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Americanis/zation

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Publié le lundi 05 février 2018 par Céline Guilleux

Résumé

Au delà d’une tendance à l’américanisation, à la globalisation, son corollaire habituel, qui n’est autre qu’une mondialisation elle-même « américanisée », voire à la « globishisation » de la langue anglaise, et parfois même de son orthographe comme le reflète le titre du colloque, c’est l’idée d’une américanisation protéiforme, attrape-tout, beaucoup employée et somme toute peu étudiée, qui motive l’organisation de ce colloque. Le concept est bien commode et il est utilisé le plus souvent comme un repoussoir convoqué dans les débats économiques où il est plus encore associé à la mondialisation et à un libéralisme effréné, mais aussi dans les débats institutionnels, politiques, sociaux, religieux et plus généralement culturels.

Annonce

Argumentaire

Au delà d’une tendance à l’américanisation, à la globalisation, son corollaire habituel, qui n’est autre qu’une mondialisation elle-même « américanisée », voire à la « globishisation » de la langue anglaise, et parfois même de son orthographe comme le reflète le titre du colloque, c’est l’idée d’une américanisation protéiforme, attrape-tout, beaucoup employée et somme toute peu étudiée, qui motive l’organisation de ce colloque. Le concept est bien commode et il est utilisé le plus souvent comme un repoussoir convoqué dans les débats économiques où il est plus encore associé à la mondialisation et à un libéralisme effréné, mais aussi dans les débats institutionnels, politiques, sociaux, religieux et plus généralement culturels. Si l’influence culturelle de ce géant de la soft power qu’est l’Amérique est constamment de mise, tout comme l’idée selon laquelle les tendances américaines, parfois synonymes de modernité, sont souvent associées à l’aculturation des masses, à la malbouffe ou à l’abrutissante télé-réalité, certains phénomènes et événements donnent plus ou moins de pertinence à l’utilisation par les uns ou les autres de ce concept qui, pour être reconnu comme un terminus technicus valable dans le domaine des sciences sociales (cf. Susann Hilger) n’a pas pour autant fait l’objet de suffisamment d’études universitaires. Ces phénomènes et événements sont multiples : les élections présidentielles ou générales en Europe, à plus forte raison depuis que les primaires et les campagnes « à l’américaine » se sont imposées en France ou que les pratiques politiques ont présidentialisé le Premier ministre britannique ; les conséquences du 11 septembre 2001 et l’attitude guerrière adoptée par nombre de gouvernants européens dans le sillage de la politique américaine de George W. Bush ; le retour du « fait religieux » et parfois d’un conservatisme religieux bien connu outre-Atlantique dans des pays qui n’envisageaient pas une résurgence de l’influence des cultes dans le débat public (cf. la « Manif’ pour tous » par exemple) ; les controverses relatives aux statistiques ethniques et la remise en cause de certains modèles intégrationnistes en faveur d’un communautarisme assumé ou imposé ; l’américanisation supposée des droits nationaux et européens (tant dans leurs aspects positifs et procéduraux) et les craintes plus ou moins rationnelles que celle-ci suscite régulièrement (cf. le TTIP, acronyme dont certains jugent qu’il n’est pas anodin qu’il soit connu quasi-exclusivement dans sa version américaine: TAFTA). Cette liste, non-exhaustive, montre l’ampleur des transferts transatlantiques et explique un anti-américanisme bien ancré dans certains pays d’Europe, dont la France, ou, a contrario, une fascination pour un pays qui semble pouvoir servir de modèle et qui parvient toujours à exporter, au moins par moment et pour certains, son « rêve américain ». Ces réactions donnent lieu chez beaucoup d’Européens à un sentiment souvent ambigu, une ambiguïté que l’on retrouve d’ailleurs dans la société américaine à l’endroit de l’Europe à une époque où la question de l’européanisation se pose aussi, en rapport avec le populisme de Donald Trump, par exemple, ou la mise en place de l'Obamacare. Les organisateurs souhaitent faire de ce colloque, dont le thème est propice à des échanges fructueux entre des collègues spécialistes de nombreuses disciplines représentées dans le groupe de recherche et bien au-delà, une rencontre qui sera tout aussi logiquement un événement très international.

