Calenda - Le calendrier des lettres et sciences humaines et sociales

Constitutions mixtes (2017-2018)

Mixed Constitutions / Mixed Governments (2017-2018)

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Publié le mardi 14 novembre 2017 par Céline Guilleux

Résumé

Ce séminaire offre un espace de discussion pour la présentation de réflexions en cours, non seulement sur la constitution mixte, idée qui parcourt l'histoire politique occidentale depuis l'Antiquité, gouvernement idéal associant monarchie, aristocratie et démocratie, mais aussi sur les notions de mélange, mixtion, fusion, médiété, milieu, moyenne / somme, binarité / ternarité, synthèse, composition, harmonie, concorde, etc. C'est pourquoi ce séminaire interdisciplinaire et transpériode est ouvert à tous les acteurs des champs concernés : sciences humaines et sociales, droit, médecine, chimie, physique, mathématiques, lettres et arts...

Annonce

Argumentaire

Créé en octobre 2015, ce séminaire s'inscrit dans le programme C3 « Hiérarchies et expression des relations sociales » de l'UMR CNRS 5189 HiSoMA.

Le programme 2017-2018 du séminaire « Constitutions mixtes » s'inscrit dans la continuité des rencontres organisées depuis sa création. Pour les raisons scientifiques déjà développées dans l'argumentaire initial (http://calenda.org/353653), il s'agit de réunir des spécialistes des différents domaines et des différentes périodes qui ont pensé l'idée de constitution mixte, ses métonymies ou ses métaphores.

Durant la première année du séminaire (http://calenda.org/353653), les exposés et les échanges se sont concentrés sur la période antique. Le programme de la deuxième année (http://calenda.org/393687) a élargi le champ des débats à d'autres domaines et d'autres périodes, explorant les passerelles et les métaphores liant les différentes « constitutions mixtes ». Cette troisième année resserre les liens des collaborations établis lors des précédentes séances, notamment avec le programme « Républicanisme et économie » (UMR 5824 GATE) en vue de l’organisation commune d’une journée d’étude internationale en juillet 2018.

Programme

Vendredi 17 novembre 2017 (14h-16h)

Séance 13 –  We, The People – À propos de la constitution américaine

Université Jean Monnet Saint-Étienne, Campus Tréfilerie, UFR ALL, salle LR2

  • Annie Lechenet (UMR 5206 Triangle), « La Constitution fédérale de Madison : une conception politique de la justice qui évacue la question de la justice sociale ».

En construisant un système de représentation politique qui non seulement fragmente les différents intérêts, mais aussi représente "deux types de droits", ceux des personnes et ceux de la propriété, Madison met en avant une conception purement politique de l'idée de justice. Un tel système aboutit à placer la question des intérêts hors d'atteinte de toute discussion politique, ce qui d'une part modifie le sens du terme de "peuple", d'autre part nécessitera le recours à un plan moral du fonctionnement des institutions, celui du compromis.

Mots clés : Constitution américaine, représentation, intérêts, justice politique, justice sociale.

  • Leland Tracy (Université Jean Monnet – Saint-Étienne, EA 3068 CIEREC), « American Federalism: One Country, Fifty-One Constitutions »

The system of checks and balances established by the United States Constitution is widely recognised as a foundation for modern representative democracy. By distributing power (more or less evenly) between the legislative, executive and judicial branches of the federal government, the U.S. Constitution gave birth to one of the longest lasting, most stable democratic republics in the world today. But this document also created another lesser-known system of checks and balances, one between the federal government and the individual states, each of which is governed by its own constitution and retains a considerable amount of sovereignty within the American political system. While the “Supremacy Clause” (Article VI, Clause 2) of the U.S. Constitution establishes that all states are subject to federal law, the 10th amendment specifically limits the federal government’s authority to those powers explicitly “delegated” to it by the Constitution. And the history of the United States has been profoundly affected by the permanent power struggle between these two levels of government. This paper will briefly describe the evolution of this power struggle and address the impact it still has on contemporary American society.

Keywords: checks and balances, United States Constitution, democracy, federalism, sovereignty, Supremacy Clause, 10th amendment.

Vendredi 1er décembre 2017 (14h-16h)

Séance 14 – Is This Sparta? – À propos de la constitution de Sparte

Université Jean Monnet Saint-Étienne, Campus Tréfilerie, UFR ALL, salle HR2.

