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Religious pluralism and social diversity: religions in the European public space

Pluralisme religieux, sociétés plurielles : les religions dans l'espace public européen

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Published on Thursday, October 12, 2017 by Céline Guilleux

Summary

Pour l’historien Tony Judt, l’identité est un mot dangereux. Souvent basées sur des conceptions essentialistes et anhistoriques de la nation ou de la religion, les politiques identitaires remettent aujourd’hui en question les fondements pluralistes, multi-religieux des sociétés en Europe et au-delà. Ce colloque propose d’explorer ce en quoi la diversité religieuse et culturelle a toujours constitué un élément important des sociétés européennes entendues dans un sens large pour y faire entrer les empires ottoman et russe. Nous nous pencherons sur la manière dont divers États ont accommodé la religion en général et des organisations religieuses en particulier, en prêtant une attention particulière aux questions d’identité de groupe et de liberté individuelle ainsi qu’à la distinction entre espaces privé et public.

“Identity”, wrote historian Tony Judt, “is a dangerous word”. Indeed identity politics today, often based on essentialized, ahistorical notions of religion and nation, call into question the bases of pluralistic, multi-ethnic and multireligious societies in Europe and beyond. This conference will explore some of the ways in which cultural and religious pluralism has always been a central element of European society and how it continues to be so today. We will look at how various European states have accommodated religion in general and diverse religious organizations, paying particular attention to questions of group identity and individual freedoms and of the distinctions between public and private space. We will remain attentive to the networks of exchange and the relations between societies and states in constant flux. We will bear in mind the constant question of the difficult definition of “Europe”, of which European states and societies we are discussing. Today’s Europe, often simplistically identified with a specific political project, the European Union, and with its relations with its Mediterranean and eastern neighbors, is not the same Europe as that of 1914, much less that of the Middle Ages or the 16th century.

Announcement

Argumentaire

Pour l’historien Tony Judt, l’identité est un mot dangereux. Souvent basées sur des conceptions essentialistes et anhistoriques de la nation ou de la religion, les politiques identitaires remettent aujourd’hui en question les fondements pluralistes, multi-religieux des sociétés en Europe et au-delà. Ce colloque propose d’explorer ce en quoi la diversité religieuse et culturelle a toujours constitué un élément important des sociétés européennes entendues dans un sens large pour y faire entrer les empires ottoman et russe. Nous nous pencherons sur la manière dont divers États ont accommodé la religion en général et des organisations religieuses en particulier, en prêtant une attention particulière aux questions d’identité de groupe et de liberté individuelle ainsi qu’à la distinction entre espaces privé et public.

Le paysage confessionnel de cet espace est à la fois systématiquement marqué par la diversité et constamment en évolution, en mouvement. Les religions changent continuellement. Dit d’une autre manière, les croyants et pratiquants adaptent continuellement leur pratiques et croyances religieuses aux réalités sociales et politiques changeantes. Par exemple, de nombreux chrétiens ou musulmans considèrent leur religion comme immuable : les appels au changement, les doctrines ou pratiques réformistes sont souvent présentés comme des efforts de « retour » à une pureté originelle perdue, un apogée supposée (l’âge des Apôtres, du Prophète et de ses compagnons, « l’Âge d’Or » de l’Église au XIIIe siècle...). Ce schéma a pour effet d’essentialiser la religion et peut mener au fondamentalisme ainsi qu’à un rejet doctrinaire de versions rivales de sa propre religion (Judaïsme Rabbinique/Karaïsme, Catholicisme/Protestantisme, Sunnisme/Chiisme) et des éléments séculiers de la modernité. Une telle essentialisation provenant d’une source extérieure à la tradition religieuse peut les conduire à la rejeter, à la considérer comme « obscurantiste » ou incompatible avec les valeurs séculières contemporaines. Et pourtant, les religions sont en perpétuel mouvement : les formes diverses de Judaïsme ou de Bouddhisme pratiquées aujourd’hui en Europe sont différentes de celles qu’on pouvait trouver il y a des siècles, ou de celles qu’on trouve encore aujourd’hui dans d’autres parties du monde.

