AccueilTraites esclavagistes et mémoire culturelle

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Publié le jeudi 29 mars 2018 par Anastasia Giardinelli

Résumé

Ce numéro d'Ethnologie française a pour thème l’institution commémorative du passé de l’esclavage dans plusieurs sites, ports et comptoirs négriers européens, africains et américains. Il se propose d’interroger l’édification – ou éventuellement son absence – d’une « mémoire culturelle » [Assman], officielle et normative, des traites esclavagistes, les mouvements d’adhésion et de dissensions ainsi que les oublis créateurs ou les silences, parfois chargés de significations tacites, qu’une telle mémoire suscite ou interpelle.  À partir d’une réflexion générale sur les mémoriaux comme espaces producteurs de passés simultanément perpétuels et en sursis, nous envisageons de produire une analyse fine des sites et des récits contemporains véhiculant une mémoire culturelle des traites esclavagistes.

Annonce

Argumentaire

Ce dossier a pour thème l’institution commémorative du passé de l’esclavage dans plusieurs sites, ports et comptoirs négriers européens, africains et américains. Il se propose d’interroger l’édification – ou éventuellement son absence – d’une « mémoire culturelle » [Assman, 2010], officielle et normative, des traites esclavagistes, les mouvements d’adhésion et de dissensions ainsi que les oublis créateurs ou les silences, parfois chargés de significations tacites, qu’une telle mémoire suscite ou interpelle. Ses divers registres discursifs ainsi que ses chronotopes et, plus généralement, les motifs catalyseurs des narrations mobilisées seront au centre de notre réflexion.

Un des objectifs de ce numéro d’Ethnologie française sera de questionner les formes de recomposition énonciative et rituelle de la relation au passé dans des milieux sociaux et des contextes politiques où la traite négrière a pu être pensée et ressentie comme un moment à la fois fondateur et d’effacement ou de dispersion des « origines ». À partir d’une réflexion générale sur les mémoriaux comme espaces producteurs de passés simultanément perpétuels et en sursis, nous envisageons de produire une analyse fine des sites et des récits contemporains véhiculant une mémoire culturelle des traites esclavagistes.

Selon Mikhaïl Bakhtine [1978 : 391], dans les fictions littéraires, afin de produire la superposition et l’enchâssement de plusieurs registres narratifs et historiques, les chronotopes sont « les centres organisateurs des principaux événements contenus dans le sujet du roman ». Dans les divers imaginaires instituant les origines – encore « vivantes » et pourtant déjà « muséales » au sens large ou ritualisées – de la traite négrière, nous sommes souvent confrontés à la fabrication de chronotopes mémoriels, tels le bateau, la route, la porte, l’Océan, le retour, la traversée, etc. À l’appui des artifices et des partis pris nécessaires à la fabrication et à la diffusion de ces chronotopes, des sources orales et écrites, des supports visuels, des pratiques cérémonielles participent à la transfiguration du passé esclavagiste à travers des mythes qui le commémorent. De cette manière, le souvenir endeuillé pour les humains morts pour de vrai (les esclaves) peut intégrer et prédire par exemple la célébration de leur retour en tant qu’« héros mythiques » ou « ancêtres » [Sutherland, 2002].

Au sein de sociétés anciennement esclavagistes – fussent-elles africaines, américaines et européennes – dans la bouche de leurs « rhapsodes » actuels – des intellectuels locaux, des entrepreneurs d’activités dites traditionnelles, des dignitaires de cultes, des responsables gouvernementaux de la politique culturelle, des élus, des guides touristiques, des artistes – le passé des traites négrières peut alors être raconté par symboles. Il peut aussi être mis en scène telle une épopée diasporique ou urbaine (comme dans le cas d’anciens ports et comptoirs négriers) ou telle une relation de parenté historique et biologique à reconstituer (comme dans le cas des sites où des « cimetières d’esclaves » sont censés avoir existé).

