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Les droites extrêmes en France, en Europe et dans le monde

The extreme right in France, in Europe and the world

Entre banalisation et normalisation, un éclairage nécessaire et actualisé

Between banalisation and normalisation, up-to-date insight into the situation

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Publié le mardi 23 janvier 2018 par João Fernandes

Résumé

Eradiquée au lendemain de la guerre et poursuivie par l’opprobre universelle qui toucha les dirigeants de l’ère hitlérienne et fasciste, condamnés par la justice ou contraints à la clandestinité, l’extrême droite s’est refait une virginité et démontre aujourd’hui une capacité nouvelle et importante de mobilisation de l’électorat, qui mérite d’être prise en compte dans ses causes et ses conséquences possibles. C’est cette thématique aux aspects multiples qu’il est proposé d’aborder.

Annonce

Argumentaire

En choisissant de sortir un numéro consacré aux partis et mouvements d’extrême droite aujourd’hui, en France, en Europe et dans le monde, les coordinateurs de ce dossier ont conscience du défi qu’ils lancent, compte tenu de l’abondance des écrits traitant ou ayant traité du sujet, comme de la diversité des approches possibles. Ils maintiennent leur projet pour contribuer, dans la ligne de la politique éditoriale de la revue, à la lutte contre la banalisation et la normalisation de l’extrême droite.

Eradiquée au lendemain de la guerre et poursuivie par l’opprobre universelle qui toucha les dirigeants de l’ère hitlérienne et fasciste, condamnés par la justice ou contraints à la clandestinité, l’extrême droite s’est refait une virginité et démontre aujourd’hui une capacité nouvelle et importante de mobilisation de l’électorat, qui mérite d’être prise en compte dans ses causes et ses conséquences possibles. C’est cette thématique aux aspects multiples qu’il est proposé d’aborder.

L’appel à contribution s’adresse à tous ceux qui, en raison de leurs recherches, de leur connaissance du sujet, et de leurs compétences peuvent contribuer à une approche transdisciplinaire qui clarifierait les enjeux politiques, sociaux, économiques et idéologiques que soulève la montée en puissance, voire le retour en force des partis d’extrême droite dans la sphère politique, qu’ils soient au pouvoir, aux portes du pouvoir, ou dans l’opposition.

Une première série d’interrogations doit permettre d’examiner le rapport supposé ou avéré des extrêmes droites actuelles avec celles des années 30 et de la Deuxième Guerre mondiale. En dépit d’une distanciation par rapport au national-socialisme ou au fascisme mussolinien, toute continuité avec les idées développées par les droites extrêmes du début du XXe siècle est-elle révolue ? Pierre Milza[1], écrivait en 2002 que l’extrême droite après un temps d’éclipse n’avait pas tardé à renaître de ses cendres à la faveur de la guerre froide, en se posant en champion de l’anticommunisme et en se prévalant de l’antériorité de ses engagements en faveur de la défense des valeurs occidentales face à un ennemi extérieur, l’URSS, et intérieur, les partis communistes. À partir de là, dit-il, toute la thématique de l’ultra-droite (toutes tendances confondues) a été réintroduite dans le débat politique : nécessité de substituer un État fort à l’impuissante démocratie parlementaire, souci de mobiliser la société autour d’un projet rassembleur, mettre fin à la décadence de l’Occident, dénoncer des tares qui affectent le corps social, rejeter la classe traditionnelle, exalter tantôt la nation tantôt une identité européenne qui ne peut qu’être chrétienne et blanche, etc.  Ce corpus idéologique a ensuite évolué au gré des événements.  

Les décennies 50-60, marquées par le processus de décolonisation et de mutations socio-économiques, ont vu la France échapper à trois reprises - fait sans précédent depuis le régime de Vichy- à des menaces graves contre la démocratie : percée électorale de l’UDCA-UFF[2] de Pierre Poujade en 1956 et deux tentatives de putschs militaires en 1958 et en 1961. Puis c’est à nouveau en France qu’apparaissent au lendemain de 1968, deux phénomènes qui contribueront à nourrir la pensée de l’ultra-droite européenne : le négationnisme de Maurice Bardèche et Paul Rassinier, dont Faurisson devient le maître à penser, d’une part, et l’avènement du GRECE et du Club de l’Horloge à l’origine d’un renouvellement doctrinal majeur sur lequel il serait intéressant de débattre, notamment autour de la théorie de Antonio Gramsci[3] sur l’hégémonisme culturel ouvertement revendiquée, d’autre part. La Nouvelle Droite de l’ère post-gaullienne réhabilite le racisme, le darwinisme social, l’anti-égalitarisme et autres thèmes, mais abandonne le terrain activiste au profit de celui des idées, pratique délibérément le double langage et l’euphémisation du discours, évitant par-là, sur les questions essentielles du pluralisme et de la démocratie, de se mettre l’opinion à dos.