Au cours de ce colloque, nous étudierons l’héritage religieux dans les sociétés européennes à travers cinq sessions académiques sur des thèmes clés. Les communications pourront être proposées en français ou en anglais. En parallèle, nous organiserons une série d’ateliers en français pour les professionnels, les décideurs politiques et pour tous les publics intéressés par les défis et possibilités que pose la diversité dans la pratique religieuse et la foi aux sociétés du XXIe siècle.

Ateliers académiques

Atelier 1 : Définir la religion

Qu’est-ce qu’une religion ? Comment les philosophes, théologiens, anthropologistes, juristes et autres ont-ils délimité les frontières du sacré et du profane ? Du religieux et du séculaire ? Dans quelle mesure ces définitions sont-elles spécifiques à une culture ? Quand et comment bascule-t-on d’une opposition polémique entre « religion » et « superstition » à une catégorie apparemment plus objective de « religions » au pluriel ? Les systèmes de croyances non-théocentrés (communisme, fascisme...) peuvent-ils être considérés comme des religions, dans la mesure où ils contiennent un certain nombre des aspects et éléments de systèmes religieux ?

Atelier 2 : Sécularisation, laïcité(s) et pluralisme dans les sociétés européennes

La sécularisation est un ensemble de processus sociétaux qui consiste, de la part des sujets, à mettre à distance des prescriptions ou conseils religieux. L’adoption d’un cadre laïque a, quant à elle, souvent été étudiée dans les termes d’une lutte binaire entre cultes (ou institutions religieuses) notamment l’Eglise catholique, et État. Au cours de cet atelier, nous prêterons attention à la manière dont une pluralité de religions détermine les attitudes étatiques envers la religion et la définition de droits religieux (que ce soit les rôles des juifs et des protestants dans la Première République en France, la place des dissidents protestants et des catholiques en Angleterre au XVIIe siècle ou le rôle de l’islam dans les sociétés où l’Etat est conçu comme proche de la neutralité au XXIe siècle). Verra-t-on une réaffirmation ou une redéfinition des cadres légaux liés à la sécularisation ? Ou bien une accommodation avec des spécificités religieuses dans un monde « post-séculier » ?

Atelier 3 : Politiques religieuses dans les empires coloniaux européens

Entre le XVIe et le XXe siècle, les nations européennes ont gouverné de larges empires coloniaux avec une grande diversité de religions. Au cours de cette session, nous examinerons les réactions des pouvoirs coloniaux à cette diversité religieuse ainsi que les politiques mises en place (de l’encouragement de missionnaires chrétiens ou musulmans à la régulation et au renforcement de barrières religieuses en passant par la manipulation d’élites religieuses locales voire même leur recrutement auprès des hiérarchies coloniales). Les populations colonisées ont utilisé les arguments et institutions religieux de différentes manières, pour naviguer entre les structures coloniales, pour réclamer des droits ou pour s’opposer au pouvoir colonial européen.

Atelier 4 : Pluralisme religieux dans le monde musulman

Cet atelier portera sur la manière dont les sociétés des pays majoritairement musulmans ont traité la pluralité religieuse des points de vues théologique, juridique ainsi que de la pratique. La catégorie légale de dhimmi a émergé dès les premiers siècles de l’Islam bien qu’en pratique ce statut différait d’une société à une autre. Depuis le XIXe siècle, les théologiens et juristes musulmans, confrontés aux catégories du droit non-confessionnel, ont développé des stratégies diverses pour définir la place du non-musulmans dans les sociétés sous autorité musulmane et du musulman dans les sociétés où la nature de l’Etat n’a pas été défini en relation avec le droit islamique.

Atelier 5 : Religion et mondialisation : sécularisation, commercialisation, réenchantement

Les progrès technologiques, de la communication ainsi que dans la capacité de mobilité des individus ont créé un marché global pour la religion. Cette session donnera l’occasion d’examiner les effets de ces changements sur les institutions religieuses traditionnelles et sur d’autres qui émergent.

Soumission des propositions

Nous invitons les chercheurs de tous les champs académiques, y compris et en particulier les doctorants, à soumettre leur proposition de communication.