  • Antoine Chabod (Université Paris-Est Marne-la-Vallée, EA 3350 Analyse comparée des pouvoirs), « La culture du chant et les origines de la constitution mixte de Sparte archaïque »

Sparte représente-t-elle le premier exemple de « constitution mixte » ? On le lit parfois. Cette idée repose sur un passage de Plutarque qui présente les grandes réformes du législateur légendaire Lycurgue appelées Rhétra, et sur une élégie du poète Tyrtée (viie s. av. J.-C.). Des recherches récentes ont pourtant montré que la Rhètra citée par Plutarque est une construction tardive (Nafissi 2010), nettement postérieure à Lycurgue et Tyrtée. Pour tenter de comprendre le fonctionnement de Sparte au viie s. av. J. C., on se propose donc de mobiliser d’autres traditions antiques, attestées par les compositions des poètes actifs à Sparte. Celles-ci permettent d’aborder Sparte archaïque comme une communauté politique fragile, régulièrement ressoudée par des performances musicales salvatrices.

Mots clés : Sparte archaïque ; culture du chant ; loi ; poésie ; musique ; charisme ; Tyrtée ; Terpandre.

  • Jean-Christophe Couvenhes (Université Paris-Sorbonne Paris 4, UMR 8210 AnHiMA - en détachement auprès de l’UMR 8167 Orient & Méditerranée, ACT), « La constitution mixte de Lycurgue et Cléomène III »

Polybe manifeste un enthousiasme certain à l’égard de la constitution mixte de Lycurgue (Livre VI, 10, 6-11) et une hostilité avérée vis-à-vis de Cléomène III et de ses successeurs qui pourtant ont eu pour objectif de restaurer le régime de Sparte. Comment expliquer cette contradiction ? Est-ce qu’il faut distinguer entre constitution politique et constitution sociale ? Quelle place les éphores, supprimés par Cléomène, tiennent-ils dans ce dispositif « lycurgéen » ? Quelle place les réformes d’Agis et Cléomène tiennent-elles dans la constitution de la Vie de Lycurgue chez Plutarque ? Telles sont quelques-unes des questions que nous aborderons, dans ce dialogue entre Polybe et Plutarque, relatif à la constitution spartiate et ses « évolutions » dans la deuxième partie du iiie siècle av. J.-C.

Mots clés : constitution mixte, Sparte, Lycurgue, Cléomène III, Agis IV, Nabis, Antigone Dôsôn, éphore, tyrannos, monarchos, basileus, gérousie, Polybe, Plutarque, constitution politique, constitution sociale, patrios politeia, politeuma, agogè, kleros, syssitie, disciplina.

Vendredi 16 février 2018 (13h30-16h)

Séance 15 – Physique des constitutions : de Galien à Machiavel

Université Jean Monnet Saint-Étienne, Maison de l’Université, salle B02 (UFR de Droit, salle du conseil).

  • Athina Bazou (Université nationale et capodistrienne d’Athènes), « Quelle est la constitution d’un "corps juste" selon la médecine grecque antique ? ».

Il est bien connu que dans la pensée grecque antique la justice était considérée comme la vertu la plus importante, renfermant en elle toutes les autres vertus. Bien que rencontrée le plus souvent dans des contextes légal et politique, la justice trouve son application aussi dans la médecine, mise en parallèle avec la santé du corps, rapprochée de la symétrie, l’équilibre et la beauté. Dans notre communication nous allons examiner en premier lieu en quoi consiste un ‘corps juste’ pour la médecine grecque ancienne, ainsi que les paramètres qualitatifs et/ou quantitatifs qui le caractérisent chez divers auteurs, et en second lieu les façons dont les spécialistes s'y prennent pour rétablir la justice du corps, intérieure et extérieure.  Des rapprochements seront faits entre le corps juste et les vertus corporelles et psychiques ainsi qu’avec la nature juste, sage et technicienne.

Mots clés : constitution ; médecine grecque ancienne ; corps juste ; justice ; santé ; Hippocrate ; Galien.

  • Sébastien Roman (UMR 5602 Triangle), « Interpréter Machiavel aujourd'hui : étude critique de John P. McCormick. L'enjeu d'une conception dynamique de la Constitution ».

Dans son livre Machiavellian Democracy, John P. McCormick s’intéresse de très près à la constitution mixte dans la pensée machiavélienne. Selon lui, on ne peut comprendre adéquatement le conflit entre les grands et le peuple chez Machiavel si on ne mesure pas l’importance qu’il accorde aux tribuns pour équilibrer le pouvoir des consuls et des sénateurs. Pour McCormick, Machiavel pourrait nous aider aujourd’hui à repenser notre démocratie pour la rendre plus démocratique : afin de pallier les insuffisances du principe de l’élection, qui favorise une trop grande passivité des citoyens et rend idéologique la souveraineté populaire, McCormick propose d’amender la Constitution américaine par la création d’une assemblée citoyenne de classe spécifique, composée de 51 citoyens tirés au sort qui feraient office de tribuns, comme dans la Rome antique. Les démocraties contemporaines ont un caractère oligarchique car ceux qui nous gouvernent appartiennent très souvent à des élites. Le remède serait dans un retour des tribuns, dans la création d’une institution tribunicienne dont sont exclus les grands, afin de faire mieux entendre la voix du peuple et défendre ses intérêts.

