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La formule Ricard

Hommage à Alain Ricard (1945-2016)

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Publié le lundi 19 juin 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Cette rencontre internationale, ouverte à tou-te-s, se tiendra du mercredi 21 juin au jeudi 22 juin dans l’amphithéâtre de la Maison des Suds de Pessac (université de Bordeaux). Suite à la disparition, en août 2016, d’Alain Ricard, l’une des figures majeures de la recherche mondiale sur les littératures de l’Afrique, ses collègues du laboratoire LAM (Les Afriques dans le monde) et de l’APELA (Association pour l’étude des littératures africaines ) entendent rendre hommage à son œuvre et à sa personne au cours d’un colloque qui se tiendra à la Maison des Suds (CNRS/LAM) de Pessac les 21 et 22 juin 2017.

Annonce

Argumentaire

Suite à la disparition, en août 2016, d’Alain Ricard, l’une des figures majeures de la recherche mondiale sur les littératures de l’Afrique, ses collègues du laboratoire LAM (Les Afriques dans le Monde) et de l’APELA (Association pour l’Etude des Littératures A f r i c a i n e s ) entendent rendre hommage à son œuvre et à sa personne au cours d’un colloque qui se tiendra à la Maison des Suds (CNRS/LAM) de Pessac les 21 et 22 juin 2017.

Le caractère novateur de sa recherche, comme sa capacité à susciter l’émulation autour de ses objets et de son approche singulière de la littérature et des arts d’Afrique, lui valent aujourd’hui la reconnaissance d’une vaste communauté de chercheur-e-s africanistes qui peuvent se réclamer, chacun-e à sa façon, de son héritage intellectuel.

Comment ses complices de longue date ont-ils appris en le côtoyant, en travaillant avec lui sur tel ou tel projet, à propos de telle ou telle thématique, sur tel ou tel terrain ? Comment, aussi, les plus jeunes chercheur-e-s – qu’il s’agisse de ses ancien-ne-s étudiant-e-s ou de toutes celles et ceux qui l’ont croisé sur leur chemin – ont-elles/ils été inspiré-e-s par sa pensée ?

Les domaines d’intérêt d’Alain Ricard étant aussi nombreux et variés que sa curiosité était insatiable. Ce colloque, pensé comme une rencontre d’amitié intellectuelle, en accord avec le mode de relations amicales qu’Alain Ricard avait à cœur d’entretenir, se veut non seulement fédérateur d’énergies et d’idées mais aussi participatif dans sa conception.Aussi le colloque sera-t-il organisé en tables rondes permettant, autant que possible, la conversation entre les membres des tables rondes, et dans un second temps avec le public.

Programme

Mecredi 21 juin 2017

  • 8h30 - 9h30 : Petit déjeuner (réservé aux intervenant-e-s)
  • 9h30 - 9h45 : Accueil
  • 9h45 - 10h : Conférence introductive : Penser l’indiscipline, Myriam Suchet, Paris 3/ THALIM

10h - 11h : Table ronde 1 Pour une anthropologie des textes et de la performance

Dans une perspective « indisciplinée » que prônait Alain Ricard, ce panel vise à discuter des productions culturelles contemporaines, entre oralité et écriture, entre les langues, entre les médias, entre les disciplines. Il s’agit de prêter une attention à de nombreux genres de textes, souvent minorisés dans la recherche universitaire, dans et par leurs usages quotidiens, en analysant les éventuels rapports qui peuvent exister entre les productions littéraires éditées (canoniques) et d’autres types de productions culturelles (chansons, théâtre de rue, clips vidéos, productions internet..). La circulation des thèmes et des motifs, l’attention au contexte de production et de performance, la mise en relation de corpus (multilingues, multimédia) : autant de chantiers qui interrogent les cloisonnements disciplinaires.

  • Karin Barber, U. Birmingham
  • Graham Furniss, SOAS London
  • Elara Bertho, Paris 3/THALIM

11h15 - 12h45 : Table ronde 2 Questions de poétique dans les littératures en langues africaines

C’est sous le sceau de la fluidité que nous voudrions aborder la question des poétiques mises en jeu à la fois dans la prose et dans la poésie swahili. Cette fluidité se retrouve à la fois dans la pratique du recyclage des poètes populaires contemporains, dans l’instabilité sémantique du vocabulaire des romanciers, dans la plasticité d’une langue prise dans de multiples flux de traduction. La situation historique, géographique, politique et sociale du kiswahili et des poètes qui s’en emparent est propice à l’émergence de formes littéraires imprévisibles. Le cas swahili est emblématique du potentiel de renouvellement poétique des littératures en langues africaines à travers le continent, telle est la thèse que nous voudrions défendre dans ce panel.