Les propositions pour des communications de 30 minutes devront être envoyées

avant le 15 octobre 2017

à l’adresse ipra@univ-nantes.fr. Les communications peuvent être rédigée en anglais ou en français. Elles doivent impérativement contenir :

  • Un document au format .doc contenant
  • Nom complet et affiliation
  • Titre de la communication proposée (et indication de l’atelier dans lequel l’intervention est proposée)
  • cun résumé de la communication (200-500 mots)
  • une liste de 5-10 mots-clés 2. Un CV

Validation et confirmation

Le comité d’organisation confirmera la réception des soumissions et se prononcera sur celles retenues et celles rejetées au plus tard le 30 novembre 2017. Les contributeurs retenus seront invités à confirmer leur participation.

Les frais des intervenants sur place (hébergement, repas) seront pris en charge par les organisateurs. Il y a la possibilité de prise en charge du voyage pour ceux dont l’université d’affiliation ne prend pas en charge le voyage.

Comité de Pilotage

  • Céline Borello, Université du Maine
  • Arnault Leclerc, Université de Nantes
  • John Tolan, Université de Nantes
  • Nicolas Stefanni, IPRA, Université de Nantes
  • Amanda Rio de Pedro, Alliance Europa, Université de Nantes

Comité scientifique

  • D. Avon
  • A Leclecrc
  • J. Tolan
  • Jean-Marc Ferry, Université de Nantes
  • Christiane Gruber, University of Michigan
  • Tomoko Masuzawa, University of Michigan
  • Annick Peters Custot, Université de Nantes
  • Karine Durin, Université de Nantes
  • Céline Borello, Université du Maine
  • Vincent Vilmain, Université du Maine
  • Jean-Philippe Schreiber, Université Libre de Bruxelles Lionel Obadia, Université de Lyon II
  • Caroline Julliot, Université du Maine

Argument

“Identity”, wrote historian Tony Judt, “is a dangerous word”. Indeed identity politics today, often based on essentialized, ahistorical notions of religion and nation, call into question the bases of pluralistic, multi-ethnic and multireligious societies in Europe and beyond. This conference will explore some of the ways in which cultural and religious pluralism has always been a central element of European society and how it continues to be so today. We will look at how various European states have accommodated religion in general and diverse religious organizations, paying particular attention to questions of group identity and individual freedoms and of the distinctions between public and private space. We will remain attentive to the networks of exchange and the relations between societies and states in constant flux. We will bear in mind the constant question of the difficult definition of “Europe”, of which European states and societies we are discussing. Today’s Europe, often simplistically identified with a specific political project, the European Union, and with its relations with its Mediterranean and eastern neighbors, is not the same Europe as that of 1914, much less that of the Middle Ages or the 16th century.

The European confessional landscape has been both consistently diverse and constantly in flux. Religions constantly change, or perhaps better said, believers and practitioners constantly adapt their religion to changing social and political realities. Many faithful of, for example, Christianity or Islam, tend to think of their religions as eternal or immutable: calls to change or “reform” doctrine or practice are often pitched as efforts to “return” to a lost original purity of the religion’s putative apogee: the age of the Apostles, of the Prophet and his Companions, a thirteenth-century “Golden Age” of the Church, etc. This tends to essentialize religion and can lead to fundamentalism, and to doctrinaire rejection of rival versions of one’s own religion (Rabbinic Judaism/Karaism, Catholicism/Protestantism/Eastern Christianity or Sunnism/Shiism) and of elements of secular modernity. Such essentialization by those outside of a religious tradition can lead them to reject it as “backward” or incompatible with contemporary values of secularism. Yet religions are constantly in flux: the diverse forms of Judaism or Buddhism practiced in Europe today are different from those found centuries ago, or those practiced in other parts of the world today.

This conference will explore Europe’s religious heritage through a series of five academic sessions on key themes (papers may be given in French or in English). It also proposes a series of workshops (in French) aimed at a larger audience, of professionals and policy makers, interested in the challenges and possibilities that diversity in religious practice and belief pose to 21st century societies.

Academic workshops

Workshop 1: Defining religionWhat is religion?

How have philosophers, theologians, anthropologists, jurists and others delimited the boundaries between sacred and profane? Religious and secular? To what extent are such definitions culturally specific? How and when do we move between a polemical opposition between “religion” and “superstition” to an apparently more objective category of “religions” in the plural? Can non-theocentric belief systems (communism, fascism, etc.) be considered “religions”, to the extent that they contain many aspects of religious systems?