À une échelle globalisée, la présence de cérémonies ainsi que la métamorphose des lieux des traites négrières montrent le devenir d’un processus qui se nourrit entre autres d’un rapport dialectique – se voulant parfois légal ou juridique – à la notion d’oubli. Il s’agit bien de l’oubli d’une ère tragique qu’il faut racheter et donc d’un présent qu’il faut réparer. Passer de l’amnésie à la commémoration permettrait aujourd’hui d’inverser le cours du temps et de ses stigmates. Il émergerait ainsi de cette durée éprouvée à rebours divers devoirs religieux, civils et moraux de mémoire. Toute commémoration serait donc marquée par des souvenirs et des oublis nécessaires à leur performativité mutuelle ainsi que par un palimpseste moral et cognitif s’inspirant de diverses formes d’actualisation du passé. Parmi ces formes, les discours administrés par des élites mémorialistes et leur réception corporelle, gestuelle, verbale ou silencieuse ou parfois ironique, jouent un rôle crucial, conjointement aux formes d’évitement ou de dénégation de ces mêmes discours. En ce sens, les individus et les groupes d’adeptes de cultes religieux, de participants à des cérémonies civiles, de visiteurs de sites commémoratifs, de personnalités politiques, de représentants des associations, de pèlerins de la « diaspora » sont les porteurs de mémoires de l’esclavage disponibles et conjoncturelles. Leurs enjeux politiques actuels, après s’être stratifiés dans le temps, sont devenus synchroniques des topographies et des scénographies mémorielles contemporaines.

Dans certains contextes, masques d’une mémoire aussi bien sélective que projective, les temporalités écoulées du temps des traites négrières y sont donc filtrées et appréhendées dans une simultanéité se voulant apaisée. Une telle tentative coïncide parfois avec la reconnaissance d’une qualité patrimoniale, anthropologique et historique, dont les origines dramatiques peuvent aujourd’hui être pensées comme une source féconde d’héritage moral et de cosmopolitisme. Dans d’autres cas, l’injonction conciliatrice prônant une « bonne » gouvernance mémoriale du passé de l’esclavage peut faire l’objet de revendications et d’attaques virulentes de la part d’individus et de groupes qui s’affirment comme descendants, toujours en situation de conflit, de populations ayant été autrefois victimes de la déportation ou s’étant révoltées contre le système esclavagiste, et étant aujourd’hui toujours discriminées ou dominées.

Sur ces thèmes, la revue Ethnologie française publiera en 2020 un numéro consacré aux passés commémorés des traites esclavagistes en Afrique, en Europe, aux Amériques. Dans une perspective à la fois comparative et pluridisciplinaire, les contributions attendues peuvent relever de l’anthropologie, de la sociologie, de l’histoire, de l’histoire de l’art et de la science politique.

Dans le prolongement d’un dossier pour Gradhiva et intitulé Mémoire de l’esclavage au Bénin [Ciarcia, 2008], ce numéro devrait nous permettre d’agrandir sensiblement l’échelle géopolitique du contexte ouest-africain étudié lors de la parution de ce premier recueil de recherches sur le sujet. Par cet effet de décentrage – à une décennie de distance de l’édition du numéro Mémoires plurielles, mémoires en conflits, dirigé par Michèle Baussant dans Ethnologie française en 2007 – cette nouvelle publication de la revue se propose de saisir les spécificités anthropologique, monumentale et notionnelle des discours multiples et antagonistes qui actualisent la portée historique et morale des traites esclavagistes. Significatifs d’un échiquier constitué d’autres « affaires » mémorielles très variées, de tels discours expriment à la fois les singularités propres aux situations ethnographiques et historiques concernées et l’incidence de ces affaires dans un débat désormais international ayant trait, par exemple, aux questions de citoyenneté et de migration, aux rapports à l’enseignement et à la transmission de l’histoire, aux relations entre les diverses populations issues de l’expérience coloniale.

À rebours de certaines rhétoriques postcoloniales prônant le devoir heuristique de « provincialiser l’Europe » [Chakrabarty, 2007], notre projet vise, à travers l’étude d’un nombre important de cas, à regarder de près le devenir contemporain des mémoires de la traite négrière transatlantique sur des sites historiques qui furent proéminents du commerce négrier européen (Bordeaux, Lisbonne, Nantes, Liverpool, Séville, etc.). De nos jours, sur ces sites, dans un continuum allant de l’absence ou de la rareté de traces rendues publics de ce passé à leur surexposition commémorative et médiatique, le souvenir de l’esclavage « de retour » des anciennes colonies et des anciens lieux de déportation se rejoue en tant qu’enjeu politique et sociétal crucial.