  • Flavia Aiello, U. Napoli
  • Xavier Garnier, U. Paris 3/THALIM
  • Alena Rettová, SOAS London
  • Clarissa Vierke, IAS, U. Bayreuth
  • Crispin Maalu-Bungi, UNIKIN Kinshasa
  • 12h45 - 14h : Déjeuner

14h - 15h : Table ronde 3 Film et recherches sur les littératures d’Afrique

Alain Ricard fut un précurseur dans l’exploration des liens entre films et recherche sur les arts et littératures d’Afrique. Son intérêt pour le théâtre, les arts visuels ; son plaisir à communiquer directement avec les écrivains, et son désir de médiatiser toujours davantage la créativité artistique et littéraire du continent africain, l’ont conduit à réaliser, écrire ou collaborer à plusieurs films. Il a ainsi réalisé dans les années 1980 un premier film sur le concert-party au Togo : Le Principe d’Asihu (numérisé en 2011, CNRS Images). Il a également participé, en tant que conseiller littéraire, au film de Bankolé Bello, Wole Soyinka, poète citoyen (ARTE/FR3/La Sept, 1993). Enfin, ses deux films les plus récents ont été tournés à Bayreuth en Allemagne : Aquitaine, Afriques : Contact, Zones : une visite de l’exposition d’Iwalewahaus (2012) et Nestor Zinsou à Bayreuth (2013). C’est donc à cette sensibilité et cette attention particulière d’Alain Ricard pour l’objet « film », que ce panel souhaite rendre hommage, en discutant de l’intérêt et des apports du film à la connaissance des littératures d’Afrique.

  • Christine Douxami, U. Franche-Comté, Besançon/IMAF (EHESS-CNRS-IRD)
  • Mélanie Bourlet, Inalco/LLACAN
  • 15h - 15h20 : Film sur la filmographie d’A. Ricard

15h45 - 16h45 : Table ronde 4 Transitions, passages, seuils

Les notions de seuil, de passage et de transition font écho à tout un champ de l’anthropologie sociale et culturelle, tout en offrant des lignes de fuite inépuisables aux Humanités à commencer par la littérature. De Van Gennep à Turner, le seuil est discuté à travers la notion de liminality (liminarité) pour désigner le passage d’un état vers un autre. Littéraires, anthropologues, ce qui nous unit est cet intérêt porté vers la métamorphose plutôt que vers l’identité figée, le passage d’un monde à un autre, une situation sans cesse en devenir : les personnages et les auteurs passent les frontières physiques du monde, naviguent entre fiction et réalité, « théâtre vécu et théâtre joué » (Leiris), négocient leur statut dans la société, le créent et le remettent inlassablement en jeu. Liminarité du traducteur, dont le défi est de percer les arcanes de l’univers langagier de l’auteur, pour le conduire jusqu’à l’autre rive, vers une autre langue… Celles des traditions orales également : texte ethnographique, ou œuvre littéraire collective, labile et mouvante ? Liminarité entre les disciplines, que tout porte à s’interpénétrer plutôt qu’à se démarquer, du transdisciplinaire à l’indiscipline chère à Alain Ricard.

  • Sophie Moulard, LAM
  • Catherine Mazauric, U. Aix-Marseille/CIELAM
  • Christiane Fioupou, U. Toulouse-Jean-Jaurès

Soirée : Veillée au jardin chez Bérénice Ricard Buffet et lecture de textes (réservée aux intervenant-e-s)

Jeudi 22 juin 2017

  • 9h-10h : Petit déjeuner (réservé aux intervenant-e-s)

10h-11h15 : Table ronde 5 Les travaux du chiffonnier et du traducteur : collecter & collectionner, éditer des textes et les traduire

Alain Ricard avait une vision fine de ce qui amène des textes, notamment oraux, à être collectés, édités, traduits. Si la publication reste un enjeu fondamental de sauvegarde et de découverte d’un patrimoine, il convient cependant de rester conscient des multiples transformations qui s’opèrent entre le texte collecté et le texte traduit et édité (ce qu’Alain Ricard a mis en valeur à travers sa notion de « chaîne du sens » (Le kiswahili, une langue moderne (2009) reprenant une réflexion développée en 1995 dans Littératures d’Afrique noire. Des langues aux livres). A la fois « enquêteur », passeur, adaptateur, le chercheur/traducteur est sans cesse confronté aux questions de conditions de collecte, de passage de l’oral à l’écrit et de normes et codes génériques. Celles-ci seront au cœur de ce panel à travers des analyses de textes collectés dans des langues aussi diverses que l’amharique, l’éwé, le kinyarwanda et le swahili.

