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Le sentiment européen

The European sentiment

Revue des sciences sociales

Revue des sciences sociales

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Publié le mercredi 15 novembre 2017 par Anastasia Giardinelli

Résumé

L’Europe d’aujourd’hui est en crise, une crise qui n’est pas seulement économique mais surtout politique, identitaire, éthique. Dans la lignée d’Edgar Morin, « notre intention n’est pas tant de penser l’Europe passée ; elle est de penser l’Europe présente à partir de son passé ». Cet appel à contribution est en quête des interrogatives et des réflexions sur le sentiment européen, l’existence d’une « unité » européenne, la possibilité de « sauver l’Europe » à l’aide de son histoire. Nous nous proposons notamment de réfléchir à l’histoire de l’idée d’Europe et de nous interroger sur ce quid européen qui est finalement « immatériel » ; un sentiment d’appartenir à une entité supranationale avec des caractères propres.

Annonce

L'appel à articles pour un numéro sur « Le sentiment européen », est annulé

Argumentaire

« L’Europe deviendra -t-elle ce qu’elle est en réalité, c’est -à-dire : un petit cap du continent asiatique ? » se demandait Paul Valéry en 1919. Aujourd’hui la réponse semble être positive face à une Europe en crise, une crise qui n’est pas seulement économique mais surtout politique, identitaire, éthique. L’antifasciste Andrea Caffi indiquait déjà une voie à suivre en 1925 : bâtir l’Europe fédérale et faire cela à travers la revalorisation de ce qui est pour lui « l’orgueil et la raison d’être du consortium européen » : l’humanisme. Thomas Mann lui faisait écho en 1935 lorsque dans son Avertissement à l’Europe ! appelle à un « humanisme militant ».

Dans la lignée d’Edgar Morin, « notre intention n’est pas tant de penser l’Europe passée ; elle est de penser l’Europe présente à partir de son passé ». Cet appel à contribution est en quête des interrogatives et des réflexions sur le sentiment européen, l’existence d’une « unité » européenne, la possibilité de sauver l’Europe à l’aide de son histoire. Ce numéro de la revue des sciences sociales se propose de mettre en avant l’histoire de l’idée d’Europe et de réfléchir à l’existence d’une « conscience européenne » préexistant le processus de construction européenne mis en œuvre dans le deuxième après-guerre. En mobilisant un grand nombre de disciplines, nous souhaitons donc penser l’Europe en nous penchant sur le sentiment européen, sur la conscience des européens et des européennes d’être européens et européennes au-delà de l’Union européenne et de ses institutions. Tout en étant conscients de la pluralité des sources, nous mentionnons ici l’ouvrage d’un auteur européen, encore méconnu en France, l’historien italien Federico Chabod. Son Histoire de l’idée d’Europe, un iter de la pensée et des valeurs morales de « notre civilisation européenne » de la Grèce classique à nos jours,  paraît déjà en 1961, en reprenant des cours universitaires des années 1940 et 1950. . Le thème de l’idée d’Europe, écrit Chabod, « réveille en moi une résonnance profonde, morale et spirituelle ». Nous souhaitons nous interroger sur ce quid européen qui est finalement « immatériel » : un ressenti, un sentiment d’appartenir à une entité supranationale avec des caractères propres.

L’image de l’Europe est actuellement celle d’un « navire sans pilote dans une grande tempête ». Comme disait Sénèque : « il n’y a pas de vent favorable pour le pilote qui ne sait pas vers quel port on navigue ». Notre appel à contribution cherche ce port ou peut-être plusieurs ports vers lesquels cette vieille Europe peut se diriger. 

Sans prétention d’exhaustivité, nous proposons quelques axes de réflexion :

  • Le « terme » Europe, au-delà d’être le nom de la princesse phénicienne enlevée par le souverain des dieux, indique sans doute une entité géographique. Mais ce terme, a-t-il une signification idéale, politique, sociale, identitaire ? « Europe » est ou pas une entité morale ? Existe-il aujourd’hui un sentiment européen ?  
  • Peut-on parler de réalité sociale européenne ? A l’heure actuelle existe-t-il une société européenne, comme le soutient par exemple Hartmut Kaelble, avec des affinités dans les domaines de la structure familiale, productive, urbaine, sanitaire ?
  • La littérature, la musique, l’art, la philosophie sont des domaines qui ne peuvent pas se réduire aux particularismes nationaux, pensons aux musées de toute l’Europe qui exsudent une histoire de l’art européenne. L’identité culturelle européenne est un sujet transdisciplinaire : comment penser le sentiment européen à travers la musique, l’art, la littérature ?  
  • Quel a été le rôle de la religion dans la définition de l’idée d’Europe ? A-t-elle représenté un trait-d’union ou de désunion, comme le disait Voltaire en affirmant que l’Europe constituait une « République littéraire », « malgré les guerres et les religions différentes » ? Il suffit d’ailleurs de penser aux guerres de religion qui ont ravagé l’Europe « chrétienne » pendant des années, mais en même temps est-il possible de négliger le rôle du christianisme lorsqu’on s’interroge sur l’existence et sur la nature d’un sentiment européen ? A titre d’exemple, la fresque strasbourgeoise nommée « Le Cortège des Nations » ou bien « La Marche des Nations vers la Croix », qui se trouve dans l’Eglise protestante Saint Pierre le Jeune, semble bien représenter cette unité des nations européennes par le biais de la foi chrétienne.
  • Est-il possible de définir un droit commun européen ? Le droit romain, puis le droit canonique peuvent-ils être considérés comme des fondements communs de nos systèmes juridiques respectifs ? Est-il possible de brosser une histoire juridique européenne ?      
  • Si ce « sentiment » existe, comment donc le rendre publique ? Comment faire ainsi qu’une conscience européenne ne soit pas une propriété d’un milieu intellectuel restreint ? Peut-on penser à une « école européenne » en réformant les systèmes d’éducation nationale ? Pour ce qui concerne les universités, des programmes tels qu’Erasmus qui d’autre part ne fait que reprendre la « mode » médiévale des circulations universitaires en Europe suffisent-ils ? Au-delà du processus de Bologne, est-il possible et souhaitable imaginer un « système universitaire européen » ?

