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Construire et maintenir un réseau

Constructing and maintaining a network

Biographie et prosopographie : individus et groupes sociaux en histoire

Biography and prosopography: individuals and social groups in History

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Publié le mercredi 24 janvier 2018 par João Fernandes

Résumé

Les doctorants de l’École doctorale II Histoire moderne et contemporaine de Sorbonne Université organisent leur journée d’étude annuelle. Cette journée se divisera cette année en deux temps principaux : une première demi-journée portera sur une thématique large visant à rassembler les sujets de doctorants issus de différentes périodes et traitera de la question suivante : « Construire et maintenir un réseau. » La seconde demi-journée sera consacrée à des questions méthodologiques autour du thème principal « Biographie et prosopographie : individus et des groupes sociaux en Histoire ».

Annonce

Journée d’étude des doctorants de l’École doctorale d’histoire moderne et contemporaine de Sorbonne Université

Argumentaire 

I. Construire et maintenir un réseau

Parce qu’une convergence d’intérêts ou d’idées conduit souvent des acteurs individuels ou collectifs à agir, les réseaux sont un observatoire intéressant des dynamiques dans tous les domaines de l’activité humaine : en politique, dans l’économie, en religion, dans la vie intellectuelle comme dans la vie affective. Leur étude met en lumière la nature des relations entre les acteurs et nous invite à identifier un tissu d’influences et de forces au sein desquels il faut les resituer. Le cours des événements peut donner à un réseau, en tant qu’ensemble de liens de solidarité plus ou moins effectifs ou formels, un caractère permanent, temporaire ou ponctuel.

Outre les raisons qui expliquent la construction de réseaux, il s’agit de cerner la manière dont ils fonctionnent, se développent ou stagnent. Les efforts fournis par tout ou partie des membres d’un réseau pour augmenter leur influence en son sein ou pour maintenir certains liens permettent de comprendre les rapports de force qui les traversent. Dans la même perspective, étudier l’influence que la dynamique dominante au sein d’un réseau exerce sur ses membres, par le lien de solidarité qui les y lie ou par les intérêts précédemment servis par lui, est éclairant pour évaluer la concurrence éventuelle avec des liens interpersonnels – voire l’existence de réseaux parallèles.

Les communications peuvent aborder un ou plusieurs des questions suivantes, sans s’y limiter :

  • Comment un réseau se construit-il ? Sa structure est-elle l’aboutissement d’une stratégie préalable ou, au contraire, le fruit du hasard et de rencontres individuelles ? Comment un réseau est-il construit ? Comment relation interpersonnelle ponctuelle devient-elle un lien vivant ? Pourquoi et comment un réseau se structure-t-il sur un mode égalitaire ou sur un mode hiérarchique et, le cas échéant, comment évoluent les liens initialement établis en son sein ? Comment certains individus ou groupes d’individus s’affirment comme des nœuds de communication et de pouvoir difficilement contournables ? Comment l’activité de ce réseau se matérialise-t-elle et quelles sont les conséquences de cette activité ?
  • Dans quelle mesure et jusqu’à quel point l’existence d’un réseau résulte-t-elle de la défense d’intérêts individuels compatibles ou d’un intérêt collectif ? Un réseau n’est-il qu’un ensemble de relations interpersonnelles et dans quelle mesure peut-il reposer sur une aspiration proprement collective ? Le réseau est-il la création d’un individu ou d’un groupe, pourquoi cette origine influence-t-elle, ou non, les branches du réseau ? Un individu peut-il construire ou capter un réseau à son profit ? Comment un réseau se perpétue-t-il au-delà de l’influence de ses fondateurs ? Les personnes qui n’apportent qu’incidemment leur concours à une personne appartenant à un réseau peuvent-elles en être considérées comme membres ?
  • Quelle liberté un individu conserve-t-il au sein d’un réseau ? Dans quelle mesure l’appartenance à un réseau peut-elle influencer la trajectoire d’un individu ? Quels sont les degrés d’intégration d’un individu au sein d’un réseau ? Comment les rivalités interpersonnelles influent-elles sur l’efficacité du réseau ? En quoi le degré d’autonomie des individus au sein d’un réseau et vis-à-vis de ses règles témoigne-t-il de leur influence personnelle et de leur pouvoir ? 

II. Biographie et prosopographie : individus et des groupes sociaux en Histoire

Comment « faire la part de l’initiative personnelle et de la nécessité sociale » (Lucien Febvre) ? Pourquoi, à un moment donné, un individu se singularise-t-il des autres dans la société ? Afin de répondre à cette question, il faut placer son regard à la fois à l’échelle individuelle, mais aussi à l’échelle collective, afin de comprendre les normes formelles et informelles vis-à-vis desquelles l’individu se singularise. L’une ou l’autre de ces approches impliquent des choix : pourquoi s’intéresser à un individu est-il un angle pertinent pour révéler ce qu’il représente comme exemple ou comme contre-exemple au regard de valeurs ou de coutumes ? Et, si l’on s’intéresse à un groupe social, est-il représentatif ou exceptionnel au sein de la société dont il est extrait ?