  • Nathalie Carré, Inalco/PLIDAM
  • Chantal Gishoma, LLACAN
  • Kangni Alem, U. de Lomé
  • Éloi Ficquet, EHESS/Césor

11h30-12h45 : Table ronde 6 Les littératures coloniales dans une perspective philologique

Les contours de « la littérature coloniale » ont été affirmés, au tournant des années 1950-1960, par les recherches portant sur les « nouvelles » littératures africaines, l’originalité de ces dernières reposant largement sur une logique de rupture par rapport à la littérature produite en contexte colonial pour affirmer le bien-fondé de l’entreprise coloniale. Il y a là un paradoxe, également central dans les recherches qui entendent se situer dans la perspective « postcoloniale », puisqu’en voulant établir une hiérarchie entre le colonial et le « postcolonial », elles montrent, par là-même, qu’elles ne peuvent se passer du premier. On cherchera à analyser le rôle des textes produits par des missionnaires (comme ceux d’Eugène Casalis et Charles Sacleux) et des écrits sur l’art dans l’idée d’étudier la façon dont se construisent, à l’époque coloniale, les catégories esthétiques (notamment celle de « littérature » - écrite et orale – et celle de « spectacle »). Enfin, il s’agira de réfléchir à la notion de philologie, telle que l’entendait Alain Ricard, en prenant notamment appui sur son appréciation des travaux de la philologue congolaise Clémentine Faïk-Nzuji.

  • Bernard Mouralis, U. Cergy-Pontoise, ém.
  • Pierre Halen, U. de Lorraine, Metz/Centre Écritures
  • Maëline Le Lay, CNRS/LAM
  • Annie Lenoble-Bart, UBM, MICA/LAM, ém.
  • 12h30-14h : Déjeuner

14h-15h : Table ronde 7 Carrefours créatifs entre arts plastiques et littérature

La discussion se proposera d’examiner les liens entre les créateurs et un public dont les attentes sont à l’origine d’un discours plus ou moins contraignant, ainsi qu’en témoigne, par exemple, le cas de certains carrefours créatifs qui rayonnent à partir du continent africain, tel celui du Mbari Club d’Ibadan. A l’aube des indépendances, Wole Soyinka fréquente régulièrement ce centre culturel mêlant différentes pratiques artistiques. Artistes, universitaires et mécènes s’y rencontrent régulièrement. Écriture, théâtre et arts plastiques donnent alors naissance à une production culturelle aujourd’hui incontournable qui nous permet de réfléchir aux objectifs et aux apports de ces rencontres artistiques. Aujourd’hui, on peut s’interroger de même sur le rôle de la Fondation Zinsou au Bénin et sur la récente antenne que constitue le musée d’art africain contemporain de Ouidah (2013) : en quoi l’institution perpétue-t-elle ou non les prismes introduits dans le champ de l’art contemporain africain par le projet contesté des Magiciens de la terre ?

  • Emmanuelle Spiesse, LAM
  • Ninon Chavoz, U. Paris 3/THALIM
  • Ulf Vierke, Iwalewa Haus, U. Bayreuth

15h-16h45 : Table ronde 8 Textes littéraires, archives, terrains, savoirs : fils croisés entre littérature et sciences sociales, ou comment sortir des chemins battus

Alain Ricard fut l’homme des ponts et des rencontres, un «rassembleur de compétences». Son « in-discipline » consistait au fond à s’intéresser à toutes les disciplines susceptibles d’enrichir ses recherches et à bâtir ainsi une « demeure commune », celle des humanités, des sciences humaines, appellation qu’il préférait à celle de sciences sociales qu’il critiquait volontiers à cause de leur tendance à la théorisation hâtive et à leur impérialisme. Sa recherche se construisait par le dialogue, d’abord avec ses collègues et ami-e-s dont il se plaisait à commenter les travaux ; également avec le terrain, avec les lieux et écrivains qui étaient l’objet de ses investigations. Et enfin, rencontre avec lui-même comme le montrent ses deux derniers ouvrages Demeurer catholique et Le Camp des pionniers, récits autobiographiques qui le restituent dans toute son humanité et nous permettent de mieux connaître l’homme complet et l’humaniste qu’il était.

  • Phyllis Taoua, U. Arizona, Tucson
  • François Bart, UBM/LAM, ém.
  • Christian Coulon, CNRS/LAM, ém.
  • Nestor Zinsou, Bayreuth
  • Maria-Benedita Basto, U. Paris Sorbonne/CRIMIC
  • Remi Tchokhote, IAS, U. Bayreuth

16h45 : Clôture

Lieux

  • Maison des Suds - 12 Esplanade des Antilles
    Pessac, France (33607)

Dates

  • mercredi 21 juin 2017
  • jeudi 22 juin 2017

Mots-clés

  • Alain Ricard, hommage, Afrique, africanisme, anthropologie

Contacts

  • Maëline Le Lay
    courriel : m [dot] le [dot] lay [at] sciencespobordeaux [dot] fr

Source de l'information

  • Nathalie Carré
    courriel : nathalie [dot] carre [at] inalco [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La formule Ricard », Colloque, Calenda, Publié le lundi 19 juin 2017, http://calenda.org/409048