L’intervention consistera à faire un examen critique du projet de McCormick d’une double manière : aussi intéressant soit-il, il semble, d’une part, que ce projet soit infidèle à la pensée machiavélienne, d’autre part, qu’il soit inefficace, voire dangereux. La meilleure manière de reprendre Machiavel aujourd’hui n’est pas dans la création d’une institution de classe spécifique, mais dans une conception dynamique de la Constitution nourrie de la confrontation de conceptions antagonistes sur le bien commun à suivre.

Mots clés : Machiavel, McCormick, Constitution américaine, tirage au sort, Rome, tribuns, classe spécifique, dynamique, antagonisme, bien commun.

Vendredi 23 mars (14h30-16h30)

Séance 16 – Gouvernement idéal et surveillance

Université Jean Monnet Saint-Étienne, Campus Tréfilerie, UFR ALL, salle SR9.

  • Marie Durnerin (ENS de Lyon, UMR 5189 HiSoMA), « La surveillance comme moyen de préserver une bonne constitution. Réflexions sur les constitutions idéales et les moyens de les pérenniser chez Xénophon ».

Pour un Athénien qui a connu la guerre du Péloponnèse avec ses coups d’État oligarchiques de 411 et de 404, puis les restaurations démocratiques, il devient nécessaire de de mettre en œuvre tous les moyens pour stabiliser la politeia, le régime politique. C’est le cas de Xénophon qui, à travers ses œuvres, mène une réflexion sur le bon gouvernement. Cependant, plus que la nature même de la constitution, c’est la préservation d’une politeia, d’un régime politique qui semble constituer un enjeu fondamental pour lui, car même le meilleur des gouvernements peut tomber dans l’anarchie ou la tyrannie, si les gouvernants ne sont pas à la hauteur. Le seul moyen de préserver la constitution est-il alors d’espérer l’homme providentiel ? Avant d’en arriver à cette conclusion, il est peut-être possible de trouver d’autres moyens que donne Xénophon pour maintenir l’ordre politique, notamment une surveillance centralisée qui permette à tout gouvernant d’être parfaitement informé sur tout ce qui se trame dans la cité.

Mots clés : Athènes ; guerre du Péloponnèse ; coup d'État ; oligarchie ; démocratie ; anarchie ; tyrannie ; politeia ; Xénophon ; constitution ; homme providentiel ; surveillance.

Jeudi 5 juillet 2018

Séance 17 – Journée d’étude « Sismondi et l’histoire »

Université Jean Monnet Saint-Étienne, Bibliothèque Universitaire Tréfilerie, Atrium (2 rue Tréfilerie)

Rencontre scientifique co-organisée par le séminaire « Constitutions mixtes » (Stavroula Kefallonitis, Université Jean Monnet - Saint-Étienne, UMR 5189 HiSoMA) et le programme « Républicanisme et économie » (Michel Bellet, Nicolas Eyguésier et Philippe Solal, Université Jean Monnet Saint-Étienne, UMR 5824 GATE).

Lieux

  • 33 rue de Onze Novembre
    Saint-Étienne, France (42)

Dates

  • vendredi 17 novembre 2017
  • vendredi 01 décembre 2017
  • vendredi 16 février 2018
  • vendredi 23 mars 2018
  • jeudi 05 juillet 2018

Mots-clés

  • monarchie, aristocratie, démocratie, oligarchie, tyrannie, anacyclosis, juste milieu, médiété, harmonie, Hérodote, Thucydide, Polybe, Cicéron, Denys d'Halicarnasse, corpus hippocratique, Galien, Machiavel, Hobbes, Rousseau, Robespierre, Sismondi

Contacts

  • Stavroula Kefallonitis
    courriel : stavroula [dot] kefallonitis [at] univ-st-etienne [dot] fr

Source de l'information

  • Stavroula Kefallonitis
    courriel : stavroula [dot] kefallonitis [at] univ-st-etienne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Constitutions mixtes (2017-2018) », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 14 novembre 2017, https://calenda.org/422666

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