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Cartographies et topologies identitaires

Cartographical and topological identities

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Publié le mardi 30 janvier 2018 par João Fernandes

Résumé

La carte symbolise le problème de la relation identitaire du sujet face à la diversité et la complexité de l'espace. Cette relation invoque le paradoxe de notre condition postmoderne. Le besoin d'ancrage dans des espaces multimensionnels, multifonctionnels, trans-historiques, aux frontières parfois fluctuantes, met en exergue la nécessité d'établir de nouvelles cartographies et topologies identitaires prenant en compte le recul les limites du champ de la perception humaine. Dans quelle mesure la relation à ce type d'espace influe-t-elle sur nos modes de vie ? Comment la carte et ses représentations topologiques afférentes influent-elles sur notre fonctionnement mental, sociétal et esthétique ?

Annonce

Journée d’études du CRILLASH-CEREAP, 1er mars 2018, Université des Antilles, Campus de Schoelcher, Martinique

Argumentaire

L’histoire du monde caraïbe est indissociable du rapport à l’espace, qu’il soit perçu ou imaginé. Elle débute par l’ambition de conquérir le monde grâce à une représentation spatiale sollicitant le talent artistique de navigateurs. Depuis l’époque de la conquête, cet espace autre – parfois superposé à l’espace de l’autre – s’assujettit à l’impératif de posséder la terra incognita, dont la virginité supposée attise tous les désirs, comme en atteste l’America de Van der Straet.
Ainsi, par ses nombreux domaines d’inscription, la carte tient à la fois du réel et de l’irréel. Elle se situe à la frontière d’univers supposément incompatibles en invoquant des topologies éminemment complexes. D’abord, parce que le concept même de carte invoque une ambition a priori démesurée : celle de figurer le déploiement d’un monde pluridimensionnel, en perpétuelle évolution, par le biais d’une représentation bidimensionnelle tangible et provisoirement figée. Ensuite, parce que l’instrument de navigation, réel, transmis d’âge en âge a lui-même connu une multitude de mutations substantielles lesquelles ont profondément modifié, en retour, l’étendue et la qualité de notre relation au monde.

Tout changement de cet ordre, nous rappelle, à chaque fois qu’il survient, à quel point nous pouvons être dans l’irréel. Cet aspect paradoxal ne doit certes pas faire oublier l’utilité première de la carte, qui n’est plus à prouver de nos jours : permettre à l’homme de se situer dans un espace géographique, topologique, voire culturel, et d’en découvrir d’autres. Au fil des explorations, les civilisations du monde ont par conséquent affronté la même question identitaire avec plus ou moins de succès : où sommes-nous et où pouvons-nous aller ?
Ainsi, depuis la Renaissance jusqu’à l’époque contemporaine – où l’on ne parle plus que de géolocalisation en temps réel –, les limites du champ de la perception humaine donnent l’impression de reculer. Mais qu’en est-il vraiment ? Dans quelle mesure la relation à l’espace, tel que nous l’avons décrit, a-t-elle eu une incidence sur nos modes de vie ? A travers son marquage des frontières, la carte continue-t-elle à influer sur notre fonctionnement mental, sociétal dans son rapport à l’espace et à l’altérité ? S’immisce-t-elle dans notre inconscient, individuel ou collectif, et si oui, de quelle façon ?

Sans justifier l’artifice de la miniaturisation symbolique, la question des échelles nous interpelle particulièrement en territoire caraïbe où le rapport à l’espace est substantiellement paradoxal. Sur d’autres plans d’existence, il sera sans doute du ressort de l’inconscient, de livrer sa logique performative, telle qu’elle s’actualise à travers le geste scriptural ou plastique dont la carte réclame parfois l’auteurité. Ainsi, loin de vouloir apporter des réponses définitives à ces questionnements, il importe pour l’artiste-chercheur d’offrir aujourd’hui des pistes esthétiques susceptibles d’éclairer les arpenteurs des consciences antillaises à travers ce défrichage conceptuel, nécessairement exploratoire, qui devra conduire un jour au meilleur saisissement de nous-mêmes.

Les contributions à cette journée d’études pluridisciplinaire pourront prendre la forme d’une communication universitaire de 25 minutes suivie d’un débat d’une quinzaine de minutes. Le domaine d’intervention englobe les arts visuels et plastiques, les langues, la littérature, la civilisation, l’histoire, la géographie et le champ des sciences humaines et sociales en général.

Les échanges pourront être structurés autour d’oeuvres picturales, sculpturales ou performatives, sans exclure pour autant d’autres médiums d’expression susceptibles d’amplifier la portée du message artistique, telle que la poésie. Les artistes souhaitant participer à cette rencontre auront le loisir d’exposer deux ou trois travaux en résonance avec la présente note de cadrage.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Le titre de l’intervention, un résumé et notule biobibliographique sont à envoyer d’ici

le 10 février 2018

à Frédéric Lefrançois, coordonnateur de la journée d’études, à l’adresse suivante : frederic.lefrancois@outlook.fr

Organisateur

Frédéric LEFRANÇOIS

Comité scientifique

  • Dominique BERTHET, PR,
  • Cécile BERTIN-ELISABETH, PR,
  • Christelle LOZERE, MCF.

Contact : 0696 07 74 29

Lieux

  • Université des Antilles, Campus Universitaire de Schoelcher
    Schœlcher, Martinique (97233)

Dates

  • samedi 10 février 2018

Mots-clés

  • carte, cartographie, topologie, identité, littérature, arts visuels, performance, représentations

Contacts

  • Frédéric Lefrançois
    courriel : frederic [dot] lefrancois [at] outlook [dot] fr

Source de l'information

  • Frédéric Lefrançois
    courriel : frederic [dot] lefrancois [at] outlook [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Cartographies et topologies identitaires », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 30 janvier 2018, https://calenda.org/430876

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