Selon Jean-Yves Camus et Nicolas Lebourg[4], nous n’assisterions pas à un retour aux années 1930. Le phénomène actuel résulterait de la rencontre entre une offre politique cohérente et une demande sociale autoritaire. La « droitisation » résulterait du démantèlement de l’Etat-providence et de l’ethnicisation des questions sociales. Le néo-populisme le plus récent enregistre le glissement de la critique libérale de l’Etat interventionniste à l’argumentaire islamophobe. Existe-t-il finalement un espace de comparaison possible entre la conjoncture des années 1930 et celle d’aujourd’hui ?

Une deuxième série de questions pourrait traiter des causes de la progression de l’électorat d’extrême droite en Europe de l’Ouest, et sans doute ailleurs dans le monde. En France, au milieu de la décennie 80, le Front National obtient 10% aux législatives de 1986 et 14,4% aux présidentielles de 1988. Ailleurs c’est au cours de la décennie 90 que la poussée intervient: en Autriche le parti FPÖ de Jorg Haider atteint 16,6% aux législatives de 1990 et 26,9% en 1999 ; aux Pays-Bas, le Vlaams Blok obtient 10% aux législatives de 1999 et plus de 15% aux européennes la même année ; en Norvège, le Parti du Progrès obtient 13% en 1989, 15,5% en 1999; en Suisse , l’UDC de Christoph Blocher, devient le premier parti de la Confédération en 1999 ; en Italie enfin,  Berlusconi ouvre les portes du pouvoir à la Ligue du Nord d’Umberto Bossi et à l’Alliance nationale de Gianfranco Fini. La vague est quasi générale. Au cours des décennies 2000 et 2010, la tendance s’est confirmée et étendue à l’Europe centrale (Hongrie, République tchèque, Pologne, et récemment à nouveau à l’Autriche).

L’explication de ce phénomène, selon Camus et Lebourg[5] serait à chercher ailleurs que dans la crise économique. Même si les ressorts idéologiques de l’extrême droite persistent (nationalisme, xénophobie, culture antidémocratique, défense de la loi et de l’ordre, perte des repères traditionnels etc.) primerait désormais une profonde remise en cause des cadres traditionnels de l’identité européenne, de la représentation politique et des références néo-libérales des droites classiques, à laquelle les attentats du 11 Septembre (et ceux qui ont suivi), perçus comme un  « choc des civilisations », ajouteraient, comme catalyseur, un néo-populisme nourri d’islamophobie.

Analysant plus particulièrement le vote Front National en France, le géographe Christophe Guilluy[6] a mis en évidence la France périphérique des zones péri-urbaines établissant ainsi un lien entre urbanisme, mode de vie et choix électoraux. La question territoriale serait ainsi en relation avec la critique de la transformation rapide des modes de vie, mais devrait aussi être relativisée et intégrée à un plus vaste ensemble. Le vote FN serait lié à diverses périphéries, dont certaines sont aisées et sans contact multiculturel direct. Il ne s’agirait donc pas d’un vote de protestation et de désespoir des classes populaires. Il traduit aussi un facteur de politisation et de retour à l’urne de populations porteuses de formes d’interventions développées et élargies [7]. Crise de sens ? Crise de valeurs ? Crise de l’avenir ? Toutes ces questions restent posées.

Finalement le vote d’extrême droite semble refléter à la fois un vote de conviction, un vote protestataire aux aspects incertains, un vote refuge suscité par les peurs, notamment de l’immigration, un vote rejet de la classe politique traditionnelle, la question étant posée du poids de ces différentes catégories dans l’électorat.

Selon certains analystes, l’Europe serait engagée dans un repli identitaire qui favoriserait l’essor des démagogues autoritaires caractéristiques, de ce que les auteurs d’un ouvrage collectif récent ont appelé L’âge de la régression[8] ? Une modernisation régressive nourrirait le ressentiment des perdants de la mondialisation et un néo-libéralisme « transfrontalier » susciterait-il en réaction un ethno-nationalisme qui est la marque de fabrique de tous les populismes.

Une troisième interrogation tourne autour de la notion de populisme : quel peuple pour quel populisme ?

Le terme de populisme n’est pas nouveau, il a une longue histoire qui remonte à l’Antiquité, en passant par la Russie et les Etats-Unis au XIXe siècle, et certains régimes arabes et latino-américains au XXe siècle[9]. Il reste aussi très indéterminé en de nombreuses occurrences aux significations et aux connotations souvent contradictoires : demos, populus, peuple, populace, plèbe, multitude, foule. Au XIXe siècle, le peuple s’est identifié à la nation, mais l’Etat-nation a été remis en cause dans la deuxième moitié du XXe siècle par le développement d’organismes internationaux qui tendent à dicter leurs règles aux différents gouvernements nationaux. Le populisme procéderait actuellement d’une triple simplification :

  •  en posant le peuple comme un sujet évident par opposition aux élites ;
  •  en lançant l’appel au peuple par la procédure référendaire face à la corruption dénoncée du système représentatif ;
  •  en définissant négativement l’identité du peuple par la stigmatisation de « l’autre » et de l’étranger.