Des passés perpétuels et en sursis

En opérant une spatialisation du souvenir, les sites commémoratifs sont aussi le résultat d’une idéographie : une écriture de signes qui sont censés signifier ou susciter une anamnèse morale de notions telles que l’oubli, le repentir, le deuil, le trauma, l’héritage. La dimension relativement abstraite de ces notions est donnée à voir ou mise en échos à travers des statues, des scénographies, des panneaux, des objets, des archives et s’accompagne de témoignages locaux obéissant à différentes pratiques et logiques discursives.

Impulsée par des élites, une mémoire culturelle – susceptible d’être réélaborée par d’autres acteurs parmi les populations ou les visiteurs de ces lieux – est ainsi instituée et célébrée à travers des liturgies et des cérémonies qui peuvent affecter physiquement et mentalement les actions et les consciences de ses porteurs et spectateurs.

Le surgissement relativement récent d’une telle mémoire émanant des traites esclavagistes relève de la « valeur de contemporanéité » [Riegl, 2016 : 72] du souvenir édifié et des émotions qu’il provoque. Sur ce thème, à des époques diverses, des auteurs comme Aloïs Riegl et Daniel Fabre [2013] ont bien mis en exergue la puissance sociale du monument comme déclencheur de sentiments.

Dans le prolongement de cette réflexion et en vue d’une analyse généalogique des sites mémoriaux de l’esclavage, il est opportun d’évoquer des situations qui leur sont comparables. Par exemple, les monuments aux morts, selon Reinhart Koselleck [1998 : 41], se rattachent « à une ligne de fuite temporelle orientée vers le futur » et, paradoxalement finissent par oublier la représentation et la transmission de l’événement fondateur – la mort ou la disparition – et privilégient plutôt un registre figuratif et sémantique métaphorique. De ce fait, les morts deviennent des masques susceptibles d’affecter la sensibilité des spectateurs et des usagers contemporains de la transformation d’une scène du passé qui met au centre du récit mémoriel les survivants et – pouvons-nous ajouter – par filiation indirecte : les descendants.

De son côté, à travers sa réflexion sur les mémoriaux de l’Holocauste, Andrew James Young [1993 : 6] a insisté sur le processus de fabrication d’un art public de la mémoire constamment investi par de nouvelles significations dont la « texture » rend transmissible esthétiquement, rituellement et institutionnellement certaines de ses significations et de ses ambiguïtés. Parmi ces ambiguïtés, il souligne le fait que « by creating common spaces for memory, monuments propagate the illusion of a common memory ».

En effet, le monument-mémorial, comme l’a signalé Marita Sturken [1991], agit tel un écran, surface sur laquelle des images sont projetées et qui, en même temps, « cache » ou « protège » leur vision contemporaine d’interférences susceptibles de déranger la visibilité publique de la prose à travers laquelle un message doit être transmis.

À ce propos, il est intéressant de reprendre la réflexion de Paul Connerton [1989 : 70] sur l’idée d’une distinction entre le « pupitre » et l’« autel », comme lieux (concrets et symboliques) respectifs d’un discours verbal et d’une action corporelle. Son postulat selon lequel pour l’observation de la liturgie commémorative « Not the pulpit but the altar is the privileged site » apparaît être réducteur. Il s’agira en effet, dans notre perspective, moins d’opposer une « inscribing practice » (le pupitre) d’une « incorporating practice » (l’autel) [ibid. : 73], mais aussi de saisir les phénomènes de transfert ou de dérivation entre pratiques discursives, écrites, solennelles et monumentales de la mémoire et pratiques dites incorporées, pouvant être gestuelles et non-verbalisées.