Ce numéro de la revue des sciences sociales se propose d’être une plateforme de discussion sur une thématique à la fois actuelle et millénaire : le sentiment européen, la recherche de ce « quelque chose de singulier que je sens et que je ne sais pas dire » (comme Montesquieu faisait écrire à Usbek dans ses « Lettres Persanes ») qui fait de nous des Européens.

Modalités de soumission

Les articles sont à adresser au rédacteur en chef, Patrick Ténoudji (tenoudji@aol.com ).

L’article doit être anonymisé. L’auteur veillera à fournir dans un fichier distinct :

  • ses coordonnées complètes : adresse postale, adresse électronique, téléphone.
  • ses titres ou profession et son appartenance institutionnelle (université, centre de recherche).
  • un résumé d’une dizaine de lignes en français, et si possible (seulement si ces langues sont bien maîtrisées) en anglais et en allemand.

Le texte comporte au maximum 40 000 signes et blancs, notes et bibliographie comprises. Il est rythmé par des intertitres courts, avec deux niveaux d’intertitres au maximum. Les notes, en numérotation continue, et les références bibliographiques, sont reportées en fin de texte. Le renvoi aux ouvrages de référence dans le texte courant et les notes se font par la seule mention entre parenthèses du nom de l’auteur, de l’année de publication et, le cas échéant, des numéros de pages citées.

Exemples :

– … ainsi que l’indique J. Dupont (2003a), …

– … cette question a fait l'objet de plusieurs travaux (Dupont 2003a, Durand 2004, 2007)…

La bibliographie suit les consignes de présentations suivantes :

– pour un ouvrage : Dupont J. (2003a), Titre de l’ouvrage en italique, Lieu d’édition, Éditeur.

– pour un chapitre d'ouvrage : Durand M. (2004), Titre du chapitre sans guillemets, in Dupont J. (dir.), Titre de l'ouvrage en italique, Lieu d’édition, Éditeur, p. 52-92.

– pour un article : Durand M. (2007), Titre de l'article sans guillemets, Titre de la revue en italique, Lieu d'édition et éditeur si la revue n'est pas nationale, volume, numéro, p. 52-92.

Si des illustrations sont nécessaires à l’appui du texte, l'auteur en adresse les originaux ou les fichiers image haute résolution (300dpi) à la rédaction. Hors ce cas de figure, la recherche et les choix iconographiques relèvent de la seule décision de la rédaction de la revue.

Calendrier

  • Date de publication de l’appel à articles : novembre 2017
  • Date limite de réception des articles : septembre 2018

  • Date de publication du dossier : début 2019

Directeur scientifique

Freddy Raphaël

Rédacteur en chef

Patrick Ténoudji

Comité scientifique

  • Chantal Bordes-Benayoun (CNRS Toulouse)
  • Jean Cuisenier (MNATP Paris)
  • Giovanni Gasparini (Univ. Sacro Cuore, Milano)
  • Jose Carlos Gomes da Silva (Portugal)
  • François Héran (INED Paris)
  • Claude Javeau (Univ. Libre de Bruxelles)
  • Nicole Lapierre (Paris)
  • Marianne Mesnil (Univ. Libre de Bruxelles)
  • Sonia Montecino (Univ. de Chile)
  • Jean Rémy (Univ. Cath. de Louvain)
  • Dominique Schnapper (EHESS Paris)
  • Alain Tarrius (Univ. Toulouse-Le Mirail)
  • Alain Touraine (EHESS Paris)

Lieux

  • 5 allée du Gal Rouvillois 67000 Strasbourg
    Strasbourg, France (67000)

Dates

  • dimanche 30 septembre 2018

Mots-clés

  • Europe, sentiment, appartenances

Contacts

  • Patrick Tenoudji
    courriel : tenoudji [at] aol [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Patrick Tenoudji
    courriel : tenoudji [at] aol [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le sentiment européen », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 15 novembre 2017, https://calenda.org/421833

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