Workshop 2: Secularization and pluralism in European society.

Secularization has often been studied in terms of a binary struggle between Church and State. The attention in this workshop will be on the role of a plurality of religions in determining state attitudes towards religion and definition of religious rights, whether the role of Jews and Protestants in the first French Republic, the place of dissident Protestants in seventeenth-century England, or the role of Islam in twentieth- century Europe. Will twenty-first century Europe see a reaffirmation or redefinition of secularity? Or an accommodation with religious specificities in a “post-secular” world?

Workshop 3: Religious politics in Europe’s colonial empires

From the sixteenth to the twentieth centuries, European nations ruled large colonial empires with tremendous religious diversity. This workshop will study the reactions of colonial powers to that religious diversity and the policies put into place, ranging from encouragement of Christian or Muslim missionaries, to policing and enforcing religious boundaries, to the manipulation of local religious elites and their recruitment into colonial hierarchies. Colonized populations used religious arguments and religious organizations in different ways, to navigate colonial structures, to argue for greater rights, or to oppose European colonial power.

Workshop 4: Religious pluralism in the Muslim world

The attention in this workshop will be on how Muslim societies have responded, on the levels of theology, law, and practice, to religious pluralism. The legal category of dhimmi emerged in the first centuries of Islam, though in practice the status of dhimmi varied greatly between different Muslim societies. Since the nineteenth century, Muslim theologians and jurists confronted with the categories of secular law have had diverse strategies for defining the place of non-Muslims in Muslim societies and of Muslims in non-Muslim societies (principally Europe and the Americas).

Workshop 5: Religion in a globalized world: secularization, commercialization, re- enchantment.

Increased personal mobility and revolutionary changes in communication technology have created a globalized market for religion. This workshop will examine the effects of these changes on religious practice and on the place of religion in European public space, on the organization and roles of traditional religious institutions and on the emergence of new institutions, but also on interreligious dialogue in European societies.

Submission guidelines

Submissions are invited from scholars in all academic fields. We in particular invite submissions from PhD students.

  • Proposals for a 30-minute paper may be submitted,

by October 15, 2017,

to ipra@univ- nantes.fr. Proposals may be in English or in French and should consist of:

  • A .doc file containing:
  • full name and affiliation of scholar
  • title for the proposed communication, with an indication of in which workshop participation is proposed.
  • an abstract (200-500 words) of the communication
  • a list of 5-10 keywords 2. A CV

Approval and confirmation

The organizational committee will confirm receipt of each proposition and will respond by November 30, 2017, at which time contributors will be asked to confirm their participation. Local expenses (hotel, meals) will be paid by the organizers for those who are presenting papers. Travel expenses may be paid in part or totally for those whose universities are unable to pay for travel.

Organizational committee

  • Céline Borello, Université du Maine
  • Arnault Leclerc, Université de Nantes
  • John Tolan, Université de Nantes
  • Nicolas Stefanni, IPRA, Université de Nantes
  • Amanda Rio de Pedro, Alliance Europa, Université de Nantes

Programme committee

  • D. Avon
  • A Leclecrc
  • J. Tolan
  • Jean-Marc Ferry, Université de Nantes
  • Christiane Gruber, University of Michigan
  • Tomoko Masuzawa, University of Michigan
  • Annick Peters Custot, Université de Nantes
  • Karine Durin, Université de Nantes
  • Céline Borello, Université du Maine
  • Vincent Vilmain, Université du Maine
  • Jean-Philippe Schreiber, Université Libre de Bruxelles Lionel Obadia, Université de Lyon II
  • Caroline Julliot, Université du Maine

Date(s)

  • Sunday, October 15, 2017

Keywords

  • religion, europe, colonisation, laicité, pluralisme

Contact(s)

  • Nicolas Stefanni
    courriel : nicolas [dot] stefanni [at] univ-nantes [dot] fr

Reference Urls

Information source

  • Nicolas Stefanni
    courriel : nicolas [dot] stefanni [at] univ-nantes [dot] fr

To cite this announcement

« Religious pluralism and social diversity: religions in the European public space », Call for papers, Calenda, Published on Thursday, October 12, 2017, https://calenda.org/417853

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