante, Espagne, Histoire
  • Óscar Álvarez Gila - Universidad del País Vasco, (Vitoria), Espagne, Histoire
  • Paulo Bernardo Ferreira Vaz - Universidad Federal de minas Gerais, (Belo Horizonte), Brésil, Communication Sociale
  • Philippe Schaffhauser - sociologie et anthropologie sociale et culturelle, Centro de Estudios Rurales. Colegio de Michoacán, México
  • Pierre Schoentjes - Université de Gand, Belgique, Littérature française
  • Pierre-Cyrille Hautcœur - EHESS, École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (Paris), France, Sciences Economiques
  • Taline Ter Minassian - INALCO, (Paris), France, Histoire 

[1] Cfr. Bell, Daniel, The End of the Ideology, Free Press, New York, 1960.

[2] Cfr. Tilly, Charles, Social Mouvements, 1768-2004, Boulder, Paradigm, 2004.

[3] Cfr. Touraine, Alain, La fin des sociétés, Paris, Seuil, 2013 ; Melucci, Alberto, Challenging Codes. Collective Action in the Information Age, Cambridge, Cambridge University Press, 1996.

[4] Cfr. Neveu Erik, Sociologie des mouvements sociaux, (réed.2005), Paris, La Découverte, 1997.

[5] Cfr. Beaud, Stéphane et Pialoux Michel, Retour sur la condition ouvrière, Paris, Fayard, 1999.

[6] Cefaï, Daniel, Pourquoi se mobilise-t-on? les théories de l’action collective, Paris, La Découverte, 2007.

[7] Cfr. Bourdieu Pierre, Raisons pratiques : sur la théorie de l’action, Paris, Seuil, 1994.


Date(s)

  • Thursday, October 15, 2015

Keywords

  • mouvement social, pouvoir, État, élite

Contact(s)

  • Severiano Rojo Hernandez
    courriel : severiano [dot] rojohernandez [at] univ-amu [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Severiano Rojo Hernandez
    courriel : severiano [dot] rojohernandez [at] univ-amu [dot] fr

To cite this announcement

« Social movements and powers - distances and spaces », Call for papers, Calenda, Published on Monday, June 15, 2015, https://calenda.org/331247

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