AccueilLes Atlantiques républicains (1760-1850)

Les Atlantiques républicains (1760-1850)

The Republic and the Atlantic (1760-1850)

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Publié le mardi 06 mars 2018 par João Fernandes

Résumé

Les révolutions atlantiques de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle présentaient davantage de traits communs qu’on ne l’imagine. L’école d’été, explore une hypothèse centrale : les pratiques politiques de l’espace atlantique présentent des homologies de longue durée, parfois antérieures à l’arrivée des Européens, qui jouèrent un rôle crucial dans le déclenchement et le déroulement des révolutions atlantiques (vers 1760 à 1850). Accompagnant un mouvement récent de l’historiographie atlanticiste, l’Université d’été cherche ainsi à questionner le modèle diffusionniste qui structure encore largement la compréhension de la séquence de l’âge des révolutions en proposant d’inscrire leur étude dans une temporalité longue et une approche polycentrée.

Annonce

Université d’été – Paris, 4-8 juin 2018, École des Hautes Études en Sciences Sociales – University of Southern California

Appel à participation (doctorants et post-doctorants)

Argumentaire

Les révolutions atlantiques de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle présentaient davantage de traits communs qu’on ne l’imagine. L’École d’été EHESS-USC, soutenue par IRIS-Études Globales de Paris Sciences et Lettres, USC Huntington Early Modern Studies Institute et l’Institut d’Études Avancées de Paris, explore une hypothèse centrale : les pratiques politiques de l’espace atlantique présentent des homologies de longue durée, parfois antérieures à l’arrivée des Européens, qui jouèrent un rôle crucial dans le déclenchement et le déroulement des révolutions atlantiques (vers 1760 à 1850). Accompagnant un mouvement récent de l’historiographie atlanticiste, l’Université d’été cherche ainsi à questionner le modèle diffusionniste qui structure encore largement la compréhension de la séquence de l’âge des révolutions en proposant d’inscrire leur étude dans une temporalité longue et une approche polycentrée.

Avec ses trois rivages continentaux, l’Atlantique qui précède l’expansion européenne forme un terrain qui encourage ce type d’analyse qui cherche à souligner les points communs entre les structures politiques des espaces bordant l’océan. C’était un monde dominé par des monarchies et des empires. Si ces sociétés étaient puissamment hiérarchisées, le pouvoir y était sans doute plus décentralisé qu’aujourd’hui. Dans la plupart d’entre de ces communautés politiques, le gouvernement local ou régional revêtait un caractère fondamental : cités, villes et nobles locaux étaient autant d’acteurs semi-autonomes. Des communautés plus modestes, souvent moins hiérarchiques dans leur organisation, prospéraient dans les zones de frontières et les marges géo-politiques. Ces homologies politiques ont facilité les interactions interculturelles à l’époque des premiers contacts, où les Européens n’étaient pas toujours en position de domination.

Au XVIIIe siècle, la transformation des sociabilités, aussi bien parmi les élites qu’au sein des groupes populaires, fut un phénomène à l’échelle du monde atlantique. Des formes plus horizontales d’association ont émergé, aussi bien dans le monde rural qu’au sein des villes : clubs (salons, tertulias), cafés, sociétés maçonniques et associations professionnelles, nouveaux types de sociabilités religieuses. La famille s’est, elle aussi, transformée. Les modes de publication et les publics qui ont découlé de ces sociabilités ont induit un second changement d’ampleur. L’historiographie a depuis longtemps insisté sur l’expansion de l’imprimé, avec, en particulier, la multiplication des journaux. De récents travaux ont montré que cette révolution des modes de communication a trouvé son origine dans les périphéries coloniales. A travers ces médias, des communautés nationales ont commencé à trouver une voix collective, ou à être appelée à l’existence. L’opinion publique, longtemps dénigré comme une vox populi informe, devint de plus en plus central dans la définition de l’autorité et son exercice, à tous les niveaux du gouvernement. L’expansion des Lumières, inspirée par un ensemble d’expériences et de savoirs impériaux, est un fait bien connu de la période. Tout aussi important, cependant, fut le développement de nouvelles façons de produire des connaissances du fait des autorités coloniales, à l’échelle locale comme à celle de l’empire tout entier. Une dernière transformation d’importance fut la renaissance du républicanisme à la fois comme idéologie et pratique de gouvernement. Le républicanisme atlantique des XVIIIe et XIXe siècles fut la co-création d’un ensemble très divers d’acteurs connectés dans un réseau très complexe, pas seulement une invention européenne qui se serait diffusée à partir d’un centre vers des périphéries plus ou moins passives.

Axes de recherche

 Pour structurer la discussion, trois thèmes ont été choisi pour organiser le travail collectif.

1. Républicanisme(s). Les historiens des idées ont démontré que le républicanisme formait un répertoire d’idées présent partout dans le monde atlantique, aussi bien avant qu’après le début de la rupture révolutionnaire. Ces travaux ont cependant limité l’étude de ces circulations à l’intérieur d’un seul contexte régional ou impérial, ou bien ont analysé les connexions inter-impériales en soulignant les différences entre les espaces. Il s’agit ici de montrer plutôt les convergences. Quelle a été la géographie et la distribution sociale des formes populaires de républicanisme, distinctes des acceptions élitaires, et comment décrire les articulations entre elles. Les traditions républicaines ont-elles varié de façon significative entre les espaces ? Ont-elles varié également suivant les milieux sociaux ? Le genre et la racialisation ont-ils influé sur la production et la diffusion de ces répertoires politiques à l’intérieur et au-delà des frontières impériales et nationales ?