Ce second axe invite à une réflexion collective sur les enjeux méthodologiques et épistémologiques de l’une ou l’autre de ces approches et, surtout, à la manière de les mettre en œuvre d’une manière satisfaisante ; cela semble particulièrement important, tant pour s’assurer de l’intérêt général de la connaissance apportée par l’étude d’un parcours singulier que pour la robustesse statistique – donc la représentativité – des résultats de l’étude d’un groupe social.

Les communications pourront aborder une ou plusieurs des questions suivantes, sans s’y limiter :

  • Pourquoi et comment faire une biographie ? Les individus dont le parcours est exceptionnel sont-ils seuls dignes d’une biographie ? Sur quels critères repose cette exceptionnalité ? Pourquoi « évoquer un individu » nécessite de « parler à tout moment du monde dont cet individu a été l’habitant » (Jacques le Goff) ? Une biographie complète peut-elle rendre compte d’une vie sans archives privées ou avec des archives lacunaires ? Une biographie sur la seule base d’archives professionnelles ou publiques est-elle possible ?
  • Pourquoi et comment faire une prosopographie ? La prosopographie, ou biographie collective, vise à dégager les caractéristiques d’un groupe social. Toutefois, « l’individu » n’est-il que « ce que permettent qu’il soit et son époque et son milieu social » (Lucien Febvre) ? La délimitation du groupe étudié nécessite une réflexion préalable visant, notamment, à prévenir les biais qualitatifs et quantitatifs que ferait risquer une approche non objectivée. Les aspects méthodologiques liés à la prosopographie, notamment la construction des bases de données qui accueilleront les fruits du dépouillement, pourront utilement être discutés. Quelle valeur scientifique donner à un apax dans une prosopographie ou à une biographie qui serait elle-même un apax ?
  • Quelle place donner à la notion de génération ? Comment et sur quels critères délimiter une génération ? Dans quelle mesure est-il possible de rattacher un parcours exceptionnel à une génération ? Une génération est-elle constituée dès qu’un groupe partage des caractéristiques communes à une époque déterminée ou peut-elle exister avec une stabilité des caractéristiques communes mais un changement dans les pratiques ? Quelles sont les modalités du passage d’une génération à une autre ? Quel statut accorder à la manière dont les acteurs se définissent eux-mêmes pour étudier une génération ? 

Modalités de soumission

Cette journée d’étude se déroulera à la Maison de la Recherche de Sorbonne Université (rue Serpente) le samedi 7 avril 2018 à Paris. Les propositions des doctorants et jeunes chercheurs seront privilégiées, particulièrement pour les doctorants de 1re et 2e année. Les propositions devront être validées par les directeurs de thèse.

Merci de fournir un résumé comportant : un titre (même provisoire), une proposition de communication de 3 500 signes (espaces compris), les nom, prénom et courriel de l’auteur, ainsi que le titre de la thèse, le nom du directeur de recherche et l’année d’avancement dans les études doctorales.

Les propositions sont à envoyer

jusqu’au 12 février 2018

à l’adresse suivante : doctorants.ed2@gmail.com.

Possibilité de publication : Les communications retenues pourront, si leurs auteurs le souhaitent, être publiées sous forme de contributions au prochain numéro d’Enquêtes, revue de l’École doctorale d’histoire moderne et contemporaine de Sorbonne Université.

Comité d’organisation et de sélection de propositions

Les représentants des doctorants de l’ED2 de Sorbonne Université :

  • Anh-Dao BUI TRAN,
  • Jacques BURY,
  • Emmanuel LEMÉE,
  • Yseult MARTINEZ, 
  • Sylvain MARY,
  • Élisabeth MORTIER,
  • Pierre PORCHER,
  • Sophie TEJEDOR, 
  • Julie TISSIER, 
  • Julien WILMART

Avec le soutien du Pr. Reynald ABAD, directeur de l’ED2, du Pr. Catherine MAYEUR-JAOUEN, directrice-adjointe, et le concours de Fédoi CHAFIC, responsable administrative.

Dates

  • lundi 12 février 2018

Mots-clés

  • réseau, prosopographie, biographie, histoire moderne, histoire contemporaine

Contacts

  • Julien Wilmart
    courriel : julien [dot] wilmart [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Julien Wilmart
    courriel : julien [dot] wilmart [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Construire et maintenir un réseau », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 24 janvier 2018, https://calenda.org/429644

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