Pour Pierre Rosanvallon le populisme se situerait au point de rencontre du désenchantement politique et d’un désarroi social, et constituerait une forme de réponse simplificatrice et perverse à ces difficultés[10].

Selon la philosophe Catherine Colliot-Thélène[11], le populisme résulterait de la dégénérescence bureaucratique des gouvernements démocratiques, déjà analysée par Max Weber. Les partis démocratiques auraient depuis longtemps renoncé à leur mission éducative, se contentant de l’usage des sondages pour enregistrer les réactions émotives du peuple dans la définition de la partie négociable de leurs programmes. Le terme de « gouvernance » devient un euphémisme désignant une forme de domination politique et une gestion managériale de populations qui peuvent s’estimer, non sans raisons, mal gouvernées et dépossédées, l’usage actuel du terme populiste faisant obstacle à une analyse différenciée de ces réactions et de leurs causes.

Quelle est dès lors, quatrième interrogation de ce dossier, la capacité d’adaptation des extrêmes droites européennes aux changements structurels et quelles nouvelles pratiques militantes et culturelles élaborent-elles ?

Camus et Lebourg proposent trois modèles-types, au vu des élections européennes de 2014 :

  •  Le Parti de la Liberté (PVV) de Geert Wilders au Pays-Bas, néo-populiste et islamophobe avant  tout, champion de la liberté des minorités (gays, juifs et mouvements féministes) contre les masses arabo-musulmanes ;
  •  A l’autre bout du champ, le mouvement grec Aube dorée qui assume les principes cardinaux de la politique et de l’idéologie nationale-socialiste et se veut un parti-milice oscillant entre violence urbaine et activité électorale ;
  •  Le Front National de Marine Le Pen dont la ligne politico-économique évolue vers le souverainisme et  le protectionnisme avec un électorat réparti dans toutes les strates de la société.

Ils posent le principe que les dictatures d’extrême droite après 1945, comme l’Espagne de Franco ou le Portugal de Salazar n’auraient survécu que grâce à une « enclosure intégrale » dans la péninsule Ibérique[12]. Il est toutefois possible (et tentant) de leur opposer les transformations économiques et l’ouverture de la société espagnole dans les dernières années du franquisme, comme les guerres coloniales du Portugal de Salazar, qui transgressent la théorie de l’enclosure. Poussant leur raisonnement, ces auteurs affirment que l’extrême droite actuelle proposerait une nouvelle forme d’enclosure comme solution protectrice à chaque étape de la globalisation : à la crise financière de 2008 correspondrait la mutation du national-populisme en souverainisme intégral, et à la question des réfugiés sud-méditerranéens répondrait une crise migratoire majeure dont les ondes affectent une grande partie de l’Europe centrale.  

Les extrêmes droites peuvent-elles disparaître et comment ? Leur dynamique rencontre-t-elle des périodes de crise et de déclin (conjoncturelles ou prolongées) ? L’épreuve des responsabilités politiques peut-elle s’avérer contre-productive (le FPÖ autrichien a ainsi subi une période d’éclipse dans les années 2000, perdant plus de la moitié de ses électeurs, mais se retrouve à nouveau au pouvoir en 2017) ?

Il serait utile enfin d’analyser les raisons qui semblent mettre certaines microsociétés à l’abri de l’extrême droite, de jeunes États comme l’Irlande ou l’Islande, mais aussi certains micro Etats comme le Luxembourg, le Liechtenstein ou la principauté de Monaco, dont les facteurs de stabilité sont à interroger.   

Le numéro 12 de décembre 2018 de la revue En Jeu propose d’aborder tout ou partie de cette vaste problématique, face à des opinions publiques qui souvent peinent à saisir les vrais enjeux politiques et sociétaux dont sont porteurs ces mouvements, qui brouillent à volonté leur vrai visage sous un vocabulaire expurgé : « différentialisme ethnico-culturel » au lieu de « racisme », « patriotisme » au lieu de « nationalisme », etc.

Echéances

Les propositions de contributions doivent parvenir à la rédaction de la revue (revue.en.jeu@gmail.com) pour

le 30 avril 2018 au plus tard.

Elles devront comporter : nom et prénom, qualités de l’auteur ; le titre de la contribution et un argumentaire d’une quinzaine de lignes accompagné d’une courte bibliographie.