2. Sociabilités et pratiques culturelles. L’historiographie européenne et nord-américaine sur le XVIIIe siècle a insisté sur l’émergence de nouvelles formes de sociabilité. Elles s’est moins intéressée aux autres espaces de l’Atlantique ni cherché à dessiner les développements révolutionnaires à une échelle véritablement atlantique (incluant les sociétés africaines, au moins côtières, et l’Amérique ibérique). L’enquête sur les sociabilités doit donc explorer, dans une perspective connectée ou contextuelle, leur impact sur la politique révolutionnaire, de même que les liens entre les différents espaces.

3. Politique et culture matérielle. Le troisième thème questionne le rôle des objets et de leur circulation dans la politique révolutionnaire. Une riche tradition historiographique examine le rôle de l’imprimé (livres et pamphlets) dans l’histoire révolutionnaire. Cependant, ces études demeurent très fragmentées par région et nations. D’un autre côté, on a consacré beaucoup moins d’attention aux manuscrits et aux objets – peinture, objets décoratifs par exemple – dans la culture politique révolutionnaire. Notre but consiste à explorer la thématique en essayant de rapprocher les historiographies consacrées à la révolution et à l’imprimé, tout en essayant d’y ajouter une réflexion sur les objets et la culture matérielle.

L’atelier doctoral s’ouvrira lundi 4 juin 2018 et durera cinq jours. Les mâtinées seront consacrées à des conférences proposées par des spécialistes tandis que les après-midis seront dévolus à la présentation et discussion des travaux des doctorants et post-doctorants. Le mardi sera consacré à une journée d’études. Les conférences seront données en anglais, mais les discussions pourront être conduites dans les quatre langues scientifiques de l’université d’été : anglais, espagnol, français et portugais.

L’EHESS et USC, dans le cadre de l’IRIS-Études globales, et l’USC Huntington Early Modern Studies Institute, proposent 15 bourses pour des doctorants et post-doctorants de tous pays ayant effectué ou effectuant un travail de recherche sur les thèmes du séminaire. Ces bourses couvrent les frais de séjour à Paris (logement, repas le midi) pendant la durée de l’Université d’été. Aucun frais d’inscription ne sera exigé.

Le transport est à la charge des étudiants. Néanmoins, les candidats qui rencontreraient des difficultés pour trouver auprès de leur centre de recherche les fonds nécessaires à la prise en charge de leur voyage sont priés d’en faire part dans leur lettre de candidature, en donnant une évaluation des coûts. Dans ce cas, nous ne pouvons garantir la prise en charge de la totalité du transport, mais nous nous efforcerons d’aider celles et ceux qui en auront besoin.

Modalités pratiques d'envoi des propositions

Les candidats devront envoyer par courrier électronique avant le 10 avril 2018 à Nathan Perl-Rosenthal et Clément Thibaud (oceanicrootsproject@gmail.com), sous la forme d’un unique fichier pdf, un dossier comportant :

  •  une lettre de motivation ;
  •  un bref curriculum vitae précisant les compétences linguistiques (3 pages maximum) ;
  •  un travail en cours de rédaction (chapitre de thèse, article à publier) dans l’une des quatre langues scientifiques du projet ;
  •  et une lettre de recommandation qui devra être directement envoyée à oceanicrootsproject@gmail.com

avant le 10 avril 2018.

Les candidats seront choisis en considération de l’adéquation de leurs travaux avec le thème de l’université d’été. Ils seront prévenus de l’obtention de la bourse avant le 25 avril 2018. Ils devront ensuite fournir un texte définitif dans une des langues de la conférence (anglais, français, espagnol ou portugais), avant le 15 mai 2018.

Les candidats retenus pour le séminaire seront tenus d’assister à l’ensemble des séances.

Organisation et sélection des candidatures

La sélection des candidatures sera effectuée par les organisateurs de l’université d’été,

  • Nathan Perl-Rosenthal, assistant professor à University of Southern California,
  • Clément Thibaud, directeur d’études (professeur) à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales – Mondes Américains (UMR 8168).

Catégories

Lieux

  • 54, boulevard Raspail
    Paris, France (75006)

Dates

  • mardi 10 avril 2018

Fichiers attachés

Mots-clés

  • histoire atlantique, républicanisme, histoire politique, histoire culturelle

Contacts

  • Clement Thibaud
    courriel : clement [dot] thibaud [at] ehess [dot] fr
  • Nathan Perl-Rosenthal
    courriel : perlrose [at] usc [dot] edu

Source de l'information

  • Clement Thibaud
    courriel : clement [dot] thibaud [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les Atlantiques républicains (1760-1850) », École d'été, Calenda, Publié le mardi 06 mars 2018, https://calenda.org/435222

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