Organisation

Monia O’Brien Castro & Alexis Chommeloux (Université de Tours / ICD)

Programme

Jeudi 8 février 2018

(5ème étage de la Bibliothèque Universitaire)

  • 8h30 : Accueil des participants 
  • 9h15 : Ouverture du colloque : Emmanuel LESIGNE (Vice-Président de l’Université de Tours / Chargé de la Recherche) 

Présidence de séance : Monia O’BRIEN CASTRO (MCF en civilisation britannique, Université de Tours / ICD – EA 6297) 

  • 9h30-10h15 (Conférence inaugurale) : Ludovic TOURNES (Professeur d’histoire contemporaine, Université de Genève / Unité d’Histoire Contemporaine) - Qu’est-ce que l’américanisation ?
  • 10h15-10h30 : Questions

10h30-10h50 : Pause café

  • 10h50-11h20 : Bruno HUEBER (Docteur en philosophie, Lycée Descartes, Tours / ICD – EA 6297) - « Américanisation » et « désaméricanisation » de l’idée démocratique en France : le moment « Tocqueville ».
  • 11h20-11h50 : Yohann LE MOIGNE (MCF en civilisation américaine, Université d’Angers / 3LAM) - La République et le déni : l’émergence d’une conception « américaine » de la « race » au sein de la société française.
  • 11h50-12h20 : Mokhtar BEN BARKA (Professeur de civilisation américaine, Université de Valenciennes / Calhiste - EA 4343) - Les évangéliques américains à la conquête de la France ?
  • 12h20-12h45 : Questions

12h45-14h : Buffet (sur place)

Présidence de séance : Jean-Christian VINEL (MCF en civilisation américaine, Université Paris-Diderot / LARCA, UMR 8225) 

  • 14h-14h45 (Intervenant principal) : Guy GROUX (Directeur de recherches associés au CEVIPOF, directeur de l'Executive Master "Dialogue social et stratégie 'entreprise", Sciences Po Paris) - Comparaisons des relations « syndicats-employeurs » (France-Etats-Unis).
  • 14h45-15h : Questions

15h-15h20 : Pause café

  • 15h20-15h50 : Thomas KLUG (Professeur d’histoire, Marygrove College, Michigan) - Américanisation de la main d’œuvre immigrée aux Etats-Unis.
  • 15h50-16h20 : Olivier ANDRE (ATER, Faculté de Droit & Sciences Politiques, Marseille / Centre de Droit Social – EA 901) - Obamacare : une européanisation de l’assurance santé aux Etats-Unis ?
  •  16h20-16h50 : Ilan GREILSAMMER (Professeur de sciences politiques, Université Bar-Ilan, Tel-Aviv) – Un cas d’américanisation hors de l’Europe :l’Etat d’Israëlle passage du socialisme coopératif à l’individualisme capitaliste.

16h50-17h20 :Questions

19h30 : Dîner : Le Vieux Mûrier, Place Plumereau

Vendredi 9 février 2018

(5ème étage de la Bibliothèque Universitaire)

Matinée : Présidence de séance : Alexis CHOMMELOUX (MCF en civilisation britannique, Université de Tours / ICD – EA 6297) 

  • 9h30-10h00 : Juliette GRANGE (Professeur de philosophie, Université de Tours / ICD – EA 6297) - L’origine américaine du néo-conservatisme et les modalités de transposition à l’Europe et à la France.
  • 10h00-10h30 : Benjamin FIORINI (Docteur en droit pénal, Université Lyon 3 / Centre de droit pénal) - L’américanisation du procès pénal français : mythe et réalité.

10h30-10h50 : Pause café

  • 10h50-11h20 : Alexandre RIOS-BORDES (Maître de conférences en civilisation américaine, Université Paris-Diderot /  ICT – EA 337, IMM-LIER – UMR 8178) – La « guerre à la terreur » : le modèle américain de la guerre moderne ?
  • 11h20-11h55 :Questions

11h55-13h30 : Buffet (sur place)

Présidence de séance : Sylvie HUMBERT-MOUGIN (MCF en littératures comparées, Université de Tours / ICD – EA 6297) 

  • 13h30-14h : Judith SYMONDS (Consultante et enseignante à Sciences Po Paris) : Philanthropie américaine et la France : Reflets et rejets.
  • 14h00-14h30 : Steven SAMPSON (Ecrivain et critique littéraire / docteur de l’Université Paris-Diderot) - Rétrofictions : histoire d’une réappropriation.

14h30-14h50 : Pause café

  • 14h50-15h35 (Conférence de clôture) : Tanguy VIEL (Ecrivain) : La Disparition de Jim Sullivan ou le « roman américain ».
  • 15h35-16h00 : Questions

Catégories

Lieux

  • 5E BU - 3 rue des tanneurs
    Tours, France (37)

Dates

  • jeudi 08 février 2018
  • vendredi 09 février 2018

Mots-clés

  • américanisation, globalisation

Contacts

  • Monia O'Brien Castro
    courriel : molly [dot] obriencastro [at] orange [dot] fr

Source de l'information

  • Monia O'Brien Castro
    courriel : molly [dot] obriencastro [at] orange [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Americanis/zation », Colloque, Calenda, Publié le lundi 05 février 2018, https://calenda.org/432101

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