Une réponse sera donnée avant le 15 mai 2018. Les propositions retenues sont à envoyer pour le 30 septembre 2018 (date limite), être précédées d’un résumé d’une dizaine de lignes en français et si possible en anglais,  et ne devront pas dépasser (impératif absolu) 30 000 signes, résumé, espaces et notes compris.

Rédacteurs en chef

  • Frédéric Rousseau (Université Montpellier III),
  • Yves Lescure (directeur général de la FMD).

Coordinateurs du dossier

  • Michel Fabréguet, professeur à l’IEP de Strasbourg
  • Yves Lescure, directeur général de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. 

Bibliographie de référence

  • Camus, Jean Yves et Lebourg, Nicolas, Les droites extrêmes en Europe, Paris, Seuil, 2015`
  • Collectif d’auteurs L’âge de la régression, Paris, Editions Premier Parallèle, 2017.
  • Colliot-Thélène, Catherine et Guénard, Florent (dir.) Peuples et populisme, Paris, PUF, « La vie des idées », 2014.
  • Gramsci, Antonio, Écrits politiques (3 tomes) textes présentés par Robert Paris, Gallimard, Paris, 1974.
  • Gramsci, Antonio, Cahiers de prison (5 tomes), textes présentés par Robert Paris, Gallimard, Paris, 1983.
  • Guilluy, Christophe, La France périphérique : comment on a sacrifié les classes populaires, Flammarion, Paris, 2014.
  • Igounet, Valérie et Jarousseau, Vincent , L'Illusion nationale : deux ans d'enquête dans les villes FN, Paris, Les Arènes, coll. « Enquêtes », 2017.
  • Laclau, Ernesto, La raison populiste, Paris, Seuil, coll. « L’ordre philosophique », 2008.
  • Milza, Pierre L’Europe en chemise noire, les extrêmes droites en Europe de 1945 à nos jours, Paris,  Flammarion, Arthème Fayard,,2002. 

Références

[1] cf Pierre Milza L’Europe en chemise noire, les extrêmes droites en Europe de 1945 à nos jours, Paris,  Flammarion Arthème Fayard, 2002, p 415-416.

[2] UDCA : Union de défense des commerçants et artisans, mouvement syndical, et UFF : Union et Fraternité française, mouvement politique dérivé.

[3] Gramsci, Antonio, Écrits politiques (3 tomes) textes présentés par Robert Paris, Gallimard, Paris, 1974.

[4] Jean Yves Camus et Nicolas Lebourg, Les droites extrêmes en Europe, Paris, Seuil ,2015. Jean-Yves Camus dirige depuis 2014 l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès et est chercheur associé à l’IRIS. Nicolas Lebourg est chercheur à l'Observatoire des radicalités politiques et chercheur associé au CEPEL (CNRS-Université de Montpellier). Membres du programme European Fascism de l'Université George Washington.

[5] Jean Yves Camus et Nicolas Lebourg, Les droites extrêmes en Europe, Paris, Seuil ,2015. Jean-Yves Camus dirige depuis 2014 l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès et est chercheur associé à l’IRIS. Nicolas Lebourg est chercheur à l'Observatoire des radicalités politiques et chercheur associé au CEPEL (CNRS-Université de Montpellier). Membres du programme European Fascism de l'Université George Washington.

[6] Guilluy, Christophe, La France périphérique : comment on a sacrifié les classes populaires, Flammarion, Paris, 2014. (NDLR Guilluy a servi fréquemment de référence au FN pendant la campagne électorale).

[7] Jean Yves Camus et Nicolas Lebourg, Les droites extrêmes en Europe, op.cit, p.239 sq.

[8] Collectif d’auteurs L’âge de la régression, Paris, Editions Premier Parallèle, 2017.

[9] Catherine Colliot-Thélène « Quel est le peuple du populisme ? », art.cit.

[10] Pierre Rosenvallon « Penser le populisme » in Catherine Colliot-Thélène et Florent Guénard (dir.) Peuples et populisme, op.cit., p.27-42.

[11] Catherine Colliot-Thélène « Quel est le peuple du populisme ? » in Catherine Colliot-Thélène et Florent Guénard (dir.) Peuples et populisme, Paris, PUF, « La vie des idées », 2014, p.5-26.

[12] Jean Yves Camus et Nicolas Lebourg, Les droites extrêmes en Europe, op.cit, p.295.

Lieux

  • 30, bd des Invalides
    Paris, France (75007)

Dates

  • lundi 30 avril 2018

Mots-clés

  • extrême droite, peuple, populisme, Europe

Contacts

  • Caroline Langlois
    courriel : revue [dot] en [dot] jeu [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Caroline Langlois
    courriel : revue [dot] en [dot] jeu [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les droites extrêmes en France, en Europe et dans le monde », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 23 janvier 2018, https://calenda.org/429894

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