Le passé des traites esclavagiste peut donc être appréhendé comme une « ressource rare » [Appadurai, 1981], c’est-à-dire l’objet de contraintes s’attachant à établir des formes relativement consensuelles d’autorité, de continuité, de profondeur et de partage de certaines valeurs ainsi que d’interdépendance entre plusieurs récits disponibles et « crédibles ». La négociation politique autour de ces critères coïncide souvent avec l’émergence d’une « debatabilité » [ibid.] du passé et préside donc à la mémorabilité et aux usages de celui-ci aux plans discursif et pragmatique.

Ethnographies d’une mémoire culturelle

À l’appui des références théoriques ci-dessus mentionnées, le numéro s’articulera à travers des axes susceptibles de croisements.

Ces axes pourront consister en :

  • l’analyse de l’efficacité symbolique des narrations et des pratiques rituelles commémoratives ;
  • l’attention pour les chronotopes à l’œuvre dans la fabrique d’une idéologie ou de passions mémorielles : la route, l’Océan, la porte, le bateau, le retour, la traversée, etc.
  • l’observation des jeux d’échelles par lesquelles la gouvernance mémorielle du passé de l’esclavage se décline différemment selon les contextes anthropologiques et historiques.

Le développement et le croisement de ses axes devraient nous permettre de dégager les contours et définir les contenus en actes d’une mémoire globalisée des traites négrières qui n’a pu commencer à exister que sous des formes publiques instituées, tout en pouvant donner lieu à des récits locaux non officiels. Si les gestes discursifs et cérémoniels rendent publiques, « vraies » et symboliquement efficaces, les origines d’une histoire confrontée à l’avènement de rhétoriques se voulant réparatrices, la mémoire culturelle devient le miroir des métamorphoses morales ou sémantiques d’un passé à hériter, voire à refonder.

Les articles attendus devront donc également relier l’analyse de cas ethnographiques et politiques significatifs des impensés que le processus commémoratif de l’esclavage véhicule et produit. Car, malgré (ou à cause de) ses expositions publiques et médiatiques contemporaines, les mémoires issues de la traite négrière et de son « ombre » [Lovejoy, 2000] demeurent un sujet d’étude qui reste toujours et encore à interroger à travers l’observation de discours au sein desquels s’opposent et se nouent sur les terrains de la gouvernance mémorielle diverses visions de la vulgate relative à une histoire à retrouver. Sur ces terrains glissants, la recherche laborieuse d’une entente humaniste, politiquement correcte et à vocation œcuménique entre les divers acteurs individuels et collectifs impliqués n’est que l’autre face de l’affirmation de positions et spécificités communautaires parfois « scandaleusement » idiosyncrasiques entre elles. Par exemple, à une échelle mondiale, des sites souvent polémiques et désormais dialoguant entre eux – comme, par exemple, la Route de l’Esclave de Ouidah au Bénin, le Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes, l’African Burial Ground de New York, le quai du Valongo de Rio de Janeiro, le Mémorial ACTe de Guadeloupe, l’International Slavery Museum de Liverpool, etc. – montrent l’existence contrastée d’un présumé devoir diffus de mémoire commémorée commune, mais aussi d’un « missing link » [Schramm, 2007] entre les divers descendants et récipiendaires (africains, américains européens) d’une histoire et d’histoires divisées et stratifiées. De la même manière, il est possible de retrouver et d’interroger dans les récits et les mobilisations autour des usages du répertoire des notions très variées de perte, rupture, réparations, pardon, victime, marronnage, crime contre l’humanité, créolité, diaspora, autant de tentatives de reformulation d’une origine se voulant, selon les cas, identitaire ou politique certes, mais aussi exprimant la recherche par leurs acteurs d’un contrat social mémoriel qui ne dit pas toujours son nom.

Calendrier

Les propositions de contributions (titre et résumé de 4000 à 6000 signes, références bibliographiques incluses) sont attendues pour le 31 mai 2018. Elles mentionneront les principaux axes de démonstration ainsi que les matériaux (enquêtes et/ou archives) mobilisés et seront assorties d’une notice bio-bibliographique de l’auteur-e.

Elles doivent être envoyées au coordinateur du dossier, Gaetano Ciarcia : ciarcia.gaetano@wanadoo.fr La sélection des propositions sera transmise aux auteur-e-s à la fin juin 2018. Les textes définitifs (de 35.000 à 70.000 signes max., espaces et bibliographie compris) devront être envoyés avant le 1er janvier 2019. La publication de ce numéro d’Ethnologie française est prévue en janvier 2020. 

Coordination

Gaetano Ciarcia, Directeur de recherche, CNRS / IMAf (Institut des mondes africains)

Directeur de la rédaction

Nicolas Adell

Comité de direction
Nicolas Adell, Baptiste Buob, Laurent Le Gall, Anne Monjaret

Suivi éditorial et secrétariat d’édition
Sophie Gudin

Directeur de la publication
Anne Monjaret

Conseil scientifique
  • Christian Bromberger (Aix-Marseille université/CNRS-IDEMEC, France)
  • André Burgière (EHESS)
  • Alain Corbin (université Paris I, France)
  • † Jack Goody (St John’s College-Cambridge, Grande-Bretagne)
  • Michael Herzfeld (Harvard University, Etats-Unis)
  • Reinhard Johler(université de Tübingen, Allemagne)
  • Carmelo Lisón-Tolosana (Real Academia de Ciencias Morales y Politicas, Espagne)
  • Jean-Pierre Peter (EHESS, France)
  • Xavier Roigé (université de Barcelone, Espagne)
  • Martine Ségalen (université Paris Nanterre)
  • Mila Santova (Bulgarian Academy of Sciences, Bulgarie)
  • Pier Gorgio Solinas (université de Sienne, Italie)
Comité de rédaction
  • Tiphaine Barthelemy de Saizieu (université de Picardie Jules Verne)
  • Michèle Baussant (CNRS-LESC)
  • Baptiste Buob (CNRS-LESC
  • André Burguière (EHESS)
  • Sophie Chevalier (université de Franche-Comté)
  • Gérard Collomb (CNRS-LAIOS)
  • Philippe Combessie (université Paris Ouest Nanterre la Défense)
  • Sylvaine Conord (université Paris Ouest Nanterre la Défense)
  • Maria Couroucli (CNRS-LESC)
  • Francis Demier (université Paris Ouest Nanterre la Défense)
  • Nicoletta Diasio (université de Strasbourg)
  • Jean-Yves Durand (universidade do Minho, Portugal)
  • Laurent-Sébastien Fournier (université de Nantes)
  • Marie-Luce Gélard (université Paris Descartes)
  • Elisabeth Gessat-Anstett (CNRS-IRIS, EHESS)
  • Jean-Pierre Hassoun (CNRS, EHESS)
  • Monica Heintz (université Paris Ouest Nanterre la Défense)
  • Agnès Jeanjean (université de Nice-Sophia Antipolis)
  • Laurent Le Gall (université de Bretagne occidentale, Brest)
  • Vanessa Manceron (CNRS-LESC)
  • Anne Monjaret (CNRS-IIAC-LAHIC)
  • Jean-Marie Privat (université de Lorraine)
  • Gilles Raveneau (université Paris Ouest Nanterre la Défense)
  • Sylvie Sagnes (CNRS-IIAC-LAHIC)
  • Gabriel Segré (université Paris Ouest Nanterre la Défense)
  • Martin de la Soudière (CNRS–Centre Edgar Morin)
  • Thierry Wendling (CNRS-IIAC-LAHIC)

Références bibliographiques

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Bakhtine Mikhaïl, 1978 [1937-38], « Formes du temps et du chronotope dans le roman (essais de poétique historique) », in Esthétique et théorie du roman, Paris, Gallimard : 235-398.

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Lieux

  • http://ethnologie-francaise.fr/
    Paris, France (75000)

Dates

  • jeudi 31 mai 2018

Mots-clés

  • mémoire, esclavage, usages sociaux du passé

Contacts

  • Gaetano Ciarcia
    courriel : ciarcia [dot] gaetano [at] wanadoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Gaetano Ciarcia
    courriel : ciarcia [dot] gaetano [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Traites esclavagistes et mémoire culturelle », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 29 mars 2018, https://calenda.org/438116

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